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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Civilisation de l'effacement...

31 Juillet 2011, 05:33am

Publié par Father Greg

 

 

553 Nous vivons dans la civilisation de l'effacement ou plutôt de l'effaçage. Les mots essentiels, âme, amour, respect, honneur sont soigneusement effacés.

            On se garde bien de les attaquer, on les efface. Mais, sous la couche de poussière qui les recouvre, ils continuent à vivre, prêts à servir, prêts à prendre leur place dans le combat.

 

          Et puis j'entends la plainte de Didon,  telle que nous la transmet Purcell. Qui a entendu ce chant de désespoir sait qu'il ne pourra jamais abandonner une femme et que, s'il l'a fait jadis, il l'a fait contre la meilleure partie de lui-même. La musique est le révélateur. Nous pouvons dire aux mots ce que nous voulons. Ce sont des serviteurs dociles. La musique, elle, résiste. La musique est le langage de notre âme secrète. Grâce à elle, nous trichons un peu moins, nous cherchons à nous approcher de la source de nous-mêmes. Le barrage des conventions s'effrite et ce qui nous tient à cœur se fraie un passage. Ce sont des moments rares dont nous ne cessons d'avoir la nostalgie et dont le souvenir nous aide à supporter la grisaille des jours.


             On ne croit pas à une musique, on lui donne son assentiment. Peut-être en est-il de même de la foi, qui est plus assentiment que pure croyance. L'assentiment engage à la fois la raison, la volonté et le cœur. Il va plus profond que le jugement d'existence qui est sans signification, dès qu'on dépasse le simple témoignage des sens; c'est la leçon que donne la science aujourd'hui.

 

Chacun porte en lui l'aventure humaine, mais seulement s'il s'évade de son moi. Cette apparente contradiction décourage et sert d'alibi à la lâcheté. Comment être soi et cependant s'oublier? L'amour donne la réponse, mais n'aime pas qui veut. La prière est demande de pouvoir aimer. On dira que c'est peu de chose, c'est immense, comme l'amour, ce jeu étrange où l'on est présent à soi par la présence de l'autre, où l'infini d'un visage fait éclater la finitude du moi...

 

Jacques de Bourbon Busset  "L'absolu vécu à deux"

 

 

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Aime-moi, tel que tu es...

30 Juillet 2011, 05:51am

Publié par Father Greg

 

artbite.a182.VanderWeyden.plispeinture-a5aa2.jpgJe connais ta misère, les combats et les tribulations de ton âme; la faiblesse et les infirmités de ton corps; je sais ta lâcheté, tes péchés, tes défaillances; je te dis quand même : "Donne-Moi ton cœur, aime-moi comme tu es."

 

Si tu attends d’être un ange pour te livrer à l’amour, tu ne m’aimeras jamais. Même si tu retombes souvent, dans ces fautes que tu voudrais ne jamais connaître, même si tu es lâche dans la pratique de la vertu, je ne te permets pas de ne pas M’aimer. Aime-Moi comme tu es.

A chaque instant et dans quelque position que tu te trouves, dans la ferveur ou dans la sécheresse, dans la fidélité ou dans l’infidélité. Aime-Moi tel tu es.

Je veux l’amour de ton coeur indigent; si pour m’aimer tu attends d’être parfait, tu ne m’aimeras jamais. Ne pourrais-je pas faire de chaque grain de sable un séraphin tout radieux de pureté, de noblesse et d’amour ? Ne pourrais-je pas, d’un seul signe de ma volonté faire surgir du néant des milliers de saints, mille fois plus parfaits et plus aimants que ceux que j’ai créés ? Ne suis-je pas le Tout-Puissant ? Et s’il me plaît de laisser pour jamais dans le néant ces êtres merveilleux et de leur préférer ton pauvre amour !

Mon enfant, laisse-moi t’aimer, je veux ton coeur.

Je compte bien te former mais en attendant, je t’aime comme tu es.

Et je souhaite que tu fasses de même : je désire voir, du fond de ta misère, monter l’amour. J’aime en toi jusqu’à ta faiblesse.

J’aime l’amour des pauvres; je veux que, de l’indigence, s’élève continuellement ce cri : Seigneur, je vous aime. C’est le chant de ton cœur qui m’importe. Qu’ai-je besoin de ta science et de tes talents ? Ce ne sont pas des vertus que je te demande, et si je t’en donnais, tu es si faible que bientôt l’amour-propre s’y mêlerait : ne t’inquiète pas de cela. J’aurais pu te destiner à de grandes choses : Non, tu seras le serviteur inutile, je te prendrai même le peu que tu as, car je t’ai créé pour l’amour. Aime !

L’amour te fera faire tout le reste sans que tu y penses; ne cherche qu’à remplir le moment présent de ton amour. Aujourd’hui je me tiens à la porte de ton coeur comme un mendiant, Moi, le Seigneur des seigneurs. Je frappe et j’attends, hâte-toi de m’ouvrir, n’allègue pas ta misère. Ton indigence, si tu la connaissais pleinement, tu mourrais de douleur. Cela seul qui pourrait me blesser le coeur, ce serait de te voir douter et manquer de confiance. Je veux que tu penses à moi à chaque heure du jour et de la nuit, je ne veux pas que tu poses l’action la plus insignifiante pour un motif autre que l’amour. Quand il te faudra souffrir, je te donnerai la force; tu m’as donné l’amour, je te donnerai d’aimer au-delà de ce que tu as pu rêver.

Mais souviens-toi : "Aime-moi, tel que tu es."

N’attends pas d’être un saint pour te livrer à l’Amour, sinon tu n’aimeras jamais.

Henri Caffarel

 

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Les yeux, reflets de l'âme...

29 Juillet 2011, 05:19am

Publié par Father Greg

Anna Sémionovna, juive et enfermée dans un ghetto d’Ukraine en 1941 par les allemands, écrit une dernière lettre à son fils.

 

 

desiree-dolron-1.jpg  « Je fais des visites aux malades. Des dizaines de personnes, vieillards presque aveugles, bébés, femmes enceintes, vivent entassées dans une pièce minuscule.

 

J’ai l’habitude de lire dans les yeux les symptômes des maladies, les glaucomes, les cataractes. Je ne peux plus regarder ainsi les yeux, je vois dans les yeux le reflet de l’âme. D’une âme bonne, Vitia ! D’une âme bonne et triste, moqueuse et condamnée, vaincue par la force mais, en même temps, triomphant de la force. Une âme forte, Vitia !

 

Si tu voyais avec quelle gentillesse de vieilles personnes m’interrogent à ton sujet ; avec quelle chaleur me consolent des gens auxquels je ne me suis pas plainte et qui se trouvent dans une situation bien plus horrible que la mienne. Avec quelle délicatesse touchante on me donne pour mes soins un morceau de pain, un oignon, une poignée de haricots.

 

Crois-moi, ce ne sont pas des honoraires pour une visite. Quand un vieil ouvrier me serre la main, glisse dans mon filet quelques pommes de terre et me dit : ‘ Allons, allons, docteur, je vous en prie », des larmes me montent aux yeux. Il y a dans tout cela quelque chose de pur, de paternel, de bon, je ne sais comment l’exprimer à l’aide de mots.

 

Je ne veux pas te consoler en te disant que ma vie a été facile ici, tu dois t’étonner que mon cœur n’ait pas éclaté de douleur. Mais ne te tourmente pas en te disant que j’ai souffert de faim, pendant tout ce temps, je n’ai pas eu faim une seule fois. Et aussi, je ne me suis jamais sentie seule.

 

Que d’enfants ici, des yeux merveilleux, des cheveux bruns et bouclés, il y sûrement parmi eux de futurs savants, des professeurs de médecine, des musiciens, des poètes peut-être.


Je les regarde quand ils courent le matin à l’école, ils ont un sérieux qui n’est pas de leur âge, et leurs yeux tragiques leur mangent le visage. Parfois ils se battent, se disputent, rient, mais cela est encore pire.

 

On dit que les enfants sont notre avenir, mais que peut-on dire de ces enfants-là ? Ils ne deviendront pas musiciens, cordonniers, tailleurs.

 

Comment finir cette lettre ? Où trouver la force pour le faire, mon chéri ? Y a-t-il des mots en ce monde capables d’exprimer mon amour pour toi ? Je t’embrasse, j’embrasse tes yeux, ton front, tes yeux.

 

Souviens-toi qu’en tes jours de bonheur et qu’en tes jours de peine l’amour de ta mère est avec toi, personne n’a le pouvoir de le tuer.

Vitenka … Voilà la dernière ligne de la dernière lettre de ta maman. Vis, vis, vis toujours … Ta maman. ».

 

Vassilly Grossman, Vie et destin.

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Visage, miroir de l'âme...

28 Juillet 2011, 05:35am

Publié par Father Greg

 

 

aphrodite.jpg(...) Il n’y a qu'à regarder un visage humain pour déchiffrer une âme; aucun trait ne trompe, l'hypocrisie est pour lui aussi transparente que la sincérité; l'inclinaison d'un front, le moindre froncement de sourcils, la fuite d'un regard lui révèle les secrets d'un cœur.

Il scrute l'esprit replié de l'animal.  Ebauche de sentiments et de pensées, sourde intelligence, rudiments de tendresse, il perçoit toute l'humble vie morale de la bête dans ses regards et dans ses mouvements.

Il est de même le confident de la Nature sensible. Les arbres, les plantes lui parlent comme des amis.

