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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Intouchables ??

31 Janvier 2012, 08:26am

Publié par Father Greg

 

 

intouchables-bo.jpgGrand moment de télé, mardi passé à Ce soir (ou jamais !) : les invités de Taddeï revenaient sur le triomphe d’Intouchables. En deux mois et demi d’exploitation, le film d’Éric Toledano et Olivier Nakache tutoie les vingt millions de spectateurs. Mieux : la critique est unanimement élogieuse, du Figaro au Monde en passant par Libé. (…)



Sur le plateau de Taddeï, on est plus partagé. D’emblée, André Comte-Sponville est excusé : le philosophe ne sort pas, même à 17 heures, et encore moins pour aller au cinéma ! L’humoriste (?) Virginie Lemoine n’a pas vu l’œuvre non plus, mais elle s’enthousiasme de confiance pour cette histoire vraie, dont les deux protagonistes sont "juste admirables".



Le vrai comique, c’est Philippe Sollers, qui déclare d’un ton pénétré : "Ce film est absolument superbe de bout en bout ! J’ai été bluffé… Cela dit, je ne l’ai pas vu !"
Le plus sérieux, c’est Robert Ménard, qui, lui, a vu en famille cette comédie familiale et sait pourquoi il a aimé : "Une histoire vraie qui exalte les bons sentiments avec humour, c’est assez rare pour être salué !"



Est-ce donc tout ? Ce serait mal connaître ce diable de Taddeï, qui passe la parole en dernier à Philippe Nemo – philosophe comme Comte-Sponville, mais trop rare à la télé, lui. Et notre aimable prof aux yeux bleus de se lancer, devant un parterre sidéré, dans une philippique contre ce film "insupportable" qui, sous couvert de bons sentiments, serait en réalité une "déclaration de haine à la France". Ici, observe-t-il, "la bourgeoisie est constituée de gens ridicules et coincés, hypocrites et intéressés ; les petits Blancs sont moches, stupides et lâches ; quant aux flics, ils sont décrits comme des brutes et des benêts".



La sortie fait son effet, et c’est au milieu des protestations et des lazzis que Nemo poursuit sa "petite analyse", comme il dit : "Ce qui triomphe dans ce film, c’est la culture des banlieues : le shit guérit, et la justice s’établit à coups de poing ; le héros blanc et riche ne trouve grâce que parce qu’il est handicapé, et la jeune femme dont Driss tombe amoureux est homosexuelle !"



Face à cette crise de 'réactionarite' aiguë, sur le plateau on suffoque ou on s’esclaffe, selon l’humeur. Seul l’excellent Robert Ménard tente de nouer le dialogue comme toujours, malgré un complet désaccord. Quant à l’ami Taddeï, il jubile à juste titre ! N’a-t-il pas réussi son coup : décoiffer le téléspectateur en lui proposant, avec la charge du capitaine Nemo, la seule critique droitière d’Intouchables disponible sur le marché ? Heureusement pour ces deux-là qu’aucune loi ne punit encore les crimes contre l’unanimité.

Basile de KOCH, Journaliste, 20 janvier 2012 Paru dans Valeurs actuelles, 19 janvier 2012

 

 

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Chanter les merveilles de Dieu (3)

31 Janvier 2012, 04:13am

Publié par Father Greg

vincent-van-gogh-champs-de-bleChers frères et sœurs, ce Psaume nous enseigne que, dans notre prière, nous devons rester toujours ouverts à l’espérance et solides dans la foi en Dieu. Notre histoire, même si elle est souvent marquée par la douleur, par des incertitudes, par des moments de crise, est une histoire de salut et de « rétablissement du sort ». En Jésus, chaque exil finit et chaque larme est séchée, dans le mystère de sa Croix, de la mort transformée en vie, comme le grain de blé qui s’ouvre dans la terre et qui devient épi. Pour nous aussi cette découverte de Jésus Christ est la grande joie du « oui » de Dieu, du rétablissement de notre sort. Mais comme ceux qui – revenus de Babylone pleins de joie – ont trouvé une terre appauvrie, dévastée, ainsi que la difficulté des semailles et qui ont souffert en pleurant, ne sachant pas si réellement la récolte aurait eu lieu à la fin, nous aussi, après la grande découverte de Jésus Christ – notre vie, la vérité, le chemin – en entrant dans le terrain de la foi, dans la « terre de la foi », nous trouvons aussi souvent une vie sombre, dure, difficile, des semailles de larmes, mais dans l’assurance que la lumière du Christ nous donne, à la fin, réellement, la grande récolte. Et nous devons apprendre cela également lors des nuits sombres ; ne pas oublier que la lumière existe, que Dieu est déjà au milieu de notre vie et que nous pouvons semer avec la grande confiance que le « oui » de Dieu est plus fort que nous tous. Il est important de ne pas perdre ce souvenir de la présence de Dieu dans notre vie, cette joie profonde que Dieu est entré dans notre vie, en nous libérant : c’est la gratitude pour la découverte de Jésus Christ, qui est venu à nous. Et cette gratitude se transforme en espérance, elle est l’étoile de l’espérance qui nous donne la confiance, elle est la lumière, car précisément les douleurs des semailles sont le début d’une nouvelle vie, de la joie de Dieu grande et définitive.

 

                       Catéchèse de Benoît XVI Audience générale du 12 octobre 2011

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Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité !

30 Janvier 2012, 09:41am

Publié par Father Greg

 

 

 

 

Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande aux esprits mauvais et ils lui obéissent.

 

17 VALENTIN DE BOULOGNE MERCHANTS IN TEMPLEJésus enseigne avec autorité : il parle en victorieux ! C’est une rupture face aux scribes qui discutaillent ; C’est nouveau parce que c’est net, sans mélange. La réaction de l’esprit impur -dont les cris et son agitation disent les convulsions de la fin- manifeste l’efficacité de cette parole et combien cet enseignement c’est un don qui s’impose pour prendre toute la place : « Silence ! Sors de cet homme. »

 

Or, nous sommes dépositaires de cette lumière victorieuse, avec l’autorité même du Christ ! Et npis devons nous demander: ne sommes-nous pas devenus trop muets? Ne nous manque-t-il pas le courage de proclamer et de donner la lumière avec autorité, avec l'assurance de Celui qui libère effectivement de ces esprits impurs?

 Et nous devons nous demander : ne sommes-nous pas devenus trop muets ? Ne nous manque-t-il pas le courage de proclamer et de donner la lumière avec autorité, avec l’assurance de Celui qui libère effectivement de ces esprits impurs ?

 

L’esprit impur n’est-ce pas cette fausse tolérance qui veut que l’opinion soit la seule mesure, et qui ne veux pas trop dire ce don actuel de Dieu parce que « ce n’est pas sérieux » ? L’esprit impur c’est celui qui s’adapte pour ne plus avoir à lutter, qui ne veut plus se battre, mais qui veut qu’on lui foute la paix, celle des salons !

 

« Posséder une foi claire, est souvent défini comme du fondamentalisme. Tandis que le relativisme, c'est-à-dire se laisser entraîner "à tout vent de la doctrine", apparaît comme l'unique attitude à la hauteur de l'époque actuelle. On est en train de mettre sur pied une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif et qui donne comme mesure ultime uniquement son propre ego et ses désirs. » Benoit XVI



La victoire, elle est là quand on laisse le cri de Jésus s’imposer pour nous !  Et en l’entendant, on le fait nous posséder et nous commander de le crier à notre monde ! En ces temps d’errements, de crise politiques et économique, ne faut-il pas parler en victorieux, avec l’autorité de Jésus ?!

 

Fr Grégoire.

 

 

 

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Chanter les merveilles de Dieu (2)

29 Janvier 2012, 03:11am

Publié par Father Greg

vincent-van-gogh-semeur-au-coucher-du-soleilChers frères et sœurs, dans notre prière nous devrions regarder plus souvent comment, dans les événements de notre vie, le Seigneur nous a protégés, guidés, aidés et le louer pour ce qu’il a fait et continue de faire pour nous. Nous devons être plus attentifs aux choses bonnes que le Seigneur nous donne. Nous sommes toujours attentifs aux problèmes, aux difficultés et c’est comme si nous ne voulions pas percevoir que des choses belles nous viennent du Seigneur. Cette attention, qui devient gratitude, est très importante pour nous et nous crée une mémoire du bien qui nous aide aussi dans les heures sombres. Dieu accomplit de grandes choses et qui en fait l’expérience – attentif à la bonté du Seigneur avec l’attention du cœur – est comblé de joie. C’est sur cet accent festif que se conclut la première partie du Psaume. Etre sauvés et rentrer dans sa patrie après l’exil est comme être retournés à la vie : la libération ouvre au rire, mais aussi à l’attente d’un accomplissement encore à souhaiter et à demander. C’est la seconde partie du Psaume qui dit ceci:

« Ramène, Seigneur, nos captifs, / comme les torrents au désert. / Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie: / il s’en va, il s’en va en pleurant, / il jette la semence; / il s’en vient, il s’en vient dans la joie, / il rapporte les gerbes » (vv. 4-6).

Si au début de sa prière, le Psalmiste célébrait la joie d’un sort désormais rétabli par le Seigneur, il le demande à présent en revanche comme quelque chose restant encore à réaliser. Si l’on applique ce Psaume au retour de l’exil, cette apparente contradiction s’expliquerait avec l’expérience historique, faite par Israël, d’un retour dans sa patrie difficile, seulement partiel, qui conduit l’orant à solliciter une nouvelle intervention divine pour accomplir pleinement la restauration du peuple.

Mais le Psaume va au-delà du fait purement historique pour s’ouvrir à des dimensions plus amples, de type théologique. L’expérience réconfortante de la libération de Babylone est cependant encore inachevée, « déjà » arrivée, mais « pas encore » marquée par la plénitude définitive.

Ainsi, alors que dans la joie elle célèbre le salut reçu, la prière s’ouvre à l’attente de la pleine réalisation. C’est pourquoi le Psaume utilise des images particulières, qui, avec leur complexité, renvoient à la réalité mystérieuse de la rédemption, dans laquelle se mêlent le don reçu et encore à attendre, la vie et la mort, la joie rêveuse et les larmes de peine. La première image fait référence aux torrents secs du désert du Neghev, qui lors des pluies se remplissent d’eau impétueuse qui redonne vie au terrain desséché et le fait refleurir. La requête du Psalmiste est donc que le rétablissement du sort du peuple et le retour de l’exil soient comme de l’eau, bouleversante et irréfrénable, et capable de transformer le désert en une immense étendue d’herbe verte et de fleurs.

La deuxième image se déplace des collines arides et rocheuses du Neghev aux champs que les agriculteurs cultivent pour en tirer de la nourriture. Pour parler de salut, on rappelle ici l’expérience qui se renouvelle chaque année dans le monde agricole : le moment difficile et fatigant des semailles et ensuite la joie immense de la récolte. Des semailles qui sont accompagnées de larmes, car l’on jette ce qui pourrait encore devenir du pain, en s’exposant à une attente pleine d’incertitude : l'agriculteur travaille, prépare le terrain, jette les semences, mais, comme l’illustre bien la parabole du semeur, il ne sait pas où cette semence tombera, si les oiseaux la mangeront, si elle prendra, si elle mettra racines, si elle deviendra un épi (cf. Mt 13, 3-9; Mc 4, 2-9; Lc 8, 4-8). Jeter la semence est un geste de confiance et d’espérance ; le travail de l’homme est nécessaire, mais ensuite il doit entrer dans une attente impuissante, en sachant bien que de nombreux facteurs seront déterminants pour la bonne issue de la récolte et que le risque d’un échec est toujours aux aguets. Et pourtant, année après année, l’agriculteur répète son geste et jette sa semence. Et lorsque celle-ci devient épi et que les champs se remplissent de blé, se manifeste la joie de celui qui se trouve devant un prodige extraordinaire. Jésus connaissait bien cette expérience et en parlait avec les siens : « Et il disait: "Il en est du Royaume de Dieu comme d'un homme qui aurait jeté du grain en terre, qu'il dorme et qu'il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse, il ne sait comment » (Mt 4, 26-27). C’est le mystère caché de la vie, ce sont les merveilleuses « grandes choses » du salut que le Seigneur opère dans l’histoire des hommes et dont les hommes ignorent le secret. L’intervention divine, quand elle se manifeste en plénitude, révèle une dimension impétueuse, comme les torrents du Neghev et comme le blé dans les champs, ce dernier évoquant également une disproportion typique des choses de Dieu : une disproportion entre la fatigue des semailles et l’immense joie de la récolte, entre l’inquiétude de l’attente et la vision rassérénante des greniers remplis, entre les petites semences jetées à terre et les grands tas des meules dorées par le soleil. Lors de la moisson, tout est transformé, les pleurs sont terminés, ils ont laissé place à l’exultation, à des cris de joie.

