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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

L'intériorité, voie d'accès à Dieu..?

30 Juillet 2012, 03:12am

Publié par Fr Greg.

 

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En réalité, si nous pouvons avoir une certaine expérience intérieure de notre âme — par nos opérations vitales les plus intimes: L’amour spirituel, la volonté d'aimer, la conscience de notre pensée, de notre réflexion—, nous ne pouvons pas, par là, découvrir la présence immé­diate d'un Dieu-Créateur. Car cette expérience intérieure de nos opéra­tions vitales, cette réflexion sur elles, nous fait découvrir quelque chose de vécu, quelque chose qui demeure dans l'immanence de notre vie spirituelle. Peut-on, par et dans cette expérience intérieure, dépasser vraiment l'intentionnalité spirituelle de ces opérations?

 

Certes, par la forme intentionnelle de ces opérations, nous atteignons bien leur exis­tence spirituelle, mais nous ne pouvons pas prétendre découvrir, par là, la présence immédiate du Créateur, car nous demeurons en ce qui est le fruit propre de notre vie au niveau de l'esprit.

 

Si, en nous appuyant sur les traditions religieuses, nous pouvons adorer ce Créateur, nous pouvons alors avoir conscience de cet acte d'adoration et, par là, affirmer que cet acte s’adresse intentionnellement à une Réalité transcendante à laquelle nous croyons. Cela est vrai; mais, en réalité, c'est la croyance en un Dieu-Créateur que nous recon­naissons, ce n'est pas la découverte intellectuelle de l'existence du Dieu-Créateur. L'acte d'adoration présuppose la reconnaissance du Dieu-Créateur, mais il ne le révèle pas.

MDP, Lettre à un ami.

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La question ultime de la personne humaine..

28 Juillet 2012, 02:10am

Publié par Fr Greg.

 

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La personne humaine, pour rester fidèle à sa recherche de la vérité et pour ne pas s'exposer à rester dans un a priori (ce qui le ferait sombrer dans la paresse intellectuelle), de se poser une nouvelle question, la grande question à laquelle toutes les autres sont ordonnées: la personne humaine est-elle la Réalité suprême? Y a-t-il une autre réalité, antérieure à la personne humaine et à notre univers? Cette interrogation rejoint celle que le philosophe doit se poser en face des traditions religieuses les plus anciennes, et en face des affirmations des croyants: y a-t-il vraiment une réalité qui gouverne notre univers et nous-mêmes? Le Dieu des traditions religieuses et des croyants est-il une réalité que notre intelligence humaine puisse décou­vrir? Ou est-il un mythe que le philosophe doit dénoncer et dépasser, car l'homme ne peut pas vivre au niveau des mythes'

 

On voit l'importance de cette interrogation, puisque la manière dont on y répond modifie profondément notre regard sur la destinée de la personne humaine. Du point de vue pratique de l'orientation de notre vie humaine, cette question est capitale.

Cependant il faut reconnaître aussi les difficultés que l'on rencontre à y répondre. Car nous ne pouvons pas avoir une expérience humaine immédiate de l'existence de cette Réalité suprême, si elle existe. En effet, si elle existe, elle nous échappe, elle ne peut être de notre univers.


Mais ne pourrait-on pas dire que nous pouvons en avoir une expé­rience intérieure? Dieu, s'il existe, n’est-il pas notre Créateur? Et donc n'est-il pas plus présent à nous que nous ne sommes présents à nous-mêmes?

MDP, Lettre à un ami.

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L'insolence, vertu des grands saints !

26 Juillet 2012, 02:43am

Publié par Fr Greg.

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« Nous la voyons dans son habit d’homme, relevant la tête, haussant les épaules devant tant de questions saugrenues et inutiles, ardente, brulante de vie, toute prête à s’échapper, à courir dans les champs. Comme elle est belle et jeune, cette enfant qui ne sait pas ce que c’est que la prudence, qui, à chaque instant, blesse ses juges avec une témérité magnifique, et humble malgré tout avec cela, sans orgueil, ni souci d’elle-même, ne songeant qu’à Dieu, à sa mission, à son Roi. »

Et tout cela avec gaité et paix de l’âme… « Nous la voyons, nous l’entendons rire de son rire clair. Qu’on l’écoute raconter comment à Troyes, où on la croyait plus ou moins sorcière, on lui envoya un prêtre pour l’exorciser. Et, comme, en approchant avec crainte, il faisait le signe de la croix et jetait de l’eau bénite, elle lui dit : « Approchez hardiment : je ne m’envolerai pas »…

A travers les pages de son procès, Jeanne nous propose, avec ce sourire, la magnifique vertu d’insolence. Une jeune insolence, une insolence d’une jeune sainte. Il n’est pas de vertu dont nous ayons plus besoin aujourd’hui. Elle est un bien précieux qu’il ne faut pas laisser perdre : le faux respect des fausses vénérations est le pire mal.

 

Par un détour en apparence étrange, Jeanne nous apprend que l’insolence, à la base de toute reconstruction, est à la base même de la sainteté. A ce mépris des grandeurs illusoires, elle a risqué et perdu seulement sa vie : mais elle pensait qu’il est bon de risquer sa vie dans l’insolence, lorsqu’on n’aime que les vraies grandeurs ».

Robert Brasillach, 28 mai 1932.

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En Jésus, tout homme est mon frère !

24 Juillet 2012, 01:31am

Publié par Fr Greg.

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Le Pape Jean Paull II a fait sien jusqu’au bout l’affirmation selon laquelle « Jésus-Christ “s’est uni d’une certaine manière à tous les hommes” (Gaudium et spes, n° 22), même si ceux-ci n’en sont pas conscients.»

 

En effet la Rédemption apportée par le Christ est universelle non seulement en ce sens qu’elle est surabondante pour le genre humain tout entier et qu’elle est proposée à chacun de ses membres en particulier, mais surtout parce qu’elle est appliquée de fait à tous les hommes : donc « dans le Christ, la religion –quête naturelle de l’homme vers Dieu- n’est plus une “recherche de Dieu comme à tâtons” (Act 17, 27), mais devient « une réponse de la foi à Dieu qui se révèle […], réponse rendue possible par cet Homme unique […] en qui tout homme est rendu capable de répondre à Dieu » ;


Jean Paul II ajoute « [qu’]en cet Homme, la création entière répond à Dieu.» En effet, « chacun a été inclus dans le mystère de la Rédemption, et Jésus-Christ s’est uni à chacun, pour toujours, à travers ce mystère. […] C’est cela, l’homme dans toute la plénitude du mystère dont il est devenu participant en Jésus-Christ et dont devient participant chacun des quatre milliards d’hommes vivant sur notre planète, dès l’instant de sa conception. » De la sorte, « dans l’Esprit-Saint, chaque personne et chaque peuple sont devenus, par la croix et la résurrection du Christ, des enfants de Dieu, des participants de la nature divine et des héritiers de la vie éternelle.»

 

- Jean-Paul II, La situation du monde et l’esprit d’Assise, Discours aux cardinaux et à la Curie du 22/12/1986, DC n°1933 du 01/02/1987, p. 134.

Jean-Paul II, Tertio millennio adveniente, n°6.

Jean-Paul II, Redemptor hominis n°13.

Jean-Paul II, Message aux peuples d’Asie du 21/02/1981, DC n°1804 du 15/03/1981, p. 281.

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Gravir un sommet, trouver une source..

21 Juillet 2012, 09:29am

Publié par Fr Greg.

 

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Saint Thomas est cette source pour notre monde d’aujourd’hui — dans la mesure où on a le courage de se mettre à le lire, parce que c’est cela qui est difficile. Un moderne, cela se lit tout de suite, et si on connaît un peu la philosophie moderne on arrive vite à le comprendre.

Saint Thomas, il faut des années et des années pour le comprendre, comme Aristote, parce qu’il faut remonter le fleuve, remonter à la source. C’est pour cela que la plupart du temps, on dit qu’on n’a pas le temps, mais en fait on n’a pas le courage, parce qu’on n’a pas cette conviction intérieure que là, il y a vraiment une source. On est un peu comme Agar dans le désert : elle s’affole, elle crie, parce qu’elle est pleine de douleur d’entendre son enfant crier ; et Dieu lui ouvre les yeux : là il y a un puits, là il y a une source (Gn 21, 14-19). On a oublié cela, on a oublié les vrais sommets auxquels il faut revenir constamment.


Marie-Dominique Philippe, Les Trois Sagesses. Fayard.

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Le croyant touche toujours le terme...

20 Juillet 2012, 04:39am

Publié par Fr Greg.

 

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« L’espérance fait que nous savons que la victoire nous est donnée. Un chrétien est un homme victorieux.

Pas d'une victoire temporelle extérieure et humaine, mais d'une victoire divine, parce qu'il est lié à Jésus Sauveur. Il est lié à la médiation du Christ. La médiation du Christ fait que déjà nous sommes au terme.

Dès que le Christ est présent, on touche le terme. Ele terme pour nous, c'est la vision béatifique.

