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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Jésus Christ – l’amour incarné de Dieu (VI)

31 Décembre 2011, 04:07am

Publié par Father Greg

 

 

auguste-macke-famille-pres-du-lac.jpg41. Parmi les saints, il y a par excellence Marie, Mère du Seigneur et miroir de toute sainteté. Dans l’ Évangile de Luc , nous la trouvons engagée dans un service de charité envers sa cousine Élisabeth, auprès de laquelle elle demeure «environ trois mois» (1, 56), pour l’assister dans la phase finale de sa grossesse. «Magnificat anima mea Dominum», dit-elle à l’occasion de cette visite – «Mon âme exalte le Seigneur» – ( Lc 1, 46). Elle exprime ainsi tout le programme de sa vie: ne pas se mettre elle-même au centre, mais faire place à Dieu, rencontré tant dans la prière que dans le service du prochain – alors seulement le monde devient bon. Marie est grande précisément parce qu’elle ne veut pas se rendre elle-même grande, mais elle veut rendre Dieu grand . Elle est humble: elle ne veut être rien d’autre que la servante du Seigneur (cf. Lc 1, 38. 48). Elle sait qu’elle contribue au salut du monde, non pas en accomplissant son œuvre, mais seulement en se mettant pleinement à la disposition des initiatives de Dieu . Elle est une femme d’espérance: uniquement parce qu’elle croit aux promesses de Dieu et qu’elle attend le salut d’Israël; l’ange peut venir chez elle et l’appeler au service décisif de ces promesses. C’est une femme de foi: «Heureuse celle qui a cru», lui dit Élisabeth ( Lc 1, 45). Le Magnificat – portrait, pour ainsi dire, de son âme – est entièrement brodé de fils de l’Écriture Sainte, de fils tirés de la Parole de Dieu. On voit ainsi apparaître que, dans la Parole de Dieu, Marie est vraiment chez elle, elle en sort et elle y rentre avec un grand naturel. Elle parle et pense au moyen de la Parole de Dieu; la Parole de Dieu devient sa parole, et sa parole naît de la Parole de Dieu. De plus, se manifeste ainsi que ses pensées sont au diapason des pensées de Dieu, que sa volonté consiste à vouloir avec Dieu . Étant profondément pénétrée par la Parole de Dieu, elle peut devenir la mère de la Parole incarnée. Enfin, Marie est une femme qui aime. Comment pourrait-il en être autrement ? Comme croyante qui, dans la foi, pense avec les pensées de Dieu et veut avec la volonté de Dieu, elle ne peut qu’être une femme qui aime. Nous le percevons à travers ses gestes silencieux, auxquels se réfèrent les récits des Évangiles de l’enfance. Nous le voyons à travers la délicatesse avec laquelle, à Cana, elle perçoit les besoins dans lesquels sont pris les époux et elle les présente à Jésus. Nous le voyons dans l’humilité avec laquelle elle accepte d’être délaissée durant la période de la vie publique de Jésus, sachant que son Fils doit fonder une nouvelle famille et que l’heure de sa Mère arrivera seulement au moment de la croix, qui sera l’heure véritable de Jésus (cf. Jn 2, 4; 13, 1). Alors, quand les disciples auront fui, elle demeurera sous la croix (cf. Jn 19, 25-27); plus tard, à l’heure de la Pentecôte, ce seront les disciples qui se rassembleront autour d’elle dans l’attente de l’Esprit Saint (cf. Ac 1, 14).

 

Benoit XVI, Dieu est amour.

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Jésus Christ – l’amour incarné de Dieu (V)

30 Décembre 2011, 04:58am

Publié par Father Greg

 

 

 

 

gerard_van_honthorst_joie4.jpgDans le développement de cette rencontre, il apparaît clairement que l’amour n’est pas seulement un sentiment. Les sentiments vont et viennent. Le sentiment peut être une merveilleuse étincelle initiale, mais il n’est pas la totalité de l’amour. Au début, nous avons parlé du processus des purifications et des maturations, à travers lesquelles l’ eros devient pleinement lui-même, devient amour au sens plein du terme. C’est le propre de la maturité de l’amour d’impliquer toutes les potentialités de l’homme, et d’inclure, pour ainsi dire, l’homme dans son intégralité. La rencontre des manifestations visibles de l’amour de Dieu peut susciter en nous un sentiment de joie, qui naît de l’expérience d’être aimé. Mais cette rencontre requiert aussi notre volonté et notre intelligence. La reconnaissance du Dieu vivant est une route vers l’amour, et le oui de notre volonté à la sienne unit intelligence, volonté et sentiment dans l’acte totalisant de l’amour. Ce processus demeure cependant constamment en mouvement: l’amour n’est jamais «achevé» ni complet; il se transforme au cours de l’existence, il mûrit et c’est justement pour cela qu’il demeure fidèle à lui-même. Idem velle atque idem nolle [9] – vouloir la même chose et ne pas vouloir la même chose; voilà ce que les anciens ont reconnu comme l’authentique contenu de l’amour: devenir l’un semblable à l’autre, ce qui conduit à une communauté de volonté et de pensée. L’histoire d’amour entre Dieu et l’homme consiste justement dans le fait que cette communion de volonté grandit dans la communion de pensée et de sentiment, et ainsi notre vouloir et la volonté de Dieu coïncident toujours plus: la volonté de Dieu n’est plus pour moi une volonté étrangère, que les commandements m’imposent de l’extérieur, mais elle est ma propre volonté, sur la base de l’expérience que, de fait, Dieu est plus intime à moi-même que je ne le suis à moi-même [10] . C’est alors que grandit l’abandon en Dieu et que Dieu devient notre joie (cf. Ps 72 [73], 23-28).

 

18. L’amour du prochain se révèle ainsi possible au sens défini par la Bible, par Jésus. Il consiste précisément dans le fait que j’aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n’apprécie pas ou que je ne connais même pas. Cela ne peut se réaliser qu’à partir de la rencontre intime avec Dieu, une rencontre qui est devenue communion de volonté pour aller jusqu’à toucher le sentiment. J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus Christ. Son ami est mon ami. Au-delà de l’apparence extérieure de l’autre, jaillit son attente intérieure d’un geste d’amour, d’un geste d’attention, que je ne lui donne pas seulement à travers des organisations créées à cet effet, l’acceptant peut-être comme une nécessité politique. Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l’autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires: je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin. Ici apparaît l’interaction nécessaire entre amour de Dieu et amour du prochain, sur laquelle insiste tant la Première Lettre de Jean . Si le contact avec Dieu me fait complètement défaut dans ma vie, je ne peux jamais voir en l’autre que l’autre, et je ne réussis pas à reconnaître en lui l’image divine. Si par contre dans ma vie je néglige complètement l’attention à l’autre, désirant seulement être «pieux» et accomplir mes «devoirs religieux», alors même ma relation à Dieu se dessèche. Alors, cette relation est seulement «correcte», mais sans amour. Seule ma disponibilité à aller à la rencontre du prochain, à lui témoigner de l’amour, me rend aussi sensible devant Dieu. Seul le service du prochain ouvre mes yeux sur ce que Dieu fait pour moi et sur sa manière à Lui de m’aimer. Les saints – pensons par exemple à la bienheureuse Teresa de Calcutta – ont puisé dans la rencontre avec le Seigneur dans l’Eucharistie leur capacité à aimer le prochain de manière toujours nouvelle, et réciproquement cette rencontre a acquis son réalisme et sa profondeur précisément grâce à leur service des autres. Amour de Dieu et amour du prochain sont inséparables, c’est un unique commandement. Tous les deux cependant vivent de l’amour prévenant de Dieu qui nous a aimés le premier. Ainsi, il n’est plus question d’un «commandement» qui nous prescrit l’impossible de l’extérieur, mais au contraire d’une expérience de l’amour, donnée de l’intérieur, un amour qui, de par sa nature, doit par la suite être partagé à d’autres. L’amour grandit par l’amour. L’amour est «divin» parce qu’il vient de Dieu et qu’il nous unit à Dieu, et, à travers ce processus d’unification, il nous transforme en un Nous, qui surpasse nos divisions et qui nous fait devenir un, jusqu’à ce que, à la fin, Dieu soit «tout en tous» ( 1 Co 15, 28).

Benoit XVI, Dieu est amour.