Le Psalmiste fait référence à tout cela pour parler du salut, de la libération, du rétablissement du destin, du retour de l’exil. La déportation à Babylone, comme toute autre situation de souffrance et de crise, avec son obscurité douloureuse faite de doutes et d’un éloignement apparent de Dieu, est en réalité, dit notre Psaume, comme des semailles. Dans le Mystère du Christ, à la lumière du Nouveau Testament, le message se fait encore plus explicite et clair : le croyant qui traverse cette obscurité est comme le grain de blé tombé en terre qui meurt, mais pour donner beaucoup de fruit (cf. Jn 12, 24) ; ou bien, en reprenant une autre image chère à Jésus, il est comme la femme qui souffre des douleurs de l’accouchement pour pouvoir parvenir à la joie d’avoir donné à la lumière une nouvelle vie (cf. Jn 16, 21).

 

                          Catéchèse de Benoît XVI Audience générale du 12 Octobre 2011

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Chanter les merveilles de Dieu (1)

28 Janvier 2012, 04:50am

Publié par Father Greg

papeChers frères et sœurs,

Dans les précédentes catéchèses, nous avons médité sur plusieurs Psaumes de lamentation et de confiance. Aujourd’hui, je voudrais réfléchir sur un Psaume aux accents festifs, une prière qui, dans la joie, chante les merveilles de Dieu. C’est le Psaume 126 – 125 selon la numérotation gréco-latine –, qui célèbre les grandes choses que le Seigneur a accompli pour son peuple et qu’il opère constamment dans chaque croyant.

 

Le Psalmiste, au nom de tout Israël, commence sa prière en rappelant l’expérience exaltante du salut :

« Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, / nous étions comme en rêve! / Alors notre bouche était pleine de rires, / nous poussions des cris de joie » (vv. 1-2a).

Le Psaume parle d’une libération des « captifs », qui sont donc rendus à leur état originel, à une positivité précédente. On part donc d’une situation de souffrance et de besoin à laquelle Dieu répond en offrant le salut et en ramenant l’orant à sa condition d’origine, qui est même enrichie et changée en mieux. C’est ce qu’il advient à Job, lorsque le Seigneur lui redonne ce qu’il avait perdu, en lui redoublant et en élargissant une bénédiction plus grande encore (cf. Jb 42, 10-13), et c’est ce dont fait l’expérience le peuple d’Israël en retournant dans sa patrie après l’exil babylonien. C’est justement en référence à la fin de la déportation en terre étrangère qu’est interprété ce Psaume : l’expression « ramener les captifs de Sion » est une lecture et une interprétation du texte « rétablir le sort de Sion ». En effet, le retour de l’exil est le paradigme de toute intervention divine de salut parce que la chute de Jérusalem et la déportation à Babylone ont été une expérience dévastatrice pour le peuple élu, non seulement sur le plan politique et social, mais aussi et surtout sur le plan religieux et spirituel. La perte de la terre, la fin de la monarchie davidique et la destruction du Temple apparaissent comme un démenti des promesses divines, et le peuple de l’alliance, dispersé parmi les païens, s’interroge douloureusement sur un Dieu qui semble l’avoir abandonné. C’est pourquoi la fin de la déportation et le retour dans la patrie sont vécus comme un merveilleux retour à la foi, à la confiance, à la communion avec le Seigneur ; c’est un « rétablissement du sort » qui implique aussi la conversion du cœur, le pardon, l’amitié retrouvée avec Dieu, la conscience de sa miséricorde et la possibilité renouvelée de le louer (cf. Je 29, 12-14; 30, 18-20; 33, 6-11; Ez 39, 25-29). Il s’agit d’une expérience de joie extraordinaire, de rires et de cris de joie, tellement belle qu’il semble être « comme en rêve ». Les interventions divines ont souvent des formes inattendues, qui vont au-delà de ce que l’homme peut imaginer ; voilà alors l’émerveillement et la joie qui s’expriment à travers la louange : « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! ». C’est ce que disent les nations, c’est ce que proclame Israël :

« Alors on disait parmi les nations: / “Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur!” / Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous: / nous étions en grande fête! » (vv. 2b-3).

Dieu fait des merveilles dans l’histoire des hommes. En apportant le salut, il se révèle à tous comme le Seigneur puissant et miséricordieux, refuge contre l’oppression, qui n’oublie pas le cri des pauvres (cf. Ps 9, 10.13), qui aime la justice et le droit et dont l’amour comble la terre (cf. Ps 33, 5). C’est pourquoi, face à la libération du peuple d’Israël, toutes les nations reconnaissent les grandes choses extraordinaires que Dieu accomplit pour son peuple et elles célèbrent le Seigneur dans sa réalité de Sauveur. Et Israël fait écho à la proclamation des nations, et il la reprend en la répétant, mais à la première personne, comme le destinataire direct de l’action divine : « Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous » ; « pour nous », ou plus précisément encore, « avec nous », en hébreu ‘immanû, affirmant ainsi le rapport privilégié que le Seigneur entretient avec ses élus et qui trouvera dans le nom Emmanuel, « Dieu avec nous », par lequel est appelé Jésus, son sommet et sa pleine manifestation (cf. Mt 1, 23).


                                                         Catéchèse de Benoît XVI Audience Générale du 12 Octobre 2011


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La charité : un don de Dieu

27 Janvier 2012, 04:33am

Publié par Father Greg

ste Therese enfantLa charité est à la fois la voie, le terme, et le point de départ. La charité est tout cela parce qu’elle est un don de Dieu, une participation à l’Esprit Saint lui-même. C’est pour cela que quand on s’y donne pleinement, totalement on est porté par cette charité, qui, sur la terre est vécue dans le grand élan de l’espérance et dans la petitesse de la foi. Car sur la terre on ne voit rien ; mais le désir l’emporte, la soif l’emporte. Le cri de soif du Christ nous révèle que sur la terre, il faut toujours dépasser ce qui est fait, ce qui est réalisé. Donc d’une certaine manière il n’y a pas de repos, et en même temps il y a toujours un repos. Il n’y a pas de repos parce que rien ne nous satisfait, on ne peut jamais s’arrêter. Le désir que Dieu met en nous est un martyre, parce qu’il nous oblige à ne pas nous arrêter, à nous laisser toujours attirer par Jésus, à  désirer  être toujours plus attiré par Jésus crucifié : »quand je serai élevé de terre , j’attirerai tout à moi ». On comprend que Thérèse puisse, à l’oraison, « souffrir  un véritable martyre », car notre oraison consiste à vivre cette attraction du Père lui-même, comme Jésus nous le dit : »Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ».

« Enfin j’avais trouvé le repos »- mais ce n’est pas le repos au sens où nous l’entendons habituellement. Car c’est seulement en empruntant à Jésus son propre amour qu’elle trouvera le repos. Cela c’est la magnanimité divine de la petite Thérèse. La petite voie est bien la voie royale. Car être royal c’est être magnanime, ne s’arrêter à rien de partiel, « vouloir tout », « choisir tout ». C’est la voie. La charité, l’amour divin est tout et il est éternel, il réalise donc le passage de la terre au ciel : par l’amour nous vivons déjà au ciel.

Ce qui donne leur sens à tous nos actes, c’est l’amour, qui est capable de tout transformer puisque ce qui est la fin est alors présent à tout ce que nous faisons, sans rien supprimer car l’amour, en éliminant toute abstraction et en nous faisant vivre directement de la présence de Jésus, donne un réalisme à tout ce que nous faisons. Par la foi,  l’espérance et la charité, Jésus nous est totalement donné.

 

                       Père Marie Dominique Philippe « L’acte d’offrande »

 

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Utiliser ses fautes...

26 Janvier 2012, 04:34am

Publié par Father Greg

 

3341020993 a97869bf61Une faute, une faiblesse, un péché – graves ou non – peuvent parfois provoquer en nous d’obscurs sentiments : culpabilité, honte, tristesse, découragement… La bonne nouvelle est qu’aucune de ces attitudes n’est demandée par l’Évangile ! Nous nous laissons souvent entraîner dans bien des pièges, et des mensonges. L’art d’utiliser ses fautes est simple : comprendre que nos fautes et nos faiblesses, loin de nous éloigner de Dieu, peuvent nous en rapprocher. Bienheureuse et consolante vérité ! Laissons-nous convaincre, pour répandre à notre tour cette bonne nouvelle autour de nous.

 

Ne pas se décourager 

François de Sales commence par relever une question : pourquoi suis-je abattu et découragé après une faute ? Je peux ressentir de la lourdeur, de la culpabilité, de la honte, même me sentir comme paralysé, incapable de me relever. Rien à voir avec la Vie ! L’homme, suite à son péché, est-il tout de suite découragé ? Non, il y a une étape intermédiaire, souvent inaperçue à nos yeux : l’étonnement d’avoir pu commettre cette faute.

Il est provoqué par notre amour-propre. Même silencieux, il est toujours là, prêt à surgir au moment venu. St François le compare à un renard qui sait attendre et guetter sans se faire voir, et bondir tout à coup sur sa proie … la prenant par surprise. Il ouvre ensuite la porte à une stratégie du démon ; la fausse tristesse. S’inquiéter et se lamenter sont deux attitudes qui nous signalent la présence encore forte de l’amour-propre. « Si j’avais su … – Pourtant. – Comment ai-je pu … ?»; dans tout cela il n’y a rien d’intéressant pour Dieu. Non, il faut se relever, avec douceur, sans agitation, mais se relever. Après une faute, « dites à votre âme : Eh bien ! Nous avons fait un faux pas ; allons maintenant tout doucement, et prenons garde à nous. Et toutes les fois et aussi souvent que vous tomberez, faites-en de même. »

Apprenons à distinguer deux sortes de tristesse, selon ce qu’elles créent en nous comme dispositions. « La tristesse qui est selon Dieu produit la pénitence pour le salut ; la tristesse du monde produit la mort. » (2 Co 7, 10) Il y a deux bonnes conséquences à la tristesse : la miséricorde et la pénitence. Par contre, six sont mauvaises : angoisse, paresse, indignation, jalousie, envie et impatience. Peu importe que la faute soit grave ou légère, nous tombons souvent dans ces pièges. « Faut-il fuir le mal, il faut que ce soit paisiblement, sans nous troubler ; car autrement, en fuyant, nous pourrions tomber, et donner loisir à l’ennemi de nous tuer … Même la pénitence, il faut la faire paisiblement. »

Se connaître 

Combattre le mal n’est rien de moins qu’une guerre Commettre le péché, c’est comme perdre une bataille, c’est-à-dire un moment précis de cette guerre, mais il y a de multiples batailles dans une guerre … La victoire finale est déjà acquise ! St Jean Chrysostome affirmait « Ceux-là seuls ne sont jamais blessés qui ne combattent jamais. Ceux qui se lancent avec ardeur contre l’ennemi sont le plus souvent frappés. »

St François exhorte les croyants à relever sans cesse leur cœur en « s’humiliant beaucoup devant Dieu (…) sans vous étonner de votre chute, puisque ce n’est pas chose étonnante que l’infirmité soit infirme, et la faiblesse faible, et la misère chétive. » Cela nous permet peu à peu d’ancrer en nous le premier degré d’humilité : connaître notre faiblesse.