Je ne dis pas que déjà on a dès cette terre la vision béatifique, mais on a la certitude d'être ordonné à la vision béatifique, à un bonheur unique, à une béatitude unique. C'est cela l'important. »

MDP, Retraite sur l’Apocalypse.

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Pourquoi tremblons-nous?

18 Juillet 2012, 07:51am

Publié par Fr Greg.

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Il est donc bon pour moi, Seigneur, d'être dans la détresse, pourvu que tu y sois avec moi ; cela me vaut mieux que de régner sans toi, de me réjouir sans toi, d'être sans toi dans la gloire. Mieux vaut pour moi de me serrer contre toi dans la détresse, de t'avoir avec moi dans le creuset, que d'être sans toi, même dans le ciel.

En effet, « qu'est-ce que je souhaite dans le ciel et qu'est-ce que je désire sur la terre sinon toi ? » (Ps 72,25) « L'or est éprouvé dans la fournaise, et les justes dans l'épreuve de la détresse » (Si 2,5). C'est là que tu te tiens, au milieu de ceux qui se rassemblent en ton nom, comme autrefois les trois jeunes gens dans la fournaise de Babylone (Dn 3,92)

Pourquoi donc tremblons-nous ? « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rm 8,31) Si Dieu nous arrache des mains de nos ennemis, qui pourra nous arracher de ses mains ?

St Bernard, Sermon 17.

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L'orgueil chrétien !

16 Juillet 2012, 01:22am

Publié par Fr Greg.

 

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Et les révélations que j'ai reçues sont tellement exceptionnelles que, pour m'empêcher de me surestimer, j'ai dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour m'empêcher de me surestimer.  Par trois fois, j'ai prié le Seigneur de l'écarter de moi. 


Mais il m'a déclaré : « Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » Je n'hésiterai donc pas à mettre mon orgueil dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi. 


C'est pourquoi j'accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort.

St Paul, Cor 12,7 - 10

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Combien il t'aime...

14 Juillet 2012, 01:05am

Publié par Fr Greg.

 

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Une personne qui en aime une autre et qui lui fait du bien, l'aime et lui fait du bien selon ses qualités, selon ses propriétés personnelles. Ainsi agit ton Époux résidant en toi en tant que tout-puissant : il t'aime et te fait du bien selon sa toute-puissance.


      Infiniment sage, il t'aime et te fait du bien selon l'étendue de sa sagesse. Infiniment bon, il t'aime et te fait du bien selon l'étendue de sa bonté. Infiniment saint, il t'aime et te fait du bien selon l'étendue de sa sainteté. Infiniment juste, il t'aime et t'accorde ses grâces selon l'étendue de sa justice. Infiniment miséricordieux, clément et compatissant, il te fait éprouver sa clémence et sa compassion. Fort, délicat, sublime en son être, il t'aime d'une manière forte, délicate et sublime. Infiniment pur, il t'aime selon l'étendue de sa pureté. Souverainement vrai, il t'aime selon l'étendue de sa vérité. Infiniment généreux, il t'aime et te comble de grâces selon l'étendue de sa générosité, sans aucun intérêt propre et dans la seule vue de te faire du bien. Souverainement humble, il t'aime avec une souveraine humilité et avec une souveraine estime.



      Il t'élève jusqu'à lui, il se découvre à toi joyeusement et avec un visage plein de grâce dans cette voie des connaissances qu'il te donne.  Et tu l'entends te dire : « Je suis à toi et pour toi ; je me réjouis d'être ce que je suis, afin de me donner à toi et d'être à toi à jamais ». Qui pourra exprimer ce que tu éprouves, ô âme bienheureuse, en te voyant aimée à ce point, en te voyant tenue par ton Dieu en une estime pareille ?

 

St Jean de la Croix, Vive Flamme d’Amour.

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Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs

12 Juillet 2012, 03:56am

Publié par Fr Greg.

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      Voici à quoi je reconnaîtrai que tu aimes le Seigneur, et que tu m'aimes, moi, son serviteur et le tien : si n'importe quel frère au monde, après avoir péché autant qu'il est possible de pécher, peut rencontrer ton regard, demander ton pardon, et te quitter pardonné. S'il ne demande pas pardon, demande-lui, toi, s'il veut être pardonné. Et même si après cela il péchait encore mille fois contre toi, aime-le plus encore que tu m'aimes, et cela pour l'amener au Seigneur. Aie toujours pitié de ces malheureux...


      Si un frère, à l'instigation de l'ennemi, commet un péché grave, il sera tenu par obéissance de recourir à son responsable. Les frères qui connaîtraient sa faute ne lui feront ni affront ni reproche ; ils lui témoigneront au contraire beaucoup de bonté et tiendront soigneusement caché le péché de leur frère, car « ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades » (Mt 9,12)...  Et son supérieur agira envers lui avec autant de bonté qu'il en souhaiterait pour lui s'il était en un cas semblable.


      Si un frère tombe en quelque péché véniel, il se confessera à l'un de ses frères prêtres. S'il n'y a pas de prêtre, il se confessera à son frère, en attendant qu'il trouve un prêtre pour l'absoudre canoniquement. Les frères ne pourront enjoindre d'autre pénitence que ceci : « Va, et ne pèche plus ! » (Jn 8,11)

St François d’Assise, Lettre à un supérieur.

 

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Il parle de son propre fonds...

11 Juillet 2012, 08:37am

Publié par Fr Greg.

 

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« Vous êtes du diable, votre père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. Il était homicide dès le commencement et n'était pas établi dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui : quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, parce qu'il est menteur et père du mensonge. "  JN 8, 44.

"C'est pour un discernement que je suis venu en ce monde, pour que ceux qui ne voient pas, voient, et que ceux qui croient voir deviennent aveugles"

"Vous dites: 'nous voyons' -nous savons- , c'est pourquoi votre péché demeure". Jn 9, 41. 

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Le courage de la vulnérabilité... (II)

10 Juillet 2012, 01:16am

Publié par Fr Greg.

 

Quand je suis devenue la « TED Vulnérabilité », comme une de ces figurine -- comme la « Barbie Ninja », mais je suis la « TED Vulnérabilité » -- j'ai pensé, je vais laisser toutes ces trucs de honte derrière moi, parce que j'ai passé les six dernières années à étudier la honte avant de vraiment commencer à écrire et parler de vulnérabilité. Et j'ai pensé. Dieu merci, parce que la honte est un sujet horrible, dont personne ne veut parler. C'est le meilleur moyen de faire taire les gens dans un avion. « Qu'est-ce que vous faites ? » « J'étudie la honte. » « Oh. » (Rires) Et droit dans les yeux… (Rires)

Mais en ayant survécu cette année, je me suis souvenue d'une règle très importante --non pas une règle de la recherche, mais un impératif moral qui remonte à mon enfance -- mets-toi du côté de ceux qui te soutiennent. Je n'ai rien appris sur la vulnérabilité sur le courage et sur la créativité et l'innovation en étudiant la vulnérabilité. J'ai appris tout ça en étudiant la honte. Je veux donc vous expliquer la honte. Les jungiens appellent la honteles marécages de l'âme. Et nous allons nous y aventurer. Et le but n'est pas d'y rentrer et y construire une maison pour y vivre. C'est de mettre des bottes de caoutchouc et de les traverser, d’y tracer notre chemin. Voilà pourquoi :

Nous avons impérativement été appelé à débattre dans ce pays et je crois même globalement, du problème racial, pas vrai ? Oui ? Nous avons entendu ça. Oui ? Nous ne pouvons pas débattre de ça sans avoir honte, parce que nous ne pouvons pas parler de race sans parler de privilèges. Et quand on commence à parler de privilèges, on est paralysé par la honte. Nous avons entendu une solution simple et astucieuse pour ne pas tuer les patients en chirurgie, en tenant une liste de contrôle. Vous ne pouvez pas résoudre ce problème sans parler de honte, parce que quand ils enseignent à ces gens à faire des points de suture, ils leurs apprennent aussi à recoudre leur estime de soi et devenir tout-puissants. Et les tout-puissants n'ont pas besoin de listes de contrôle.

Et j'ai dû écrire le nom de ce TED Fellow pour ne pas me rater. Myshkin Ingawale,J'espère que c'est correct. (Applaudissements) J'ai vu les conférences TED Fellows le premier jour, ici. Et il s'est levé et a expliqué ce qui l'a amené à créer cette technologie pour améliorer le test pour l'anémie parce que les gens mouraient inutilement. Et il disait, « J'ai vu le besoin. Vous savez ce que j'ai fait ? Je l'ai fabriqué. » Et tout le monde a commencé à applaudir, avec enthousiasme » Et il a dit, « Et ça n'a pas marché. Et je l'ai refait 32 fois, et ensuite ça a marché. »

Vous savez quel est le grand secret de TED ? Je meurs d'envie de vous le dire. Je crois que je vais le faire. (Rires) C'est comme la conférence de l'échec. C'est vrai.(Applaudissements) Vous savez pourquoi cet endroit est extraordinaire ? Parce que peu de gens ici ont peur de l'échec. Et aucun de ceux qui montent sur scène, à ce que j'ai vu, n’a jamais échoué. J'ai échoué misérablement, plusieurs fois. Je ne crois pas que le monde comprenne que c'est à cause de la honte.