Les vieux chênes noueux lui disent leur bienveillance pour l'humanité qu'ils protègent de leurs branchent éployées.

Les fleurs s'entretiennent avec lui par la courbe gracieuse de leur tige, par les nuances chantantes de leurs pétales: chaque corolle dans l'herbe est un mot affectueux que lui adresse la Nature.

Pour lui la vie est une infinie jouissance, un ravissement perpétuel, un enivrement éperdu.
Non pas que tout lui paraisse bon, car la souffrance qui s'attaque si souvent à ceux qu'il chérit et à lui-même démentirait cruellement cet optimisme.

Mais pour lui tout est beau, parce qu'il marche sans cesse dans la lumière de la vérité spirituelle (...)

Il a parfois le cœur à la torture, mais  plus fortement encore que sa peine, il éprouve l'âpre joie de comprendre et d'exprimer. Dans tout ce qu'il voit, il saisit clairement les intentions du destin; sur ses propres angoisses, sur ses pires blessures, il fixe le regard enthousiaste de l'homme qui a deviné les arrêts du sort (...)

 Son extase est parfois terrifiante, mais c'est du bonheur encore parce que c'est la continuelle adoration de la vérité. »

Auguste Rodin. L'art.

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méta-tentation...

27 Juillet 2011, 05:34am

Publié par Father Greg

 

Lors de sa première visite en France en 1980, Jean Paul II adressa aux évêques un discours très important. En voici un extrait. Une lumière prophétique, toujours actuelle.

 

 

434-465-thickbox.jpgJ’en viens maintenant à une autre question fondamentale: pourquoi, dans l’étape actuelle de la mission de l’Église, une concentration particulière sur l’homme est-elle nécessaire? J’ai développé cela dans l’encyclique “Redemptor Hominis”, en essayant de mettre en évidence le fait que cet accent anthropologique a une racine christologique profonde et forte.


Les causes en sont diverses. Il y a des causes visibles et perceptibles, selon les variations multiples qui dépendent par exemple du milieu, du pays, de la nation, de l’histoire, de la culture. Il existe donc certainement un ensemble spécifique de causes qui sont caractéristiques de la réalité “française” de l’Église dans le monde de ce temps. Vous êtes les mieux placés pour les connaître et les comprendre. Si je me permets d’aborder ce sujet, je le fais avec la conviction que le problème - vu l’état actuel de la civilisation d’une part, et les menaces qui pèsent sur l’humanité d’autre part - a une dimension à la fois fondamentale et universelle. Dans cette dimension universelle et en même temps locale, l’Église doit par conséquent affronter la problématique commune de l’homme comme une partie intégrante de sa mission évangélique.

Non seulement le message évangélique est adressé à l’homme, mais c’est un grand message messianique sur l’homme: c’est la révélation à l’homme de la vérité totale sur lui-même et sur sa vocation dans le Christ.

En annonçant ce message, nous sommes au centre de la réalisation de Vatican II. Et la mise en œuvre de ce message nous est d’ailleurs imposée par l’ensemble de la situation de l’homme dans le monde contemporain. Je ne voudrais pas répéter ce qui a déjà été dit dans “Gaudium et Spes” et dans “Redemptor Hominis”, auxquels il faut toujours se reporter. Toutefois, il n’est peut-être pas exagéré de dire, en ce lieu et dans ce cadre, que nous vivons une étape de tentation particulière pour l’homme.

Nous connaissons différentes étapes de cette tentation, à commencer par la première, au chapitre trois de la Genèse, jusqu’aux tentations si significatives auxquelles a été soumis le Christ lui-même: elles sont comme une synthèse de toutes les tentations nées de la triple concupiscence. La tentation actuelle cependant va plus loin (on pourrait presque dire que c’est une “méta-tentation”); elle va “au-delà” de tout ce qui, au cours de l’histoire, a constitué le thème de la tentation de l’homme, et elle manifeste en même temps, pourrait-on dire, le fond même de toute tentation. L’homme contemporain est soumis à la tentation du refus de Dieu au nom de sa propre humanité.

C’est une tentation particulièrement profonde et particulièrement menaçante du point de vue anthropologique, si l’on considère que l’homme n’a lui-même un sens que comme image et ressemblance de Dieu.

 

 

Bx Jean Paul II, Discours aux évêques de France, Paris, 1er juin 1980, n° 3


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Pour faire fructifier ses talents, il faut aussi de la chance...

26 Juillet 2011, 05:15am

Publié par Father Greg

La foi ne supprime ni ne remplace tout ce que nous pouvons faire au niveau humain. C'est même une hérésie que de croire que tout va tomber du ciel!!

Ainsi, au niveau humain, pour réussir il faut du talent, pour réussir, il faut du travail, et, ce que on oublie souvent, c'est que pour réussir il faut aussi de la chance.

Philippe Gabilliet nous explique que la chance est une compétence qui se travaille..!!? Et oui!!! Voici comment se créer de la chance:


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Les Religions à Assise… ??? (IV)

25 Juillet 2011, 05:30am

Publié par Father Greg

 

 

Coucher-de-soleil-50x50-2005.jpg Le titre choisi pour la prochaine rencontre d’Assise - Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix - nous offre une seconde indication : pour pouvoir raisonnablement espérer construire ensemble la paix, il faut prendre comme critère la vérité. « L'ethos sans le logos ne tient pas » (J. Ratzinger, Je vous ai appelés mes amis. La compagnie sur le chemin de la foi, 71). Instruit par les douloureuses expériences des idéologies totalitaires, le pape a en horreur toute forme de subordination de la raison à la pratique. Mais il y a bien plus. Le lien originel entre l’ethos et le logos, et entre religion et raison, s’enracine en définitive dans le Christ, le Logos divin : c’est précisément pour cela que le christianisme est en mesure de restituer au monde ce lien, en participant, comme signe véridique et efficace de Jésus-Christ, à sa mission unique de salut (cf.Lumen gentium, 9). Il convient donc de rejeter fermement « ce relativisme qui affecte plus ou moins clairement la doctrine de la foi et de la profession de foi » (Je vous ai appelés mes amis, 71). Mais, loin de constituer une sous-estimation des diverses expressions religieuses ou de la dimension éthique, cela la met plutôt en valeur : « Nous devrons chercher à trouver une nouvelle patience - sans indifférence – les uns avec les autres et pour les autres ; une nouvelle capacité de laisser être ce qui est l’autre et l’autre personne ; une nouvelle disponibilité à différencier les plans de l’unité et, donc, à réaliser les éléments d’unité qui sont possibles aujourd’hui » (ibidem). La paix n’est pas possible sans la vérité et inversement : l’aptitude à la paix constitue un authentique « critère de vérité » (J. Ratzinger, Europe. Ses fondements aujourd’hui et demain, 79).

 

Cardinal W.J Levada, Les raisons de la paix et l’unique Logos

 

 

Pourquoi les chrétiens s’engagent-ils à dialoguer avec des personnes et des communautés d’autres religions ?  3 raisons :

La première « nous sommes tous des créatures de Dieu, et donc frères et sœurs ».

La deuxième réside dans le fait que « Dieu est à l’œuvre en chaque personne humaine qui, déjà à travers l’usage de la raison peut pressentir l’existence du mystère de Dieu et reconnaître les valeurs universelles ».

Il existe enfin une troisième raison : « identifier dans les différentes traditions religieuses le patrimoine de valeurs éthiques communes qui permet aux croyants de contribuer, comme tels, à l’affirmation de la justice, de la paix et de l’harmonie dans les sociétés dont ils sont pleinement membres ». 

Card. JL Tauran.

 

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Les Religions à Assise… ??? (III)

24 Juillet 2011, 05:16am

Publié par Father Greg

 

 

 

338.jpgUne première indication nous est donnée par l’évocation que fait le cardinal Ratzinger de la rencontre de 2002. Au lendemain du rassemblement, il évoquait la figure du vieil homme vêtu de blanc, qui était avec les autres dans le train en route vers Assise : « Hommes et femmes qui trop souvent dans la vie quotidienne s’affrontent l’un l’autre avec hostilité et semblent séparés par des barrières insurmontables, saluaient le pape qui, par la force de sa personnalité, la profondeur de sa foi, la passion qui en dérive pour la paix et la réconciliation, a comme « tiré » l’impossible, par le charisme de son office : réunir dans un pèlerinage pour la paix des représentants de la chrétienté divisée et des représentants de diverses religions » (30 Giorni, 1/2002). La religion, loin de nous détourner de l’édification de la cité terrestre, nous pousse au contraire à nous y engager.

 

Pour nous chrétiens, cela signifie tout d’abord intercéder auprès de Dieu, en acceptant que les autres, même dans leur diversité – croyants et non croyants, conviés aussi à la prochaine rencontre d’Assise – s’unissent à nous dans la recherche de la paix et de la justice dans le monde. Et, ajoutait celui qui était alors cardinal, « si nous, chrétiens, nous entreprenons le chemin de la paix en suivant l’exemple de saint François, nous ne devons pas craindre de perdre notre identité : c’est justement alors que nous la trouvons » (ibidem). Il ne s’agit pas, en somme, de cacher la foi au profit d’une unité superficielle, mais de confesser - comme le firent Jean-Paul II et le patriarche œcuménique – que le Christ est notre paix et que, précisément pour cette raison, le chemin de la paix est le chemin de l’Eglise. Le visage du « Dieu de la paix » (Romains 15, 33), dit encore Joseph Ratzinger, « s’est rendu visible pour nous chrétiens par la foi dans le Christ » (ibidem).

