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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Résolution...

31 Décembre 2010, 11:15am

Publié par Father Greg

  Résolution de nouvel an : ne plus perdre de temps ?!

 

 

le chat

 

 

 

 

 

 « Perdre du temps », quelle drôle d'expression ! Comme si on disait que dans le passé, il y avait plus de futur que maintenant..! Peut-on « perdre » du temps? On peut perdre un stylo, un portefeuille, un ami... mais le temps ? Non ! Il est toujours là, avec moi, pas de risque de le perdre...

 

Certes, Proust est bien parti à sa recherche, mais il visait là le temps passé, le temps révolu, celui dans lequel nous nous noyons comme dans un brouillard. Il est allé fouiller les arcanes de ses souvenirs jusqu'à retrouver ce temps perdu1

 

Notre société est malade: elle ne pense plus que dans l'instantané, dans l'immédiat, dans l'urgenceQuand on parle de temps perdu, on parle de temps présent mal utilisé, inefficace ! Mais est-ce encore recevoir le réel tel qu'il est ou bien tel que je pourrais m'en servir pour m'affirmer et me prouver a moi-même que je domine mon existence?  C'est comme si pour voir qu'il fait noir, on avait besoin d'être une lumière !


 

Hélas, à courir après le temps, le plus souvent, on ressemble a l'armée de l'air: que du vent! Les gens qui courent pensent qu'ils gagnent du temps. Mais pendant qu'ils courent, que font-ils d'autres que courir ? Et ce temps « gagné » que vont-ils en faire ? Alors, ne prenez pas la vie trop au sérieux, de toute façon, vous n'en sortirez pas vivant…


Et puis, l'âge ne compte pas, à moins d'être un fromage... chat

 


 

Cette phobie collective liée à la perte du temps, est une maladie: nous ne vivons plus que dans un présent qui doit être super-utilisé, alors que le présent échappe à tout pouvoir et vouloir le posséder nous donne le sentiment de le perdre constamment. De fait, l’avenir ne nous fait plus peur quand on comprend qu’il recule sans cesse avec le temps qui avance... jusqu'à l'éternité, et là, on aura le temps: car l'éternité c'est long, surtout vers la fin...

 

Bonne année !


 

NB : Ce n'est pas parce qu'il y a beaucoup de gens dont la facilité de parler ne vient que de l'impuissance à se taire, que de parler de tout signifie nécessairement parler pour rien! Bien que de tous ceux qui n'ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent. Enfin, Il vaut mieux se taire et passer pour un con que de parler et ne laisser aucun doute à ce sujet!

 

 

 

(1). Pourquoi est-ce que la psychanalyse de certains hommes est souvent plus rapide que celle des femmes?? - Parce qu'il s'agit de remonter dans l'enfance, et avec certains hommes, on y est déjà.

 


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Le chef d'oeuvre de Dieu...

30 Décembre 2010, 15:46pm

Publié par Father Greg

 

 

La femme,  créature la plus fragile,

est chef d’œuvre de DIEU dans sa fragilité !

 

 

 «Quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme». 

femme.JPGAinsi commence l'événement central, l'événement clé dans l'histoire du salut. La femme se trouve au cœur de cet événement salvifique. Ne trouve-t-on pas dans l'Annonciation de Nazareth le début de la réponse définitive par laquelle Dieu même va au-devant de l'inquiétude du cœur humain?

 

Marie atteint ainsi une telle union à Dieu qu'elle dépasse toutes les attentes de l'esprit humain. Elle dépasse même les attentes de tout Israël et, en particulier, des filles de ce peuple élu. Qui parmi elles, toutefois, pouvaient supposer que le Messie promis serait le «Fils du Très-Haut»? A partir de la foi monothéiste au temps de l'Ancien Testament, c'était difficilement envisageable. Ce n'est que par la force de l'Esprit Saint «venu sur elle» que Marie pouvait accepter ce qui est «impossible aux hommes mais possible à Dieu».

 

Ainsi la «plénitude du temps» manifeste la dignité extraordinaire de la «femme». Cette dignité consiste, d'une part, dans l'union surnaturelle à Dieu en Jésus Christ. De ce point de vue, la «femme» est la représentante et l'archétype de tout le genre humain: elle représente l'humanité qui appartient à tous les êtres humains, hommes et femmes.