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Jésus Christ – l’amour incarné de Dieu (IV)

29 Décembre 2011, 04:56am

Publié par Father Greg

 

 

vincent-van-gogh-vignes-rouges-de-arles.jpg16. Après avoir réfléchi sur l’essence de l’amour et sur sa signification dans la foi biblique, une double question concernant notre comportement subsiste : Est-il vraiment possible d’aimer Dieu alors qu’on ne le voit pas ? Et puis: l’amour peut-il se commander ? Au double commandement de l’amour, on peut répliquer par une double objection, qui résonne dans ces questions. Dieu, nul ne l’a jamais vu – comment pourrions-nous l’aimer ? Et, d’autre part : l’amour ne peut pas se commander; c’est en définitive un sentiment qui peut être ou ne pas être, mais qui ne peut pas être créé par la volonté. L’Écriture semble confirmer la première objection quand elle dit: « Si quelqu’un dit: "J’aime Dieu", alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas» ( 1 Jn 4, 20). Mais ce texte n’exclut absolument pas l’amour de Dieu comme quelque chose d’impossible; au contraire, dans le contexte global de la Première Lettre de Jean , qui vient d’être citée, cet amour est explicitement requis. C’est le lien inséparable entre amour de Dieu et amour du prochain qui est souligné. Tous les deux s’appellent si étroitement que l’affirmation de l’amour de Dieu devient un mensonge si l’homme se ferme à son prochain ou plus encore s’il le hait. On doit plutôt interpréter le verset johannique dans le sens où aimer son prochain est aussi une route pour rencontrer Dieu, et où fermer les yeux sur son prochain rend aveugle aussi devant Dieu.

17. En effet, personne n’a jamais vu Dieu tel qu’il est en lui-même. Cependant, Dieu n’est pas pour nous totalement invisible, il n’est pas resté pour nous simplement inaccessible. Dieu nous a aimés le premier, dit la Lettre de Jean qui vient d’être citée (cf. 4, 10) et cet amour de Dieu s’est manifesté parmi nous, il s’est rendu visible car Il «a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui» ( 1 Jn 4, 9). Dieu s’est rendu visible: en Jésus nous pouvons voir le Père (cf. Jn 14, 9). En fait, Dieu se rend visible de multiples manières. Dans l’histoire d’amour que la Bible nous raconte, Il vient à notre rencontre, Il cherche à nous conquérir – jusqu’à la dernière Cène, jusqu’au Cœur transpercé sur la croix, jusqu’aux apparitions du Ressuscité et aux grandes œuvres par lesquelles, à travers l’action des Apôtres, Il a guidé le chemin de l’Église naissante. Et de même, par la suite, dans l’histoire de l’Église, le Seigneur n’a jamais été absent: il vient toujours de nouveau à notre rencontre – par des hommes à travers lesquels il transparaît, ainsi que par sa Parole, dans les Sacrements, spécialement dans l’Eucharistie. Dans la liturgie de l’Église, dans sa prière, dans la communauté vivante des croyants, nous faisons l’expérience de l’amour de Dieu, nous percevons sa présence et nous apprenons aussi de cette façon à la reconnaître dans notre vie quotidienne. Le premier, il nous a aimés et il continue à nous aimer le premier; c’est pourquoi, nous aussi, nous pouvons répondre par l’amour. Dieu ne nous prescrit pas un sentiment que nous ne pouvons pas susciter en nous-mêmes. Il nous aime, il nous fait voir son amour et nous pouvons l’éprouver, et à partir de cet «amour premier de Dieu», en réponse, l’amour peut aussi jaillir en nous.

Benoit XVI, Dieu est amour.

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Jésus Christ – l’amour incarné de Dieu (III)

28 Décembre 2011, 05:53am

Publié par Father Greg

 

 

Sketch_Two_Nautch_Girls.jpg15. C’est à partir de ce principe que doivent aussi être comprises les grandes paraboles de Jésus. Du lieu de sa damnation, l’homme riche (cf. Lc 16, 19-31) implore pour que ses frères soient informés de ce qui arrive à celui qui a, dans sa désinvolture, ignoré le pauvre dans le besoin. Jésus recueille, pour ainsi dire, cet appel à l’aide et s’en fait l’écho pour nous mettre en garde, pour nous remettre dans le droit chemin. La parabole du bon Samaritain (cf. Lc 10, 25-37) permet surtout de faire deux grandes clarifications. Tandis que le concept de prochain se référait jusqu’alors essentiellement aux membres de la même nation et aux étrangers qui s’étaient établis dans la terre d’Israël, et donc à la communauté solidaire d’un pays et d’un peuple, cette limitation est désormais abolie. Celui qui a besoin de moi et que je peux aider, celui-là est mon prochain. Le concept de prochain est universalisé et reste cependant concret. Bien qu’il soit étendu à tous les hommes, il ne se réduit pas à l’expression d’un amour générique et abstrait, qui en lui-même engage peu, mais il requiert mon engagement concret ici et maintenant. Cela demeure une tâche de l’Église d’interpréter toujours de nouveau le lien entre éloignement et proximité pour la vie pratique de ses membres. Enfin, il convient particulièrement de rappeler ici la grande parabole du Jugement dernier (cf. Mt 25, 31-46), dans laquelle l’amour devient le critère pour la décision définitive concernant la valeur ou la non-valeur d’une vie humaine. Jésus s’identifie à ceux qui sont dans le besoin: les affamés, les assoiffés, les étrangers, ceux qui sont nus, les malades, les personnes qui sont en prison. «Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» ( Mt 25, 40). L’amour de Dieu et l’amour du prochain se fondent l’un dans l’autre: dans le plus petit, nous rencontrons Jésus lui-même et en Jésus nous rencontrons Dieu.

Benoit XVI, Dieu est amour.

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Jésus Christ – l’amour incarné de Dieu (II)

27 Décembre 2011, 05:39am

Publié par Father Greg

 

 

20047-594.1290703334.thumbnail.jpg14. Mais il faut maintenant faire attention à un autre aspect: la «mystique» du Sacrement a un caractère social parce que dans la communion sacramentelle je suis uni au Seigneur, comme toutes les autres personnes qui communient: «Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain», dit saint Paul ( 1 Co 10, 17). L’union avec le Christ est en même temps union avec tous ceux auxquels il se donne. Je ne peux avoir le Christ pour moi seul; je ne peux lui appartenir qu’en union avec tous ceux qui sont devenus ou qui deviendront siens. La communion me tire hors de moi-même vers lui et, en même temps, vers l’unité avec tous les chrétiens. Nous devenons « un seul corps », fondus ensemble dans une unique existence. L’amour pour Dieu et l’amour pour le prochain sont maintenant vraiment unis : le Dieu incarné nous attire tous à lui. À partir de là, on comprend maintenant comment agapè est alors devenue aussi un nom de l’Eucharistie : dans cette dernière, l’agapè de Dieu vient à nous corporellement pour continuer son œuvre en nous et à travers nous. C’est seulement à partir de ce fondement christologique et sacramentel qu’on peut comprendre correctement l’enseignement de Jésus sur l’amour. Le passage qu’Il fait faire de la Loi et des Prophètes au double commandement de l’amour envers Dieu et envers le prochain, ainsi que le fait que toute l’existence de foi découle du caractère central de ce précepte, ne sont pas simplement de la morale qui pourrait exister de manière autonome à côté de la foi au Christ et de sa réactualisation dans le Sacrement : foi, culte et ethos se compénètrent mutuellement comme une unique réalité qui trouve sa forme dans la rencontre avec l’ agapè de Dieu. Ici, l’opposition habituelle entre culte et éthique tombe tout simplement. Dans le «culte» lui-même, dans la communion eucharistique, sont contenus le fait d’être aimé et celui d’aimer les autres à son tour. Une Eucharistie qui ne se traduit pas en une pratique concrète de l’amour est en elle-même tronquée. Réciproquement, – comme nous devrons encore l’envisager plus en détail – le «commandement» de l’amour ne devient possible que parce qu’il n’est pas seulement une exigence: l’amour peut être «commandé» parce qu’il est d’abord donné.

Benoit XVI, Dieu est amour.