Après une faute qu’elle soit grande ou petite, le démon s’immisce en nous avec de nombreux arguments. Il veut déposer dans notre cœur deux dispositions : l’éloignement de Dieu par le péché, et la peur de Dieu par le découragement.

Le remède est simple : la confiance, toujours la confiance. « C’est par l’espérance que nous sommes sauvés. » (Rm 8, 24) Soyons-en convaincus : Dieu n’aime pas nos fautes, mais il nous aime malgré elles.

St François décompose pour nous ce processus bien humain. Le pécheur est tombé pour avoir méconnu sa faiblesse, et exagéré la miséricorde de Dieu. Après la chute, c’est l’inverse. On exagère alors sa faiblesse, ou on méconnaît la miséricorde de Dieu ; parfois les deux ! « Rien n’est jamais fait, il faut toujours recommencer et recommencer de bon cœur. » 

Joseph Rissot, Feu et Lumière, févr.2010

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Travail, art, personne (VIII)

25 Janvier 2012, 04:58am

Publié par Father Greg

L'art : une évasion ?

 

Music_1904.jpgMais on pourrait objecter : ce monde que le peintre, le musicien ou le poète se créent, n'est-il pas un monde imaginaire ? L'art n'est-il pas une sorte d'évasion, notre monde tel qu'il est étant trop rude, trop divisé par la jalousie et l'ambition ? L'artiste s'évade de ce monde plein de luttes, qui a une saveur de mort et de lutte implacable. Donc l'art, au lieu d'augmenter notre réalisme, n'est-il pas ce qui favorise un monde idéal, irréel ? Par le fait même, il conduit l'homme artiste à ne plus voir que son rêve, qui devient une sorte de refuge : au lieu de le fortifier, il l'éloigne du réel et le maintien dans un idéal purement Imaginatif.

 

Que ce danger existe, c'est évident. Mais ce n'est pas le danger possible qui doit nous cacher la réalité de notre vie humaine, vécue dans toutes ses dimensions. Le monde que l'artiste se crée est un monde plus réel pour lui, comme artiste, que le monde des petits drames et des grands drames, dans lequel l'homme vit et demeure si souvent ! L'homme, pour garder sa vraie personnalité, capable de dépasser toutes les petites histoires de celui qui est replié sur lui-même, n'a-t-il pas besoin de nourrir ce qui en lui est spirituel ? Le monde de l'artiste est précisément spirituel, il est au-delà de ce monde purement matérialiste. Il n'est donc pas purement imaginaire et irréel. Il existe pour l’homme spirituel artiste ; il existe pour l'homme spirituel, comme un monde qui lui permet de ne pas tomber dans le désespoir. Il existe comme un monde qui se réalisera un jour !

 

C'est en ce sens que l'art agrandit l'horizon de l’homme et transforme son individualité qui le replie souvent sur lui-même et le conduit facilement au désespoir. L'art, en développant ce qu'il y a de spirituel en l'homme, lui rappelle que ce spirituel est plus vrai pour l'homme que le matérialisme égoïste et limité. N'y a-t-il pas là un choix personnel à faire entre deux dangers ? L'individu absorbe la personne en la ramenant soi-disant au réel, en fait à l'économie de chaque jour. En revanche le travail, et surtout l'art, ennoblit l’individu et lui donne un élan personnel. Ce dernier choix réclame une grande force, car on est souvent seul ! Mais par là on rappelle aux hommes, très souvent éloignés de toute vérité spirituelle et religieuse, que l'homme est essentiellement un être spirituel. Si on rejette l'esprit en niant la dimension religieuse et l'aspect artistique, on ramène l'homme à un individu radicalement insatisfait et refoulé, capable seulement de revendications incessantes. On le condamne à l'insatisfaction radicale pour toute sa vie ! L'homme ne peut être un « super animal », un animal arrivé à son ultime degré d'évolution. Cela tue en l'homme ce qu'il y a de plus grand et de plus noble. L'art est là pour lui rappeler constamment cette dimension spirituelle.

 

 Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.

 

 

1.  Maudit soit le sol à cause de toi ! Dans la peine tu t'en nourriras tous les jours de ta vie. Ce sont des épines et des chardons qu'il fera germer pour toi, et tu mangeras l'herbe des champs. C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain jusqu'à ton retour au sol, car de lui tu as «été pris ; car poussière tu es, et à la poussière tu retourneras » (Gn 3, 17-19).                                         .

2. En particulier la lettre encyclique Laboem exercens.

3. « Yahvé Dieu prit l’homme et l’installa dans le jardin d’Eden pour le cultiver garder » (Gn2,15).

4. « L'art, d'une part achève ce que la nature est impuissante à accomplir, d'autre part l'imite » (ARISTOTE, Physique, II, 8, 199 a 15-17).

5. On peut alors travailler pour sa gloire personnelle, mais aussi pour acquérir de l'argent.

6. Certes, il est évident que le travail peut très vite se développer d'une manière qui n'est plus humaine et qu'il peut alors contribuer à détruire l'homme. Mais comment le travail qui, en soi, est bon et capable d'aider l'homme, peut-il se dégrader à ce point qu'il puisse détruire l'homme qui est à sa source ? Il faudrait, pour le comprendre pleinement, regarder une autre modalité du travail : le travail intellectuel, philosophique, et scientifique.

7. « Notre art suit d'abord l'art naturel à son pouvoir, comme apprenti son maître, si que notre art est à Dieu comme petite-fille » (DANTE, Divine Comédie, Enfer, XI, 102-105).

8.Ps 150

 

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Marche pour la vie. 22 Janvier 2012. Paris.

24 Janvier 2012, 03:00am

Publié par Father Greg

 “L’histoire de l’homme n’est pas le combat du bien cherchant à vaincre le mal. L’histoire de l’homme est le combat du mal cherchant à écraser la minuscule graine d’humanité. Mais si même maintenant l’humain n’a pas été tué en l’homme, alors jamais le mal ne vaincra.”

Vassily Grossman

 

Le problème du mal n’est pas un défaut de conscience, mais le refus d’accorder à la conscience le rôle qui lui est dû. Nous devenons mauvais en essayant de nous tromper nous-mêmes. L’individu mauvais ne commet pas le mal directement, mais indirectement en voulant se blanchir. Le mal ne provient pas de l’absence de culpabilité, mais de l’effort fait pour l’éviter.

  

L’individu mauvais renie le fardeau de sa culpabilité ; il refuse la reconnaissance douloureuse de son péché, de sa médiocrité et de son imperfection ; elle cherche à transmettre sa peine à autrui par la projection ou en faisant de lui son bouc émissaire. Or tous ceux qui sont ‘mauvais’, qu’est-ce qui les habite, les harcèle ? La réponse est simple : la peur.

Scott Peck

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Travail, art, personne (VII)

23 Janvier 2012, 04:26am

Publié par Father Greg

 

 

 

Dietkirchen_Kirche_im_Abendlicht.jpgTout ce qui est vrai du peintre, qui est un visionnaire par son art, pourrait être dit de tout grand artiste dans le développement propre de son art. Le musicien, grâce au développement de son art, peut vivre dans un monde propre qui est le sien : celui du rythme, de l'harmonie des sons, du chant. Il porte cela dans son cœur, dans ses entrailles, dans tout son être vivant, sa sensibilité passionnelle, Imaginative, spirituelle ; il est en quelque sorte dans un état extatique, dans un univers nouveau d'harmonie et de grandeur sans fin. Il est saisi en tout lui-même, dans  on être sensible, corporel : il danse. Par là, il échappe à la tristesse, au désespoir d'un monde souvent triste ! L'homme a besoin de proclamer, de clamer les désirs les plus profonds de son cœur en chantant, en dansant. C'est par les divers instruments de musique qu'il vibre, au plus intime de son cœur, en harmonie avec son univers idéalisé, mais si vrai. Il redevient l'enfant de l'univers, tout vibrant de sa vie, de son souffle, de sa tendresse et de sa force, de son éclat et de son silence si profond ! Par son chant, par sa danse et sa musique, il peut proclamer combien il vibre à l’appel de cet univers, de cet océan, de ces montagnes, de son désert. Et par son art il peut le communiquer à ceux qu'il aime et qui sont proches de lui. L'art musical réalise une certaine communion entre les hommes : il appelle au combat en réveillant leur colère, leur révolte, mais il réveille aussi leur sentiment religieux, ce qui est magnifiquement exprimé dans certains psaumes :

 

Alléluia ! Louez Dieu dans son sanctuaire,

Louez-le au firmament de sa puissance ;

Louez-le en ses œuvres de vaillance,

Louez-le, en toute sa grandeur !

Louez-le par l'éclat du cor,

Louez-le par la harpe et la cithare ;

Louez-le par la danse et le tambour,

Louez-le par les cordes et les flûtes.

Louez-le par les cymbales sonores,

Louez-le par les cymbales triomphantes.

Que tout ce qui vit et respire,

Chante louange au Seigneur ! Alléluia ! (8)

 

L'art musical, l'art du chant et de la danse, sont les plus proches de l'homme religieux, les plus primitifs et les plus élevés, car ils saisissent le cœur de l'homme dans ce qu'il a de plus élevé et dans ce qu'il a de plus sensible. La dimension de la personne humaine, dans son individualité cosmique et dans son sentiment de communion avec l'univers et avec le Créateur de l'univers, est alors exaltée, proclamée, ce qui peut conduire à une sorte d'extase individuelle et passionnelle, et également à une sorte de fanatisme collectif.

 

Notre univers est à la fois le berceau naturel, la bonne terre, mais aussi le terrible ouragan qui brise tout, qui se venge car il n'est pas reconnu, il est massacré par l'homme, il est brutalement refoulé par la technique omniprésente, tyrannique ! Par son art musical, l'homme communie à ces sentiments inconscients de l'univers, de la terre dans sa jalousie farouche, de l'océan dans ses forces cachées et indomptables, mais souvent brutalisées, violentées, dans son souffle propre, ses ouragans et ses cyclones... dans la douceur étouffante de son silence. Par son art musical, l'homme capte toutes ces forces cachées, innocentes, inconscientes, refoulées, faussement domptées par sa technique de plus en plus monstrueuse et accablante : il capte le cri de l'enfant, de la terre, de l'océan, des nuages, de son souffle qui agonise... En ce sens, il peut être prophète des derniers temps, prophète eschatologique ! Par-là, il peut être très proche de l'art poétique. Mais la musique est l'art de la voix, tandis que la poésie est l'art de la parole humaine et de son silence. 

Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.

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Quelle place laissons-nous au plus vulnérable??

22 Janvier 2012, 03:40am

Publié par Father Greg

"Marcher pour la Vie, c’est vouloir montrer que la défense des plus vulnérables - embryons, enfants à naître, personnes handicapées, personnes en fin de vie - dont la vie même est menacée, mobilise, au-delà des opinions politiques ou des croyances religieuses. C’est rappeler que la vie, toute vie, doit être respectée de la conception à la mort naturelle. C’est affirmer la dignité de tout être humain, aussi fragile soit-il. 

« La Vie est la Vie, défends-la. " bienheureuse Mère Térésa.

 

 

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Travail, art, personne (VI)

21 Janvier 2012, 04:21am

Publié par Father Greg

 

 

cezanne2.jpgNous trouvons la nécessité du travail à tous les niveaux de l'activité vitale de l'homme. Il s'impose à l'homme, précisément parce que celui-ci est dépendant d'un devenir vital au niveau de la vie végétative : il doit croître, il naît dans une dépendance radicale à l'égard de sa mère. Il doit grandir, il dépend d'une famille qui dépend elle-même d'une communauté économique et politique. Ce premier devenir est capital.