 

Mais, d'autre part, l'événement de Nazareth met en relief une forme d'union à Dieu qui ne peut appartenir qu'à la «femme», à Mariel'union entre la mère et son fils. La Vierge de Nazareth devient en effet la Mère de Dieu.

 

Elle est donc vraiment la Mère de Dieu, car la maternité concerne toute la personne et pas seulement le corps, ni même seulement la «nature» humaine.

 

L'union particulière avec Dieu (fils dans le Fils), qui est accordée à tout homme  est grâce pure et, comme telle, un don de l'Esprit. Par une réponse de foi, Marie exprime sa libre volonté, et donc l'entière participation du «moi» personnel et féminin à l'événement de l'Incarnation.

 

Mais la grâce ne laisse jamais la nature de côté, elle ne l'annule pas non plus; au contraire, elle la perfectionne et l'ennoblit. La «plénitude de grâce» accordée à la Vierge de Nazareth en vue de sa qualité de «Théotokos» signifie donc en même temps la plénitude de la perfection de «ce qui est caractéristique de la femme», de «ce qui est féminin».

 

L'Eglise désire remercier la Très Sainte Trinité pour toute femme, pour les «merveilles de Dieu» qui, dans l'histoire des générations humaines, se sont accomplies en elle et par elle. En définitive, n'est-ce pas en elle et par elle que s'est accompli ce qu'il y a de plus grand dans l'histoire de l'homme sur terre, l'événement que Dieu lui-même se soit fait homme?

 

C'est pourquoi l'Eglise rend grâce pour toutes les femmes et pour chacune d'elles: pour les mères, pour les sœurs, pour les épouses; pour les femmes consacrées à Dieu dans la virginité; pour les femmes dévouées à tant d'êtres humains qui attendent l'amour gratuit d'une autre personne; pour les femmes qui veillent sur l'être humain dans la famille, ce signe fondamental de la communauté humaine; pour les femmes qui exercent une profession, celles sur qui pèse parfois une grande responsabilité sociale; pour les femmes «vaillantes» et pour les femmes «faibles»: pour toutes, telles qu'elles sont sorties du coeur de Dieu dans toute la beauté et la richesse de leur féminité, telles qu'elles ont été entourées de son amour éternel; telles qu'avec l'homme elles accomplissent le pèlerinage de cette terre, «patrie» temporelle des hommes, parfois transformée en «vallée de larmes»; telles qu'elles portent, avec l'homme, la responsabilité commune du destin de l'humanité, selon les nécessités quotidiennes et suivant la destinée finale que la famille humaine a en Dieu.

JPII. Mulieris Dignitatem. 1988.

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L'Incarnation, excès de gratuité...

29 Décembre 2010, 14:41pm

Publié par Father Greg

 

 

 

   Jesus Christ baby - Copy4   Le mystère du Christ contient, achève et récapitule tout. Dans le Christ, la Révélation est accomplie, achevée. En lui, tout nous est donné.

 

Comment entrer dans ce mystère ? C’est-à-dire, quelle est l’intention de Dieu dans ce mystère ? Pourquoi cela ? Quelle est la porte qui puisse nous aider à recevoir jusqu’au bout ce don, cette lumière sans la diminuer?

 

Dans l’incarnation, notre nature humaine est entrainée dans une proximité avec Dieu telle qu’il ne peut y en avoir de plus grande ! Dieu nous unit à lui dans sa personne. Comment vivre cela ?


Déjà la création est une œuvre d’amour, de pure gratuité. Dieu nous donne d’exister dans une gratuité totale. Il me donne d’être parce qu’il me veut. Mais notre existence ne lui rajoute rien. Il n’a aucune nécessité à nous créer, sinon nous-même. Chacun de nous peut-dire : j’aurai pu ne pas être ! Mon existence n’est pas nécessaire !

 

Aussi, c’est le propre de Dieu que d’agir par pure surabondance d’amour ! Dieu seul agit en attirant tout à lui dans l’amour ! L’incarnation n’est ni un don, ni un dépouillement de soi ! Même si l’amour réclame une manifestation, l’amour, en lui-même, n’est pas sa manifestation ; l’amour  n’est pas en premier un acte généreux ou un service. L’amour c’est en nous l’effet du bien qui nous attire !! Le bien se communique en attirant à lui. Un ami est source d’amour en nous attirant par sa seule bonté.  