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Jésus Christ – l’amour incarné de Dieu

26 Décembre 2011, 05:36am

Publié par Father Greg

 

 

17-la-tour-georges-de-christ-in-the-carpenter-s-shopd1.1290.jpgLa véritable nouveauté du Nouveau Testament ne consiste pas en des idées nouvelles, mais dans la figure même du Christ. Déjà dans l’Ancien Testament, la nouveauté biblique ne résidait pas seulement en des concepts, mais dans l’action imprévisible, et à certains égards inouïe, de Dieu. Cet agir de Dieu acquiert maintenant sa forme dramatique dans le fait que, en Jésus Christ, Dieu lui-même recherche la «brebis perdue», l’humanité souffrante et égarée. Quand Jésus, dans ses paraboles, parle du pasteur qui va à la recherche de la brebis perdue, de la femme qui cherche la drachme, du père qui va au devant du fils prodigue et qui l’embrasse, il ne s’agit pas là seulement de paroles, mais de l’explication de son être même et de son agir. Dans sa mort sur la croix s’accomplit le retournement de Dieu contre lui-même , dans lequel il se donne pour relever l’homme et le sauver – tel est l’amour dans sa forme la plus radicale. Le regard tourné vers le côté ouvert du Christ, dont parle Jean (cf. 19, 37), comprend ce qui a été le point de départ de cette Encyclique : «Dieu est amour » ( 1 Jn 4, 8). C’est là que cette vérité peut être contemplée. Et, partant de là, on doit maintenant définir ce qu’est l’amour. À partir de ce regard, le chrétien trouve la route pour vivre et pour aimer.

13. À cet acte d'offrande, Jésus a donné une présence durable par l’institution de l’Eucharistie au cours de la dernière Cène. Il anticipe sa mort et sa résurrection en se donnant déjà lui-même, en cette heure-là, à ses disciples, dans le pain et dans le vin, son corps et son sang comme nouvelle manne (cf. Jn 6, 31-33). Si le monde antique avait rêvé qu’au fond, la vraie nourriture de l’homme – ce dont il vit comme homme – était le Logos , la sagesse éternelle, maintenant ce Logos est vraiment devenu nourriture pour nous, comme amour. L’Eucharistie nous attire dans l’acte d’offrande de Jésus. Nous ne recevons pas seulement le Logos incarné de manière statique, mais nous sommes entraînés dans la dynamique de son offrande. L’image du mariage entre Dieu et Israël devient réalité d’une façon proprement inconcevable: ce qui consistait à se tenir devant Dieu devient maintenant, à travers la participation à l’offrande de Jésus, participation à son corps et à son sang, devient union. La «mystique» du Sacrement, qui se fonde sur l’abaissement de Dieu vers nous, est d’une tout autre portée et entraîne bien plus haut que ce à quoi n’importe quelle élévation mystique de l’homme pourrait conduire.

 

Benoit XVI, Dieu est amour.

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Le Verbe est devenu chair !

25 Décembre 2011, 04:03am

Publié par Father Greg

 

 12656-the-new-born-georges-de-la-tour.1290703666.thumbnail.jpg   Rien de merveilleux, rien d'extraordinaire, rien d'éclatant n'est donné: un enfant emmailloté de langes qui, comme tous les enfants, a besoin de soins maternels ; un enfant né dans une étable et couché dans une mangeoire. C’est le premier visage de Dieu : un enfant, avec ses besoins, sa fragilité et sa pauvreté.

 Cette simplicité frappe: Dieu n'est pas venu avec puissance ni grandeur visible. Il ne s'est pas imposé. Rien pour séduire ou convaincre : il vient lui-même mendier notre aide. D’une certaine façon, l’humanité attend Dieu, elle attend qu’il se fasse proche. Mais quand arrive le moment, il n’y a pas de place pour lui. L’humanité est si occupée d’elle-même, elle a besoin de tout l’espace et de tout le temps de manière si exigeante pour ses propres affaires qu’il ne reste rien pour l’autre – pour le prochain, pour le pauvre, pour Dieu.


Et Dieu répond en se donnant en silence. En Jésus, Dieu s’est uni l’homme à lui-même. L’éternel aujourd’hui de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et notre aujourd’hui passager a acquis une dimension éternelle. Dieu se fait petit, faible et vient à notre rencontre comme un enfant sans défense. C’est cela la réponse de Dieu. C’est cela son ‘jugement’.

 

C’est énorme : c’est un don qui, non seulement nous transforme radicalement, mais qui s’adapte à nous, à nos peurs, à notre nullité ; un don qui n’écrase pas, ou on ne peut être qu’attiré par cette bonté incroyable qui se communique à nous en silence. Dieu se donne en nous attirant à lui. C’est cela Noël: Dieu est devenu l’un de nous, pour tout assumer de notre vie, et que nous comprenions la dignité, le poids de chaque actes, de chaque instants ; tout en nous a acquis une dimension divine !

 

Que sa présence silencieuse soit votre joie!

 

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Noël: la joie chrétienne

24 Décembre 2011, 12:23pm

Publié par Father Greg


telechargement.jpgNoël est vraiment le mystère de la joie divine parfaite. Les anges le proclament nettement aux bergers : « Voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple » (Lc 2, 10).

 

La joie, en effet, implique l’épanouissement de notre vie et la conscience de cet épanouissement. C’est pourquoi, du point de vue humain, il pourra y avoir divers types de joie, puisqu’il y a diverses manières d’épanouir notre vie humaine. Parmi ces joies, celle de l’amitié est à la fois la plus humaine et la plus consciente pour nous. On sait très bien comme notre cœur humain peut être triste, lorsqu’il doit subir la séparation, l’absence de l’ami. Sa présence, au contraire, le fait exulter de joie. C’est cette joie de l’amitié qui peut le mieux nous servir à saisir le caractère propre de notre joie divine, puisque le mystère de la charité est un mystère d’amitié avec Dieu, avec les trois Personnes divines, par et dans le Christ. La joie divine implique l’épanouissement de cette amitié et une certaine expérience de cette amitié, c’est-à-dire le don de Dieu et notre don à Dieu, d’où résultent une présence d’amour et une certaine expérience de cette présence dans la foi vivante, grâce au don de sagesse.

 

photo-smile-copie-1.jpgPlus la présence est intense et forte, vécue et expérimentée, plus la joie est intense et forte. Or, précisément, le mystère de Noël pour Marie est bien ce mystère de don mutuel : Dieu donné comme « tout-petit » à Marie sa mère. Il ne peut y avoir de présence plus intime que celle du tout-petit auprès de sa mère, car ces deux êtres sont si proches l’un de l’autre et si connaturels. Il ne peut y avoir de présence plus vécue, plus expérimentée qu’au moment même de la naissance, de la première apparition de cette présence. La présence, à ce moment, possède un éclat unique. Noël, c’est Dieu avec Marie, c’est Dieu pour Marie. Et il n’y a rien d’autre que ce fait, dans toute sa nouveauté, dans toute sa pureté. C’est vraiment le mystère de la grande joie. A l’Annonciation, Dieu était bien donné à Marie et Marie était bien donnée à son Dieu, mais ce don demeurait très caché. La présence demeurait imparfaite, car celle-ci réclame que les êtres, qui sont en présence, soient parfaitement distincts, face à face, qu’ils puissent vraiment être deux à mener la même vie. L’unité de connaissance et d’amour, même lorsque cette connaissance et cet amour sont divins, ne suffisent pas pour une présence plénière, surtout lorsqu’il s’agit de nous qui possédons un corps. Nous avons besoin d’une présence physique, d’un regard qui soit comme le reflet, l’expression vivante de cette unité de connaissance et d’amour. Le propre de la naissance est précisément de réaliser cette distinction parfaite du corps de l’enfant avec celui de sa mère, ce qui permet à l’enfant de devenir présent à sa mère. C’est pourquoi ce n’est pas la joie qui domine à l’Annonciation, mais le désir silencieux dans l’attente d’une promesse qui se réalise.

 

Marie-Dominique Philippe, OP, Mystère de Marie, Fayard, p. 144-145

 

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Ils n'ont plus de place...

24 Décembre 2011, 04:00am

Publié par Father Greg

 

« Il n'y a que les pauvres qui partagent.»   Léon Bloy

 

    220px-Giotto_-_Scrovegni_-_-17-_-_Nativity-_Birth_of_Jesus.jpg       « Noël est là, et le Christ demande à être accueilli par les siens.

Ne vous comportez donc pas comme des aubergistes indifférents, comme des petits-bourgeois bien nourris dans leur autoritarisme borné, mais ouvrez vos portes et vos cœurs à chaque détresse qui est la détresse du Christ. »

Père Werenfried.AED. 

 

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CONSCIEMMENT OU PAS, L’HOMME AGIT EN PRÉSENCE DE DIEU

23 Décembre 2011, 04:57am

Publié par Father Greg


 

c-72011.jpg L’invocation de la présence de la puissance de Dieu dans notre temps vient de l’expérience de son apparente absence. Si nous ouvrons nos yeux, justement sur l’année qui touche à sa fin, il peut être rendu visible que la puissance et la bonté de Dieu sont présentes de manières multiples aussi aujourd’hui. Ainsi nous avons tous un motif pour lui rendre grâce.