 

Et cette paix est une plénitude non seulement offerte et transmise (cf. Jean 20, 19), mais depuis toujours déjà accueillie par l'Eglise sainte et immaculée (Ecclesia sancta et immaculata) (Ephésiens5, 27), à la fois comme don et comme devoir à l’égard du monde, qui est le « théâtre où se joue l’histoire du genre humain» (Gaudium et spes, 2). Le Concile Vatican II nous le rappelle : « obéissant à l’ordre du Christ et mue par la grâce de l’Esprit Saint et la charité, elle (l’Eglise) devient effectivement présente à tous les hommes et à tous les peuples, pour les amener par l’exemple de sa vie, par la prédication, par les sacrements et les autres moyens de grâce, à la foi, à la liberté, à la paix du Christ » (Ad gentes, 5).

 

Puisque « tous les hommes sont appelés à l’unité dans le Christ » (Lumen gentium, 3), l’Eglise doit être le levain de cette unité pour l’humanité tout entière : non seulement à travers l’annonce de la Parole de Dieu, mais par le témoignage vécu de l’union intime des chrétiens avec Dieu. Voici l’authentique chemin de la paix.

 

Cardinal W.J Levada, Les raisons de la paix et l’unique Logos


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Les Religions à Assise… ??? (II)

23 Juillet 2011, 05:15am

Publié par Father Greg

 

 

754px-Paul_Cezanne_109.jpgEn pleine harmonie avec cette préoccupation s’inscrit la réflexion théologique et pastorale de Joseph Ratzinger : dès 1964 il avait manifesté son intention de « définir avec une plus grande précision la position du christianisme dans l’histoire des religions et de conférer ainsi un sens plus concret aux déclarations théologiques sur le caractère unique et absolu du christianisme » (J. Ratzinger, Foi, vérité, tolérance. Le christianisme et les religions du monde , 17).

 

La Congrégation pour la doctrine de la foi, qu’il présidait alors, reprendra ce thème dans la déclaration Dominus Iesus sur l'unicité et l'universalité salvifique de Jésus-Christ et de l’Eglise. Le document, publié le 6 août 2000, ne visait pas seulement à réfuter l’idée d’une coexistence interreligieuse dans laquelle les diverses « croyances » seraient reconnues comme des voies complémentaires à celle qui est Jésus-Christ (cf. Jean 14, 6) ; il entendait, plus profondément, jeter les bases doctrinales d’une réflexion sur le rapport entre le christianisme et les religions.

 

Par sa relation unique avec le Père, la personne du Verbe incarné est absolument unique ; l'œuvre salvifique de Jésus-Christ qui se prolonge dans son Corps, l’Eglise, est elle aussi absolument unique dans l’ordre du salut de tous les hommes. Pour accomplir cette œuvre, chez les chrétiens comme chez les non chrétiens, il y a toujours et uniquement l’Esprit du Christ donné par le Père à l’Eglise « sacrement de salut » : il n’existe donc pas, en ce qui concerne le salut, de voies complémentaires à l’unique économie universelle du Fils fait chair, même si en dehors des limites visibles de l’Eglise du Christ on trouve des éléments de vérité et de bonté (cf.Nostra aetate, 2; Ad gentes, 9).

 

La rencontre d’Assise a connu une seconde édition le 24 janvier 2002. A cette occasion, le cardinal Ratzinger a ressenti le besoin d’en clarifier ultérieurement le sens, se faisant l’interprète de tous ceux qui se posaient d’une manière très sérieuse des questions : « est-ce qu’on peut faire cela ? Ne trompe-t-on pas la grande majorité avec une harmonie qui n’existe pas dans la réalité ? Ne favorise-t-on pas le relativisme – l’opinion selon laquelle, au fond, les différences qui séparent les « religions » ne touchent pas à l’essentiel ? N’affaiblit-on pas le sérieux de la foi et ne nous éloignons-nous pas de Dieu, ce qui renforce notre solitude? » (Foi, Vérité, Tolérance, 111).

 

Le lecteur pourra se référer à ses précisions, qui n’ont rien perdu de leur actualité. Nous préférons ici nous demander : pourquoi donc, s’il était aussi attentif aux éventuels malentendus que pourrait provoquer le geste de son bien-aimé prédécesseur, Benoît XVI a-t-il jugé bon de se rendre comme pèlerin à Assise à l’occasion d’une nouvelle rencontre pour la paix et pour la justice dans le monde ?

 

Cardinal W.J Levada, Les raisons de la paix et l’unique Logos


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Les Religions à Assise… ???

22 Juillet 2011, 05:11am

Publié par Father Greg

 

 

woonbo-kim-ki-chang-coree-nativite.1261589871.jpg L'annonce que, le 27 octobre prochain, Benoît XVI se rendra en pèlerin à Assise pour une «Journée de réflexion, de dialogue et de prière pour la paix et la justice dans le monde » montre que l’expérience religieuse dans ses diverses formes retient l’attention de l’Eglise du troisième millénaire. Face à l’actuelle diffusion de l’athéisme et de l’agnosticisme, il importe d’aider l’homme à préserver et retrouver la conscience du lien élémentaire (re-ligio) qui l’unit à son origine. Cette prise de conscience, qui se fait tout naturellement prière, constitue aussi une condition de la paix et de la justice dans le monde.

 

Dans son livre entretien de 1994, le bienheureux Jean-Paul II évoque la rencontre d’Assise en 1986, affirmant que cette rencontre, comme aussi les nombreuses visites qu’il effectua dans les pays d’Extrême-Orient, l'avait plus que jamais convaincu que « l’Esprit Saint est déjà efficacement à l’œuvre même en dehors de l’organisme visible de l’Eglise ». Néanmoins, bien conscient qu’il s’agissait d’un sujet sensible, peu après cette rencontre, le 7 décembre 1990, il enseignait dans son encyclique Redemptoris missio, que  « l’Esprit se manifeste d’une manière particulière dans l’Eglise et dans ses membres ; cependant, sa présence et son action sont universelles, sans limites d’espace ou de temps ».

 

Evoquant le Concile Vatican II, il rappelait « l'œuvre de l’Esprit Saint dans le cœur de tout homme par les “semences du Verbe” (semina Verbi), dans les actions même religieuses, dans les efforts de l’activité humaine qui tendent vers la vérité, vers le bien, vers Dieu », qui les prépare à « leur maturation dans le Christ » (n. 28). Dans la même encyclique, il ne réaffirmait pas seulement la nécessité et l’urgence de l’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus, mais s’élevait fortement contre une « mentalité marquée par l'indifférentisme, malheureusement très répandue parmi les chrétiens, souvent fondée sur des conceptions théologiques inexactes et imprégnée d'un relativisme religieux qui porte à considérer que “toutes les religions se valent” » (n. 36).

 

Cardinal W.J Levada, Les raisons de la paix et l’unique Logos

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Eloge du mariage, de l'engagement et autre folies... (II)

21 Juillet 2011, 05:27am

Publié par Father Greg

 


544.jpgLivré corps et âme à l'institution, le mariage perd son philtre mortel et son nectar. Epouillé, désinfecté, vacciné, mis sous vide, il ne fermentera pas, ne connaîtra pas le haut processus de distillation qui au travers des moûts et des mélasses rejoint à l'autre bout de l'alambic l'or des alcools précieux.

Si l'institution est aussi férocement mortifère, c'est parce qu'elle redoute la mutation, lutte contre elle et pèche par là même contre la nature de la vie qui n'est qu'incessante métamorphose. Toute institution finit tôt ou tard par noyer l'enfant de l'amour dans l'eau croupie du bain. 

La seule manière que nous ayons d'honorer la vie est d'oser l'aborder de neuf chaque jour sans la grever de nos attentes, oser l'unicité du jour neuf!

Car la débâcle ne vient-elle pas de notre attachement à telle ou telle forme qu'a prise l'amour à un moment de notre vie (le plus souvent à son  tout début) et de notre désir de la conserver telle à tout prix?

Or l'esprit est pure fluidité.  Il ne cesse de passer d'une forme à l'autre, disparaît là, surgit ici, imprévu, vif-argent, où nous ne l'attendions pas, et les formes anciennes auxquelles nous nous cramponnons sont précisément celles qu'il a quitté depuis longtemps! 

Aussi faisons-nous toute une vie le pied de grue devant la maison délaissée par le (la) bien-aimé (e) quand, à quelques rues de là, elle (il) nous attend en vain, chaque jour, à un nouveau balcon!

Pitié pour ceux qui se marient pour être heureux. Pitié pour ceux qui, par malheur, seront trop longtemps heureux de ce bonheur anodin qu'on leur souhaite au jour de leurs noces (trop longtemps amoureux de l'amour inoffensif des lunes de miel!)

Pitié pour ceux qui seront trop longtemps photogéniques et présentables comme au jour de leurs noces!

Elles sont froides, les cages de verre quand la lumière des vitrines s'éteint! Le mariage a pour nous d'autres ambitions.

Le mariage ne nous veut pas présentables, il nous veut vivants! Et il nous fera perdre la face jusqu'à ce que, sous nos masques, apparaissent nos vrais visages. "


Christiane Singer, Eloge du mariage, de l'engagement et autre folies.