 

Lorsque Dieu « se donne », il nous prend en fait en Lui. Il exerce encore plus son attraction sur nous. Et pour nous tout a changé. Pour lui, rien n’a changé. Dieu est acte pur, il ne change pas.

 

Pour nous lorsque nous aimons, cela implique un changement, un devenir, une manifestation. Dieu qui s’incarne, c’est Celui qui, présent partout, nous prend au plus intime de lui-même, par pure bonté ; Il n’y a pas d’autre raison à l’amour de Dieu pour nous que lui-même ; Son amour pour nous est d’une gratuité totale et infinie : son amour c’est son être, c’est ce qu’il est. Pour nous, notre amour est quelque chose de nous, mais ce n’est pas notre être.

 

« Dieu est la bonté. Or le propre du bien c’est de se communiquer en attirant a lui -le bien nous attire en suscitant l’amour-. Ainsi il appartient à Dieu de se communiquer le plus qu’il le peut en attirant tout à lui. » 

Somme théologique. Thomas d’aquin. IIIa.Q1. 

 

Ceci ne démontre pas l’incarnation, mais tente de s’approcher le plus de ce qu’est ce don caché que Dieu réalise pour chacun de nous à Noël, et que l’on ne peut connaitre que par révélation. L’incarnation est une folie d’amour de Dieu, une pure gratuité, un excès de gratuité. Et en lui, son attraction est substantielle : sa Bonté nous a pris en Lui, nous faisons ‘partie’ de Lui depuis Noël.

 

Certains font tout pour vivre de cette lumière qu'on ne possède jamais ; d’autres le réduisent à un anthropomorphisme humain, un but à atteindre, un idéal religieux ; d’autres encore, font totalement l’impasse, souvent malgré eux.

 

Le don, lui, demeure on ne peut plus réel. Cette réalité divine substantielle est le réel véritable, invisible pour des yeux humains, qui s’impose à nous, nous imbibe, malgré nous.  


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La Sainteté des pauvres

28 Décembre 2010, 12:36pm

Publié par Father Greg

« Une voix dans Rama s'est fait entendre, pleur et longue plainte : c'est Rachel pleurant ses enfants ; et elle ne veut pas qu'on la console, car ils ne sont plus ».

mother teresa with infant and poor« Les saints innocents, tendres bourgeons arrachés avant d'être mûrs pour pouvoir s'offrir eux-mêmes. Selon une tradition, la grâce a devancé le développement naturel de ces enfants innocents et leur a donné la compréhension de ce qui leur arrivait afin de les rendre capables d'un don libre d'eux-mêmes et de leur assurer la récompense réservée aux martyrs. Mais même ainsi, ils ne ressemblent guère au confesseur de la foi parvenu à l'âge d'homme qui s'engage avec un courage héroïque pour la cause du Christ. Livrés sans défense, ils ressemblent bien plus aux « agneaux conduits à l'abattoir ».

 

C'est ainsi qu'ils sont l'image de la plus extrême pauvreté. Ils ne possèdent nul autre bien que leur vie. Et maintenant elle leur est prise aussi et cela s'accomplit sans qu'ils résistent. Ils entourent la crèche pour nous montrer de quelle nature est la myrrhe que nous devons offrir à l'Enfant divin : celui qui veut lui appartenir totalement doit se livrer à lui dans un total dessaisissement de soi-même et s'abandonner au bon vouloir divin comme ces enfants. »

 

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein)

 

Méditation pour le 6 janvier 1941

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Le massacre des innocents...

27 Décembre 2010, 23:37pm

Publié par Father Greg

 

       scene-du-massacre-des-innocents---leon-cogniet.jpg   Ukrainien né à Berditchev en 1905, d'abord étudiant en chimie, Vassili Grossman devient journaliste et écrivain officiel, d'une orthodoxie absolue au régime soviétique. En 1960, Grossman achève son chef d'œuvre Vie et destin, seconde partie d'une fresque relatant un moment clé et crucial de l'histoire soviétique et mondiale : la bataille de Stalingrad. Mais, ne défendant plus le communisme, elle est confisquée par le KGB, et ne verra le jour en occident qu'en 1983 ! Première reconnaissance - a contrario- du réalisme de cette œuvre qui nous plonge au cœur de l’âme humaine, et place l’imaginaire de l'auteur au niveau de la réalité!