 

L'enfant dépend d'une éducation : et celle-ci implique un enseignement maternel, puis un enseignement classique qui est tout de suite plus ou moins finalisé ; c'est l'acquisition des venus morales et des premiers habitus intellectuels. Là, le travail réclame normalement des éducateurs, des professeurs et des maîtres ; ceux-ci sont plus ou moins qualifiés quant à leur dignité morale, à leur finesse artistique, à leur sens scientifique ou même philosophique. Cela est d'une grande influence pour maintenir chez les jeunes qui leur sont confiés un véritable goût du travail. En effet, l'anorexie, cette maladie qui se développe aujourd'hui avec une telle force au niveau de la croissance biologique, existe aussi au niveau du développement de l'intelligence et de la volonté. On ne veut plus manger - c'est le premier travail ; on ne veut plus aller à l'école - c'est le second travail -, car on en est dégoûté : personne n'a su nous montrer la finalité du travail, comme ce qui nous permet d'acquérir telle qualité, la santé, l'autonomie intellectuelle, l'art, la tempérance. Si l'enfant ne veut plus faire l'effort de se nourrir, il se replie sur lui-même et s'enferme en lui. S'il ne veut plus faire l'effort d'apprendre à lire ou à écrire, il s'enferme en lui-même et devient de plus en plus dépendant. Avant d'être un artiste, ne faut-il pas travailler telle ou telle matière, être un artisan qui connaît sa fragilité, ses faiblesses, mais aussi ses capacités, ses virtualités ? Cela ne peut se faire que si on montre à l'enfant ce qu'il peut acquérir en travaillant, ce qu'il est capable de faire en s'appliquant à un travail intelligent. Cela se fait par le fait de voir un maître réaliser une œuvre belle, une œuvre utile ou une œuvre qui éveille l'intelligence du disciple parce qu'elle lui montre la grandeur et la beauté de la vérité.

 

L'acquisition de l'habitus d'art et la personne

 

II est évident que l'acquisition d'un habitus d'art, si faible qu'il soit, permet à la personne humaine de s'épanouir. C'est une conquête sur son univers, sur son milieu de vie, sur elle-même. Au heu d'être dépendante des autres et de demeurer dans cette dépendance, quand elle a acquis ces qualités artistiques, elle acquiert une possibilité d'être autonome, d'être libérée de ces dépendances et de réaliser elle-même tout ce qui est nécessaire à son épanouissement vital humain.

 

Précisons que si l'homme acquiert un habitus d'art plus parfait, plus noble, son univers s'élargit : il arrive à goûter plus profondément le caractère original de son univers. Non seulement l'univers physique, naturel, mais aussi l'univers humain, spirituel - univers de culture, de beauté, de vérité. L'artiste se crée un univers de beauté, d'harmonie. Quand on pénètre dans un atelier de peintre, on découvre tout un uni- vers d'homme ce n’est pas précisément l'univers d'un homme refermé sur lui-même, d'un petit-bourgeois, mais un univers d'artiste, son univers à lui qui a su transfigurer les diverses parties du monde qu'il a vues, regardées, contemplées. C'est alors un univers transfiguré qui loue dans le silence son Créateur. L'œuvre d'art n'est-elle pas « petite-fille » du Créateur (7), de sa sagesse, de sa magnanimité, de son étonnante fantaisie divine ? Là, on découvre comment l'art du peintre, quand il est vraiment source d'un renouveau, d'un achèvement de la lumière de l'univers, de ses jeux d'harmonie, de formes et de couleurs, donne vraiment à l'homme artiste une nouvelle pénétration de l'univers visible, une sorte de participation au regard du Créateur : il voit dans ce regard un jaillissement de lumière et d'harmonie de couleurs, que les hommes, ordinairement, ne voient pas, n'ont pas le temps de voir, de contempler.

 

L'artiste peintre a donc acquis dans sa personne humaine une acuité du regard très originale, il a acquis une capacité d'approfondir son expérience sensible de vision, de la rendre plus humaine, plus immédiatement symbolique. Par son habitus d'art pictural, il a acquis une possibilité de découvrir un sens nouveau de certaines harmonies de lumière et de couleurs et d'expliciter par son œuvre ce sens symbolique de la lumière et des harmonies (ou des ruptures) de couleurs et de figures. Il a en quelque sorte une nouvelle lecture des paysages et des figures humaines. Cela peut permettre une connaissance nouvelle, originale, du monde et des figures humaines : visages d'enfants ou de vieillards, dans la joie ou la souffrance. Cette connaissance peut dévoiler une profondeur nouvelle du monde physique, un drame latent, un appel à une libération, une exaltation, une gloire passagère, message d'une gloire éternelle ! Il y a donc bien quelque chose de nouveau du point de vue de la recherche de la vérité ; quelque chose qui demeure, certes, limité à la sensibilité, mais tout imprégnée d'imagination et de spiritualité, et même d'un appel vers l'infini. En ce sens, l'art pictural peut exalter notre sensibilité, la rendre humaine et même la glorifier. C'est bien du point de vue de la manifestation de la lumière que l'art de la peinture apporte quelque chose de nouveau et d'acquis à la personne humaine. C'est quelque chose de semblable à la gloire du prophète qui voit, qui proclame ce que les autres hommes ne voient pas, et qui annonce d’une manière humaine ce qui doit arriver ! 

 

Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.

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Travail, art, personne (V)

20 Janvier 2012, 04:02am

Publié par Father Greg

La croissance de la personne

 

edouard-manet-madame-manet-au-piano.jpgLe travail se situe pour l'homme dans l'ordre du devenir de sa vie, donc dans le devenir de sa croissance d'homme, ou de son déclin ; il augmente ses relations et leur donne un caractère spécial, plus ou moins personnel. Un père peut dire à son fils : « J'ai acquis pour toi, par mon travail, telle ou telle situation » ; cela peut faire partie d'un patrimoine commun, familial ou politique ! Cela est vrai en particulier pour le travail de la terre. Pour le travail intellectuel également, mais d'une manière plus complexe, plus difficile à préciser : la bonne renommée du père, du grand-père, d'un homme intègre et intelligent dans son travail, permet au fils ou au petit-fils d'être plus immédiatement reçu comme médecin, avocat, professeur ; cela est net pour toutes les carrières libérales. Rien ne peut remplacer le travail personnel honnête, intègre, intelligent, parfois génial, pour situer un homme dans son milieu et lui donner tout son rayonnement, sa véritable personnalité. En précisant bien que, lorsqu'il s'agit du travail intellectuel, pour accomplir une charge, une fonction importante dans la cité, les deux qualités propres sont l'intelligence et l'intégrité. Lorsqu'il s'agira d'un travail manuel, on sera aussi plus attentif à la vigueur, la force, l'endurance pour être fidèle à la tâche promise.

 

Cela montre bien que le travail humain réclame à la fois l'intelligence pratique ennoblie par un habitus d'art, et une volonté bien développée dans le sens de la justice et des relations amicales. Suivant la diversité des travaux à exécuter, pour que le travail soit intelligent et intègre, il faut acquérir les divers habitus d'art, ainsi qu'une grande habileté. Nous comprenons par-là que le travail bien fait intègre profondément l'homme dans ses relations propres avec l'univers, pour réaliser un « milieu » où il pourra s'épanouir et se reposer.

 

Si le travail n'est pas un élément essentiel à la structure de la nature humaine, il est donc cependant essentiel à l'épanouissement de la personne dès qu'il est bien finalisé, dès qu'il est qualifié comme ce qui permet à l'homme d'acquérir tel ou tel habitas d'art. Alors il réalise l'épanouissement de sa vie d'homme qui éduque et qui rayonne grâce à son activité propre de chercheur de la vérité et d'ami. Il permet ainsi à ses amis de s'épanouir, de finaliser de plus en plus près de lui leur vie d'homme ; cela réalise le bene vivere, qui devient hélas si rare dans notre monde. Le travail comme tel n'est donc pas ce qui structure la personne humaine, mais ce qui permet à la personne humaine de s'épanouir.

 

Si le travail est bien finalisé, l'homme travailleur peut, grâce à son travail, atteindre par lui-même sa propre perfection. Il peut aussi, grâce à son travail intellectuel ordonné à la vérité, atteindre sa propre finalité et avoir une certaine fécondité spirituelle. Par lui-même, le travail ne touche pas  a finalité de la personne humaine : il reste de l'ordre des moyens, mais il est un « moyen privilégié » et unique, permettant à la personne humaine, s'il est bien ordonné à la recherche de la vérité, d'atteindre vraiment sa propre finalité.

 

Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.

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Travail, art, personne (IV)

19 Janvier 2012, 03:59am

Publié par Father Greg

Travail et art

 

atelier-paul-cezanne-01.jpgCe n'est donc pas le travail qui, par lui-même, est au service d'un autre ; c'est l’art (réclamant le travail) qui, lui, peut être au service d'un autre, et cet art transforme le travail : on est alors en présence d'un travail qualifié, ordonné vers une réalisation artistique autre que le travail lui-même. Le cas inverse est précisément celui d'un travail ordonné à détruire l'autre. Le travail, considéré en lui-même, est donc un être imparfait, dans l'un et l'autre cas. En effet, il est un être en devenir : il peut être finalisé, mais peut être aussi un obstacle à la finalité. En lui- même, il est neutre par rapport aux diverses finalités humaines. Naturellement, il est en vue d'une finalité nécessaire pour vivre, mais il peut être au service de la violence - il devient alors lui-même violent et quelquefois pervers. C'est par l’idea, fruit de notre intelligence pratique, que le travail peut concourir à des actions mauvaises et inventer des outils pervers pour réaliser cette idea (5), mais en lui-même, le travail n'est pas pervers (6).

 

Travail et personne humaine

 

Pourquoi le travail s'impose-t-il, et comment l'homme, dans son développement personnel, a-t-il besoin d'un travail qui demeure humain, digne de lui et conforme à sa dignité ?

 

Le travail s'impose à l'homme pour transformer l'univers, en faire un univers habitable et capable de nourrir tous les hommes. Tous les hommes ont naturellement le droit de se nourrir et de vivre une vie familiale, d'époux et d'épouse, en élevant une famille, selon les désirs les plus profonds de leur cœur humain. Selon ce qu'il est, selon sa réalité propre, le travail n'est pas ce qui constitue l'homme dans sa nature profonde, essentielle. Car l'âme humaine, créée par Dieu immédiatement dans le corps embryonnaire, comme source propre de la vie humaine, n'est pas le fruit du travail humain : elle échappe, d'une certaine manière, au travail humain. Celui-ci ne peut donc que modifier la manière de vivre de l'homme, sa manière d'épanouir toutes ses virtualités et sa propre personne. En effet, il peut aider l'homme à atteindre sa fin d'une manière plus ou moins rapide et plus ou moins parfaite. Mais cette source d'épanouissement peut aussi devenir pour lui un obstacle qui l'empêche d'être libre, en le liant à des réalités secondaires qui deviennent principales pour lui dans la mesure où elles l'absorbent complètement. 


Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.

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Travail, art, personne (III)

18 Janvier 2012, 04:57am

Publié par Father Greg

 

Travail et respect de la matière

 

images--1-.jpgCela conduit à transformer même la vision qu'on peut avoir de la matière - ce qui est capable d'être transformé en coopérant à cette transformation. Elle demeure une causalité immanente et sera en quelque sorte un appel à découvrir de plus en plus les idées qu'on peut imaginer en vue d'une production toujours plus originale et plus utile immédiatement, et à chercher de plus en plus des instruments capables de réaliser ces transformations. Le respect initial de la nature-matière disparaît de plus en plus. Le vieil adage selon lequel « on ne peut pas faire n'importe quoi avec n'importe quoi » tend à disparaître, car on tend à pouvoir faire partiellement n'importe quoi de n'importe quoi. La nature matière ne détermine plus ce qui pourrait être mauvais, mais c'est uniquement l'idée du travailleur et ses instruments qui mesurent l'efficacité de son travail.