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Eloge du mariage, de l'engagement et autre folies... (I)

20 Juillet 2011, 05:20am

Publié par Father Greg

 

 

541.jpg"Souvent dans mon entourage, on me reproche d'exagérer. Mais dans ce cas précis, je suis en dessous de la vérité. Ce que certains de nos contemporains appellent mariage n'est qu'une anomalie notoire qu'a produit l'Occident. La relation à la mort s'étant de plus en plus détériorée avec l'idéologie bourgeoise, on a commencé d'utiliser des techniques qui servaient dans d'autres civilisations au culte des morts (ainsi la momification, la dissection, l'embaumement) pour conserver les vivants. Et l'un  des champs d'expérimentation les plus répandus et les plus gratifiants pour réduire la vie au strict minimum sans avoir néanmoins à la quitter tout à fait a longtemps été le mariage.

Beaucoup ont cru qu'un bon mariage était la promesse échangée qu'il ne se passerait plus rien ni pour l'un ni pour l'autre. (...) Surtout ne pas bouger, ne pas respirer, ne pas regarder à droite ni à gauche, et l'effet serait parfait. 

Il existe des époux-fossiles comme il existe des croyants-fossiles. Ce sont ceux qui attendent de l'institution du mariage comme de l'institution de l'Eglise qu'elles protègent les désordres de l'amour et de la foi. 

Cette tentative désespérée de garder au monde la lumière originelle de l'éclair tout en désamorçant le danger mortel aurait quelque chose de presque émouvant si elle ne prétendait y parvenir vraiment! 

L'institution qui maintient l'éclair sous cloche, le garde vissé sous un reliquaire, le défend comme un butin de rapt, se rend coupable envers la vie. L'espérance que la fulgurance même puisse se conserver est la racine du drame. Comme si le feu du ciel pouvait tenir sous un couvert de tabernacle! Et sous un globe de verre, telle une couronne de mariée, le flambeau de l'amour! Comme s'ils pouvaient perdurer ailleurs que dans le cœur incendié des hommes et des femmes vivants! Quand le mariage ne laisse pas les vents fous de la vie et du renouveau l'ébranler, quand l'Eglise ne se laisse pas décoiffer par les séismes salvateurs de l'expérience mystique, ils deviennent royaume des morts.

 

Christiane Singer, Eloge du mariage, de l'engagement et autre folies. 

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A la Croix, Jésus nous révèle que Dieu est Amour (VII)

19 Juillet 2011, 05:47am

Publié par Father Greg

 

 

539.jpg Notre vocation, c’est la croix. Nous ne pouvons pas nous arrêter avant parce que Jean a connu cela. Et il a connu la souffrance de voir que Pierre ne le suivait pas, et c’est la présence de Marie qui a été sa seule lumière. Quelle lumière Jean a-t-il pu avoir à la Croix ? Sa seule lumière a été la parole du Christ, et la parole du Christ gardée dans le cœur de Marie, parce que la parole du Christ gardée dans le cœur de Marie était une parole vivante. Et c’est cette parole vivante qui a permis à Marie de tenir debout – Stabat Mater. Marie est debout à la Croix pour aller jusqu’au bout, pour que tout soit offert.


            Je crois qu’il est très important pour nous de voir ce réalisme de la Croix du Christ, qui est notre vocation. Ne jugeons pas les autres, nous n’avons pas à les juger, mais soyons fidèles à ce que Dieu nous donne et nous montre en saint Jean. Il nous a fait découvrir la place de Jean à la Croix et il nous a fait comprendre que c’est notre place de disciples bien-aimés de saint Jean, de disciples bien-aimés du Christ. Et c’est vrai, Jean aurait pu se demander ce que les autres disciples faisaient, mais il ne s’est pas posé la question, une seule chose importait pour lui : sa fidélité à Jésus. Et c’est cela que nous découvrons, cette fidélité à Jésus, en nous aidant de saint Jean, pour être fidèles jusqu’au bout. Ne jugeons pas les autres ! Attirons-les et disons-leur : « Regardez Jean à la Croix, regardez Marie à la Croix », et Jean est tout entier relatif à Marie, tout entier relatif à Jésus par Marie. Je crois que la sagesse divine que nous devons vivre, c’est bien cela. Dieu ne nous trompe pas. Il nous montre avec suffisamment de netteté que notre vocation est extraordinaire parce que c’est vivre dans l’intimité avec Jésus. Et cette intimité avec Jésus n’est possible que parce que Marie est là. Pour nous, la proximité avec Marie est nécessaire, parce que c’est elle qui nous permet d’aller jusqu’au bout de la fidélité.

 

  MD Philippe, La Sagesse de la Croix.

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A la Croix, Jésus nous révèle que Dieu est Amour (VI)

18 Juillet 2011, 05:42am

Publié par Father Greg

 

 

18359341saint-jean-jpg.jpg Notre vocation  à Saint-Jean, c’est d’être avec Jean au pied de la Croix. Autrement, nous ne sommes pas de vrais enfants de saint Jean. Saint Jean est le seul apôtre qui soit présent à la Croix. On ne juge pas les autres, bien sûr, et Jésus ne les juge pas, il les aime ; mais de fait ils sont absents. Ils sont terriblement absents alors qu’ils devraient être tous là. Si les Onze avaient été là à la Croix, il y aurait eu un témoignage pour le Christ et on n’aurait pas crié d’une façon aussi forte : « Descends de la croix ». Jésus n’aurait eu qu’à montrer ses onze disciples, qui auraient été là, chacun pour telle ou telle raison. Les raisons de Pierre, nous les connaissons. Les autres, nous ne les savons pas. Elles sont toutes de fausses raisons. Il n’y a que Jean qui ait été fidèle, et c’est la grandeur de Jean.

 

Et notre vocation est liée à cela parce que, de fait, quand Pierre demande à Jésus : « Et lui, que deviendra-t-il ? », Jésus répond : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne… ». C’est l’esprit de saint Jean, ce que Jean a vécu à la Croix, qui est notre vocation. C’est étonnant, de savoir que chacun de nous est choisi particulièrement par Dieu, aussi bien les sœurs que les frères, comme Marie-Madeleine auprès de Marie et Jean. Et nous sommes là, liés à la vocation de Jean. Nous ne pouvons pas supprimer de la vie de Jean sa présence à la Croix.

 

L’alpha et l’oméga, songez toujours à cela ; le cierge pascal les unit liturgiquement. Nous ne savons pas très bien ce que cela veut dire lorsque le prêtre affirme alpha, oméga ; mais pour nous, cela veut dire que tout ce que Jean a vécu à la Croix, notre vocation johannique consiste à le vivre avec lui pour Jésus, dans une pureté très grande. Nous ne savons pas très bien les détails, mais peu importe ; c’est l’esprit que nous voulons vivre. Et l’esprit, il est présent ; au bout de trente ans, il est là, il est ce que nous devons vivre dans l’Eglise d’aujourd’hui.

 

Rien d’étonnant à ce que nous ne soyons pas compris. Vous croyez que Jean a été compris ? A la Croix on a dû dire : « Mais que fait-il, celui-là ?  Il n’a pas encore compris que Jésus l’a trahi ? Il est là, fidèle, que faudra-t-il donc pour lui montrer qu’il s’est trompé ? C’est un entêté, Jean ! ». Jean a la fidélité du cœur, et la fidélité du cœur c’est le mystère de la Croix. Et c’est cette fidélité-là qui nous est demandée, à nous. Que nous comprenions que Jésus réclame de chacun d’entre nous une fidélité qui aille jusqu’au bout, une fidélité totale, parce qu’on ne peut pas aller plus loin que la Croix.

 

MD Philippe, La Sagesse de la Croix.


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A la Croix, Jésus nous révèle que Dieu est Amour (V)

17 Juillet 2011, 05:40am

Publié par Father Greg

 

 

526.jpg Rappelons nous toujours le point de départ et le terme, l’alpha et l’oméga (Ap 1, 8 ; 21, 6 ; 22,13). Nous vivons cela du point de vue liturgique avec le cierge pascal. L’alpha et l’oméga, c'est-à-dire tout ce que Jésus a vécu, nous devons le vivre. Oui, nous devons le vivre, et Jésus nous demande, à nous, de le suivre jusque-là. Il nous a arrachés au monde et à ses séductions, à chacun d’entre nous il a donné sa lumière, mais cette lumière nous conduit à sa Croix, elle nous conduit à sa mort qui est celle d’un esclave, de quelqu’un qui n’a plus aucune dignité humaine. Et c’est vrai, la Croix du Christ nous conduit à cela. Nous devons accepter d’être considérés par le monde comme des imbéciles. Jésus, sur la Croix, est considéré comme celui qui a trompé et qui a conduit les siens, ses disciples, sa Mère, Marie-Madeleine, sur une fausse piste. Cela arrive dans notre vie : après deux ou trois ans de vie religieuse, on se dit : « Qu’est-ce que c’est que cette histoire, qu’est-ce que cela signifie ? ». De temps en temps notre vie religieuse peut nous apparaître comme une fausse piste : on nous a menti, ce n’est pas du tout ce qu’il y a de plus grand… mais c’est la sagesse de la Croix !  Et il faut que notre foi, notre espérance et notre amour pour Jésus soient suffisamment enracinés dans le mystère de la Croix pour que rien, absolument rien, ne nous fasse douter de la sagesse de la Croix.