 

Une vision de sainte Hildegarde de Bingen qui décrit de façon surprenante ce que nous avons expérimenté cette année... Dans cette vision, le visage de l'Eglise était couvert de poussière, et c'est ainsi que nous l'avons vu. Son vêtement était déchiré à cause des prêtres. Nous l'avons vu cette année telle qu'elle l'a vu et exprimé. Nous devons accueillir cette humiliation comme une exhortation à la vérité et un appel au renouveau. Seule la vérité sauve.

 

 

Nous voulons crier au monde que (tout) être humain est unique et l’humanité est unique. Ce qui, en quelque lieu, est fait contre l’homme finalement nous blesse tous. La guérison peut venir seulement d’une foi profonde dans l’amour réconciliateur de Dieu. Donner force à cette foi, la nourrir et la faire resplendir est la tâche principale de l’Église en ce moment.

 

 

A l'imitation du Christ, l'Eglise devrait apparaître comme un espace pour tous les peuples, pour ceux qui connaissent Dieu de loin ou pour ceux pour lesquels il est inconnu ou étranger, pour les aider à 's'accrocher à Dieu', en présence duquel se trouve chaque créature humaine ».

Benoît XVI.

 

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Génocide: la France n'a pas de leçon à donner à la Turquie

22 Décembre 2011, 04:59am

Publié par Father Greg

Par Ivan Rioufol le 21 décembre 2011 13h04 | 66 Commentaires

63202796.jpgC'est pour un mauvais prétexte que la France semble vouloir se fâcher avec la Turquie. S'il s'agit de lui refuser l'entrée en Europe, autant le lui dire clairement et tout de suite. Mais le contentieux qui risque de s'ouvrir à l'occasion de l'examen, demain à l'Assemblée nationale, d'une proposition de loi visant à réprimer pénalement (un an de prison, 45.000 euros d'amende) la négation des génocides reconnus, dont le génocide arménien commis par les Turcs en 1915, manque d'arguments sérieux. Il est certes détestable de voir la Turquie refuser ne serait-ce que d'admettre la réalité de l'épuration ethnique et religieuse qu'elle a menée contre plus d'un million d'Arméniens : ce déni devrait être un argument suffisant pour lui refuser de rejoindre l'Union européenne. Cependant, ce n'est pas au parlement de faire l'histoire. Mon opposition constante à la loi Gayssot sanctionnant le négationnisme dans la contestation de la Shoah est identique pour cette autre loi mémorielle qui revient, une fois de plus, à limiter la liberté d'expression et à pénaliser un délit d'opinion.



LaRochejaquelein-copie-1.jpgMais il y a surtout, dans l'attitude morale de la France, une énorme hypocrisie. Car l'Etat français se comporte en fait comme l'Etat turc, en refusant de reconnaître et en contestant même la réalité du génocide vendéen de 1793. La proposition de loi du député des Alpes maritimes, Lionel Luca, invitant la République "à reconnaître le génocide vendéen de 1793-1794", déposée en 2007, n'a jamais été examinée. Or, comme le rappelle l'historien Reynald Secher, qui a trouvé aux Archives nationales les éléments établissant le génocide (1) : "La France est le premier pays à avoir conçu, organisé et planifié l'anéantissement et l'extermination d'une partie d'elle-même au nom de l'idéologie de l'homme nouveau. Elle est aussi le premier pays à avoir conçu et mis en place un mémoricide dans le but d'occulter ce crime contre l'humanité. En ce sens, la France est un double laboratoire et un modèle pour les régimes génocidaires (...)".


chouans-joubert.jpgNon, la France n'a pas de leçon à donner aux Turcs. Si Michelet, père de l'histoire officielle de la Révolution française, a beaucoup contribué à nier le génocide vendéen, les travaux de Secher apportent les preuves écrites et incontestables d'une "extermination partielle ou totale d'un groupe humain de type ethnique, ou racial, ou politique, ou religieux", pour reprendre la définition du génocide. La Révolution s'était donnée pour objectif, après la guerre civile de mars à août 1793, de rayer de la carte la Vendée et ses plus de 800.000 habitants, en répondant aux ordres  de la Convention et plus particulièrement du Comité de salut public où siégeaient Robespierre, Carnot, Barère. C'est d'une manière scientifique, centralisée, planifiée que furent menés par l'armée les incendies de villages et les massacres de masse n'épargnant ni les femmes ni les enfants. A Nantes, les victimes liées entre elles étaient noyées dans la Loire. Or, non seulement la République n'a jamais reconnu ces crimes, mais elle a réussi à faire passer les victimes pour des coupables. S'il y a une injustice à réparer, c'est bien celle de ces milliers de Vendéens assassinés par la Terreur.

(1) Reynald Secher, Vendée du génocide au mémoricide , Editions du Cerf (préface de Gilles-William Goldnadel, postfaces de Hélène Piralian et de Stéphane Courtois)

http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2011/12/genocide-la-frnce-na-pas-de-le.html

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L'enfant-Jésus: la sainteté pour les petits...

21 Décembre 2011, 04:23am

Publié par Father Greg

 

 

Baby_at_Play_1876.jpg« Vous vous attardez, paroisses vous vous attardez à produire des saintes et des saints les plus grands. Et pendant ce temps-là, sans avertir, sans prévenir personne, une petite paroisse de rien du tout avait enfanté le saint des saints. D'un seul coup, du premier coup, elle était arrivée, elle avait enfanté le saint des saints. Dans un éclair elle avait réussi, elle avait fait ce qui ne se refera jamais plus, elle avait fait, enfanté celui qui éternellement ne s'enfantera plus. Et comme vous autres, paroisses, vous avez pour patrons saint Crépin et saint Crepinien, tout de même, Bethléem, tu as pour patron saint Jésus. D'autres ont saint Marceau et saint Donatien; et Rome a saint Pierre. Mais toi, Bethléem, petite paroisse obscure, petite paroisse perdue, toi maline tu as saint Jésus, et nul ne pourra te l'enlever éternellement jamais. Car il est ton propre patron, comme saint Ouen est le patron de Rouen. Car c'est ce saint-là que tu as mis au monde; un jour du monde que tu as mis au monde. Tu as produit ce saint-là, tu as enfanté ce saint-là. Et nous autres nous ne sommes que des petites gens.

Et il n'y aura plus que de petites gens, depuis qu'une paroisse est venue, qui a tout pris pour elle.

Avant même qu'on ait commencé. Il n'y aura plus jamais, éternellement jamais, que des petites gens. »

Charles Péguy, Le mystère de la Charité de jeanne d'Arc (1910)

 

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Un amant parle peu

20 Décembre 2011, 04:35am

Publié par Father Greg

 

 

P1020712.JPGIl n’y a pas de chemin plus direct pour tomber dans un précipice que de délaisser l’oraison. Alors, reprenez-la pour ne plus jamais l’abandonner, tout en veillant à acquérir les vertus, à vous recueillir intérieurement et extérieurement, ainsi qu’à maintenir votre cœur en paix, pour qu’il soit la digne demeure de Dieu. Et ne vous étonnez pas des difficultés, tentations, aridités, etc.., mais grandissez dans la confiance en Dieu, servez-le fidèlement, et vous verrez l’abondance de ses miséricordes sur vous.

 

Je vous dirai encore de suivre l’Esprit Saint ; ne faites pas oraison à votre manière, mais à celle de Dieu ; laissez votre âme voler là où l’Esprit Saint la porte, et tenez pour suspectes, et même pour des tromperies, ces lumières qui ne laissent pas grande humilité, connaissance de soi-même, paix et augmentation du désir de plaire à Dieu. Un amant parle peu, une parole d’amour suffit à maintenir une âme en grand recueillement pour longtemps. La langue de l’amour, c’est le cœur qui brûle et se consume en holocauste vers le Souverain Bien ; qu’elle vous dise en mon nom que, si vous sentez votre cœur éveillé à l’amour, vous aimiez et vous reposiez en silence d’amour dans le sein du Bien-Aimé.

 

 

                                                                       Saint Paul de la Croix. 

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Les possessions matérielles ne représentent rien

19 Décembre 2011, 04:26am

Publié par Father Greg

Un homme d'affaires autrichien a renoncé à son entreprise et à sa fortune pour vivre avec 1000 euros par mois dans une cabane. Un choix radical qui lui apporte le bonheur.

d66d16a2-15e2-11e1-b82f-9af57c99f8a6Il y a un an, il habitait une luxueuse villa dans les montagnes autrichiennes. Un immense garage abritait sa limousine, cinq avions étaient à sa disposition. A 48 ans, Karl Rabeder était un homme d'affaires riche, reconnu et malheureux. Aujourd'hui il vit avec 1000 euros par mois dans une cabane de 20m2 sans confort, et il est , dit-il, «plus heureux qu'il n'a jamais été».