 

N'y a-t-il pas là une transformation radicale du travail - on peut même dire : une transformation substantielle du travail humain ? Car on ne regarde plus en premier lieu la coopération de l'homme avec la nature- matière, ce qui est exigé avant toute connaissance intellectuelle artistique. L'intelligence de l'artiste ordonne l'activité du travail et commande l'application volontaire pour son exécution actuelle, c'est-à dire pour la réalisation d'une œuvre ; l'œuvre est, ou bien une œuvre utile, nécessaire à la vie de l'homme ou facilitant son travail (un outil plus perfectionné, plus adéquat à l'œuvre), ou bien une œuvre agréable, belle à voir, à contempler. De ce point de vue, le travail est alors le moyen de réaliser une œuvre artistique, à partir de la nature-matière capable d'être transformée. Ce n'est donc pas le travail qui rend l'œuvre belle (agréable à la vue), mais la matière et la forme : Vidéo, qui commande, dirige le travail, rend l'œuvre belle (élégante) ou utile. Le travail, lui, est une causalité efficiente : il réalise la transformation de la matière, le passage d'une détermination à une autre détermination idéale. Et il se fait avec un outil plus ou moins parfait.

 

En lui-même, le travail est donc un mouvement, un devenir qui se réalise dans une matière extérieure à celui qui travaille. C'est un mouvement déterminé par une « idée artistique » (l’idea), et non plus par la nature elle-même. C'est pourquoi la transformation de la nature propre d'un être, sa croissance naturelle, n'est pas au sens propre un travail. Celui-ci provient toujours d'une cause efficiente extrinsèque. Il peut donc être violent quand, précisément, il n'est pas selon les exigences profondes de  a nature de celui qui est mû. Alors, le mouvement qui provient de l'artiste devient pour cet être un obstacle à sa propre croissance, et cause en lui un arrêt : il est violent en lui-même. Au contraire, si le mouvement qui lui vient de l'extérieur est en conformité avec sa propre fin, il vient aider sa propre nature à atteindre sa fin : c'est un ars coadjuvans naturam, selon l'expression de S. Thomas. Alors cet art, qui se réalise par un travail, est au service d'une réalité qui a besoin d'être aidée pour atteindre sa fin propre.

 

 Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.

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Travail, art, personne (II)

17 Janvier 2012, 04:54am

Publié par Father Greg

 

 

Travail et intention morale

 

vincent-van-gogh-semeur-au-coucher-du-soleil.jpgCes deux orientations dans le travail demeurent toujours possibles. En définitive, elles proviennent de l'intention profonde de la vie de l'homme qui travaille : soit il travaille pour se sauver lui-même et pour sauver sa famille en vivant humainement, soit il travaille pour se glorifier, non plus pour sauver sa vie humaine et celle de sa famille, des siens, mais pour lui, pour s'exalter. Alors, ce n'est pas son travail qui est mauvais, mais le point de vue moral, l'intention profonde de vie qui anime son travail et l'oriente. Elle le rend humain ou, au contraire, l'accapare pour en faire un moyen de domination. Cela est net, et le travail apparaît comme le moyen privilégié de se dévouer ou de s'enfermer dans sa propre gloire. Tout dépend de l'intention de vie, honnête ou *orgueilleuse ! Celle-ci peut être tellement intense qu'elle permet, soit de respecter pleinement la matière même qu'on travaille, soit de la transformer radicalement, en ce sens qu'on ne regarde que tel ou tel aspect, celui qu'on veut transformer en le travaillant, sans considérer les autres aspects qui n'existent plus qu'en fonction de celui qu'on a choisi- ce qui permet de rester sincère dans son choix initial.

 

Par exemple, on cherche à découvrir dans la réalité matérielle qu'on veut travailler ce qui est capable d'être transformé de la manière la plus radicale et la plus rapide. Dès le point de départ, on évitera donc de considérer tout ce qui, objectivement, pourrait être un obstacle naturel à la transformation artificielle par le travail humain (ce sera le procédé de la mise entre parenthèses). On cherchera donc une matière toujours plus pauvre, de plus en plus capable d'être transformée, de moins en moins déterminée qualitativement, donc de plus en plus malléable grâce à une technique de plus en plus efficace. Cette matière de plus en plus transformable est donc de plus en plus entre les mains de l'homme travailleur, et elle est déjà le résultat de ses intentions, de ses connaissances pratiques, de son travail en vue de cette transformation. 

Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.

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Travail, art, personne

16 Janvier 2012, 04:46am

Publié par Father Greg

 

 

Hailing_the_Ferry_1888.jpgLA PHILOSOPHIE SCOLASTIQUE THOMISTE, C'est un fait, a négligé d'étudier le travail et l'art comme des éléments essentiels de la formation de la personne humaine. Et ce phénomène s'est étendu à tous les développements de la théologie, de la doctrina sacra. Certes, on a parlé de travail laborieux, pénal, comme conséquence du péché originel, comme la punition de Dieu chassant Adam et Eve du Paradis terrestre :

 

« Tu travailleras à la sueur de ton front ». Mais l'étude du travail, considéré comme une des activités humaines, une activité propre et essentielle à l'homme, a été, de fait, laissée de côté. Et il fallut l’enseignement du pape Jean Paul II sur le travail pour inciter les théologiens à se réveiller, pour les stimuler à chercher ce qu'il y a de propre à l'homme dans le travail.

 

Nous aimerions tenter de préciser ici, dans une perspective de sagesse philosophique, ce qu'il y a de propre à la formation de la personne humaine dans le travail et dans l'activité artistique.

 

L'univers et l'homme : la sagesse de Dieu

 

Soulignons d'abord que le travail s'impose à l'homme, puisque Dieu n'a pas voulu créer un univers physique parfait, complètement achevé en lui-même, un milieu parfaitement adapté à l'homme. Dieu aurait pu «faire» un univers parfait, auquel l l'homme n'aurait rien pu ajouter, qu'il n'aurait pu modifier sans le rendre moins parfait. Si Dieu avait fait un tel univers, l'homme n'aurait pas eu d'autre activité que de se servir de cet univers tel que Dieu l’avait créé pour lui. Il n aurait eu qu'à cueillir ce que les arbres fruitiers lui auraient donné, ce que les animaux auraient pu lui donner par eux-mêmes, sans vouloir les modifier. La terre lui aurait donné les fleurs et les fruits nécessaires. Il y a toujours dans le cœur de l'homme et dans son imagination, ce rêve romantique d'une nature parfaitement adaptée, en parfaite harmonie à tous ses désirs, à toutes ses nostalgies. Cela est un beau rêve, mais n'est pas la réalité.

 

Travail, coopération, exploitation

 

De fait, l'univers reste un magnifique jardin qui réclame d'être cultivé par l'homme pour lui donner tout ce qu'il cherche. Cultiver implique un travail, pas seulement une cueillette. Cultiver demande une coopération efficace, harmonieuse, entre l'homme et la nature vivante qu'il cultive. Il y a un art qu'il faut inventer, découvrir et développer, pour que la coopération de la nature et de l'homme se réalise le mieux possible, avec la plus grande harmonie et le plus grand respect. Car cultiver n'est pas exploiter. Exploiter consiste à chercher le plus grand rendement possible, sans respecter la nature profonde de ce qu'on utilise en le travaillant. En exploitant la nature, on ne cherche que l'efficacité immédiate, sans se soucier de ce qui pourra être utilisé dans la suite. En raison même de cette manière d'exploiter tout ce qu'on peut extirper de la réalité qu'on a sous la main, ce qui reste après ce travail violent n'a plus aucun intérêt, n'a plus aucune capacité à être utilisé : ce n'est qu'un déchet, quelque chose qu'on rejette, qui n'a plus aucune capacité ! Ce ne peut plus être une matière transformable. Au sens précis, ce n'est plus une matière, « ce qui peut être transformé par l'homme ». Nous voyons bien là, la distinction capitale qu'il faut faire entre un travail honnête, humain, et une exploitation.

 

Dans le premier cas, il y a un respect de la matière qu'on travaille ; on respecte sa nature propre et ii y a une véritable coopération entre l'homme qui travaille et la matière, ce qu'elle est en elle-même, ce qu'elle peut nous livrer sans être violentée, ou même détruite. Au contraire, toute exploitation implique une violence qui détruit (certes, en vue de donner immédiatement plus), et qui, souvent, réalise tout ce que la matière peut fournir immédiatement sans s'occuper du lendemain :

« Après moi, le déluge », c'est bien ce qu'on voit très souvent. L'efficacité immédiate est bien la seule mesure qui vient limiter, diriger ce type de travail. Il n'y a plus d'autre fin que celle-ci : l'efficacité toujours plus efficiente !

 

Pourquoi, de ces deux manières de travailler, l'une reste-t-elle humaine, tandis que l'autre ne l'est plus ? Précisément parce que l'efficacité pour l'efficacité n'est pas humaine : elle ne respecte plus la fin de l'homme. Ne respectant plus la nature de la matière travaillée, elle brise la coopération de l'homme travailleur et de l'univers physique. Elle est le fruit d'un orgueil tyrannique qui, tôt ou tard, brisera l'homme travailleur lui-même. N'est-ce pas ce que nous voyons constamment aujourd'hui ? On confond travail humain, coopération de l'homme avec la nature qu'il travaille, et exploitation tyrannique de l'univers physique.

 

Cela n'est-il pas une chose très grave ? Car le travail s'impose à l'homme naturellement : cette nécessité repose sur la sagesse du Créateur et sur la responsabilité de l'homme, créé dans un univers qui ne lui est pas parfaitement en harmonie. Il peut désirer l'ennoblir ou, au contraire, le posséder le plus totalement et le plus immédiatement possible.

 

Ne sommes-nous pas là en présence de la grande corruption du travail ? Le travail, en effet, nous paraît nécessaire à l'homme, et il est bon. Il permet à l'homme de s'épanouir, d'être plus lui-même, pour lui et pour les autres. Il lui permet de s'affermir dans l'univers, de trouver sa place d'homme en coopérant avec la matière qui se présente à lui : elle pourrait s'opposer à lui et même le briser, l'anéantir ; au contraire, elle lui rend service, augmente son influence et sa présence harmonieuse dans l'univers. Ne disons pas que cela est impossible depuis la chute : cela a existé à Nazareth, en Jésus, en Joseph et en Marie. Cependant, le travail cherché pour lui-même peut aussi devenir la grande séduction, ce par quoi l'homme croît pouvoir acquérir une totale autonomie, devenir le maître du monde, et par là, le maître des hommes. N'est-ce pas là une fausse orientation, une tentation terrible ? L'homme prend alors un chemin erroné, celui d'une domination tyrannique, de l'exaltation, de l’hybris comme disaient les Grecs, celui de l'orgueil.

 

Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.

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«Que cherchez-vous » ?

15 Janvier 2012, 04:55am

Publié par Father Greg

 

Christ_Berlin-9a353-5d965.jpg   Toute notre vie chrétienne c’est Jésus qui nous devance et que l’on rencontre d’une manière toujours nouvelle. C’est recevoir Jésus qui réalise un don qui nous dépasse totalement il se donne tellement à nous que nous devenons comme une seule personne avec lui. Il se fait Agneau, responsable de nous devant le Père. La nouvelle alliance, c’est ce que Jésus veut réaliser avec chacun: Dieu pour moi immédiatement!