           Nous sommes liés de plus en plus au Christ crucifié. Ce n’est pas très drôle ! Et nous voudrions tellement que la victoire du Christ se manifeste, se montre à tout le monde. Nous sommes heureux de voir les applaudissements de la jeunesse dans les rassemblements de jeunes, et de voir que tout le monde proclame le Christ. Oui, c’est sûr, nous sommes convaincus que voir ces jeunes suivre le Christ à travers tout, c’est la vérité ; mais cette vérité réclame de nous de considérer que la Croix du Christ est notre sagesse, notre amour, c'est-à-dire le don de l’amour de Dieu pour nous. Notre intelligence ne peut s’appuyer que sur la sagesse divine ; et ce n’est pas facile, la sagesse de Dieu, la sagesse du Christ, la Croix. Pour chacun d’entre nous elle a un aspect différent, mais c’est toujours la Croix, c’est toujours une destruction, et une destruction de quelque chose de très intime. Nous portons en nous une soif de réussite, un désir de pouvoir proclamer la victoire de l’amour, et voilà que constamment cette victoire de l’amour se traduit pour nous par quelque chose qui nous arrête, qui nous met sur la Croix du Christ.

MD Philippe, La Sagesse de la Croix.

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A la Croix, Jésus nous révèle que Dieu est Amour (IV)

16 Juillet 2011, 05:35am

Publié par Father Greg

 

entombement_fra_angelico.jpg Tout cela est très important pour nous, pour éclairer ce que nous vivons. Nous vivons actuellement quelque chose de la Croix du Christ, et nous en pâtissons dans notre sensibilité, dans notre cœur humain, alors qu’il n’y a rien de plus grand que d’être chrétien, que de suivre le Christ. Il n’y a rien de plus grand que de tout quitter pour Jésus. Et tout quitter pour Jésus, c’est accepter d’être rejeté des hommes comme lui, c’est accepter d’être sur la Croix comme lui, et c’est garder le silence comme lui. Le silence est négatif. Lui qui est le Verbe, la Parole, il faut qu’il garde le silence, comme celui qui n’a rien pour se défendre et qui accepte d’être reconnu comme celui qui a menti, comme celui qui a promis quelque chose… qui se réalise dans la Croix. Humainement c’est incompréhensible. Mais divinement c’est par la Croix qu’on entre dans le Ciel ; il n’y a pas d’autre porte. Et c’est cela, la sagesse de la Croix.

  

          Il est essentiel pour nous d’aller jusque-là, autrement nous aurons toujours envie de dire que Jésus nous a trompés. Mais il ne nous a pas trompés, il nous a demandé de le suivre. A chacun d’entre nous il dit : « Suis-moi ».  Et suivre le Christ jusqu’au bout, c’est vivre avec lui cette sagesse de la Croix. Cette sagesse de la Croix est terrible pour notre intelligence humaine, pour notre intelligence d’homme du XXème siècle, du XXIème siècle, pour notre intelligence scientifique, pour notre intelligence positiviste. Mais Dieu a choisi la Croix. C’est invraisemblable ! Il aurait pu choisir la réussite, puisqu’il est le maître du monde. Il aurait pu choisir d’être celui qu’on acclame. Et on l’a acclamé (l’entrée triomphale à Jérusalem (voir Mt 21, 1-9 ; Mc 11, 1-10 ; Lc 19, 28-38 ; Jn 12, 12-19)), un petit nombre l’a acclamé. Mais cette acclamation, parce qu’elle n’a pas duré, a rendu la Croix encore plus terrible. On l’a acclamé momentanément, et très peu de temps après il est mort sur la Croix. Il a disparu dans le supplice de la Croix, lui qui avait ressuscité des morts, qui leur avait rendu la vie. Lui qui paraissait être le maître de la vie a accepté d’apparaître comme celui qui est vaincu, complètement vaincu, donc comme celui qui apparemment a été un menteur, a promis des choses merveilleuses mais n’a pas tenu ses promesses : il est mort sur la Croix.

MD Philippe, La Sagesse de la Croix.


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A la Croix, Jésus nous révèle que Dieu est Amour (III)

15 Juillet 2011, 05:32am

Publié par Father Greg

 

 

 

Piet.jpgC’est très étonnant. Humainement parlant, la mort du Christ, c’est la destruction, la destruction de celui qui a donné à son peuple, à ses enfants, le pain et le vin, de celui qui a vécu au milieu d’eux en leur donnant ce qu’il avait de meilleur, de plus profond dans son cœur. La mort du Christ est la destruction de tout cela. Tout cela était-il vrai ? Les passants l’injuriaient : « Descends de la croix et alors nous croirons en toi » (Mt 27,39-44 ; Mc 15, 29-32 ; Lc 23, 35-37). Pour notre sensibilité, pour notre cœur humain, c’est terrible, la Croix, parce que c’est la destruction totale. Celui qui était considéré comme donnant la lumière, donnant la vérité, voilà qu’il est réduit au silence. Pilate a l’air d’avoir raison et Jésus est silencieux en face de lui. C’est dur, et c’est effrayant de voir que Jésus se tait, qu’il reste dans un grand silence, un silence négatif, un silence de mort. La mort est un silence négatif, le silence de celui qui ne vit plus. Or Jésus a connu cette mort, lui, le Vivant, lui qui manifestait sa vie de façon si intense, si extraordinaire à travers ses miracles. Il a manifesté qu’il était le Vivant et qu’aucun obstacle ne l’arrêtait. Il était victorieux de tous les obstacles, même de la mort (Lc 7, 11-17 ; 8, 49-56 ; Jn 11). Et voilà qu’il apparaît comme celui qui est vaincu par la mort, comme celui qui s’efface, et la mort semble triompher. Et c’est vrai, sur la Croix, Jésus se tait. Il connaît comme un abandon de Dieu – « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46 ; Mc 15,34) – pour qu’il puisse toucher l’apparente victoire de la mort. Il est celui qui ne lutte plus et qui laisse la mort l’envahir, le prendre complètement, entièrement.

            « Descends de la croix et nous croirons en toi ». Jésus, qui pouvait descendre de la croix, n’en descend pas ; il laisse la mort réaliser complètement sa victoire à travers la mort sur la Croix. Nous devons voir ce réalisme, ce primat de la négation qui apparaît dans toute sa force à la Croix. Comme Marie, Jean, Marie-Madeleine, devaient avoir soif que Jésus se manifeste : « Manifeste-toi, tu le peux, manifeste-toi ! ». Mais non, et Marie accepte, Jean accepte, Marie-Madeleine accepte. Ils sont terrassés par la Croix, et ils sont hués. Apparemment, c’est vraiment la victoire du rejet, la victoire de la mort. Jésus manifeste sa toute-puissance à travers la négation de la vie, à travers la mort qu’il vit jusqu’au bout, qu’il vit pleinement : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ».

            C’est inouï, de voir que Celui qui est la Vie et qui pour nous est la Résurrection, (Jn 11, 25) qui pour nous est tout, a été comme anéanti aux yeux de tout le peuple. Tout ce qu’il avait fait de positif pendant sa vie apparaît comme rien. Tout est labouré par la mort, et la mort de la Croix (Ga 3, 13 (Deut 21, 23)), cette mort ignominieuse, comme si lui-même avait trompé ceux qui l’écoutaient. Il est allé jusque-là, il ne pouvait pas descendre plus bas, il a vraiment accepté ce primat de la négation qui pour lui était terrible, lui qui est le Vivant, lui qui est la Viemême de Dieu, la vie même du Père. Il faut qu’à la Croix, il apparaisse devant tout le peuple comme le malfaiteur, comme celui qui les a trompés, alors qu’il était venu pour les sauver. Il a vécu cela.

MD Philippe, La Sagesse de la Croix.

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A la Croix, Jésus nous révèle que Dieu est Amour (II)

14 Juillet 2011, 05:27am

Publié par Father Greg

 

 

Waves-breaking-on-a-lee-shore-by-Joseph-Mallord-Turner.jpg  Et c’est à la Croix que Dieu manifeste son amour de la manière la plus forte, la plus étonnante. Il ne pouvait pas le manifester d’une manière à la fois plus « éclatante » et plus intime qu’à la Croix parce que là tout est brûlé par l’amour. Jésus crucifié n’est qu’amour pour Jean. Pour Jean, pour notre Père, Dieu est Amour, et il faut que l’amour actuel de Dieu que Jean a reçu comme une grâce particulièrement forte soit aussi pour nous. Que pendant ces quelques jours, cette présence du Dieu Amour crucifié nous soit donnée, pour que toute notre vie, toutes nos activités – et je dis bien : toute notre vie, toutes nos activités, non seulement le temps de l’oraison de la prière, mais toutes nos activités - , soient transformées par l’amour du Christ qui a voulu se manifester à nous d’une façon visible, tangible, à la Croix. Et c’est ce tangible, ce visible – Gustate et videte (Ps 34,9) – que nous devons recevoir de l’Esprit Saint pour être plus que jamais unis à Jésus. Nous faisons une retraite.


Pour les gens dans le monde, la vie religieuse est toujours une retraite ; et c’est vrai, on s’écarte de toutes les occupations humaines pour pouvoir vire uniquement de Dieu. Mais dans notre vie religieuse, étant donnée que nous sommes de pauvres pécheurs et que nous avons tellement de peine à vivre de l’amour, il y a un moment que nous prenons dans l’obéissance et que nous réservons à Dieu pour vivre de son amour. Vous êtes là par obéissance, et heureusement ! Si vous êtes là par obéissance, vous pouvez être sûrs que Dieu vous écoute et qu’il veut que votre âme, votre intelligence et votre cœur s’ouvrent largement, entièrement, totalement à Jésus crucifié.