«Quand on voit la photo prise de moi il y a un an devant mon chalet, j'ai l'air d'avoir dix ans de plus, fatigué et triste», dit Rabeder au magazine Spiegel . C'est un voyage en Amérique du Sud qui lui a ouvert les yeux : «J'ai réalisé que la plupart des gens pauvres qui vivent là bas sont beaucoup plus heureux que l'Européen moyen», explique-t-il. «La publicité nous dit qu'il faut posséder le dernier jean de marque ou une grande maison, mais les gens qui possèdent tout cela n'ont pas l'air plus joyeux». En janvier 2010, l'homme d'affaires, qui a fait fortune dans les accessoires de décoration, prend une décision radicale : il choisit de se séparer de toutes ses possessions et de se retirer dans un chalet d'alpage.

 

Une vie idyllique sans possession matérielle

HBvq64TK Pxgen r 467xAPour se débarrasser de sa magnifique villa en bois et verre construite dans une verdoyante vallée tyrolienne, Rabeder imagine une méthode originale. Au lieu de la mettre en vente, il organise une loterie. 22.000 personnes achètent un billet à 99 euros dans l'espoir de remporter la maison, son jardin paysagé, son spa et son terrain de beach volley. C'est une Bavaroise qui remporte le gros lot. Les 2,2 millions d'euros récoltés vont rejoindre la fortune gagnée grâce à la vente de son entreprise et de ses biens dans un fonds caritatif consacré au micro-crédit dans les pays en développement.

 

Depuis un an, l'ex-millionnaire, divorcé en 2003 après 17 ans de mariage, a réalisé son rêve : il vit dans une petite maison de bois. Sa vie lui semble désormais idyllique. «Le matin je me réveille quand mon corps se réveille. Puis je me demande ce que j'ai envie de faire. Parfois j'écris pendant dix heures d'affilée, parfois je pars simplement marcher en montagne.» Maintenant qu'il est pauvre, les relations avec les gens sont plus faciles: «Avant les gens que je rencontrais me prenais pour une tirelire. Désormais, quand quelqu'un s'intéresse à moi, ce n'est plus à cause de l'argent, le contact est beaucoup plus facile». De sa maison et de sa vie passée, il n'a rien emporté. La seule chose qu'il regrette, «c'est le temps. Pendant vingt ans j'ai senti que je menais une vie qui ne me convenait pas». Il ne veut rien changer à son nouveau bonheur : «Les possessions matérielles ne représentent rien. Je suis plus heureux aujourd'hui, parce que je vis enfin comme j'aurais toujours dû vivre.»

Caroline Bruneau Le Figaro.

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Revêtue de Soleil...

18 Décembre 2011, 04:35am

Publié par Father Greg

 

 

02-La-Femme--Ap-12--copie-1.jpgLa « femme » de l’Apocalypse est Marie elle-même. Elle apparaît « revêtue de soleil », c’est-à-dire revêtue de Dieu : la Vierge Marie est en effet tout entourée de la lumière de Dieu et elle vit en Dieu. Ce symbole des vêtements lumineux exprime clairement une situation qui concerne tout l’être de Marie : Elle est la « pleine de grâce », comblée de l’amour de Dieu. Et « Dieu est lumière », dit encore saint Jean (1 Jn 1, 5). Et voici alors que la « pleine de grâce », l’« Immaculée », reflète par toute sa personne la lumière du « soleil » qui est Dieu.

Cette femme tient la lune sous ses pieds, symbole de la mort et de la mortalité. En effet, Marie est pleinement associée à la victoire de Jésus-Christ, son Fils, sur le péché et sur la mort ; elle est libre de toute ombre de mort et totalement comblée de vie. De même que la mort n’a plus aucun pouvoir sur le Christ ressuscité (cf. Rm 6,9), de même, par une grâce et un privilège singuliers du Dieu tout-puissant, Marie l’a laissée derrière elle, elle l’a dépassée. Et cela se manifeste dans les deux grands mystères de son existence : au début, le fait d’avoir été conçue sans péché originel : c’est le mystère que nous célébrons aujourd’hui ; et, à la fin, le fait d’avoir été portée, dans son âme et dans son corps, au ciel, dans la gloire de Dieu. Mais toute sa vie terrestre aussi a été une victoire sur la mort, parce qu’elle a été complètement dépensée au service de Dieu, dans l’oblation totale de soi pour Lui et pour le prochain. C’est pourquoi Marie est elle-même un hymne à la vie : elle est la créature dans laquelle s’est déjà réalisée la parole du Christ : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jn 10, 10).


Dans la vision de l’Apocalypse, il y a un autre détail : sur la tête de la femme revêtue de soleil il y a « une couronne de douze étoiles ». Ce signe représente les douze tribus d’Israël et signifie que la Vierge Marie est au centre du Peuple de Dieu, de toute la communion des saints. Et ainsi, cette image de la couronne de douze étoiles nous introduit dans la seconde grande interprétation du signe céleste de la « femme revêtue de soleil » : en plus de représenter Notre Dame, ce signe personnifie l’Eglise, la communauté chrétienne de tous les temps. Elle est enceinte, dans le sens où elle porte en son sein le Christ et qu’elle doit le mettre au monde : voilà le travail de l’Eglise pèlerine sur la terre, qui, au milieu des consolations de Dieu et des persécutions du monde, doit apporter Jésus aux hommes.

Et c’est justement pour cela, parce qu’elle porte Jésus, que l’Eglise rencontre l’opposition d’un adversaire féroce, représenté dans la vision apocalyptique par un « énorme dragon rouge » (Ap 12,3). Ce dragon a cherché en vain de dévorer Jésus – l’« enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations » (Ap 12, 5) – en vain parce que Jésus, par sa mort et sa résurrection, est monté vers Dieu et il s’est assis sur son trône. C’est pourquoi le dragon, défait une fois pour toutes dans le ciel, retourne ses attaques contre la femme – l’Eglise – dans le désert du monde. Mais à chaque époque, l’Eglise est soutenue par la lumière et par la force de Dieu, qui la nourrit dans le désert du pain de sa Parole et de la sainte Eucharistie. Et ainsi, à chaque tribulation, à travers toutes les épreuves qu’elle rencontre au cours des temps et dans les différentes parties du monde, l'Eglise souffre la persécution, mais se révèle victorieuse. Et c'est justement ainsi que la communauté chrétienne est la présence, la garantie de l'amour de Dieu contre toutes les idéologies de la haine et de l'égoïsme.


Benoit XVI, 08 Décembre 2011.

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C’est la crise !!!

17 Décembre 2011, 05:14am

Publié par Father Greg

 

 

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"Les problèmes des boulangers vont croissant.

Alors que les bouchers veulent défendre leur bifteck,

les éleveurs de volailles se font plumer

et en ont assez d'être les dindons de la farce.

Les éleveurs de chiens sont aux abois.

Les pêcheurs haussent le ton.

Les céréaliculteurs sont sur la paille

alors que les brasseurs sont sous pression.

Les viticulteurs trinquent.

Heureusement, les électriciens résistent.

Mais, pour les couvreurs, c'est la tuile.

Certains plombiers en ont ras-le-bol

et les autres prennent la fuite.

Chez Renault, les salariés débraient

et la direction fait marche arrière.

À la Sncf, les syndicats sont sous tension

mais Édf ne semble pas au courant.

Les cheminots veulent garder leur train de vie,

mais la crise est arrivée sans crier gare.

Les veilleurs de nuit vivent au jour le jour

et les carillonneurs ont le bourdon.

Les ambulanciers ruent dans les brancards

pendant que les pédicures travaillent d'arrache-pied.

Les croupiers jouent le tout pour le tout.

Les cordonniers sont mis à pied.

Les dessinateurs font grise mine.

Les exterminateurs ont le cafard.

Des militaires partent en retraite

et les policiers se sont arrêtés.

Les imprimeurs dépriment.

Les météorologues aussi sont en dépression.

Les pendus sont sur la corde raide.

Les prostituées se retrouvent sur le trottoir :

C’est vraiment une mauvaise passe."

 

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Bref...

16 Décembre 2011, 05:05am

Publié par Father Greg

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semer, et … aller dormir!