Il y a une merveilleuse citation qui m'a sauvé l'année dernière de Theodore Roosevelt.Beaucoup de gens en parle comme la citation de « L'homme dans l’arène ». Et elle dit : « Le critique ne compte pas. Tout ce qu’il fait c’est pointer du doigt ce qui aurait pu être mieux fait et l’homme quand il chute ou quand il se trompe Le vrai crédit va à celui qui se trouve dans l’arène avec le visage sali de poussière, de sueur et de sang. Car quand il est dans l’arène, au mieux il gagne, au pire il perd, mais même quand il échoue, même quand il perd, il le fait avec audace ».

Et voilà donc ce qu'est pour moi cette conférence. Voilà ce qu'est la vie, « Oser avec audace », être dans l’arène. Quand vous rentrer dans l’arène et vous ouvrez la porte, et vous pensez, « J'y entre et j'essaye, » La honte est cette petite voix qui dit, "Uh, uh. Tu n'es pas assez bonne. Tu n'as jamais fini ton MBA. Ta femme t'a quitté. Tu sais que ton père n'était pas vraiment dans le Luxembourg, il était à Sing Sing. Je sais ce qui s’est passé dans ton enfance. Je sais que tu crois ne pas être assez mignonne ou assez intelligente ou talentueuse ou puissante. Je sais que ton père ne faisait jamais attention, même quand tu es devenue directeur financier. » C’est la honte qui parle.

Et si vous arrivez à la faire taire et dire, « Je vais le faire, » nous regardons autour et les critiques que nous voyons qui pointent du doigt et se moquent, qui sont-ils 99% du temps ? Nous-même. La honte à deux grandes méthodes -- « pas assez bon » et, si vous arrivez à éviter celle-là, « pour qui te prends-tu ? » Ce qu'il faut comprendre c’est que la honte n'est pas de la culpabilité. La honte se concentre sur le soi, la culpabilité sur le comportement. La honte c'est « Je suis mauvais. » La culpabilité c'est « J'ai fait quelque chose de mal » Combien d'entre vous, si vous faisiez quelque chose qui me blesse,serait prêts à dire, « Je suis désolé. J'ai fait une erreur ? » Combien d'entre vous seraient prêts à dire ça ? Culpabilité : Je suis désolé. J'ai fait une erreur. Honte : Je suis désolé. Je suis une erreur.

Il y a une énorme différence entre honte et culpabilité. Et voilà ce qu'il faut que vous sachiez. La honte est hautement corrélée avec la dépendance, la dépression, la violence, l'agression, l'intimidation, le suicide, les désordres de l'alimentation. Et voici ce qu'il faut que vous sachiez. La culpabilité est inversement corrélée avec ces choses-là. La capacité d'utiliser ce que nous avons fait ou échouer à faire pour nous construire tel que nous nous voulons est incroyablement adaptative. C'est pénible, mais adaptatif.

L'autre chose qu'il faut que vous sachiez sur la honte c'est que c'est totalement organisé par genre. Si la honte m'envahi ou envahi Chris, nous nous sentirons de la même façon.Tous ceux qui sont assis ici connaissent les sensations de la honte. Nous sommes assez surs que les seules personnes qui n'éprouvent pas de honte sont celles qui n'ont aucune capacité de connexion ou empathie. Ce qui signifie que, oui, j'éprouve un peu de honte; non, je suis sociopathe. Je choisirais donc : oui, j'éprouve un peu de honte. Le sentiment de la honte est pareil pour hommes et femmes, mais il est organisé par genre.

Pour les femmes, le meilleur exemple que je puisse vous donner c'est la pub de Enjoli: « Je peux étendre le linge, préparer le gouter, distribuer des bises et être au boulot à neuf heure moins cinq. Je peux ramener du bacon, le cuisiner et ne jamais te faire oublier que tu es un homme. » Pour les femmes, la honte c'est tout faire, le faire parfaitement et ne jamais montrer que vous êtes fatigué. Je ne sais combien de parfum cette pub a fait vendre, mais je vous assure, ça a fait vendre pas mal d'antidépresseurs et d'anxiolytiques. (Rires) La honte, pour les femmes, c'est cette toile d'attentes inaccessibles et conflictuelles, en concurrence au sujet de ce que nous sommes supposées être. C'est comme une camisole de force.

Pour les hommes, la honte n'est pas tout un tas d'attentes conflictuelles et en concurrence. La honte est une seule chose « Ne surtout pas être perçu comment ? »Faible. Je n'ai pas interviewé d'homme les quatre premières années de mon étude. Et ce n'est qu'après qu'un homme m'a regardé pendant une session de dédicace. en disant, « J'aime ce que vous dite sur la honte, Je suis curieux, pourquoi vous ne parlez pas des hommes ? » Et j'ai dit, « Je n'étudie pas les hommes. » Et il me dit, « C'est trop facile. »(Rires) Et j'ai dit, « Pourquoi ? » Et il me dit, « Parce que vous dite de nous exposer, de raconter notre histoire, d'être vulnérable. Mais vous voyez ces livres que vous venez de signer pour ma femme e mes trois filles ? » Je dis, « Oui. » « Elles préfèreraient me voir mourir sur mon cheval blanc plutôt que de me voir m'écrouler. Quand nous essayons de nous exposer et être vulnérables nous nous faisons massacrer. Et ne me dites pas que c'est la faute des copains et des entraineurs et des pères, parce que les femmes de ma vie sont plus dures avec moi que n'importe qui d'autre. »

J'ai donc commencé à interviewer des hommes et à leur poser des questions. Et voici ce que j'ai appris: Montrez-moi une femme qui peut se tenir devant un homme en état de vulnérabilité et de crainte, je vous montrerai une femme qui a fait un travail incroyable.Montrez-moi un homme qui peut se tenir près d'une femme qui n'en peut plus, qui n'arrive plus à tout faire, et sa première réponse n'est pas, « J'ai vidé le lave-vaisselle, » mais qui écoute vraiment -- parce que c'est tout ce qu'il nous faut -- Je vous montrerai un homme qui a fait un grand travail.

La honte est une épidémie dans notre culture. Et pour en sortir, pour retrouver la voie qui nous unira, il nous faut comprendre ses conséquences et comment elle affecte la manière dont nous élevons nos enfants, notre manière de travailler, la manière dont nous voyons les autres. Très rapidement, une recherche de Mahalik au Boston College. Il a demandé, de quoi les femmes ont-elles besoin pour s’adapter aux règles féminines ?Les réponses plus fréquentes dans ce pays: être belle, mince, modeste et faire de son mieux pour bien paraître. A la même question pour les hommes, de quoi les hommes ont-ils besoin pour s’adapter aux règles masculines, les réponses ont été: contrôle des émotions, le travail en premier, statut social et violence.

Si nous voulons retrouver la voie qui nous ramènera les uns vers les autres, il nous faut comprendre l’empathie, parce que l’empathie est l’antidote contre la honte. Si vous mettez en culture la honte, elle a besoin de trois choses pour grandir exponentiellement:secret, silence et jugement. Si vous mettez en culture la même quantité de honte en la mélangeant avec de l’empathie, Elle ne peut survivre. Les deux mots les plus puissants quand nous sommes en difficulté: « moi aussi ».

Je vais donc vous quitter sur une pensée : Si nous devons trouvons un moyen de nous rapprocher les uns des autres, la vulnérabilité en est le chemin. Et je sais que c’est alléchant de rester en dehors de l’arène, parce que je l’ai fait toute ma vie, en pensant, Je vais botter le cul à tout le monde quand je serai blindée et parfaite. Et c’est alléchant.Mais la vérité est que ça n’arrive jamais. Et même si vous arrivez à être aussi parfait que possible et aussi blindés que possible en rentrant dans l’arène, ce n’est pas ce que vous voulez voir. Nous voulons que vous y rentriez. Nous voulons être avec vous et en face de vous. Et nous voulons, pour nous-mêmes et pour les personnes auxquelles nous tenons et pour ceux avec qui nous travaillons, « Oser avec audace ».

Merci beaucoup. Je vous suis très reconnaissante.

Brené Brown

http://www.ted.com/talks/lang/fr/brene_brown_listening_to_shame.html

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Le courage de la vulnérabilité...

9 Juillet 2012, 01:13am

Publié par Fr Greg.

 

Je vais un peu vous parler de ma conférence à TED x Houston. Je me suis levée le matin suivant la conférence avec la pire crise de vulnérabilité de ma vie. En fait je suis restée chez moi pendant trois jours.