 

Aussi, notre première ‘lutte’, c’est de chercher à suivre Jésus comme de dos, sans vraiment trop comprendre, et en attendant qu’il se ‘retourne’, pour découvrir comment il nous regarde. Suivre Jésus nous est remis : nous devons user de notre autonomie, de notre temps, prendre des initiatives, pour être dans cette attente  et  entendre Jésus qui me dit : « Que cherchez-vous ? » et que cette parole réalise en nous un nouveau désir de Dieu : « ou demeures-tu ? »

Sans cette parole efficace de Jésus, on ne peut comprendre la radicalité de l’évangile, de Dieu qui me veut tout entier parce qu’il veut me faire entrer dans son repos ! « La foi n'est pas une pensée, une opinion, une idée. La foi est communion avec le Christ » dit Benoit XVI.

« Que cherchez-vous ? » c’est-à-dire : suis-je en attente de quelque chose qui vient de Lui, et de tout nouveau pour moi ? Suis-prêt à renaître ? Suis-je prêt à laisser Jésus me bousculer ?

Cela, c’est impossible seul : nul ne peut aller à Jésus sans être conduit par un autre, sans s’appuyer et se donner à ses frères. Se contenter de satisfaire ‘la divinité’ est une attitude païenne ! Être chrétien implique cette communion avec celui que Jésus a choisi pour me rencontrer. « M’est avis que notre Seigneur et l’Eglise c’est tout un »  dit Jeanne d’Arc. 

Ainsi, il revient à chacun de multiplier les liens et les initiatives fraternelles, pour que l’église soit cet oasis qui attire à elle parce qu’on y cherche Dieu, et où l’on se plaît à demeurer, auprès de Lui et de ses amis qui sont mes frères.

Alors, « Que cherchez-vous ? » Que voulez-vous faire pour que dans votre église vous trouviez le vrai repos ? Quelles initiatives pour que ceux qui cherchent ou qui se sont arrêté de chercher trouvent la lumière, pour que Jésus puisse par vous les rejoindre ?

Une vie chrétienne est toujours un dépassement de soi. On suit Jésus sans savoir exactement à quoi, on ne sait jamais ce que seront l'étape et le don du lendemain. Le oui que Dieu nous demande est un oui inconditionnel. Parce que sa grâce aussi est inconditionnelle. Demandons à Ste Jeanne d’Arc qu’elle nous donne son esprit de conquête:   « Les hommes d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire »  

Fr Grégoire.

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Jeanne d'Arc est devenue cette icône qui parle à tous les Français

14 Janvier 2012, 04:37am

Publié par Father Greg

 

 

 

Ste-Jeanne-d-arc--1412--2012.jpgQuatre siècles d’oubli suivront  la mort de Jeanne. Le procès dit en réhabilitation qui eut lieu en 1456 n’a fait en vérité qu’annuler sa condamnation. Charles VII ne voulait pas que l’on dise qu’il tenait sa couronne d’une hérétique. C’est l’unique raison pour laquelle il demanda au pape Calixte III d’organiser un procès en nullité de sa condamnation. Mais une fois ce point acquis, il s’empressa de disperser une seconde fois ses cendres au vent de l’oubli. Et tous les monarques à sa suite. Sans doute Jeanne fut-elle la dernière à croire pleinement au sens sacral de la monarchie, à « la force mystérieuse de ce préjugé sublime », pour reprendre les mots de Léon Bloy. Nous entrerions ensuite dans l’ère du réalisme et de l’instrumental dont la République serait le plus logique couronnement. Quant à Pie II, successeur de Calixte III sur le siège de Pierre, il écrivit vers 1460 : « C’est là une chose qui doit être confiée à la mémoire, même si dans la postérité il faille lui accorder plus d’admiration que de foi », préférant pour les siècles à venir couronner de lauriers plutôt que d’épines le pauvre cœur de Jeanne.

 

Ce n’est donc que par un paradoxe apparent qu’il est revenu à un historien républicain et libre-penseur, Michelet, de la ressusciter. Et nous ne serons qu’à moitié surpris de voir que ce sont les anticléricaux, les premiers, qui ont fait d’elle une sainte, quand longtemps encore la plupart des catholiques la considéreront comme une héroïne sulfureuse. Les uns et les autres, pour ne plus savoir unir le ciel et la terre, se combattant à fronts renversés et à coups d’images fragmentaires. Ainsi Joseph Fabre, député radical, propose-t-il dès 1884 d’instituer une fête nationale en l’honneur de Jeanne d’Arc, à la date du 30 mai, au motif que Jeanne était « la sainte de la France » et qu’on célébrait toujours les saints le jour de leur mort ! Et Gambetta, auteur du célèbre slogan « le cléricalisme, voilà l’ennemi », de se payer le luxe de se dire « dévot de Jeanne ». En 1869, l’évêque d’Orléans, Mgr Dupanloup, tente de réagir à ce mouvement en proposant au Vatican de la canoniser. Mgr Touchet mettra toute son ardeur à le relayer. Il trouvera une oreille attentive en la personne de Pie X, qui la béatifiera le 18 avril 1909, mais il faudra attendre le 16 mai 1920 pour que le Vatican la porte enfin de ses caves à ses autels. (…)

 

 

À peine quelques semaines après sa canonisation, l’Assemblée nationale vote, le 24 juin 1920, l’instauration d’une journée de fête en l’honneur de Jeanne d’Arc, chaque deuxième dimanche de mai. L’« Union sacrée » de la Grande Guerre est passée par là. Tous les combattants, ouvriers, bourgeois, paysans, curés, instituteurs, de droite comme de gauche n’ont-ils pas traversé les « orages d’acier », une petite image de « la fille au dur corsage » sur le cœur ? Maurice Barrès qui, avec Joseph Fabre, n’avait cessé de soutenir ce projet voyait son rêve se réaliser : « Il n’y a pas un Français dont Jeanne d’Arc ne satisfasse les vénérations profondes. Chacun de nous peut personnifier son idéal en Jeanne d’Arc. Elle est, pour les royalistes, le loyal serviteur qui s’élance à l’aide de son roi ; pour les césariens, le personnage providentiel qui surgit quand la nation en a besoin ; pour les républicains, l’enfant du peuple qui dépasse en magnanimité toutes les grandeurs établies ; les révolutionnaires eux-mêmes la peuvent mettre sur leur étendard en disant qu’elle est apparue comme un objet de scandale et de division pour être un instrument de salut. Aucun parti n’est étranger à Jeanne d’Arc et tous les partis ont besoin d’elle. Pourquoi ? Parce qu’elle est cette force mystérieuse, cette force divine d’où jaillit l’Espérance. »

 

Pauline de Préval, Extraits de Jeanne d'Arc, la sainteté casquée, 12 janvier 2012

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La passion de Jeanne d'Arc (1-3)

13 Janvier 2012, 04:40am

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la passion de Jeanne d'Arc (4-8)

13 Janvier 2012, 03:05am

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Lettre ouverte aux auteurs , acteurs et promoteurs de Golgota Picnic

12 Janvier 2012, 04:08am

Publié par Father Greg

 

 « Nous devons subir en silence les absurdités de ceux qui dénigrent, déforment, ridiculisent nos convictions… Faudrait-il se laisser égorger en silence ? Est-ce faire de la politique que de crier son désarroi devant la terreur ? »

Pierre Claverie, évêque d’Oran, assassiné le 1.09.96

 

The Crucifixion 1880J’ose être franc avec vous. Permettez-moi quelques questions. Je le fais au nom d’un grand nombre. Pourquoi ? Mais pourquoi donc ce déchaînement de christianophobie ? Ce besoin irrationnel de détruire le christianisme par le biais de la dérision, du cynisme, de l’ironie.

Peut-être n’est-ce pas du tout votre intention explicite. Peut-être n’en n’avez-vous pas conscience. Mais que vous le vouliez ou non, vos œuvres sont tellement provocantes qu’une multitude en est heurtée, blessée, bouleversée. Des chrétiens biens sûr, toutes églises confondues, mais aussi des croyants d’autres religions et simplement des hommes et des femmes, souvent non croyants, mais qui gardent encore un certain sens du respect, de l’honnêteté, de la dignité humaine. Et même des artistes, qui savent encore ce que signifie l’art.

Non et non ! On ne peut faire tout passer sous ce label. Cessons de prostituer la beauté.

La plupart sont des gens simples, des pauvres, des petits, qui en tant que tels méritent encore un plus grand respect.

Pourquoi, mais pourquoi ainsi les blesser dans ce qu’ils portent de plus intime, de plus profond, de plus vrai en eux-mêmes ?

Le saviez-vous ? Pour nous, pour une multitude, la personne de Jésus est ce que nous avons de plus précieux au monde. Il est tout pour nous. Il a transformé notre vie, illuminé notre existence, transfiguré nos souffrances. Il est Celui qui a livré sa vie pour nous ouvrir à tout jamais la Vie après la mort, nous donner ce Ciel dont vous vous moquez, mais qui demeure notre unique avenir. Un jour, vous le saurez… lorsque vous frapperez à la porte…

En attendant, ne prenez pas trop de risque d’en louper l’entrée faute de visa.

Qu’avez-vous contre cette personne qui ainsi vous questionne ?

Je vous le demande : qu’avez-vous contre Lui ? Quel mal vous a-t-il fait ? Pourquoi cette haine viscérale contre Quelqu’un qui n’a été que bonté, douceur, tendresse, totalement donné aux autres, ne faisant que du bien, qui n’a jamais eu des tas de concubines, n’a jamais violé ni massacré. Au contraire, préférant être lui-même tué, tout innocent, plutôt que de tuer ! Ou plutôt qui a tué en son propre cœur la haine, la jalousie, l’orgueil, bref – tous ces péchés qui provoquent 90 % de la souffrance dans le monde. Qui a partagé tout de mon existence, toutes mes souffrances, qui a connu l’exil, le rejet, la calomnie, la prison par pur amour de … toi et moi, pour te, me permettre après la mort – qui vient si rapidement – une éternité de bonheur.

Si vous le tournez en dérision, soyez logiques : moquez-vous aussi des malades, réfugiés, détenus. Jetez de la merde sur un agonisant, sur un enfant (que Lui-même a été).

Vous voyez, si ce qu’il y a de plus sacré au monde pour des milliards de croyants de par le monde ( leur fondateur de religion) n’est plus respecté, alors c’est bien simple : plus rien ne sera sacré, intangible, inviolable. Ni l’enfant en son état de zygote, ni la personne âgée en état de parkinson, ni un gosse qui sanglote, ni une maman qui voit – impuissante- mourir son petit, ni l’homme qui n’a que la rue pour maison. Allez-y, moquez-vous d’eux tous ! Peut-être n’y aura-t-il aucune réaction dans le peuple, tellement nous sommes blasés, amorphes, anesthésiés.

Ou bien, s’il vous faut absolument salir, dénigrer, conspuer, de grâce, jetez votre dévolu sur d’autres personnes de l’histoire (Je vous suggère Danton, Robespierre ou Lénine plutôt que Hugo ou de Gaulle)

Mais demeure cette question : Pourquoi de fait est-ce si souvent Jésus votre cible préférée ? Pourquoi vous questionne-t-il à ce point, vous dérange-t-il tellement ? Serait-ce qu’inconsciemment il vous interroge, vous pose des questions secrètes, vous rejoint au plus intime. Vous en semblez obsédés, pourquoi ? Oui, pourquoi ?

D’ailleurs, vos caricatures du Christ nous posent une autre question : S’il est si méconnu, si travesti, si peu connu sous son vrai jour, serait-ce en partie notre faute, à nous qui nous disons ses propres frères. Nos existences seraient-elles trop peu transparentes à son visage, béni entre tous ?

L’aurions-nous nous-mêmes défiguré, trahi, renié par nos comportements, nos attitudes, nos actes, si souvent peu conforme à son Evangile ? Si Jésus est pour nous, non pas le symbole, mais la Personne même de l’Amour encore si peu aimé, c’est sans doute que nous, ses pauvres disciples ne l’aimons pas encore.