15 Décembre 2011, 10:44am

Publié par Father Greg

 

 

500px-August_Macke_003.jpgL’enseignement que le Christ nous donne est que son Evangile « est comme une graine de moutarde », sa personne même, est tout ce qu’il y a de plus petit sur terre car il n’existe rien de plus petit et de plus faible qu’une vie qui finit par une mort sur la croix. Pourtant, cette petite « graine de moutarde » est destinée à devenir un arbre immense, si grand que ses branches ont la capacité d’accueillir tous les oiseaux qui viendront s’y réfugier. Cela signifie que toute la création, vraiment toute, ira s’y réfugier.


Quel contraste par rapport aux reconstructions historiques évoquées plus haut! Là, tout paraissait incertain, aléatoire, suspendu entre le succès et l’échec ; ici, tout est décidé et garanti depuis le début! Dans l’épisode de l’onction à Béthanie, Jésus conclut par ces mots: « Amen, je vous le dis : partout où cette Bonne Nouvelle sera proclamée, dans le monde entier, on racontera, en souvenir d'elle, ce qu'elle vient de faire » (Mt 26,13). La même conscience tranquille qu’un jour son message aurait été diffusé « dans le monde entier ». Et ne s’agit, certes pas, d’une prophétie « post eventum », car à ce moment-là tout laissait présager le contraire.


En cela aussi, c’est Paul qui, entre tous, a le mieux saisi « le mystère caché ». Il y a un fait qui me frappe toujours : l’Apôtre a prêché à l’Aréopage d’Athènes et il a essuyé un refus du message, de façon polie, avec la promesse de l’écouter à une autre occasion. A Corinthe, où il s’est rendu aussitôt après, il a écrit sa Lettre aux Romains, y affirmant avoir reçu la tâche d’amener « toutes les nations à l’obéissance de la foi » (Rm 1, 5-6). L’insuccès n’a pas le moins du monde égratigné sa confiance dans le message : « Je n'ai pas honte, s’écrie-t-il, de l'Évangile, car il est la puissance de Dieu pour le salut de tout homme qui est devenu croyant, d'abord le Juif, et aussi le païen” (Rm 1, 16).


« Chaque arbre, dit Jésus, se reconnaît à son fruit » (Lc 6, 44). Cela vaut pour chaque arbre, à l’exception de l’arbre sorti de lui, le christianisme (et en effet, il parle ici des hommes); il est le seul arbre qui ne se reconnaît pas à ses fruits, mais à sa racine. Dans le christianisme, la plénitude n’est pas à la fin, comme dans la dialectique hégélienne du devenir (« le vrai c’est le tout »), mais elle est au début; aucun fruit, voire même les plus grands saints, n’ajoute quelque chose à la perfection du modèle. Dans ce sens, celui qui a affirmé que « le christianisme n’est pas perfectible » a raison. 

3. Semer et …aller dormir

Ce que les historiens des origines chrétiennes ne retiennent pas, ou qu’ils jugent peu important, est cette incontrôlable certitude que les chrétiens de jadis, du moins les meilleurs d’entre eux, avaient de la bonté et de la victoire finale de leur cause. « Vous pouvez nous tuer, mais nous nuire, jamais », avait dit le martyr St Justin au juge romain qui le condamnait à mort. A la fin, c’est cette tranquille certitude qui leur a garanti la victoire, qui a convaincu les autorités politiques de l’inutilité de leurs efforts pour supprimer la foi chrétienne.


C’est ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui: réveiller chez les chrétiens, au moins chez ceux qui entendent se consacrer à cette nouvelle œuvre d’évangélisation, la certitude intime de la vérité de ce qu’ils annoncent. « L’Eglise, a dit un jour Paul VI, a besoin de retrouver le souci, le goût et la certitude de sa vérité » . Nous devons être les premiers à croire en ce que nous annonçons ; mais y croire vraiment. Nous devons pouvoir dire avec Paul: « J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé. Et nous, les Apôtres, animés de cette même foi, nous croyons, nous aussi, et c'est pourquoi nous parlons » (2 Co 4, 13).


La tâche concrète que les deux paraboles de Jésus nous confient c’est de semer. Semer à pleines mains, « à temps ou à contretemps » (2 Tm 4,2). Le semeur de la parabole qui sort semer ne se préoccupe pas qu’une part de la semence finisse sur la route et une autre part dans les ronces, et dire que ce semeur, hors de parabole, c’est Jésus lui-même! Car, dans ce cas, on ne peut pas savoir à l’avance quel terrain se révélera être bon, ou bien dur comme de l’asphalte et étouffant comme un buisson. C’est ici qu’intervient la liberté humaine que l’homme ne peut prévoir et que Dieu ne veut pas violer. Que de fois ne découvre-t-on pas que, parmi les personnes qui ont écouté tel sermon ou lu tel livre, celle qui l’a vraiment pris au sérieux et en a eu sa vie changée, c’était celle à laquelle on s’attendait le moins, qui se trouvait là par hasard ou à contrecœur. Je pourrais moi-même raconter des dizaines de cas.


Donc semer, et ensuite … aller dormir! Autrement dit semer et ne pas rester là tout le temps à regarder, quand cela pousse, où cela pousse, de combien de centimètres cela pousse chaque jour. L’enracinement et la croissance ne sont pas notre affaire, mais l’affaire de Dieu et de celui qui écoute. Un grand humoriste anglais du XIXe siècle, Jerome Klapka, dit que le meilleur moyen de retarder l’ébullition de la cuisson dans une casserole est de rester au-dessus et d’attendre avec impatience. 

Faire le contraire est une source inévitable d’inquiétude et d’impatience : ce sont des choses qui ne plaisent pas à Jésus et qu’il ne faisait jamais quand il était sur terre. Dans l’Evangile, il ne semble jamais être pressé. « Ne vous faites donc pas de souci pour demain, disait-il à ses disciples. Demain se souciera de lui-même : à chaque jour suffit sa peine » (Mt 6,34).


A ce propos, le poète croyant Charles Péguy met dans la bouche de Dieu des paroles sur lesquelles cela nous fait du bien à nous aussi de méditer: 

« On me dit qu’il y a des hommes 
Qui travaillent bien et qui dorment mal. 
Qui ne dorment pas. Quel manque de confiance en moi ! 
C’est presque plus grave 
Que s’ils ne travaillaient pas mais dormaient, car la paresse 
N’est pas un plus grand péché que l’inquiétude … 
Je ne parle pas, dit Dieu, de ces hommes 
Qui ne travaillent pas et qui ne dorment pas.
Ceux-là sont des pécheurs, c’est entendu... 
Je parle de ceux qui travaillent et qui ne dorment pas... 
Je les plains. Je leur en veux. Un peu. Ils ne me font pas confiance … 
Ils gouvernent très bien leurs affaires pendant le jour. 
Mais ils ne veulent pas m’en confier le gouvernement pendant la nuit … 
Celui qui ne dort pas est infidèle à l’Espérance … » .

Les réflexions faites dans cette méditation, nous encouragent, en conclusion, à mettre à la base de cet engagement pour une nouvelle évangélisation un grand acte de foi et d’espérance, à nous défaire de tout sens d’impuissance et de résignation. Nous avons devant nous, il est vrai, un monde enfermé dans son sécularisme, pris dans l’ivresse des succès de la technique et des possibilités qu’offre la science, réfractaire à l’annonce de l’Evangile. Mais, le monde qui se présentait aux premiers chrétiens - l’hellénisme avec son savoir et l’empire romain avec sa puissance - était-il par hasard moins réfractaire à l’évangile ?

© P. Raniero Cantalamessa, ofmcap.

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De la démocratie comme despotisme (III)

14 Décembre 2011, 05:32am

Publié par Father Greg

 

 

camille-pissaro-boulevard-montmartre-effet-de-nuit.jpgLa sujétion dans les petites affaires se manifeste tous les jours et se fait sentir indistinctement à tous les citoyens. Elle ne les désespère point; mais elle les contrarie sans cesse et elle les porte à renoncer à l'usage de leur volonté. Elle éteint peu à peu leur esprit et énerve leur âme, tandis que l'obéissance, qui n'est due que dans un petit nombre de circonstances très graves, mais très rares, ne montre la servitude que de loin en loin et ne la fait peser que sur certains hommes. En vain chargerez-vous ces mêmes citoyens, que vous avez rendus si dépendants du pouvoir central, de choisir de temps à autre les représentants de ce pouvoir; cet usage si important, mais si court et si rare, de leur libre arbitre, n'empêchera pas qu'ils ne perdent peu à peu la faculté de penser, de sentir et d'agir par eux-mêmes, et qu'ils ne tombent ainsi graduellement au-dessous du niveau de l'humanité.