La première fois que je suis sortie c’était pour rencontrer une amie pour déjeuner. Et en entrant, elle était déjà à table. Je me suis assise et elle a dit, « Mon Dieu, quelle tête tu as. » J'ai dit, « Merci, Je me sens vraiment -- Comme si je ne marchais pas. » Et elle m'a dit, « Qu'est ce qui se passe ? » Et j'ai dit, « Je viens de dire à 500 personnes que je suis devenu chercheuse pour éviter la vulnérabilité. Et que quand la vulnérabilité ressortait de mes données, comme étant absolument essentielle pour une vie bien vécue, j'ai dit à ces 500 personnes que j’ai fait une dépression. J'avais une diapo qui mentionnait « dépression ». A quel moment ai-je pensé que c'était une bonne idée? » (Rires)

Et elle m'a dit : « J'ai vu ta conférence en live sur internet. Ce n'était pas vraiment toi.C'était un peu diffèrent de ce que tu fais normalement. Mais c'était génial. » Et j'ai dit, « ça ne peut pas arriver. YouTube, ils vont mettre tout ça sur YouTube. Et je parlerai à 600, 700 personnes. » (Rires) Et elle m'a dit, « Je crois que c'est trop tard. »

Et j'ai dit, « Je vais te poser une question. » Et elle m'a dit, « Oui. » Et j'ai dit, « Tu te souviens quand nous étions à la fac et nous étions libres et bêtes ? » Et elle me dit, « Oui. » Et j'ai dit, « Tu te rappelles avoir laissé des messages idiots sur le répondeur de nos petits amis ? Et ensuite nous devions nous introduire dans leur foyer pour effacer l'enregistrement ? » (Rires) Et elle : « Euh… non. » (Rires) Donc bien sûr, la seule chose que je pouvais dire à ce point-là, « Oui, moi non plus. Que … moi non plus. »

Et je me dis, « Brené, que fais-tu ? Qu'est que tu fais ? Pourquoi tu ressors ça ? Tu as perdu la raison ? Tes sœurs seraient parfaites pour ça." Donc je relève la tête et elle dit,« Tu veux vraiment t’introduire et voler la vidéo avant qu'ils ne la mettent sur YouTube ? »Et j'ai dit, « Je suis juste en train d'y reflechir. » (Rires) Elle dit, « Tu es le pire exemple de vulnérabilité qu'il existe. » (Rires) Je l'ai donc regardé et j'ai dit une chose qui à l'époque paraissait un peu dramatique, mais qui a fini par être plus prophétique que dramatique.J'ai dit, « Si 500 se transforment en 1000 ou 2000, ma vie est terminée. » (Rires) Je n'avais pas de plan de réserve pour 4 millions.

(Rires)

Et ma vie s’est terminée quand c’est arrivé. Et le plus dur de la fin de ma vie est probablement que j'ai appris une chose pénible sur moi-même, qui est que, même si j'étais frustrée de ne pas pouvoir présenter mon travail au monde Une partie de moi-même travaillait très dur pour essayer de rester petite, de rester en dessous des radars.Mais je voulais parler de ce que j'avais appris.

J'ai appris deux choses l'année dernière. La première est que la vulnérabilité n'est pas faiblesse. Et ce mythe est terriblement dangereux. Laissez-moi vous demander honnêtement -- et je vous préviens, je suis un psy, je sais comment vous gêner -- si vous pouviez donc lever la main combien d'entre vous, honnêtement, en pensant à une action qui vous rendrait vulnérable ou à dire quelque chose qui vous rendrait vulnérable, se disent, « Mon Dieu, la vulnérabilité est une faiblesse. Ceci est une faiblesse » Combien d'entre vous pensent que la vulnérabilité est un synonyme de faiblesse ? La grande majorité. Je vais vous poser une question: Cette semaine à TED, combien d’entre vous, en voyant la vulnérabilité ici sur scène, ont pensé que c'était du pur courage ? La vulnérabilité n'est pas une faiblesse. Je défini la vulnérabilité comme un risque émotionnel une mise à nu, une incertitude. Elle alimente nos vies quotidiennes. Et j'en suis arrivée à la conviction -- c'est ma 12ème année de recherche -- que la vulnérabilitéest la mesure la plus précise que nous ayons du courage -- être vulnérable, se mettre à nu, être honnête.

Une des choses le plus bizarres qui soit arrivée. est que, après l'explosion que fut ce TEDTalk, j'ai reçu plein d'offres pour parler dans tout le pays -- des écoles aux réunions de parents jusqu'aux entreprises de Fortune 500. Et beaucoup des appels que j'ai reçu étaient du genre, « Dr. Brown. Nous avons adoré votre TEDTalk. On aimerait que vous veniez parler. Nous vous serions reconnaissants si vous n'évoquiez pas la vulnérabilité ou la honte. » (Rires) De quoi voulez-vous que je parle ? Il y a trois grandes réponses.Pour être honnête, ça vient surtout des secteurs: innovation, créativité et changement.Alors laissez-moi vous dire officiellement, que la vulnérabilité est le berceau de l'innovation, de la créativité et du changement. (Applaudissements) Créer signifie faire quelque chose qui n'existait pas auparavant. Il n'y a rien de plus vulnérable que ça.L'adaptabilité au changement est uniquement une question de vulnérabilité.

La deuxième chose, que j'ajoute pour comprendre vraiment la relation entre la vulnérabilité et le courage, la deuxième chose que j'ai apprise est: Nous devons parler de la honte. Et je veux être vraiment honnête avec vous. Quand je suis devenue « Chercheuse en vulnérabilité » et que c'est devenu central à cause du TEDTalk -- et je ne plaisante pas.

Je vais vous donner un exemple. Il y a à peu près trois mois, j'étais dans un magasin de sport pour acheter des lunettes et des protège-tibias et toutes sortes de choses que les parents achètent dans les magasins de sport. A une trentaine de mètres, voilà ce que j'entends: « TED Vulnérabilité ! TED Vulnérabilité ! » (Rires) Je suis une Texane de cinquième génération. Notre devise de famille est « Prêts à l'attaque ! » Je ne suis pas née chercheuse en vulnérabilité. Donc ce que je fais, c'est continuer à marcher, elle est derrière mon dos. (Rires) Ensuite j'entends, « TED Vulnérabilité ! » Je me tourne, et je dis, « Salut » Et elle est là et elle me dit, « Vous êtes la chercheuse sur la honte qui a eu une dépression. » (Rires) A ce moment-là les parents font mine d’écarter leurs enfants. « Regarde ailleurs. » Et je suis tellement usée à ce moment de ma vie, que je la regarde et je dis, « C'était un maudit éveil spirituel. »

(Rires)

(Applaudissements)

Et elle me regarde elle et dit, « Je sais. » Et elle dit, « Nous avons regardé votre TEDTalk avec notre club de lecture. Ensuite nous avons lu votre livre et nous nous sommes rebaptisées « Les nanas déprimées » Et elle me dit, « Notre slogan est : « On s'effondre, mais c'est une sensation fantastique. » (Rires) Vous pouvez imaginer ce que ça veut dire pour moi en réunion de faculté. 

Brené Brown

http://www.ted.com/talks/brene_brown_listening_to_shame.html

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Le travail le plus difficile, mais aussi le meilleur: être mère!

8 Juillet 2012, 02:21am

Publié par Fr Greg.

 

 

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Le courage d'être imparfait... (II)

7 Juillet 2012, 02:28am

Publié par Fr Greg.

       

L'autre chose qu'ils avaient en commun était ceci. Ils adoptaient complètement la vulnérabilité. Ils pensaient que ce qui les rendait vulnérable les rendait également beaux.Ils ne prétendaient pas que la vulnérabilité était confortable, ni qu'elle était atroce --comme je l'avais entendu auparavant dans les entretiens sur la honte. Ils disaient juste qu'elle était nécessaire. Ils parlaient de la volonté de dire "Je t'aime" le premier, la volontéde faire quelque chose quand il n'y a aucune garantie de réussite, la volonté de ne pas retenir son souffle en attendant le coup de fil du médecin après une mammographie. Ils étaient prêts à s'investir dans une relation qui pourrait marcher, ou pas. Ils pensaient que c'était essentiel.

Pour ma part, je l'ai ressenti comme une trahison. Je ne pouvais pas croire que j'avais prêté serment d'allégeance à la recherche -- le principe même de la recherche est de contrôler et de prévoir, d'étudier un phénomène dans le but explicite de le contrôler et de le prévoir. Et là, ma mission de contrôler et de prévoir aboutissait au résultat que la meilleure façon de vivre est d'accepter sa vulnérabilité, et d'arrêter de contrôler et de prévoir. Ca m'a conduit à une petite dépression -- (Rires) -- qui en fait ressemblait plutôt à ça. (Rires) Vraiment ! J'ai appelé ça une dépression, ma psychothérapeute appelle ça un éveil spirituel. Un éveil spirituel, ça sonne mieux qu'une dépression, mais je vous assure que c'était bien une dépression. Et j'ai dû ranger mes données et chercher un psychothérapeute. Laissez-moi vous dire quelque chose : vous découvrez vraiment qui vous êtes quand vous appelez vos amis pour leur dire :" Je crois que j'ai besoin de voir un psy. Tu aurais quelqu'un à me recommander ? " Parce que à peu près cinq de mes amis ont fait : " Wow. Je n'aimerais pas être ton psychothérapeute." (Rires) Et moi : " Comment ça ? " Et eux : " Moi ce que j'en dis, tu sais. N'apporte pas ta règle." Et moi : "Ok..."