 

        Au travers de différentes histoires particulières et, sans verser dans la dénonciation à la manière de Soljenitsyne, Grossman étudie d'une manière sobre et dépouillée, le destin que peut imposer l'Etat à l'homme, et cherche, comme un frère solidaire de chacun des membres de la race humaine, ce qui peut donner un sens à ces vies inutiles, absurdes et massacrées, des victimes et des bourreaux.

 

        Véritable catharsis digne des tragiques, alliant la profondeur philosophique des grands stoïciens à une composition organique propre au génie russe, ce constat de l’histoire humaine, place tout un chacun devant lui-même : aucun de nos actes ne sont anodins, nous sommes tous responsables de ce qui fait que l’homme est humain!

        

        Sans résumer ici ce qui marque en propre les œuvres de V. Grossman, la force de ses interrogations sur le massacre des innocents revient constamment dans ses œuvres :

 

        Comment “ y voir clair, dégager les lois de ce chaos de souffrances où la culpabilité contrastait avec la sainte innocence, les faux aveux de ses crimes avec le dévouement fanatique, l'absurdité de ce massacre de millions d'êtres innocents et dévoués au Parti, avec la terrible signification de ces meurtres?”

 

        La question de la cause, d’un coupable à tous ces maux apparaît aussi. Mais peut-on attribuer à quelqu’un la responsabilité de ces massacres sans retomber dans les mêmes erreurs ?

 

        A Tolstoï qui écrivait que “tous sommes innocents”, Grossman rétorque : “L’homme n’est redevable qu’a lui-même de l’abjection humaine. Savez-vous ce qu’il y a de plus sordide chez les mouchards et les délateurs? Vous pensez que c’est le mal qui est en eux? Non, le plus épouvantables, c’est le bien qui est en eux, le plus triste, c’est qu’ils soient pleins de bonnes qualités, de vertus…[...] Non, non, ils ne sont pas coupables! Parmi les vivants, il n’est pas d’innocents. Tout le monde est coupable…Mais pourquoi souffrons nous tant, pourquoi avons-nous tellement honte de la…cochonnerie humaine?”.

 

        On sent aussi souvent poindre la noblesse et le caractère de l’écrivain à travers ses récits, refusant à l’homme l’incapacité à ne pas vivre selon sa dignité : “ Que de minables, partout! Que les gens ont donc peur de défendre leur droit à l’honnêteté, qu’ils cèdent facilement, qu’ils sont conciliants, que leurs actes sont pitoyables!. Et encore, devant l’attitude de ceux qui se soumettent au régime : “la docilité du bétail bien nourri, bichonné…, la peur de ruiner sa vie, la peur d’avoir de nouveau peur”.

 

 

       Le jugement dernier approche, les philosophes et les théologiens ne sont plus les seuls à se poser le problème du bien et du mal, il se pose à tous les hommes, cultivés ou analphabètes. [...]Les hommes virent que beaucoup de sang était versé à cause de ce petit, de ce mauvais bien, au nom de la lutte que menait ce bien contre tout ce qu’il estimait, lui, le petit bien, être mal. [...] même Hérode ne versait pas le sang au nom du mal, il le versait pour son bien à lui, Hérode. Une nouvelle puissance était née qui le menaçait… Or ce qui était né n’était pas un mal mais le christianisme. Jamais l’humanité n’avait entendu ces paroles : “Ne jugez pas et vous ne serez pas jugez…Aimez vos ennemis…” Qu’apporta à l’humanité cette doctrine de paix et d’amour? Les tortures de l’Inquisition, la lutte contre les hérésies, la guerre entre les protestants et les catholiques…Telle est la destinée terrible, qui laisse l’esprit  en cendres, de la doctrine la plus humaine de l’humanité…

 

        Des milliers de livres ont été écrits pour indiquer comment lutter contre le mal, pour définir ce que sont le bien et le mal. Mais le triste en tout cela est le fait suivant, et il est incontestable: là où se lève l’aube du bien, des enfants et des vieillards périssent, le sang coule. Non seulement les hommes, mais même Dieu n’a pas le pouvoir de réduire le mal sur la terre. Une voie a été ouïe à Rama, Rachel pleure ses enfants; et elle ne veut pas être consolée, par ce qu’ils ne sont plus. Et il lui importe peu à la mère  qui a perdu ses enfants, ce que les sages estiment être le bien et le mal…J’ai pu voir en action la force implacable de l’idée de bien social qui est née dans notre pays. Cette belle et grande idée tuait sans pitié les uns, brisait la vie des autres, séparait les femmes et les maris, arrachait les pères à leur enfants…