J'ajoute qu'ils deviendront bientôt incapables d'exercer le grand et unique privilège qui leur reste. Les peuples démocratiques qui ont introduit la liberté dans la sphère politique, en même temps qu'ils accroissaient le despotisme dans la sphère administrative, ont été conduits à des singularités bien étranges. Faut-il mener les petites affaires où le simple bon sens peut suffire, ils estiment que les citoyens en sont incapables; s'agit-il du gouvernement de tout l'Etat, ils confient à ces citoyens d'immenses prérogatives; ils en font alternativement les jouets du souverain et ses maîtres, plus que des rois et moins que des hommes. Après avoir épuisé tous les différents systèmes d'élection, sans en trouver un qui leur convienne, ils s'étonnent et cherchent encore; comme si le mal qu'ils remarquent ne tenait pas a la constitution du pays bien plus qu'a celle du corps électoral.


Il est, en effet, difficile de concevoir comment des hommes qui ont entièrement renoncé à l'habitude de se diriger eux-mêmes pourraient réussir à bien choisir ceux qui doivent les conduire; et l'on ne fera point croire qu'un gouvernement libéral, énergique et sage, puisse jamais sortir des suffrages d'un peuple de serviteurs.


Une constitution qui serait républicaine par la tête, et ultra-monarchique dans toutes les autres parties, m'a toujours semblé un monstre éphémère. Les vices des gouvernants et l'imbécillité des gouvernés ne tarderaient pas à en amener la ruine; et le peuple, fatigué de ses représentants et de lui-même, créerait des institutions plus libres, ou retournerait bientôt s'étendre aux pieds d'un seul maître.

 

Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II

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De la démocratie comme despotisme... (II)

13 Décembre 2011, 04:51am

Publié par Father Greg

 

 

camille-pissaro-la-foire-a-dieppeJ'ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu'on ne l'imagine avec quelques-unes des formes extérieures de la liberté, et qu'il ne lui serait pas impossible de s'établir a l'ombre même de la souveraineté du peuple. 

 

Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies: ils sentent le besoin d'être conduits et l'envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l'un ni l'autre de ces instincts contraires, ils s'efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d'être en tutelle, en songeant qu'ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs. Chaque individu souffre qu'on l'attache, parce qu'il voit que ce n'est pas un homme ni une classe, mais le peuple lui-même, qui tient le bout de la chaîne.

 

Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point. La nature du maître m'importe bien moins que l'obéissance.


Je ne nierai pas cependant qu'une constitution semblable ne soit infiniment préférable à celle qui, après avoir concentre tous les pouvoirs, les déposerait dans les mains d'un homme ou d'un corps irresponsable. De toutes les différentes formes que le despotisme démocratique pourrait prendre, celle-ci serait assurément la pire.


Lorsque le souverain est électif ou surveillé de près par une législature réellement élective et indépendante, l'oppression qu'il fait subir aux individus est quelquefois plus grande; mais elle est toujours moins dégradante parce que chaque citoyen, alors qu'on le gêne et qu'on le réduit à l'impuissance, peut encore se figurer qu'en obéissant il ne se soumet qu'à lui-même, et que c'est à l'une de ses volontés qu'il sacrifie toutes les autres.



Je comprends également que, quand le souverain représente la nation et dépend d'elle, les forces et les droits qu'on enlève à chaque citoyen ne servent pas seulement au chef de l'Etat, mais profitent à l'Etat lui même, et que les particuliers retirent quelque fruit du sacrifice qu'ils ont fait au public de leur indépendance.



Créer une représentation nationale dans un pays très centralisé, c'est donc diminuer le mal que l'extrême centralisation peut produire, mais ce n'est pas le détruire.
Je vois bien que, de cette manière, on conserve l'intervention individuelle dans les plus importantes affaires; mais on ne la supprime pas moins dans les petites et les particulières. L'on oublie que c'est surtout dans le détail qu'il est dangereux d'asservir les hommes. Je serais, pour ma part, porté à croire la liberté moins nécessaire dans les grandes choses que dans les moindres, si je pensais qu'on put jamais être assuré de l'une sans posséder l'autre.

 

 

Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II

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Ils attendent la bonne nouvelle!!

12 Décembre 2011, 05:30am

Publié par Father Greg

 

 


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L’Avent… et après ?

11 Décembre 2011, 05:02am

Publié par Father Greg


 

350px-August_Macke_004.jpg  Idée reçue : l’Avent est la période avant Noël.. Oui, mais pas seulement.

 D’abord, une question d’orthographe. « Avent », est-ce une faute, comme ceux qui envoient tant de SMS qu’ils oublient les bonnes vieilles règles de l’Académie française ?
Non, « Avent » s’écrit bien avec un « e ». Mais alors, de quoi s’agit-il ?

 

« Avent » vient du latin adventum, la venue, l’arrivée. C’est un mot qui a à voir avec « avenir ». Et pourtant, l’Avent est bien le nom qu’on donne à la période liturgique qui précède Noël… Un avenir qui est un avant ? Le mystère s’épaissit…
Et en fait, c’est bien de cela qu’il s’agit, d’un mystère qui s’épaissit ! Et qui prend corps… Le mystère de Dieu vient enfin prendre chair au cœur de l’Homme. La rencontre entre Dieu et l’humanité devient réelle, prend du poids. Et cela, de trois manières. Trois manières pour que Dieu vienne et advienne jusqu’en nous.

 
1. Première « advenue », premier Avent : dans le passé, en Marie.

Le Fils de Dieu se fait fils d’une femme. Le Verbe éternel vient prendre chair humaine parmi nous. Le Seigneur souverain vient « planter sa tente », faire sa demeure dans notre monde. Il n’est plus seulement dans la Loi, ou en Esprit, mais se fait désormais présent dans un homme concret, Jésus de Nazareth. Voilà le premier Avent dont nous faisons mémoire pendant quatre semaines avant de fêter la naissance de Jésus à Noël.
Mais ce n’est pas tout… Le mystère s’épaissit, je vous dis !

 

2. Deuxième venue, « Second coming » en anglais, à la fin des temps.

C’est en fait le troisième Avent, chronologiquement. Ce sera le retour du Fils de Dieu dans la gloire à la fin de l’histoire. C’est ce dont les évangiles nous parlaient, ces dernières semaines le dimanche, à la messe. C’est ce que représentent les tympans de nos églises romanes ou encore le Jugement dernier de Van der Weyden à Beaune. Le Seigneur Jésus viendra pour « juger les vivants et les morts » selon sa miséricorde. Quand ? Nul ne le sait, si ce n’est le Père, dit Jésus lui-même. Mais cela ne nous empêche pas d’attendre… Et d’attendre avec tous ceux qui souffrent injustement et désirent ardemment que le Seigneur vienne rendre toute justice.

Mais entre la venue en Marie il y a deux mille ans et la venue à la fin des temps, quand pouvons-nous, pauvres croyants, rencontrer le Christ qui vient ?

 
3. Troisième Avent : maintenant.

Ce troisième Avent, c’est chaque instant où le Seigneur vient habiter dans nos cœurs. Parfois incognito. Comme le dit Jésus, « si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui et nous nous ferons une demeure chez lui ». (Évangile selon S. Jean 14,23) Voilà la venue, voilà « l’Avent » du Seigneur qui peut nous toucher aujourd’hui, ici et maintenant ! Ainsi, dans cet Avent, c’est à nous d’aller au-devant du Seigneur pour l’accueillir. Pas besoin d’attendre Noël pour que le Seigneur vienne à ma rencontre. Comme nous le dit le mystique allemand Angelus Silesius, « Le Christ serait-il né mille fois à Bethléem, s’il ne naît pas dans ton cœur, cela ne te sert à rien. »

Alors, en ce temps d’Avent, va devant le Seigneur et prépare ton cœur à ce qu’il advienne en toi. « Le Verbe s’est fait chair, et il a demeuré parmi nous et nous avons vu sa gloire. » (Jn 1,14) Cela s’est réalisé en Marie ; cela peut se réaliser en toi ! Viens, Seigneur Jésus !

http://blog.jeunes-cathos.fr

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De la démocratie comme despotisme...