           

  Le mystère de la Croix est pour nous. Et le mystère de la Croix, ce n’est pas la Croix toute nue, c’est Jésus crucifié. C’est lui que Marie regarde, c’est lui que Marie-Madeleine regarde, c’est lui que Jean regarde. Ce n’est pas la Croix qu’ils regardent, c’est le Christ crucifié, le Christ donné, Dieu Amour. Si Dieu n’était pas Amour, le Fils bien-aimé du Père qui est venu nous révéler ce qu’est Dieu, ce qu’est son Père, n’aurait pas pu le révéler ainsi. Il a révélé à la Croix que Dieu est Amour, et c’est ce qu’il y a de plus grand. Il l’a révélé lorsqu’il a multiplié les petits pains, il l’a révélé lorsqu’il a transformé l’eau en vin. Tout cela, c’était la présence de Dieu, une présence efficace, une présence de transformation et de toute-puissance de Dieu ; mais la vraie présence de Dieu est donnée dans la simplicité du dépouillement complet, où il n’y a plus que l’amour.

 


A la Croix, la toute-puissance s’efface pour que seul l’amour nous soit révélé et nous soit communiqué. Et cet amour nous est communiqué, nous est donné en plénitude, dans toute sa pureté. C’est à la Croix que Jésus, Fils bien-aimé du Père, nous révèle que le Père est pour lui Amour, et que le Père est pour nous Amour, le même Amour. C’est dans cette limpidité, dans cette simplicité où il n’y a plus que la Croix, que l’amour divin se manifeste de la manière la plus pure, la plus profonde. 

MD Philippe, La Sagesse de la Croix


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A la Croix, Jésus nous révèle que Dieu est Amour

13 Juillet 2011, 05:20am

Publié par Father Greg

 

 

 

vincent-van-gogh-la-nuit-etoilee.jpg« Dieu est Amour » (Jn 4, 8 et 16). C’est notre père Saint Jean qui nous dit cette parole, qui est le terme de toute la Révélation ; et donc, si c’est le terme de toute la Révélation, c’est bien pour nous ; cela doit être notre unique lumière qui éclaire tout. Chaque fois que nous sommes un peu désarçonnés, un peu perdus, il faut qu’au fond de notre cœur revienne cette parole : « Dieu est Amour ». Notre vie n’a pas d’autre sens que de vivre de cette parole : « Dieu est Amour », véritablement amour pour nous. C’est lui qui nous donne notre capacité d’aimer et qui la capte : toute notre capacité d’aimer doit être pour lui ; c’est lui qui la réveille, c’est lui qui la prend. Toute notre vie doit être vécue dans cette lumière.

        

    Cette parole doit résumer toute notre vie : « Dieu est Amour ». Si nous sommes ici, chacun d’entre nous, c’est parce que nous avons cette seule lumière commune, ce seul brasier lumineux qui nous unit tous d’une manière extrêmement forte. Toutes nos petites diversités ne sont rien à côté de cette parole si forte, si grande : « Dieu est Amour ». Il est Amour en tout ce qu’il est et c’est pour cela qu’il exerce sur nous une attraction si forte. Et je voudrais que pendant ces quelques jours, cette attraction de Dieu sur chacune de nos âmes, sur chacun en particulier, s’exerce de la manière la plus pure possible. Vous connaissez bien ce passage de l’Ecriture où l’on voit Elie sortir de la grotte pour le passage de Dieu (1 Rs 19, 9-14). L’Ancien Testament, c’était le passage de Dieu. Le Nouveau Testament, c’est beaucoup plus que le passage de Dieu, c’est Dieu qui habite parmi nous, qui habite en nous (Cf. Jn 1, 14 et 17, 21. Ro 8, 9. Co 6,19 ; 3, 16-17. 2Co 6, 16). Dieu ne fait que passer, il habite parce qu’il est Amour, il habite en tant qu’Amour. Et parce qu’il habite en tant qu’Amour, il faut que nous soyons nous-mêmes totalement pris par lui, jusque dans notre sensibilité. Et elle est fameuse, notre sensibilité quand on est jeune. Que ce soit la sensibilité d’une sœur, d’un frère ou d’un oblat, il faut que tout soit saisi, qu’il n’y ait plus rien à nous et que tout soit à lui. C’est cela que nous affirmons quand nous disons que Dieu est Amour. Nous affirmons que l’amour de Dieu prend tout, qu’il n’y a rien en nous qui ne soit atteint par son amour.

           

 

Or nous savons bien que, tant que nous sommes ici, sur terre, il y a des moments où nous dormons, où nous sommes en retard à l’appel de Dieu : nous faisons autre chose et nous lambinons, au lieu de laisser l’amour de Dieu nous prendre et nous saisir entièrement. Le temps de la retraite doit être un moment où nous voulons écarter toutes les choses secondaires ; nous voulons écarter tout ce qui est second pour être, dans la foi, face à l’appel du Christ. Parce que Dieu est Amour, il nous appelle à vivre éternellement de son amour, à vivre comme des fils bien-aimés du Père qui vivent de lui et par lui. Tout ce qui est second demande d’être rattaché à ce qui est premier, à ce qui est essentiel. Et ce qui est essentiel, c’est que Dieu est Amour, pour chacun d’entre nous. Il faut que cette affirmation ultime, la dernière affirmation sur Dieu, qui nous est donnée dans la Révélation, éclaire toute notre vie. Cela nous est, en quelque sorte, réservé ; saint Jean veut mettre dans notre cœur cette révélation ultime : « Dieu est Amour », et il veut que tout le reste disparaisse, car c’est second et sans importance. Dieu est Amour pour moi, pour chacun d’entre nous, et il nous saisit dans son amour, il nous prend dans son amour. Et dans la mesure du possible nous essayons de ne vivre que de cet amour, qui est l’essentiel de notre vie. Est-ce que vraiment, pour chacun de vous, cette affirmation « Dieu est Amour » est l’essentiel ? Votre être est-il actuellement tout entier finalisé, attiré par  l’amour de Dieu ? il faut qu’il n’y ait rien en dehors de cela. Et pendant ces quelques jours de retraite, c’est ce que nous devons vivre. L’Esprit Saint, qui est présent pour chacun de nous pendant cette retraite, nous fait entendre, nous fait « goûter » cela : Dieu est Amour, et il saisit notre capacité d’aimer, et toute notre capacité de faire quelque chose. Si Saint Jean nous révèle d’une manière ultime que « Dieu est Amour », c’est parce que son dernier désir est de voir dans ses fils, dans ses enfants, que Dieu est pour eux Amour, qu’il est pour eux ce qui les finalise, ce qui crée en eux l’amour et qui met en eux cette soif d’être tout à lui. C’est quelque chose de très grand, de très simple, et durant ces jours il faut que cela revienne tout le temps. Nous ne sommes vrais que lorsque nous pouvons affirmer en toute simplicité, avec beaucoup de ferveur : « Dieu est Amour ». Cela capte toutes nos possibilités et les transforme.

 

MD Philippe, La Sagesse de la Croix.


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Du chaos naissent les étoiles...

12 Juillet 2011, 05:13am

Publié par Father Greg

 

Collection-of-West-Bend-Art-Museum.jpgLe jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai compris qu’en toutes circonstances, j’étais à la bonne place, au bon moment. Et alors, j’ai pu me relaxer. Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Estime de soi. Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle n’étaient rien d’autre qu’un signal lorsque je vais à l’encontre de mes convictions. Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Authenticité.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, J’ai cessé de vouloir une vie différente et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue à ma croissance personnelle. Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… la Maturité. Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation ou une personne, dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment… Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… le Respect. 

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai commencé à me libérer de tout ce qui n’était pas salutaire, personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie. Au début, ma raison appelait cela de l’égoïsme. Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… l’Amour propre. Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé d’avoir peur du temps libre et j’ai arrêté de faire de grands plans, j’ai abandonné les méga-projets du futur. Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime quand cela me plait et à mon rythme. Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… la Simplicité.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de chercher à avoir toujours raison, et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé. Aujourd’hui, j’ai découvert … l’Humilité. Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir. Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe. Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois. Et cela s’appelle… la Plénitude.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir. Mais si je la mets au service de mon coeur, elle devient une alliée très précieuse ! Tout ceci, c’est… le Savoir vivre. Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter. Du chaos naissent les étoiles.

Charlie Chaplin

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L'amour, sommet humain...

11 Juillet 2011, 05:41am

Publié par Father Greg

 

 

 

 

552 (...) En fait il n'y a découverte que dans l'amour. C'est une expérience fort risquée où les chances d'erreur sont grandes, d'abord sur le sujet lui-même, puis sur la force du sentiment qui l'anime et aussi pourquoi pas?, qui vous anime vous-même. Cependant c'est l'aventure la plus haute et il y a une certaine lâcheté à s'y dérober. Beaucoup de philosophes, et non des moindres, ont consacré des pages fort éloquentes à la connaissance par sympathie dont l'instrument serait l'intuition nourrie par l'amour.


C'est une belle histoire très bien contée, mais qui laisse un peu sceptique. Dans l'intérêt même de l'amour, il faut conserver une part de mystère. L'être aimé entièrement découvert et mis à plat deviendrait rapidement ennuyeux. Jusqu'au dernier jour, il faut qu'il détienne un secret. Et ce secret, parfois, est celui d'un amour plus profond, plus viscéral, que les âmes en causes ne pouvaient elles-mêmes supposer.