J'ai donc trouvé une psychothérapeute. Mon premier rendez-vous avec elle, Diana -- j'ai apporté ma liste sur la façon dont les "sans réserve" vivent, et je me suis assise. Et elle m'a dit : " Comment allez-vous ?" Et j'ai dit :" Je suis en pleine forme. Ça va bien." Elle a dit : " Qu'est-ce qui se passe ? " C'était une psychothérapeute qui consultait elle-même des psychothérapeutes ; on devrait aller chez ce genre là de psychothérapeute, parce que leur détecteur de conneries est très au point. (Rires) Alors j'ai dit : " Voilà, j'ai un problème." Et elle a dit : " Quel est le problème ? " Et j'ai dit : " Et bien, j'ai un problème de vulnérabilité. Et je sais que la vulnérabilité est au cœur de la honte et de la peur et de notre problème d'estime de soi, mais il semble que ce soit aussi la source de la joie, de la créativité, du sentiment d'appartenance, de l'amour. Et je pense que j'ai un problème,et j'ai besoin d'aide." Et j'ai dit : " Mais voilà, pas d'histoires de famille, pas de ces conneries sur l'enfance." (Rires) " J'ai seulement besoin d'une stratégie." (Rires)(Applaudissements) Merci. Alors elle a fait comme ça. (Rires) Et moi j'ai dit : " C'est mauvais, n'est-ce pas ? " Et elle a dit : " Ce n'est ni mauvais ni bon. " (Rires) " C'est juste ce que c'est. " Et je me suis dit : " Oh mon Dieu, on va se faire chier."

(Rires)

Et ça a été le cas, et en même temps non. Et ça m'a pris près d'un an. Vous savez comment certaines personnes, quand elles réalisent que la vulnérabilité et la tendresse sont importantes, lâchent prise et y vont à fond. Premièrement, ça n'est pas mon style, et deuxièmement, je ne fréquente même pas ce genre de personnes. (Rires) Pour moi, ça a été une lutte d'une année. Ça a été une tuerie. La vulnérabilité gagnait du terrain, je le regagnais à nouveau. J'ai perdu la bataille, mais j'y ai sans doute récupéré ma vie.

Et je suis donc retourné à mes recherches et j'ai passé les deux années suivantes à essayer de vraiment comprendre ce que eux, les sans réserve, faisaient comme choix, et ce que nous, nous faisons de la vulnérabilité. Pourquoi est-ce un tel problème ? Est-ce que je suis la seule pour qui c'est un problème ? Non. Voici donc ce que j'ai appris. Nous anesthésions la vulnérabilité -- quand nous attendons le coup de fil. C'est drôle, j'ai envoyé quelque chose sur Twitter et Facebook qui demandait : "Comment définiriez-vous la vulnérabilité ? Qu'est-ce qui vous rend vulnérable ? " Et en une heure et demie, j'avais 150 réponses. Parce que je voulais savoir ce qui se cache derrière tout ça. Devoir demander de l'aide à mon mari, parce que je suis malade, et on vient juste de se marier ;prendre l'initiative sur le plan sexuel avec mon mari ; prendre l'initiative avec ma femme ;être rejetée ; inviter quelqu'un à sortir ; attendre que le docteur rappelle ; être virée ; virer des gens -- voici le monde dans lequel nous vivons. Nous vivons dans un monde vulnérable. Et l'une des façons dont nous traitons ce problème, c'est d'anesthésier la vulnérabilité.

Et je pense qu'il y a des preuves de cela -- ça n'en est pas la seule raison, mais je pense que c'en est une grande -- nous sommes la plus endettée, obèse, accro aux drogues et aux médicaments, de toutes les assemblées d'adultes de l'histoire des États-Unis. Le problème -- et c'est ce que j'ai appris de mes recherches -- c'est qu'on ne peut pas anesthésier ses émotions de façon sélective. On ne peut pas dire : " Là, c'est ce qui est mauvais. Voilà la vulnérabilité, voilà le chagrin, voilà la honte, voilà la peur, voilà la déception, je ne veux pas ressentir ces émotions. Je vais plutôt prendre quelques bières et un muffin à la banane. (Rires) Je ne veux pas ressentir ces émotions. Et je sais que ça, c'est un rire entendu. Je gagne ma vie en infiltrant les vôtres. Seigneur. (Rires) Vous ne pouvez pas anesthésier ces sentiments pénibles sans anesthésier en même temps les affects, nos émotions. Vous ne pouvez pas anesthésier de façon sélective. Alors quand nous les anesthésions, nous anesthésions aussi la joie, nous anesthésions la gratitude, nous anesthésions le bonheur. Et nous nous retrouvons malheureux, et nous cherchons un but et un sens à nos vies, et nous nous sentons vulnérables, alors nous prenons quelques bières et un muffin à la banane. Et ça devient un cercle vicieux.

Une des choses auxquelles je pense que nous devrions réfléchir, est le pourquoi et le comment de cette anesthésie. Ça ne peut pas être que de l'accoutumance. L'autre chose que nous faisons est de rendre certain tout ce qui est incertain. La religion est passée d'une croyance en la foi et les mystères, à une certitude. J'ai raison, tu as tort. Ferme-la. Point final. C'est certain. Plus nous sommes effrayés, plus nous sommes vulnérables, et plus nous sommes effrayés encore. Voilà à quoi ressemble la politique de nos jours. Il n'y a plus de discours désormais. Il n'y a plus de débat. Il n'y a que la recherche d'un coupable à blâmer. Vous savez comment je décris cela dans mes recherches ? Une façon de se décharger de la douleur et de l'inconfort. Nous perfectionnons tout. Si il y a quelqu'un qui voudrait que sa vie soit parfaite, c'est bien moi, mais ça ne marche pas.Parce que ce que nous faisons, c'est de prendre la graisse de nos derrières et de la mettre dans nos joues. (Rires) Ce qui, je l'espère, dans une centaine d'années, fera dire aux gens qui nous étudierons : "Wow..."

(Rires)

Et le plus dangereux, c'est que nous perfectionnons nos enfants. Laissez moi vous expliquer comment nous pensons de nos enfants. Ils sont conçus dès le départ pour avoir des problèmes. Et quand vous tenez ces petits êtres parfaits dans vos mains, votre devoir n'est pas de dire : "Regardez-le, il est parfait. Ma tâche est de le garder parfait --m'assurer qu'il intègre l'équipe de tennis dès le CM2, et l'Université de Yale avant la 5ème. " Ça n'est pas ça, notre devoir. Notre devoir, c'est de le regarder, et de lui dire : " Tu sais quoi ? Tu n'es pas parfait, et tu es conçu pour avoir des problèmes, mais tu mérites de recevoir de l'amour et d'être parmi nous. Ça, c'est notre devoir. Donnez-moi une génération de gosses élevés comme ça, et on réglera les problèmes que nous connaissons aujourd'hui, je pense. Nous aimons croire que nos actions n'ont pas de conséquences sur les autres. Nous faisons cela dans nos vies personnelles. Nous faisons cela dans les entreprises -- que ce soit lors d'un renflouement, une fuite de pétrole, une convocation -- nous nous comportons comme si nos actions n'avaient pas un énorme impact sur les autres. J'ai envie de dire aux entreprises : " Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie, les gars. On a seulement besoin que vous soyez authentiques et vrais, et que vous nous disiez : ' Nous sommes désolés. On va régler ça.' "

Mais il y a une autre voie, et je vais finir là-dessus. Voici ce que j'ai découvert : c'est d'accepter de se montrer, de se montrer vraiment, de se montrer vulnérable ; d'aimer de tout notre cœur, même si il n'y a aucune certitude -- et ça, c'est vraiment dur, et je peux vous le dire en tant que parent, c'est atrocement difficile -- de s'exercer à la gratitude et à la joie dans ces moments de terreur, où nous nous demandons : " Suis-je capable de t'aimer à ce point ? Suis-je capable de croire en cela avec autant de passion ? Suis-je capable d'être aussi fervent ? " Juste pouvoir s'arrêter et, au lieu de s'imaginer les catastrophes qui risquent d'arriver, de dire : " Je suis simplement reconnaissant, parce que me sentir si vulnérable signifie que je suis vivant. " Et pour finir, ce qui je pense est le plus important, c'est de croire que nous sommes bien comme nous sommes. Parce je pense que que quand on écoute la petite voix qui nous dit : " Je suis bien comme je suis ", alors nous arrêtons de hurler, et nous commençons à écouter, nous devenons plus gentils et plus doux avec notre entourage, et nous sommes plus gentils et plus doux avec nous-mêmes.

C'est tout ce que j'ai. Merci.

Brené Brown

http://www.ted.com/talks/brene_brown_on_vulnerability.html

 

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Le courage d'être imparfait...