 

        Néanmoins, “Il existe, à côté de ce grand bien si terrible, la bonté humaine dans la vie de tout les jours…Cette bonté privée d’un individu à l’égard d’un autre individu est une bonté sans témoins, sans idéologie…C’est la bonté de l’ermite qui réchauffa un serpent sur son sein. C’est la bonté qui épargne la tarentule qui vient de piquer un enfant. Une bonté aveugle, insensée, nuisible!…Elle est, cette bonté folle, ce qu’il y a d’humain en l’homme,…le  point le plus haut qu’ait atteint l’esprit humain…Sa force réside dans le silence du cœur de l’homme…la bonté est forte tant qu’elle est sans force…Le secret de (son) immortalité est dans son impuissance…

 

        La vie apparaît alors comme un combat, une lutte quotidienne, qui ne vise pas à l’exploit mais à une quête de soi dans la connaissance de son impuissance : « comme le juste accomplissant tous les jours de bonnes actions reste obsédé des années durant par un seul péché ».  Ainsi « à chaque jour, à chaque heure, année après année, il fallait lutter pour le droit d’être un homme. Le droit d’être bon et pur. Et ce combat ne devait s’accompagner d’aucune fierté, d’aucune prétention, il ne devait être qu’humilité ».

 

        “L’histoire de l’homme n’est pas le combat du bien cherchant à vaincre le mal. L’histoire de l’homme est le combat du mal cherchant à écraser la minuscule graine d’humanité. Mais si même maintenant l’humain n’a pas été tué en l’homme, alors jamais le mal ne vaincra.”

 

 

La première partie Pour une juste cause parait en 1960.

V. Grossman. Tout Passe. (cit. p 115) éd. Julliard/ l'Age d'Homme. 1984. 235 pages, rédigé en 1954. (Staline meurt en 1953).

Tout Passe. p 88 - 89.

Vie et destin. p 775.

Vie et destin. p 788.

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St Jean, Boanergès!

27 Décembre 2010, 15:04pm

Publié par Father Greg

L’esprit de St Jean, Fils du tonnerre.

 

 

Face of St John contrast  Jean c’est d’abord un regard, le regard de l’aigle, celui qui fixe le soleil. C’est celui qui va au plus profond. C’est cette exigence d’aller toujours plus loin, de ne jamais s’arrêter. Et, le premier regard de Jean dans son évangile c’est : « Voici l’Agneau de Dieu ».


L’Agneau de Dieu : c’est Jésus qui est parmi les hommes l’incompris par excellence : il était trop grand… et il était trop petit.  Les hommes aiment être ‘in medio stat virtus’ : un ‘juste milieu entre des extrêmes’ ; au milieu : là on est à l’aise ! C’est ce que Descartes a compris et c’est ce que, à sa suite, nous préférons trop souvent : ‘pas trop à droite, pas trop à gauche, au milieu, de l’eau tiédasse… Or notre vie c’est toujours un ‘extrême’ ! La vocation de Jean, la vocation chrétienne c’est la vocation de l’Agneau ; et l’Agneau c’est l’offrande de tout nous-mêmes pour devenir la nourriture de nos frères. Jésus est le véritable Agneau, celui qui s’offre pour nourrir ses frères, les rassembler, pour leur apprendre à s’aimer. 


Pour vivre cela, il faut saisir que l’esprit de Jean c’est vivre ‘d’une place réservé’. Lors de l’institution de l’Eucharistie Jean est à une place assez remarquable : il est tout près du Christ. Le Christ selon son bon plaisir a mis Jean tout proche de lui. Jésus a un amour particulier pour chacun, et c’est ce que Jean à découvert comme devant être premier. Car c’est cela l’esprit de Jean, c’est de revenir à ce qui est premier ; c’est redécouvrir cette place que Jésus lui-même nous a réservé. Saint Jean c’est cela, ce n’est pas une œuvre, c’est une place. Et c’est pour nous !