10 Décembre 2011, 04:50am

Publié par Father Greg

 

 

 

Navid-painting2Lorsque je songe aux petites passions des hommes de nos jours, à la mollesse de leurs mœurs, à l'étendue de leurs lumières, à la pureté de leur religion, à la douceur de leur morale, à leurs habitudes laborieuses et rangées, à la retenue qu'ils conservent presque tous dans le vice comme dans la vertu, je ne crains pas qu'ils rencontrent dans leurs chefs des tyrans, mais plutôt des tuteurs. Je pense donc que l'espèce d'oppression dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l'a précédée dans le monde; nos contemporains ne sauraient en trouver l'image dans leurs souvenirs. Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l'idée que je m'en forme et la renferme; les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc tacher de la définir, puisque je ne peux la nommer.


Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde: je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres: ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.


Au-dessus de ceux-la s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre?


C'est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l'emploi du libre arbitre; qu'il renferme l'action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu a peu chaque citoyen jusqu'à l'usage de lui-même. L'égalité a préparé les hommes à toutes ces choses: elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.


Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l'avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière; il en couvre la surface d'un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige; il force rarement d'agir, mais il s'oppose sans cesse à ce qu'on agisse; il ne détruit point, il empêche de naître; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation a n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.

 

Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol II

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De la tristesse...

9 Décembre 2011, 05:12am

Publié par Father Greg

 

 

The_Thinker_Portrait_of_Louis_N_Kenton_1900.jpg Je crois que presque toutes nos tristesses sont des moments de tension que nous ressentons comme une paralysie car nous sommes désormais sourds à la vie de nos sentiments devenus étranges. Nous sommes seuls, en effet, face à cette étrangeté qui est entré en nous ; car, pour un temps, tout ce qui nous est familier, tout ce qui est habituel, nous est ravi ; nous sommes en effet, au cœur d’une transition où nous ne savons pas nous fixer. C’est aussi la raison pour laquelle la tristesse est passagère : ce qui est nouveau en nous, l’adjuvant de ce que nous étions, est allé jusqu’à notre cœur, a pénétré son lieu le plus intime, mais n’y est pas non plus resté. : il a déjà passé dans le sang. Et nous ne savons pas ce que c’était. Il serait facile de nous persuader qu’il ne s’est rien passé ; mais nous avons pourtant bien changé, comme change une maison où un hôte est entré.

 

  Nous sommes incapables de dire qui est entré, nous ne le saurons sans doute jamais, et pourtant bien des signes témoignent du fait que c’est ainsi que l’avenir pénètre en nous pour s’y modifier longtemps avant qu’il n’arrive lui-même. Voilà pourquoi il est si important d’être solitaire et attentif lorsqu’on est triste : l’instant apparemment immobile où  semble t-il rien ne se passe, cet instant où l’avenir pénètre en nous est en effet beaucoup plus proche de la vie que cet autre moment arbitraire et patent où l’avenir nous arrive pour ainsi dire de l’extérieur.

 

 Plus nous sommes silencieux, patients et disponibles lorsque nous sommes tristes, et plus ce qui est nouveau pénétrera profondément et sûrement en nous, mieux nous le ferons nôtre ; il sera d’autant plus notre destin propre, et, plus tard, lorsqu’il se « produira » (c'est-à-dire lorsqu’il surgira de nous pour passer aux autres), nous nous sentirons profondément intimes et proches. Et c’est nécessaire ; Il est nécessaire-et c’est vers cela que peu à peu doit tendre notre évolution-que nous ne nous heurtions à aucune expérience étrangère, mais que nous rencontrions que ce qui, depuis longtemps, nous appartient. Il a fallu déjà repenser tant de conceptions du mouvement qu’on saura peu à peu admettre que ce que nous appelons destin provient des hommes et ne vient pas de l’extérieur.


 C’est uniquement parce que nombre d’entre eux ne se sont pas imprégnés de leur destin quand il vivait en eux, ne l’ont pas transformé en ce qu’ils sont eux-mêmes, qu’ils n’ont pas su reconnaître ce qui provenait d’eux ; cela leur est si étranger que, dans leur crainte confuse, ils ont cru qu’il venait à l’instant de les atteindre car ils juraient n’avoir auparavant rien trouvé de pareil en eux.

 

De même qu’on s’est longtemps abusé à propos du mouvement du soleil, on continue encore de se tromper sur le mouvement de ce qui est à venir. L’avenir est fixe cher monsieur Kappus, mais c’est nous qui nous déplaçons dans l’espace infini. 

 

                                               Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète.

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Pourquoi l'Immaculée conception?

8 Décembre 2011, 04:33am

Publié par Father Greg

 

 

virgin-mary-annunciate-1433!xlMedium+St Maximilien Kolbe disait qu’il fallait reprendre toute la théologie dans la lumière de l'Immaculée conception! Pourquoi? Parce que l'Immaculée, ce mystère de gratuité en Marie, c'est le Père qui nous révèle sa miséricorde, son don excessif et gratuit, pour chacun d'entre nous. 

 

A l'Annonciation « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi » - l'ange Gabriel révèle l'identité la plus profonde de Marie, le « nom », pour ainsi dire, par lequel Dieu la connaît : « pleine de grâce ». Marie, a été l'objet d'une prédilection singulière de la part de Dieu qui, dans son dessein éternel, l'a « pré choisie » pour être la mère de son Fils fait homme et, par conséquent, l'a préservée du péché originel. C'est pourquoi l'ange s'adresse à elle par ce nom qui signifie littéralement « comblée de l'amour de Dieu depuis toujours », de sa grâce.

 

Le mystère de l'Immaculée Conception est source de lumière intérieure, d'espérance et de réconfort. Au milieu des épreuves de la vie et particulièrement des contradictions que l'homme expérimente en son sein et autour de lui, Marie, nous dit que la Grâce est plus grande que le péché, que la miséricorde de Dieu est plus forte que le mal et sait le transformer en bien.Et cela, c’est pour nous dès maintenant ! Qu'est-ce à dire? On regarde souvent l'Immaculée conception comme un mystère de 'pureté' qu'il faudrait imiter ou que l'on admire un peu de l'extérieur... or, cette fête nous manifeste -en premier- que la Vierge Marie a reçu toute sa sainteté "d'en haut"; elle ne s'est pas faite sainte par elle-même, mais elle a tout reçu gratuitement et elle est resté rivé sur ce don purement gratuit de Dieu pour elle. Et pour chacun d'entre nous c'est analogue: notre Père veut nous voir fixé sur ce qu'Il nous donne actuellement -qui est caché et qui donc nous laisse complètement pauvre car on n'a aucune conscience de ce don. Mais, regarder Marie, c’est voir, toucher que c'est son don qui nous rend comme Lui.

 

C'est cela notre vie chrétienne: Dieu reprend tout de l'intérieur et nous donne tout, mais cela est cachée.  C'est pour cela que cette fête c'est donc célébrer la pauvreté de Marie qui reçoit tout d'en haut, rien de sa sainteté ne vient d'elle sinon d'avoir accepté d'être complètement relative et de vivre d'un don qui la dépasse, et donc d'accepter d'être conduit sans pouvoir 'gérer' sa vie divine: "quitte ton pays, ta parenté, tout ce qui t'es connaturel...".

 

Elle doit donc nous faire comprendre qu'aux yeux de Dieu nous n'avons pas moins de 'valeur' qu'elle;   Dieu veut nous donner de vivre et de continuer ce qu'il lui a donné de vivre, pas moins… !!! Mais il faut accepter de ne rien en voir, que la manière dont Dieu se donne à nous est caché et donc que le quotidien apparemment reste banal et même souvent médiocre, marqué par notre petitesse; et cela le Père le sait et Il s'en sert si on accepte qu'Il passe par là pour se donner à nous: Dieu ne mesure pas son don à notre réponse; La mesure de l'Amour de Dieu pour nous c'est Lui-même, pas moins.

     

Marie doit nous donner d'aimer cet amour de Jésus, du Père pour nous. Il faut que l'amour de Dieu pour nous, qui seul est capable de tout transformer, soit notre repos, notre joie. Nous sommes aimés comme Marie est aimée actuellement. Et c'est aussi Marie qui d'abord répond pour nous.

 

On pourrait dire que c'est un peu facile... mais c'est cela l'espérance: s'appuyer sur un autre qui nous dépasse et non sur ce que l'on peut faire soi-même; et cela c'est très rude: car alors on n'a aucun résultat tangible qui puisse nous montrer notre 'sainteté', là où on en est... Le Père attend de nous toute notre coopération, tous nos efforts, tous nos dépassements, mais ce qui est divin en nous, notre sainteté, ce qui est éternel: cela nous est donné, c'est un don actuel et caché qui reprend tout de l'intérieur.

 

Fr Grégoire.

 

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