6 Juillet 2012, 02:26am

Publié par Fr Greg.

 

 

 

 

Alors, je vais commencer par ceci : il y a deux ans, l'organisatrice de l’événement m'a téléphoné parce que je devais donner une conférence. Elle m'a appelé et m'a dit : "J'ai vraiment du mal à trouver comment vous décrire sur notre petit prospectus." Et je me suis dit : " Et bien, où est le problème ?" Et elle m'a dit : " Et bien, je vous ai déjà vu parler, et je vais vous désigner comme une chercheuse, je crois, mais j'ai peur que si je vous désigne comme chercheuse, personne ne vienne, parce que tout le monde pensera que vous êtes ennuyeuse et hors sujet." (Rires) Ok. Et elle a dit : " Mais ce que j'ai aimé dans votre conférence, c'est que vous êtes une conteuse d'histoires. Alors je pense que ce que je vais faire, c'est juste dire que vous êtes une conteuse." Et bien sûr, mon côté universitaire, qui manque d'assurance, a dit : " Vous allez dire que je suis quoi ?! " Et elle a dit : " Je vais dire que vous êtes une conteuse." Et moi : " Et pourquoi pas fée Carabosse ? " (Rires) J'ai fait : " Laissez-moi réfléchir une seconde." J'ai essayé de rassembler tout mon courage. Et j'ai pensé, je suis une conteuse d'histoires. Je suis une chercheuse en sciences humaines. Je recueille des histoires ; c'est ce que je fais. Et peut-être que les histoires ne sont rien d'autre que des données scientifiques avec une âme. Et peut être que je ne suis rien d'autre qu'une conteuse. Alors j'ai dit : " Vous savez quoi ? Pourquoi ne pas simplement dire que je suis une chercheuse-conteuse ?" Et elle a fait : " Ha ha. Ça n'existe pas." (Rires) Ainsi, je suis une chercheuse-conteuse, et je vais vous parler aujourd'hui -- nous discutons de l'élargissement de nos conceptions -- alors je veux vous parler et vous raconter quelques histoires sur une partie de mes recherches qui a fondamentalement élargi ma perception et a réellement, concrètement, changé ma façon de vivre, d'aimer, de travailler, et d'élever mes enfants.

 

(...) Voilà où mon histoire commence. Quand j'étais jeune chercheuse, étudiante en doctorat, pendant ma première année j'ai eu un directeur de recherche qui nous a dit : "ce qu'on ne peut pas mesurer n'existe pas." Et j'ai pensé qu'il essayait de m'embobiner. Et j'ai fait : " Vraiment ?", et lui : "Absolument." Il faut que vous sachiez que j'ai une licence d'assistance sociale, un master d'assistance sociale, et que je préparais une thèse d'assistance sociale, alors j'avais passé toute ma carrière universitaire entourée de gens qui croyaient en quelque sorte que la vie c'est le désordre, et qu'il faut l'aimer ainsi. Alors que moi ça serait plutôt : la vie c'est le désordre, il faut la nettoyer, l'organiser, et bien la ranger dans des petites cases. (Rires) Alors quand je pense que j'ai trouvé ma voie, que j'ai engagé ma carrière sur un chemin qui m'amène -- vraiment, dans l'aide sociale, on dit beaucoup qu'il faut plonger dans l'inconfort du travail. Et moi je suis plutôt : évacuer l'inconfort une bonne fois pour toutes, le dégager et n'obtenir que des 20 sur 20. C'était ma devise. C'est pourquoi j'étais très enthousiasmée par cette idée. Et que je me suis dit, tu sais quoi, c'est la carrière qu'il te faut, parce que je m'intéresse à des sujets compliqués, mais je veux pouvoir les rendre moins compliqués. Je veux les comprendre. Je veux m'infiltrer dans ces questions, que je sais importantes, et les décoder pour tout le monde.

 

J'ai donc commencé avec les relations humaines. Parce que, quand vous avez travaillé dans le social pendant 10 ans, vous réalisez que les relations humaines sont la raison de notre présence sur terre. C'est ce qui donne un but et du sens à nos vies. Tout tourne autour de cela. Peu importe que vous en discutiez avec des gens qui travaillent dans le secteur de la justice sociale, ou bien de la santé mentale, ou de la maltraitance, ou de la négligence parentale, ils vous diront tous que les relations, la capacité d'entrer en relation, c'est -- sur le plan neurobiologique, nous sommes conçus ainsi -- c'est la raison de notre présence sur terre. J'ai donc pensé: je vais commencer par les relations humaines. Vous connaissez cette situation où vous avez un entretien d'évaluation avec votre patron, et elle vous parle de 37 choses que vous faites incroyablement bien, et puis d'une chose -- " Une occasion de vous améliorer." (Rires) Et tout ce que vous retenez, c'est cette "occasion de vous améliorer", pas vrai ? Eh bien, à première vue, c'est également la direction que mon travail a prise, parce que, quand j'ai interrogé les gens sur l'amour, ils m'ont parlé de chagrin. Quand j'ai interrogé les gens sur le sentiment d'appartenance, ils m'ont raconté leurs plus atroces expériences où ils étaient exclus. Et quand j'ai interrogé les gens sur les relations humaines, les histoires qu'ils m'ont racontées parlaient d'isolement.

Aussi très rapidement -- en fait après seulement six semaines de recherches -- j'ai buté sur cette chose sans nom qui détruisait totalement les relations d'une façon que je ne comprenais pas, et que je n'avais jamais vu. J'ai donc pris un peu de recul sur ma recherche et je me suis dit, il faut que je comprenne ce dont il s'agit. Et j'ai découvert qu'il s'agissait de la honte. On peut vraiment comprendre la honte facilement si on la considère comme la peur de l'isolement. Il y a-t-il quelque chose chez moi qui ferait que, si d'autres le savaient ou le voyaient, je ne mériterais pas d'être en relation avec eux ? Il y a une chose que je peux vous en dire : c'est universel ; on a tous ça. Les seules personnes qui n'éprouvent pas la honte sont celles qui sont incapables d'empathie ou de relations humaines. Personne ne veut en parler, et moins on en parle, plus on la ressent. Ce qui est à la base de cette honte, ce "Je ne suis pas assez bien ", -- qui est un sentiment que nous connaissons tous : " Je ne suis pas assez neutre. Je ne suis pas assez mince, pas assez riche, pas assez beau, pas assez malin, pas assez reconnu dans mon travail." Ce qui est à la base de tout ça, c'est une atroce vulnérabilité, cette idée que, pour pouvoir entrer en relation avec les autres, nous devons nous montrer tels que nous sommes, vraiment tels que nous sommes.

Et vous savez ce que je pense de la vulnérabilité. Je hais la vulnérabilité. J'ai donc pensé, voilà l'occasion que j'attendais de la faire battre en retraite avec ma règle. Je vais m'y plonger, je vais démêler toute cette histoire, je vais y consacrer une année, je vais complètement déboulonner la honte, je vais comprendre comment fonctionne la vulnérabilité, et je vais être la plus forte. J'étais donc prête, et j'étais vraiment enthousiaste. Comme vous vous en doutez, ça ne s'est pas bien passé. (Rires) Vous vous en doutez. Alors, je pourrais vous en dire long sur la honte, mais il me faudrait prendre le temps de parole de tous les autres. Mais voilà ce que je peux vous dire, ce à quoi ça se résume -- et c'est peut-être la chose la plus importante que j'ai jamais apprise pendant les dix années passées sur cette recherche. Mon année s'est transformée en six années, des milliers de récits, des centaines de longs entretiens, de groupes de discussion. À un moment, les gens m'envoyaient des pages de journaux, ils m'envoyaient leurs histoires -- des milliers d'éléments d'information en six ans. Et j'ai commencé à comprendre.

J'ai commencé à comprendre : voilà ce qu'est la honte, voilà comment ça marche. J'ai écrit un livre, j'ai publié une théorie, mais quelque chose n'allait pas -- et ce que c'était, c'est que, si je prenais les gens que j'avais interviewés, et que je les divisais grossièrement en deux catégories: ceux qui croyaient vraiment en leur propre valeur --c'est à cela que ça se résume, croire en sa propre valeur -- ils ont un fort sentiment d'amour et d'appartenance -- et ceux qui ont du mal avec ça, ceux qui se demandent tout le temps si ils sont assez bien. Il n'y avait qu'une variable qui différenciait ceux qui ont un fort sentiment d'amour et d'appartenance de ceux qui ont vraiment du mal avec ça. Et c'était que ceux qui ont un fort sentiment d'amour et d'appartenance pensent qu'ils méritent l'amour et l'appartenance. C'est tout. Ils pensent qu'ils le méritent. Et pour moi la chose qui nous prive de relations humaines est notre peur de ne pas mériter ces relations, c'était quelque chose que, sur le plan personnel comme professionnel, j'ai eu l'impression que j'avais besoin de mieux comprendre. Alors ce que j'ai fait, c'est que j'ai pris tous les interviews dans lesquels je pouvais voir des gens qui croyaient mériter, qui vivaient ainsi, et je les ai simplement examinés attentivement.