En ce cas, nous vous demandons pardon, comme nous le demandons d’abord à notre Jésus. Et, provoqué par vos scènes immondes, nous nous décidons à faire resplendir sa beauté sur le tissu de nos vies quotidiennes. De votre côté, soyez honnêtes : 

la splendeur de son visage resplendit partout où son Eglise se dévoue, se donne sans compter, avec une héroïque générosité, partout où l’homme souffre, quelles que soient ses souffrances, dans les pires situations, cela depuis 2000 ans, sous toutes les latitudes et longitudes. Se faisant l’humble servante de tous ceux qui sont en situations de détresse, de désarroi, de désespoir. Notre souffrance interroge-t-elle votre violence ? ..

… Et nos silences douloureux posent-ils question à votre arrogance ?

Certains clament leur très légitime indignation en manifestant publiquement devant théâtres ou salles d’expo. Sans doute certains sont-ils excessifs car excédés par ce déferlement christianophobe. Au moins, admirez leur courage juvénile. Dans leurs condamnables débordements, écoutez le cri de leur cœur. Ils ont le mérite d’au moins réveiller une certaine apathie chez trop de baptisés qui, par fausse pudeur, sont lâches et n’osent pas réagir, terrorisés qu’ils sont par l’opinion médiatique.

Si vous écoutiez vraiment ceux qui veulent dialoguer paisiblement avec vous, comme je le fais ici, si vous teniez compte de leurs plaintes, ils ne devraient pas en arriver là.

Autant n’avons-nous aucun droit aux armes, autant avons-nous tous les droits aux larmes. Bref, nous récusons la violence, mais exprimons notre souffrance.

Et franchement, dites-le moi : leur possible violence, n’est-elle pas réplique à la violence de vos scènes, de vos propos contre cet Innocent incapable de se défendre Lui-même ? Violences extrêmes oui, car elles violent la conscience, la foi de tant de vos frères en humanité. Et très spécialement les enfants. Avez-vous mesuré le traumatisme qu’éprouve un enfant catholique, protestant, évangélique, orthodoxe à la vue de tels spectacles, de telles affiches ? Un enfant dont le seul crime est d’aimer ce même Jésus que vous blasphémez.

Si nos Eglises, en leurs différentes instances hiérarchiques, réagissaient comme un seul homme, calmement mais fermement, de telles manifestations n’auraient pas de raison d’être. Mais devant le silence, ou simplement l’extrême prudence il ne reste à certains que ce langage : descendre dans la rue. Se faire voir. Espérer se faire enfin entendre. Puisque toutes les autres plaintes sont méprisées.

Encore ceci : ne vous suffit-il pas que les chrétiens soient actuellement les croyants les plus persécutés dans le monde entier (dans quelques 54 différents pays, brimés, rejetés, tués)

Qu’en ce moment, il ne se passe pas un seul jour sans que des baptisés soient emprisonnés, torturés, lapidés ou égorgés, leurs églises saccagées, incendiées ? Leur seul crime ? Etre tombés amoureux d’un certain Jésus.

Et voilà qu’en nos pays dont la foi chrétienne a été le liquide amniotique, nous voilà aussi la cible de votre méprisante arrogance.

Cela me fait penser aux affiches-caricatures sur les Juifs… L’avant-persécution commence par la dérision. La dérision n’est pas anodine. Elle cristallise le mépris et la haine et ouvre dans l’inconscient des foules la porte à une possible persécution. Le passage de la représentation symbolique (une pièce de théâtre, une affiche..) à l’acte réel ( un pogrom, un lynchage) est si vite franchi !

Et vous les artistes qui y jouez, y figurez, j’ose espérer qu’au moins l’un d’entre vous soit touché par les paroles même du Christ que vous prononcez ou entendez. Je pense à ces dernières paroles : ses ultimes, donc son testament, sachant que toute parole de mourant est considérée comme absolument sacrées. Par tout homme ayant simplement le sens de l’humanité.

Je pense à cette pièce blasphématoire à Moscou (en 1950), sous la dictature stalinienne. L’acteur principal très connu, bouleversé par les paroles des Béatitudes (correspondant aux 7 paroles du Christ en croix) éclate en sanglots et s’écrie : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume ! » faisant sienne précisément celle du gangster à qui Jésus ouvre illico son paradis.

Et puis, comme artistes, vous avez sûrement le sens de la beauté. Au plus intime, vous devez bien sentir que tout ne peut pas s’appeler art, sans prostituer les mots.

On ne peut tout faire passer sous prétexte d’art, comme on ne pouvait faire passer les massacres de la Révolution sous prétexte de liberté. La vie est plus précieuse que la liberté. Et l’âme plus grande que l’art qui tente de l’exprimer. La beauté pour être belle n’exige t-elle pas le respect ? Au nom de ce qu’il y a de plus grand en vous : cessez de prostituer la beauté !

Pour vous : censurer revient à régresser au Moyen Age. Mais le fleuron de la civilisation ne réside-t-il pas dans le fait d’accéder à un infini respect de l’autre ? N’est-on pas au contraire en pleine régression de civilisation ?

Je vous en supplie : laissez-nous au moins prier et pleurer !

A vous qui subventionnez, promouvez, protégez ces spectacles :

Et maintenant, je me risque à m’adresser à vous, les autorités françaises et européennes qui participez au financement de telles œuvres, avec notre argent, nous vos fidèles contribuables.. Comment avez-vous pu faire cela, sachant – au moins devinant- combien vos propres concitoyens en seraient choqués.

Auriez-vous oublié par hasard qu’aujourd’hui encore, des millions de Français sont chrétiens. C’est de la religion largement majoritaire dans ce pays dont vous avez la responsabilité. (Auriez-vous oublié les propos si nets du Président de la République voici quelques mois au Puy ?) Combien de manifestations antichrétiennes avez-vous ainsi subventionnées ?

Auriez-vous pris le risque de financer des scènes blasphématoires de l’Islam ou du Judaïsme ?

En France, on soutient automatiquement les mouvements de contestation par instinct révolutionnaire. Les médias forgeant l’opinion publique, se rangeant de suite aux côtés des indignés de tous bords. Et les chrétiens seraient les seuls à ne pas avoir le droit de manifester leur désapprobation, leur indignation, plus profondément, leur douleur ? On les arrête comme des criminels, des brigands. Oserez-vous faire cela à la Gay-Pride, ou dans une manif de musulmans réclamant la charia dans leur quartier ?

Alors, si jamais certains d’entre nous sont là, dans la rue, sans aucunement troubler l’ordre public, simplement en silence ou priant, à mi-voix, je vous en supplie : laissez-nous tranquille, comme vous respectez la prière des musulmans dans la rue. (Aux USA et maintenant en Angleterre, on respecte les chrétiens de différentes confessions priant devant les avortoirs, évêques en tête)

Et vous, les responsables politiques qui laissez faire sans avoir le courage d’intervenir, je vous pose la question : votre stratégie politique, qui donc vise-t-elle ?

Avez-vous pensé au retentissement de tels procédés sur les croyants d’autres religions. Un musulman bien né, un juif honnête ne peut être qu’horrifié de la manière dont on traite Celui qui est sacré pour un milliard et demi de personnes sur la planète ? Soyez au moins cohérents : pour ne pas faire de discrimination, faites les mêmes caricatures pour Abraham, Moïse, David, et surtout... pour Muhammed… Répondez-moi : pourquoi vous n’osez pas le faire ? Simplement parce que vous avez peur des bombes. Vous vous avez raison, car vous leur feriez 1 % de ces scènes, vous les auriez, les grenades ! Mais les gentils cathos, ces bonnes poires, ça se laisse faire, ça ne réagit pas, c’est mou sinon amorphe, donc aucun risque. Allons-y ! Vraiment, j’admire votre courage !

Mais je vous pose encore cette question : les larmes d’un seul enfant ne sont-elles pas plus terribles que les armes de mille manifestants ?

Pour qui donc roulez-vous ? Vous voulez vraiment saper le christianisme, le marginaliser de la vie sociale et finalement arriver à l’éradiquer ? Mais – par là même, vous êtes en train de faire le lit de l’Islamisme intolérant qui précisément est une réaction contre notre décadence morale occidentale, notre rejet de toute éthique et de tout valeur transcendante. Le meilleur pare-feu à cette galopante radicalisation islamiste est justement de lui couper l’herbe sous les pieds, en favorisent au contraire ce christianisme d’où nous viennent les droits de l’homme., la dignité de la personne, la promotion de la Femme, la justice sociale, le respect du petit et du pauvre, le sens de la vie, l’état de droit.

Serez-vous vraiment content lorsqu’on lapidera vos filles sur la place de la Concorde le vendredi soir ? Et que vos épouses confinées, reléguées à la maison devront porter la burka ? Peut-être alors vous commencerez a regretter ce bon christianisme que vous semblez vomir.. au moins renier, tel un ado crisant contre ses parents. Cessez d’être des adulescents en rébellion !

Sachez-le : s’il n’y a plus rien de sacré, plus aucune instance supérieure, plus aucune valeur de référence, plus aucune transcendance : alors nous sommes livrés pieds et poings liés aux caprices idéologiques de n’importe quel dirigeant, aux diktats de n’importe quel lobby grassement financé par les pouvoirs publics, n’importe quelle dictature. Il n’y a plus qu’à attendre de nouveaux Hitler, Mao, Staline. Leur ennemi n° 1 à tous les 3 : l’Eglise de Jésus. Leurs résistants courageux à tous les 3 : les croyants. Mais qui a fini par l’emporter ? L’Eglise. Car on ne construit pas indéfiniment une société, une nation sur du mensonge et de la dérision. La Beauté qui habite le cœur de l’homme finit pas l’emporter

Pour clore : pardonnez ma franchise, mais comment puis-je me taire la conscience tranquille ? Je serais seul en cause, je subirais, pâtirais, m’écraserais. Mais justement, je ne suis pas le seul visé. D’abord, il s’agit de mon Dieu, de Celui qui est la raison d’être de ma vie. Comment puis-je le laisser ainsi être outragé, assister à sa flagellation à son couronnement d’épines toujours actualisé, sans bouger de mon fauteuil devant la TV2. ?

Même le gangster à ses côtés s’est fait son avocat. Entendant les infâmes insultes, il a crié : « Celui-ci n’a rien fait de mal ! » Le chef de gang s’est fait l’avocat de l’innocence de Dieu. Et moi, je me défilerais ?

Ensuite, comment me taire devant les larmes des pauvres, des petits, des enfants, mes frères de chair et de sang (du même Sang de la même chair que Jésus) . Comment ne pas prendre la défense de l’enfant ainsi scandalisé ? Car tout ce que tu fais à Jésus, tu le fais au plus petit de ses frères. Et vice versa. Nous, c’est Lui. Lui, c’est nous, vous comprenez ? Tu me jettes excréments et crachats sur le visage, tu me plonges dans l’urine. Moi, cela passe encore, mais sur des enfants ? Non et non !

Faites cette expérience : si à la place du visage du Christ, vous mettiez le visage de quelqu’un qui est sacré pour vous : le visage de votre mère, de votre petite fille, de votre fiancée ? Là, vous comprendriez l’impact émotionnel que cela représente pour nous.

Alors, je vous en supplie : des larmes d’un enfant, de nos larmes, ayez pitié. De nos cœurs brisés, ayez un peu de respect ! Juste un petit peu.

C’est une cascade non-stop depuis des décennies. Trop, c’est trop ! Nous existons ! Respectez-nous ! Pitié pour nos larmes amères, nos cris étouffés, nos cœurs meurtris ! Laissez-nous souffler ! On n’en peut plus !

Merci de m’avoir lu, écouté, entendu. Peut-être compris ?