 

Au soir de la vie, on découvre, avec une force accrue à mesure que les années passent, qu'il n'y rien à découvrir mais que tout est à construire. C'est, je crois, la plus grande découverte qu'un être humain puisse faire. Tout devient plus clair, dès qu'on a compris que nos choix nous créent, et du même coup nous libèrent, nous libèrent de l'incertitude, des hésitations, du caprice. Une vie est une série de choix, même si certains de ces choix sont inconscients, et ces choix nous construisent.


Il peut arriver aussi qu'on découvre, en jetant les yeux sur son passé, une cohérence dans ces choix. C'est une agréable surprise que la découverte de ce fil d'Ariane. Est-ce une illusion de l'âge ou désir irrépressible d'unité? Peut-être les deux. Il s'y ajoute, je crois, la conscience, parfois bien tardive, d'un sens de l'existence. Ce sens, on ne l'avait pas découvert clairement, mais, dans ses actes on en tenait compte, comme si un maître intérieur n'avait cessé de veiller sur l'essentiel et de nous pousser doucement vers lui... 

 

Jacques de Bourbon Busset, l'Absolu vécu à deux.


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«Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis ! » (III)

10 Juillet 2011, 05:23am

Publié par Father Greg

 

 

  emmaus_rembrant_jpgcomment.jpgAux Archevêques Métropolitains nommés, le pallium va maintenant être imposé. Qu’est-ce que cela signifie ? Celui-ci peut nous rappeler avant tout le joug léger du Christ qui nous est déposé sur les épaules (cf. Mt 11, 29s). Le joug du Christ est identique à son amitié. C’est un joug d’amitié et donc un « joug doux », mais justement pour cela aussi, un joug qui exige et qui modèle. C’est le joug de sa volonté, qui est une volonté de vérité et d’amour. Ainsi, c’est pour nous surtout le joug qui introduit les autres dans l’amitié avec le Christ et nous rend disponibles aux autres pour en prendre soin comme Pasteurs.

Avec cela, nous atteignons un sens supplémentaire du pallium : tissé avec de la laine des agneaux bénis en la fête de Sainte Agnès, il nous rappelle ainsi le Pasteur devenu Lui-même Agneau par amour pour nous. Il rappelle le Christ qui a marché sur les montagnes et dans les déserts, où son agneau - l’humanité - s’était égaré. Le pallium nous rappelle que Lui a pris l’agneau, l’humanité - moi - sur ses épaules, pour me ramener à la maison. Il nous rappelle de cette manière que, comme Pasteurs à son service, nous devons aussi porter les autres, les prendre, pour ainsi dire, sur nos épaules et les porter au Christ. Il nous rappelle que nous pouvons être Pasteurs de son troupeau qui reste toujours sien et ne devient pas nôtre. Enfin, le pallium signifie aussi très concrètement la communion des Pasteurs de l’Église avec Pierre et avec ses successeurs – il signifie que nous devons être des Pasteurs pour l’unité et dans l’unité et que c’est seulement dans l’unité dont Pierre est le symbole que nous conduisons vraiment vers le Christ.

Soixante années de ministère sacerdotal – chers amis, je me suis peut-être trop attardé sur des éléments particuliers. Mais en cet instant, je me suis senti poussé à regarder ce qui a caractérisé ces dizaines d’années. Je me suis senti poussé à vous dire une parole, murie à travers l’expérience, sur le fait que le Seigneur est bon. Cependant, c’est surtout un moment de gratitude : gratitude envers le Seigneur pour l’amitié qu’Il m’a donnée et qu’Il veut nous donner à tous. Gratitude envers les personnes qui m’ont formé et accompagné. Et en tout cela se cache la prière qu’un jour le Seigneur dans sa bonté nous accueille et nous fasse contempler sa joie. Amen !

Benoit XVI, 60 ans ordinations.

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«Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis ! » (II)

9 Juillet 2011, 05:19am

Publié par Father Greg

 

 

361.jpg La Parole de Jésus sur l’amitié se place dans le contexte du discours sur la vigne. Le Seigneur associe l’image de la vigne avec la tâche confiée aux disciples : « Je vous ai institués pour que vous alliez et que vous portiez du fruit et un fruit qui demeure » (Jn 15, 16). La première tâche donnée aux apôtres – aux amis - est de se mettre en route, de sortir de soi-même et d’aller vers les autres. Puissions-nous ici entendre ensemble la parole du Ressuscité adressée aux siens, avec laquelle Saint Matthieu termine son évangile : « Allez et enseignez à tous les peuples… » (cf. Mt 28, 19s). Le Seigneur nous exhorte à dépasser les limites du milieu dans lequel nous vivons, à porter l’Évangile dans le monde des autres, afin qu’il envahisse tout et qu’ainsi le monde s’ouvre au Royaume de Dieu. Cela peut nous rappeler que Dieu-même est sorti de Lui-même, Il a abandonné sa gloire pour nous chercher, pour nous donner sa lumière et son amour. Nous voulons suivre le Dieu qui se met en chemin, surpassant la paresse de rester repliés sur nous-mêmes, afin que Lui-même puisse entrer dans le monde.

Après la parole sur la mise en route, Jésus continue : portez du fruit, un fruit qui demeure ! Quel fruit attend-Il de nous ? Quel est le fruit qui demeure ? Eh bien, le fruit de la vigne est le raisin à partir duquel se prépare par la suite le vin. Arrêtons-nous un instant sur cette image. Pour que le bon raisin puisse mûrir, il faut non seulement du soleil mais encore de la pluie, le jour et la nuit. Pour que parvienne à maturité un vin de qualité, il faut le foulage, le temps nécessaire à la fermentation, le soin attentif qui sert au processus de la maturation. Le vin fin est caractérisé non seulement par sa douceur, mais aussi par la richesse de ses nuances, l’arôme varié qui s’est développé au cours du processus de maturation et de fermentation. N’est-ce pas déjà une image de la vie humaine, et selon un mode spécial, de notre vie de prêtre ? Nous avons besoin du soleil et de la pluie, de la sérénité et de la difficulté, des phases de purification et d’épreuve, comme aussi des temps de cheminement joyeux avec l’Évangile. Jetant un regard en arrière nous pouvons remercier Dieu pour les deux réalités : pour les difficultés et pour les joies, pour les heures sombres et les heures heureuses. Dans les deux cas nous reconnaissons la présence continuelle de son amour, qui toujours nous porte et nous soutient.

 

Maintenant, nous devons cependant nous demander : de quelle sorte est le fruit que le Seigneur attend de nous ? Le vin est l’image de l’amour : celui-ci est le vrai fruit qui demeure, celui que Dieu veut de nous. N’oublions pas pourtant que dans l’Ancien Testament le vin qu’on attend du raisin de qualité est avant tout une image de la justice qui se développe dans une vie vécue selon la loi de Dieu ! Et nous ne disons pas qu’il s’agit d’une vision vétérotestamentaire et dépassée aujourd’hui : non, cela demeure toujours vrai. L’authentique contenu de la Loi, sa summa, est l’amour pour Dieu et le prochain. Ce double amour, cependant, n’est pas simplement quelque chose de doux. Il porte en lui la charge de la patience, de l’humilité, de la maturation dans la formation de notre volonté jusqu’à son assimilation à la volonté de Dieu, à la volonté de Jésus-Christ, l’Ami. Ainsi seulement, l’amour véritable se situe aussi dans le devenir vrai et juste de tout notre être, ainsi seulement il est un fruit mûr. Son exigence intrinsèque, la fidélité au Christ et à son Église, requiert toujours d’être réalisée aussi dans la souffrance. Ainsi vraiment grandit la véritable joie. Au fond, l’essence de l’amour, du vrai fruit, correspond à l’idée de se mettre en chemin, de marcher : l’amour signifie s’abandonner, se donner ; il porte en soi le signe de la croix. Dans ce contexte Grégoire-le-Grand a dit une fois : si vous tendez vers Dieu, veillez à ne pas le rejoindre seul (cf. H Ev 1,6,6 : PL 76, 1097s) - une parole qui doit nous être, à nous comme prêtres, intimement présente chaque jour.

 

Benoit XVI, 60 ans d'ordinations.


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«Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis ! » (I)

8 Juillet 2011, 05:12am

Publié par Father Greg

 

01.jpgÀ soixante années du jour de mon Ordination sacerdotale, j’entends encore résonner en moi ces paroles de Jésus. Selon le déroulement liturgique de l’époque, cette acclamation signifiait alors aux nouveaux prêtres l’attribution explicite du mandat pour remettre les péchés. « Non plus serviteurs, mais amis » : je savais et j’avais conscience qu’à ce moment précis, ce n’était pas seulement une parole rituelle, ni une simple citation de la Sainte Écriture. J’avais conscience qu’en ce moment-là, le Seigneur Lui-même me l’adressait de façon toute personnelle. Dans le Baptême et dans la Confirmation, Il nous avait déjà attirés vers Lui, Il nous avait déjà accueillis dans la famille de Dieu.