 

Qu'ont en commun tous ces gens ? Je suis un peu accro aux fournitures de bureau, mais c'est une autre histoire. J'avais une chemise cartonnée, et j'avais un marqueur, et j'ai fait, comment vais-je intituler cette recherche ? Et les premiers mots qui me sont venus à l'esprit ont été "sans réserve". Ce sont des gens sans réserves, qui vivent avec ce sentiment profond de leur valeur. Alors je l'ai inscrit sur la couverture de la chemise, et j'ai commencé à examiner les données. En réalité, j'ai commencé par le faire pendant quatre jours par une analyse des données extrêmement intensive, où je suis revenue en arrière, j'ai ressorti ces interviews, ressorti les récits, ressorti les incidents. Quel est le thème ? Quel est le motif ? Mon mari a quitté la ville avec les enfants parce que je rentre à chaque fois dans ce délire à la Jackson Pollock, où je ne fais qu'écrire, et où je suis en mode chercheuse. Et voici ce que j'ai trouvé. Ce qu'ils avaient en commun, c'était un sens du courage. Là je veux prendre une minute pour vous expliquer la distinction entre le courage et la bravoure. Le courage, la définition originelle du courage, lorsque ce mot est apparu dans la langue anglaise -- il vient du latin "cor", qui signifie "cœur" -- et sa définition originelle était : raconter qui nous sommes de tout notre cœur. Ainsi, ces gens avaient, très simplement, le courage d'être imparfaits. Ils avaient la compassion nécessaire pour être gentils, tout d'abord avec eux-mêmes, puis avec les autres, car, à ce qu'il semble, nous ne pouvons faire preuve de compassion envers les autres si nous sommes incapables d'être gentils envers nous-même. Et pour finir, ils étaient en relation avec les autres, et -- c'était ça le noyau dur -- de par leur authenticité, ils étaient disposés à abandonner l'idée qu'ils se faisaient de ce qu'ils auraient dû être, de façon à être qui ils étaient, ce qui est un impératif absolu pour entrer en relation avec les autres.

 

 Brené Brown

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Qui sait jusqu'où va la profondeur de cette blessure ? (II)

5 Juillet 2012, 01:13am

Publié par Father Greg

 

 

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Le pas du lion

On rapporte que saint Jérôme vécut durant trente-cinq ans dans une grotte avec un lion pour compagnie. Le fauve était venu trouver l'ermite qui lui avait retiré une épine profondément enfoncée dans la patte. Reconnaissant, l'ani­mal avait élu domicile auprès de l'homme charitable, visité des lumières d'en haut. On raconte des faits similaires à propos d'autres saints hommes qui, partis au désert ou dans la forêt, firent amitié avec un ours, un loup ou un autre animal féroce qu'ils avaient soigné.

L'apologue peut s'entendre ainsi : le lion (ou l'ours) représente notre nature sauvage, violente, orgueilleuse, les instincts et passions qu'il s'agit de maîtriser, autant dire l'homme charnel. Or, le lion est blessé et l'épine fichée dans sa patte est un aiguillon qui à la fois l'empêche d'être pleinement heureux de son sort et le pousse à chercher un remède. L'animal vient demander de l'aide à un homme reclus en Dieu, non pas à un médecin ordinaire. En ôtant l'épine de la patte du fauve, Jérôme délivre et apaise l'ani­mal, à la façon dont les puissances spirituelles libèrent l'homme charnel : l'Esprit guérit parce qu'il éveille la créature à sa nature immortelle. Désormais, le lion vit en bonne intelligence avec l'ascète, certains disent même qu'il se nourrit d'herbe : réconciliation des aspects terrestre et céleste de l'être humain, passage de la dévoration à la contemplation. Tout un chemin spirituel pour qu'éclose l'homme intérieur, l'être nouveau. Encore fallait-il que le lion ou l'ours fussent blessés, et à la patte, afin d'orienter différemment leur marche. La blessure s'avère le contraire de l'entrave, elle invite à la quête, elle appelle à une infinie liberté.

Divine Blessure, Jacqueline Kelen

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Qui sait jusqu'où va la profondeur de cette blessure ?

4 Juillet 2012, 00:04am

Publié par Father Greg

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Aucune vie intense n'est exempte d'épreuves. Aucun cœur aimant n'échappe à la brisure. Plus haut vole le désir, plus il est menacé. Et toute âme noble se voit en ce monde meurtrie et injuriée.

L'honneur de l'être humain est de se relever, non de se plaindre, non de se résigner. La grandeur d'un héros se reconnaît à ce qu'il subit des coups mais refuse la défaite : aucune plaie ne le fait renoncer à sa liberté.

Qu'elle apparaisse sous forme de déchirure d'amour, de beauté ou de douleur, la blessure a pour sens d'ouvrir l'homme à l'inconnu, voire à l'illimité. Et d'abord elle rappelle que toute grande rencontre laisse une trace inef­façable et que la grâce d'être touché au cœur désigne, élit même l'être véritablement vivant.

Tous les humains ne sont peut-être pas appelés à une quête héroïque, à une élévation mystique ; du moins doivent-ils mériter ce qualificatif d'humanité qui est bienveillance, bonté, accueil. Or, en allant vers l'autre, en l'écoutant, on court le risque d'être ému, bouleversé. C'est pourquoi beaucoup préféreront revêtir une carapace d'indifférence ou de froideur qui, croient-ils, les proté­gera, en fait qui montrera leur peur et leur carence d'hu­manité.

Il y a une folle illusion à se vouloir à l'abri de tout, illusion soigneusement entretenue par la société moderne. De qui, de quoi peut-on se garder ? De la malice du monde, de la trahison et des peines amoureuses ? De la charge des ans, de la mort ignominieuse ? Qui se pense assez puissant ou assez riche pour écarter le malheur ? Le monde contem­porain, qui ne parle que de bien-être, de bonheur, de santé et de sécurité, se trouve accablé d'une terrible maladie, la maladie d'infantilisme. Aussi n'invoque-t-il que ce mot magique qui trahit son effroi devant la fragilité et le trépas : « guérir ». Grâce à la recherche scientifique, grâce à telle plante, telle gymnastique, tel régime alimentaire, en recou­rant au besoin à la méditation, à la récitation de man­tras et autres recettes zen ou chamaniques, la créature humaine peut se protéger de tout, et surtout oublier qu'elle est mortelle. L'obsession de guérir anesthésie la conscience et étouffe le questionnement métaphysique.

Or, il n'est que deux façons d'être indestructible : soit à la façon d'une machine imperturbable que l'on entretient en changeant les pièces, en veillant sur le mécanisme ; soit en découvrant son essence immortelle. La seconde voie est celle qu'indiquent et que nourrissent la philosophie véri­table, les spiritualités des diverses traditions ainsi que les mythes qui sont des éveilleurs de conscience et des passeurs de sagesse.

Pour la plupart des gens, guérir équivaut à ne plus jamais avoir mal. Supprimer la souffrance, l'inquiétude, au béné­fice du seul épanouissement de soi qui est bonheur, bien‑ être. C'est un enfermement redoutable et un rêve chimé­rique. Mais dans les récits initiatiques et les textes sacrés, guérir signifie réparer la blessure de l'homme mortel, c'est-à-dire restaurer celui-ci dans sa nature édénique, dans son être seigneurial.

Ainsi, la blessure n'est ni la souffrance ni le mal, elle est au contraire le rappel que notre nature véritable n'est ni limitée ni souffrante. Elle donne accès à une autre percep­tion, elle est une aspiration à un infini que ne peut combler aucun bien de ce monde.

 

Divine Blessure, Jacqueline Kelen


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L'absolu de la miséricorde !

3 Juillet 2012, 03:46am

Publié par Father Greg

 

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La miséricorde? Il ne s’agit pas d’une simple pitié ou même d’une souffrance ressentie à la rencontre d’un homme malheureux. La miséricorde, c’est la prise de la misère de l’autre dans son cœur, c’est la misère de l’autre qui se loge en nous, qui devient nôtre, d’abord comme une brûlure profonde, mais tout de suite comme une exigence d’action. Le miséricordieux n’entasse pas en lui les misères qu’il rencontre, par une variété de «masochisme ». Non. La misère de l’autre le brûle, mais pour le mouvoir.

La misère de l’autre. Il s’agit de l’afflige par toute misère. Celui qui a faim, celui qui n’est pas vêtu, celui qui n’est pas logé, celui qui est infirme, celui qui est malade, celui qui est chômeur. Le pauvre d’esprit, le mal doué, l’irrésolu. L’ignorant. Le méprisé, le délaissé, le trahi. Celui qui est sans amis, sans au moins un ami. Le clochard, l’ivrogne. Le désespéré. Mais aussi bien, le riche égoïste, le savant si spécialisé qu’il oublie l’essentiel, le vaniteux plein de soi, l’orgueilleux qui cherche la gloire, le dominateur qui opprime.