Merci pour votre réponse. Nous sommes très nombreux à l’attendre.

Père Daniel-Ange

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Retour sur la Terreur qui conduisit au génocide vendéen

11 Janvier 2012, 04:25am

Publié par Father Greg

"Le détenteur de la vérité et du bien se doit d’éliminer l’autre qui incarne le mal et qui est, par nature, irrécupérable". Robespierre.

robespierre_2.jpgIl est toujours extrêmement difficile et délicat en France de parler de la Révolution de 1789 sans déchaîner les passions. Pourtant, dans l’histoire de l’Europe contemporaine, c’est elle qui, la première, a fait passer dans la réalité l’idée du meurtre de masse et sa justification dans un système construit à cet effet.

D’emblée, les tenants du pouvoir révolutionnaire ont une approche catégorielle de la population française et la divisent en deux groupes : les révolutionnaires et les contre-révolutionnaires, selon le principe du « avec moi ou contre moi ». Robespierre affine cette distinction et identifie quatre grands groupes d’individus : les ultra-révolutionnaires, les purs révolutionnaires – ceux de la majorité morale, modérés et indulgents –, les « citra » et les contre-révolutionnaires, ces derniers étant de facto considérés comme idéologiquement irrécupérables et dangereux pour le devenir de la Nation. La dictature qu’il instaure systématise cette vision intellectuelle et, en ce sens, Robespierre est le premier des dictateurs à faire passer la ligne de partage entre le bien et le mal, non plus à l’intérieur du cœur de chaque homme, mais entre les hommes. Dès lors, le détenteur de la vérité et du bien se doit d’éliminer l’autre qui incarne le mal et qui est, par nature, irrécupérable d’autant qu’il ne peut changer :

La terreur n’est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu ; elle est moins un principe particulier qu’une conséquence du principe général de la démocratie appliquée aux plus pressants besoins de la patrie[1].

En clair, il ne peut y avoir de rédemption d’où les slogans : « Point de salut pour les ennemis de la liberté », « La liberté ou la mort ». Il faut donc « régénérer », « humaniser », « républicaniser » le peuple selon le principe qu’il faut créer « l’homme nouveau » – l’expression est aussi d’époque – selon un modèle idéal. Le Conventionnel Jean-Baptiste Carrier[2] ne dit rien d’autre lorsqu’il déclare : « Nous ferons un cimetière de la France plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière et de manquer le but que nous nous sommes proposé[3]. »

L’historien Hippolyte Taine, dans Les Origines de la France contemporaine, explicite avec intelligence les finalités de cette ambition des Conventionnels : « En quoi consistait cette régénération de l’homme. [...]. La tâche était double : il fallait démolir puis construire en dégageant d’abord l’homme naturel pour édifier ensuite l’homme social[4]. »

L’entreprise est immense. Billaud-Varenne déclare :

Il faut [...] recréer en quelque sorte le peuple qu’on veut rendre à la liberté puisqu’il faut détruire d’anciens préjugés, changer d’antiques habitudes, perfectionner des affections dépravées, restreindre les besoins superflus, extirper des vices invétérés[5].

L’œuvre est sublime car il s’agit de « remplir les vœux de la nature, d’accomplir les desseins de l’humanité, de tenir les promesses de la philosophie », comme l’explique Robespierre :

Nous voulons substituer la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l’homme à la petitesse des grands, un peuple magnanime, puissant, heureux à un peuple aimable, frivole et misérable, c’est-à-dire toutes les vertus et tous les miracles de la République à tous les vices et à tous les ridicules de la monarchie[6].

L’objectif doit être atteint quel qu’en soit le prix humain pour la France, car les révolutionnaires travaillent pour les générations futures au risque de sacrifier leur vie : « Ce que j’ai fait dans le midi, dit Baudot, je le ferai dans le sud. Je les rendrai patriotes, ou ils mourront ou je mourrai[7]. »

Reynald Secher http://www.atlantico.fr

Extraits de Vendée : du génocide au mémoricide : Mécanique d'un crime légal contre l'humanitéCerf (octobre 2011)


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Vendée 1793 : mécanique d'un crime légal contre l'humanité

10 Janvier 2012, 04:15am

Publié par Father Greg

 

 

dup12_benoit_001f.jpgL’enjeu du procès de Nuremberg a été d’établir la distinction entre les bourreaux et les victimes, condition fondamentale pour établir la justice et entamer un processus mémoriel. Cette tâche a été facilitée par le fait que les victimes étaient du côté de la victoire, le vainqueur jugeant le vaincu par rapport à un concept simple, évident et partagé par tous : le Bien et le Mal. La Vendée s’est trouvée dans une situation inverse : les bourreaux étaient les vainqueurs et conservaient le pouvoir, les victimes étaient les vaincus. Cette situation est analogue à celle des Arméniens par rapport à la Turquie, mais les Vendéens ont une spécificité. En effet, contrairement aux Juifs ou aux Arméniens, ils ne constituent ni un peuple ni une ethnie mais un groupe humain habitant un même territoire, la Vendée militaire, dont les ferments d’identité se sont cristallisés dans les événements liés à la guerre civile et au génocide. Dernière caractéristique : les Vendéens n’ont pas eu conscience de la spécificité du crime commis à leur encontre tandis que leurs bourreaux ont tout fait pour empêcher que la vérité éclate et ont mis en place un processus de mémoricide que l’historien doit déconstruire.

Le génocide concerne les morts directs et les survivants. Le mémoricide concerne les descendants et ne s’inscrit donc plus dans les événements contemporains mais dans le temps, même si le point de commencement du mémoricide peut être contemporain des événements, ce qui est le cas pour la Vendée. A l’effroi et l’horreur que l’on retrouve dans tous les génocides, si bien cernés par l’abbé Desbois en Ukraine[1], ont succédé pour la Vendée la manipulation réussie puis l’oubli. En Vendée, pour des raisons évidentes liées à l’analphabétisme et à la disparition des élites, les témoignages écrits de contemporains sont rares. Certains, comme le recteur Pierre-Marie Robin de La Chapelle-Basse-Mer[2], évoquent les événements en quelques mots ; d’autres, comme la marquise de La Rochejaquelein[3] ou le vicomte Walsh[4] rédigent mémoires et témoignages afin de transmettre pour ne jamais oublier. Cependant, ces récits sont parcellaires et ne s’intègrent jamais dans une grande histoire contrairement à ceux des victimes du nazisme ou des Jeunes-Turcs et plus récemment du communisme. Les témoignages sont toujours similaires tant sur le fond que sur la forme et traduisent les mêmes impressions et les mêmes comportements face à une situation analogue.

La distinction entre bourreau et victime est essentielle pour l’élaboration de la mémoire et sa transmission sur le long terme. Une victime est une personne ou une communauté qui souffre ou a souffert des agissements de tiers, que ce soit d’un individu, d’un groupe ou encore d’un État. En l’occurrence, les Vendéens ont souffert de la volonté de la Convention de les exterminer et d’anéantir leurs biens et leur territoire.

Le mémoricide agit dans le temps et dans l’après-coup du génocide sur les descendants des victimes. Son premier effet est d’empêcher que soient constituées et donc reconnues comme victimes les personnes ayant souffert de quelque manière que ce soit de ce génocide. Pire, pour effacer le génocide, les bourreaux et leurs partisans font disparaître les victimes qui n’existent plus en tant que telles mais réapparaissent sous les traits de coupables puis, en une inversion perverse, sous ceux de bourreaux. Ainsi, en niant l’existence d’une victime et d’un bourreau, le mémoricide nie même l’existence de la victime : pas de victime, pas de crime. Les descendants des Vendéens ne peuvent donc prétendre être des descendants de génocidés et donc faire reconnaître aux yeux de tous le caractère spécifique du crime qu’ils ont subi comme les dommages psychiques que celui-ci entraîne chez eux, encore à l’heure actuelle.

 

Reynald Secher

  Extraits de Vendée : du génocide au mémoricide : Mécanique d'un crime légal contre l'humanité, Cerf (octobre 2011) http://www.atlantico.fr

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Et le génocide vendéen alors ?

9 Janvier 2012, 04:15am

Publié par Father Greg

 

 

colonnes_infernales.jpgLa France aime donner des leçons au monde notamment dans le domaine des droits de l’homme, au titre qu’elle en serait à l’origine. Elle oublie de dire qu’en même temps, elle est aussi l’actrice du premier génocide idéologique en Vendée commis au nom de ces mêmes droits.

Dans ce cadre, il s’agissait de créer l’homme nouveau, ce qui passait obligatoirement par la disparition de l’homme ancien qui devait accepter d’être régénéré ou de disparaître. C’est à ce titre que la Révolution a éliminé la famille royale, une bonne partie du clergé, de la noblesse et, entre autres, des habitants de la Vendée militaire.

À l’heure actuelle, grâce à la découverte de documents originaux signés de la main même des auteurs de ces crimes, c’est-à-dire les membres du Comité de salut public et notamment Robespierre, Carnot, Barrère, etc. Nous avons reconstitué à la fois la pensée, les méthodes utilisées, les moyens déployés afin de mener à terme cette folie.

Ce crime est  légal car conçu et mis en œuvre directement  par le pouvoir exécutif et voté par la chambre des députés. Il se décompose en trois grandes étapes : du 1er août 1793 au 21 janvier 1794 avec l’utilisation de l’armée "masse" ; du 21 janvier au 13 mai 1794 avec le recours des colonnes infernales mobiles ; du 13 mai à la chute de Robespierre avec de nouveau l’utilisation de l’armée "masse".

Mais éliminer une population conséquente évaluée à 815 000 habitants n’est pas chose aisée surtout, comme le déplorent les politiques, celle-ci refuse de se laisser massacrer, et pire, se défend. Tout dans ce crime de masse a été essayé, y compris l’horreur absolue comme l’utilisation de gaz, de fours… On y retrouve l’indicible comme les tanneries de peaux humaines, la fonte des corps pour la graisse…

Crime politique, crime honteux, crime inavouable, politiques comme historiens officiels, au nom de l’unité nationale, de l’idéologie et de la politique ont tout fait non seulement pour le masquer mais aussi pour inverser les causes et les conséquences faisant en sorte, qu’avec le temps, les bourreaux sont devenus les victimes et les victimes les bourreaux. C’est ce que j’appelle le mémoricide qui s’est accompagné chez les victimes d’un déni lié à la peur et à la honte, phénomène classique dans ce genre de situation.

À l’heure actuelle, nous maîtrisons parfaitement la mécanique de ce double crime d’État avec d’un côté, le génocide et de l’autre le mémoricide.

Pouvons-nous, en connaissance de cause, continuer à reproduire cette situation. Je ne le pense pas au moins pour cinq raisons :

Au nom de la vérité

Au nom de la justice

Au nom de l’honneur

Au nom de l’exemple

Au nom de l’avenir

pour que les bourreaux sachent que plus jamais ce genre de crime restera impuni.

 

Le Parlement français doit-il voter la reconnaissance de ce génocide ? Dans le cadre des lois mémorielles, il n’a pas le choix. Dans le cas contraire, comment pourrait-il expliquer que face au même crime, certains soient considérés positivement car commis par la France et d’autres négativement car commis par d’autres comme les Turcs.


Le fera-t-il ? Je pense que oui avec le temps et sous la pression. Mais pour l’instant, l’urgence est peut-être ailleurs : il se doit d’abord d’abroger les lois d’extermination et d’anéantissement votées les 1er août et 1er octobre 1793. Comment peut-on imaginer, comment peut-on accepter que de telles lois restent dans notre arsenal législatif ? Là encore, nous sommes dans le domaine de l’impensable, de l’inimaginable, de l’indicible pour une démocratie moderne qui veut se donner en exemple au monde. Peut-on se le permettre ? Sûrement pas même si certains l’espèrent.

 

Reynald Secher

 http://www.atlantico.fr

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