Cependant, ce qui arrivait à ce moment-là était quelque chose de plus encore. Il m’appelle ami. Il m’accueille dans le cercle de ceux auxquels il s’était adressé au Cénacle. Dans le cercle de ceux que Lui connaît d’une façon toute particulière et qui ainsi sont amenés à Le connaître de façon particulière. Il me donne la faculté, qui fait presque peur, de faire ce que Lui seul, le Fils de Dieu, peut dire et faire légitimement : Moi, je te pardonne tes péchés. Il veut que moi – par son mandat – je puisse prononcer avec son « Je » une parole qui n’est pas seulement une parole mais plus encore une action qui produit un changement au plus profond de l’être. Je sais que derrière cette parole, il y a sa Passion à cause de nous et pour nous. Je sais que le pardon a son prix : dans sa Passion, Lui-même est descendu dans la profondeur obscure et sale de notre péché. Il est descendu dans la nuit de notre faute, et c’est seulement ainsi qu’elle peut être transformée. Et par le mandat de pardonner, Il me permet de jeter un regard sur l’abîme de l’homme et sur la grandeur de sa souffrance pour nous les hommes, qui me laisse deviner la grandeur de son amour. Il me dit : « Non plus serviteurs, mais amis ». Il me confie les paroles de la Consécration eucharistique. Il m’estime capable d’annoncer sa Parole, de l’expliquer de façon juste et de la porter aux hommes d’aujourd’hui. Il s’en remet à moi. « Vous n’êtes plus serviteurs mais amis » : c’est une affirmation qui procure une grande joie intérieure et qui, en même temps, dans sa grandeur, peut faire frémir au long des décennies, avec toutes les expériences de notre faiblesse et de son inépuisable bonté.

«Non plus serviteurs mais amis » : dans cette parole est contenu tout le programme d’une vie sacerdotale. Qu’est-ce que vraiment l’amitié ? Idem velle, idem nolle – vouloir les mêmes choses et ne pas vouloir les mêmes choses, disaient les anciens. L’amitié est une communion de pensée et de vouloir. Le Seigneur nous dit la même chose avec grande insistance : « Je connais les miens et les miens me connaissent » (cf. Jn 10, 14). Le Pasteur appelle les siens par leur nom (cf. Jn 10, 3). Il me connaît par mon nom. Je ne suis pas n’importe quel être anonyme dans l’immensité de l’univers. Il me connaît de façon toute personnelle. Et moi, est-ce que je Le connais Lui ? L’amitié qu’Il me donne peut seulement signifier que moi aussi je cherche à Le connaître toujours mieux ; que moi dans l’Écriture, dans les Sacrements, dans la rencontre de la prière, dans la communion des Saints, dans les personnes qui s’approchent de moi et que Lui m’envoie, je cherche à Le connaître toujours plus.

L’amitié n’est pas seulement connaissance, elle est surtout communion du vouloir. Elle signifie que ma volonté grandit vers le « oui » de l’adhésion à la sienne. Sa volonté, en effet, n’est pas pour moi une volonté externe et étrangère, à laquelle je me plie plus ou moins volontiers, ou à laquelle je ne me plie pas. Non, dans l’amitié, ma volonté en grandissant s’unit à la sienne, sa volonté devient la mienne et ainsi, je deviens vraiment moi-même. Outre la communion de pensée et de volonté, le Seigneur mentionne un troisième, un nouvel élément : Il donne sa vie pour nous (cf. Jn 15, 13 ; 10, 15). Seigneur, aide-moi à Te connaître toujours mieux ! Aide-moi à ne faire toujours plus qu’un avec ta volonté ! Aide-moi à vivre ma vie non pour moi-même, mais à la vivre avec Toi pour les autres ! Aide-moi à devenir toujours plus Ton ami !

 

Benoit XVI, soixante ans d'ordinations. 

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Le livre des Psaumes, « livre de prière » par excellence (II).

7 Juillet 2011, 04:56am

Publié par Father Greg

 

 

PHOTOLISTE_20090420172807_rogier_van_der_weyden_sa_500_.jpg Il advient quelque chose d'analogue lorsque l'enfant commence à parler, c'est-à-dire qu'il apprend à exprimer ses sensations, ses émotions, ses besoins avec des mots qui ne lui appartiennent pas de façon innée, mais qu'il apprend de ses parents et de ceux qui vivent autour de lui. Ce que l'enfant veut exprimer, c'est son propre vécu, mais le moyen d'expression appartient à d'autres ; et lui petit à petit s'en approprie ; les mots reçus des parents deviennent ses mots et à travers ces mots il apprend aussi une manière de penser et de sentir, il accède à tout un monde de concepts, et il grandit à l'intérieur de celui-ci, il entre en relation avec la réalité, avec les hommes et avec Dieu. La langue de ses parents est enfin devenue sa langue, il parle avec les mots reçus des autres qui sont désormais devenus ses mots. Ainsi en est-il avec la prière des Psaumes. Ils nous sont donnés pour que nous apprenions à nous adresser à Dieu, à communiquer avec Lui, à lui parler de nous avec ses mots, à trouver un langage pour la rencontre avec Dieu. Et à travers ces mots, il sera possible aussi de connaître et d'accueillir les critères de son action, de s'approcher du mystère de ses pensées et de ses voies (cf. Is 55, 8-9), afin de grandir toujours davantage dans la foi et dans l'amour. Comme nos mots ne sont pas seulement des mots, mais qu'ils nous enseignent un monde réel et conceptuel, de même ces prières aussi nous enseignent le cœur de Dieu, si bien que non seulement nous pouvons parler de Dieu, mais nous pouvons apprendre qui est Dieu et, en apprenant comment parler avec Lui, nous apprenons à être homme, à être nous-mêmes.

 

A cet égard, le titre que la tradition juive a donné au Psautier, apparaît significatif. Il s’appelle tehillîm, un terme hébreu qui veut dire « louanges », de cette ravine verbale que nous retrouvons dans l'expression « Alleluia », c'est-à-dire, littéralement : « louez le Seigneur ». Ce livre de prières, donc, même si multiforme et complexe, avec ses divers genres littéraires et avec son articulation entre louange et supplique, est en fin de compte un livre de louanges, qui enseigne à rendre grâces, à célébrer la grandeur du don de Dieu, à reconnaître la beauté de ses œuvres et à glorifier son saint Nom. C'est là la réponse la plus adaptée face à la manifestation du Seigneur et à l'expérience de sa bonté. En nous enseignant à prier, les Psaumes nous enseignent que, même dans le désespoir, dans la douleur, Dieu reste présent, et cette présence est source d'émerveillement et de réconfort ; on peut pleurer, supplier, intercéder, se plaindre, mais dans la conscience que nous sommes en train de cheminer vers la lumière, où la louange pourra être définitive. Comme nous l'enseigne le Psaume 36 : « En toi est la source de vie ; par ta lumière nous voyons la lumière » (Ps 36, 10).

 

Mais outre ce titre général du livre, la tradition juive a donné à de nombreux Psaumes des titres spécifiques, en les attribuant, en grande majorité, au roi David. Figure d'une remarquable fibre humaine et théologique, David est un personnage complexe, qui a traversé les expériences fondamentales les plus variées de l'existence. Jeune pasteur du troupeau paternel, vivant alternativement des épisodes positifs et négatifs, parfois même dramatiques, il devient roi d’Israël, pasteur du peuple de Dieu. Homme de paix, il a combattu de nombreuses guerres ; inlassable et tenace chercheur de Dieu, il a trahi son amour, et cela est caractéristique : il est toujours resté un chercheur de Dieu, même si très souvent il a gravement péché ; humble pénitent, il a accueilli le pardon divin, ainsi que la peine divine, et il a accepté un destin marqué par la douleur. David a ainsi été un roi, avec toutes ses faiblesses, « selon le cœur de Dieu » (cf. 1 Sam 13, 14), c'est-à-dire un orant passionné, un homme qui savait ce que veut dire supplier et louer. Le lien des Psaumes avec cet insigne roi d'Israël est donc important, parce qu'il est une figure messianique. Oint par le Seigneur, chez qui est en quelque sorte ébauché le mystère du Christ.

 

Tout aussi importantes et significatives sont la manière et la fréquence avec lesquelles les paroles des Psaumes sont reprises par le Nouveau Testament, en assumant et en soulignant cette valeur prophétique suggérée par le lien du Psautier avec la figure messianique de David. Dans le Seigneur Jésus, qui dans sa vie terrestre a prié avec les Psaumes, ils trouvent leur accomplissement définitif et ils révèlent leur sens le plus plein et le plus profond. Les prières du Psautier, avec lesquelles on parle à Dieu, nous parlent de Lui, nous parlent du Fils, image du Dieu invisible (Col 1, 15), qui nous révèle de manière accomplie le Visage du Père. Le chrétien, donc, en priant les Psaumes, prie le Père dans le Christ et avec le Christ, en assumant ces chants dans une perspective nouvelle, qui a dans le mystère pascal son ultime clé interprétative. L’horizon de l'orant s'ouvre ainsi à une réalité inattendue, chaque Psaume acquiert une lumière nouvelle dans le Christ et le Psautier peut briller dans son infinie richesse.

 

Très chers frères et sœurs, prenons donc en main ce livre saint, laissons Dieu nous apprendre à nous adresser à Lui, faisons du Psautier un guide qui nous aide et nous accompagne quotidiennement sur le chemin de la prière. Et demandons, nous aussi, comme disciples de Jésus, « Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc 11, 1), en ouvrant notre cœur à accueillir la prière du Maître, où toutes les prières trouvent leur accomplissement. Ainsi, rendus fils dans le Fils, nous pourrons parler à Dieu en l'appelant « Notre Père ».  Merci.

 

Benoit XVI, catéchèse du mercredi.

 

 

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