Chaque homme, par quelque point, est un miséreux. Et c’est pour cela qu’il faut tous les loger dans son cœur, dilater toujours plus son cœur et par là ressembler chaque jour plus au Christ qui logea dans son cœur toutes les misères de tous les hommes. La miséricorde devient ainsi l’une des formes suprêmes de l’épanouissement. L’homme broyé par la misère des autres, et progressivement de tous les autres, est un homme qui élargit toujours plus sa puissance d’aimer.

La prière du miséricordieux est immense comme l’immensité de la misère. Et déjà, par la prière, l’homme brûlé par la misère de l’autre, des autres, est en mouvement dans la lutte contre les misères. Cependant, pour la plupart des hommes, la justification par la prière ne suffirait pas. Elle serait une tricherie pour ne pas s’engager, ne pas agir. Nous ne pouvons rien ajouter à Dieu. Dieu se suffit et sa miséricorde est de nous avoir appelés à être, à être à son image, dotés d’intelligence et de liberté. La miséricorde de Dieu nous a donné le monde. La miséricorde de Dieu nous a envoyé le Verbe, Fils unique, Homme-Dieu, pour nous sauver. La miséricorde de Dieu nous a, dans le Christ, glorifiés et rendus capables d’aimer jusqu’au don complet de nous-mêmes.

Louis-Joseph Lebret, L’évangile de la miséricorde, Collectif Cerf 1965 p.165-166.

 

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Vécu du toucher...

2 Juillet 2012, 01:56am

Publié par Father Greg

 

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La méthode de "'parole"' du toucher. 

Cette méthode 'la Connexion Individuelle de la sensibilité' fait l'analyse de la structure de sensibilité qui nous est propre, c'est-à-dire de notre fonctionnement de toucher, et elle révèle le contenu de notre vibratoire. Ce n'est pas l'évènement en lui-même qui touche l'individu : il est touché, dans la relation à l'évènement, fonction de ce qu'il contient. Cela explique que des enfants d'une même famille évoluent totalement différemment; que des personnes ayant subies des traumatismes s'en relèvent et d'autres non; qu'un individu ayant vécu une enfance heureuse, 'sans histoire', a du mal à vivre parce qu'il n'a pas pu s'exprimer dans ce qui le motive vraiment. 

Dans ce qui me touche, il y a autant le contenu de mon histoire, que le contenu de ma motivation à vivre, de ce qui me passionne et de ce pour quoi je suis fait. Ex :'j'ai des difficultés à m'exprimer dans ma parole, parce que je n'ai pas pu parler; mais surtout parce que ma raison de vivre est de dire quelque chose'. 

L'intérêt essentiel d'une personne est d'exprimer sa vérité propre. Personne n'a le même corps, parce que chacun est destiné à exprimer quelque chose de particulier. Le corps fonctionne parce qu'il exprime le contenu de la personne; et là où elle ne s'exprime pas dans son intention, elle ne s'exprime pas dans son corps : 'j'ai à donner ma version de l'amour en relation'. Aussi, les blessures de toucher sont le résultat de la rencontre des événements avec ma sensibilité; mais elles ne s'intègrent vraiment que lorsqu'elles sont reliées à mon contenu vibratoire : 'j'intègre le sens de ce que j'ai vécu lorsque je comprends comment je fonctionne dans le toucher et que je fais monter à ma conscience le contenu de mon individualité. Je fais le lien entre ce que j'ai vécu et le comment je sais vivre'. 


La conscience du toucher vibratoire passe par la parole du corps. Elle suppose de nommer les ressentis et de rejoindre, au plus profond, le sentiment de soi, la vibration du toucher. La Connexion met le corps en lien avec son mouvement d'origine, adapté à son contenu intérieur, pour guider la personne dans l'exactitude de sa communication avec l'extérieur. Grâce à ce travail, chaque individu peut progresser dans la conscience de lui-même et rejoindre le sens profond de toutes les informations de son corps. Les tensions et les blocages corporelles sont, par exemple, la manifestation d'une parole qui n'a pas pu s'exprimer dans ce qui m'a touché, en lien avec ce qui me touche. 

La Connexion donne les réponses intérieures de la personne à toutes sortes de situations et entraîne des changements de tous types, physiques, relationnels, comportementaux… Elle nourrit l'intelligence parce qu'elle fait surgir la cohérence de l'individu en reliant des données apparemment opposées ou différentes. Elle permet d'intégrer les contradictions du corps en accédant à une conscience supérieure des situations. 

En faisant se rejoindre les opposés en soi, elle apporte une cohérence relationnelle intérieure qui produit une ouverture aux autres. Elle relie à la profondeur du Soi et procure un état de satisfaction durable, la sensation de se retrouver unité corps/esprit. 


Cette approche du toucher vibratoire donne une autre dimension sur le rôle du toucher tactile. Si le tactile amorce le développement du corps et manifeste la relation, le vibratoire amène à la conscience du Soi en relation, c'est-à-dire à la conscience de moi en relation avec mon corps et dans le monde. Le vibratoire est la perception de l'invisible de la relation, sa conscience dans le corps. Il ne suffit donc pas de toucher tactilement pour être en relation. Malgré tout, bien des êtres ont été touchés tactilement mais ne se sont pas senti accueilli dans leur vibratoire. En fait, c'est l'ajustement au vibratoire du toucher qui donne la justesse du toucher tactile : 'je touche véritablement en conscience de la relation lorsque je suis conscient de mon contenu vibratoire. Et là, je ne suis plus dupe des manques, des transferts ou des projections et je peux aider véritablement l'autre dans son évolution'.

Hervé PÉCHOT

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Ressenti du toucher...

1 Juillet 2012, 02:55am

Publié par Father Greg

 

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Du toucher tactile au toucher vibratoire, pour une nouvelle approche du toucher. 
Le toucher se définit, de manière commune, comme le contact de la peau par des stimuli mécaniques, thermiques, chimiques, électriques provoquant les sensations, de pressions, de température… 

Il s'agit là de la conception classique, celle du toucher tactile. Mais le toucher ne se limite pas à l'approche matérielle de la sensation. Dans le langage courant, le mot toucher révèle d'autres dimensions et donc un contenu bien différent, beaucoup plus attractif. Ne dit-on pas, cette musique, ce livre, ce film ou votre attention m'ont touché. Dans ce cas, de quel toucher s'agit-il ? Quelle est cette dimension du toucher qui ne concerne pas la surface du corps mais qui implique tous les sens. C'est le toucher intérieur; celui du toucher du cœur de l'être, relié à tout dans la profondeur de ses sens et de ses sensations. Paradoxalement, ce toucher n'est pas tactile; mais il est palpable vibratoirement. 


Ce "vibratoire", tout le monde en fait l'expérience, avec plus ou moins conscience. Il s'exprime par le fait que personne n'est attiré par la même chose, ni ne réagit de la même façon. Pour les vacances, chacun choisit sa destination et ses contenues. Certains privilégient la famille, les hobbies, la pêche, le sport, d'autres les visites culturelles, l'isolement, le travail, la fête ou bien la lecture. Personne n'est touché par la même chose et de la même façon. La vibration est le produit du toucher; le corps vibre au toucher. 


C'est une sensation physique, émotionnelle, personnelle. Le toucher se définit alors comme la rencontre de deux informations, celle de l'impulsion intérieure de l'individu en contact avec tout autre donnée le concernant. Le vibratoire, c'est le lieu de la rencontre entre la référence du Soi et les informations du corps. Cette rencontre produit un mouvement vibratoire qui révèle l'individualité. Cette définition du toucher englobe à la fois les informations de l'intérieur et de l'extérieur du corps je peux être touché par la joie, la grâce ou une vérité intérieure. Par ce concept du vibratoire, nous pouvons aborder l'être humain dans sa globalité et dans sa spécificité de toucher; et comprendre, par exemple, pourquoi les praticiens d'une technique de toucher identique obtiennent des résultats différents. Cette conception du corps a des répercutions et un intérêt considérable. Elle fait du toucher le centre de l'activité humaine. Elle prend en compte la réalité matérielle et immatérielle de la personne. La vibration est d'ailleurs bien scientifiquement onde et particule, espace de rencontre de la matière et de la non-matière. Le 'vibratoire', est alors le domaine scientifique de la résonance corps-esprit. 

Le vibratoire, c'est tout ce qui n'est pas tactile et qui produit une vibration. 


C'est le contact corporel invisible. Tout le monde le pratique, le parle et y fait référence sans le savoir. L'intérêt c'est qu'il y a un contenu du vibratoire qui est propre à chacun et qui recèle le cœur de l'individu, sa spécificité la plus secrète et la plus profonde, son unicité, ce pour quoi il est le plus naturellement doué, son sens. Ce vibratoire, est une réalité physique, 'sensationelle', qui comporte la structure de fonctionnement de chacun. Il s'apprend. Il est possible d'entrer dans la connaissance de son propre toucher vibratoire et cette démarche provoque l'évolution de la conscience de soi et de la relation à son corps.

Hervé Péchot.

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