Être ami du Christ à la suite de Jean, c’est recevoir cette place particulière. Le propre de l’ami est de vivre des intentions de son ami. Le serviteur a une œuvre à accomplir ; l’ami n’a pas d’œuvre à accomplir, mais il a à porter avec son ami ce qu’il porte dans son cœur et à en vivre. C’est beaucoup plus difficile et exigeant, parce que vivre des intentions propres du cœur de Jésus réclame une vie contemplative ou l’intelligence est brulée par l’amour pour vivre de la Sagesse de la Croix.

 

La Sagesse de la Croix, c’est d’être pris à la suite du Christ par l’attraction du Père, c’est cet élan qui nous fait être vers Celui qui nous donne tout ; c’est ce grand désir qui fait qu’on ne s’arrête pas aux réalisations, mais qui nous fait être tout entier tourné vers Celui qui vient, vers Celui qui nous devance toujours, celui qui nous attend et veut tout nous donner. C’est à cause de ce regard, de ce désir violent qu’on est capable de tout offrir. C’est cela St Jean.


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Cet Enfant, c'est Dieu!

26 Décembre 2010, 23:40pm

Publié par Father Greg

A161209 1 L’accomplissement des paroles qui commence dans la nuit de Bethléem est immensément plus grand et - du point de vue du monde - plus humble que ce que les paroles prophétiques laissaient entrevoir. Il est plus grand, parce que ce petit enfant est vraiment Fils de Dieu. L'infinie distance entre Dieu et l'homme est dépassée.

 

Dieu ne s'est pas seulement penché vers en bas ; il est vraiment "descendu", entré dans le monde, devenu l'un de nous pour nous attirer tous à lui. Ce petit enfant est vraiment l'Emmanuel, "Dieu-avec-nous".

Ainsi la joie pour la proximité de Dieu fait partie de cette nuit. Nous rendons grâce parce que Dieu, comme un petit enfant, se donne entre nos mains, il mendie, pour ainsi dire, notre amour, il répand sa paix dans notre cœur. Cette joie, toutefois, est aussi une prière : « Seigneur, réalise totalement ta promesse. Fais que finissent le temps des manteaux couverts de sang. Réalise la promesse : "La paix sera sans fin" (Is 9, 6).

 Enfin, il nous est dit : il est le premier-né de nombreux frères. Oui, aujourd'hui il est le premier d'une série de frères, c'est-à-dire, qui inaugure pour nous l'être en communion avec Dieu. Il crée la véritable fraternité dans laquelle nous sommes la famille même de Dieu. Prions-le : Seigneur Jésus, toi qui as voulu naître comme premier de nombreux frères, donne-nous la vraie fraternité. Aide-nous à devenir semblables à toi. Aide-nous à reconnaître dans l'autre qui a besoin de moi, en ceux qui souffrent ou qui sont abandonnés, en tous les hommes, ton visage, et à vivre avec toi comme des frères et des sœurs pour devenir une famille, ta famille.

 

Toujours de nouveau Dieu nous précède de façon inattendue. Il ne cesse pas de nous chercher, de nous relever chaque fois que nous en avons besoin. Il n'abandonne pas la brebis égarée dans le désert où elle s'est perdue. Dieu ne se laisse pas troubler par notre péché. Il recommence toujours à nouveau avec nous ». 

 

Benoit XVI. Homélie de Noël 2010.

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Lettre à des prisonniers.

26 Décembre 2010, 11:01am

Publié par Father Greg

woonbo-kim-ki-chang-coree-nativite.1261589871.jpg « Vous avez le droit d’exiger qu’on vous montre la Crèche. La voici.

  Voici La Vierge et voici Joseph et voici l’enfant Jésus. L’artiste a mis tout son amour dans ce dessin mais vous le trouverez peut-être un peu naïf. Voyez, les personnages ont de beaux atours mais ils sont tout raides : on dirait des marionnettes. Ils n’étaient sûrement pas comme cela. Si vous étiez comme moi, dont les yeux sont fermés… Mais écoutez: vous n’avez qu’à fermer les yeux pour m’entendre et je vous dirai comment je les vois au-dedans de moi.


La Vierge est pâle et elle regarde l’enfant. Ce qu’il faudrait peindre sur son visage, c’est un émerveillement anxieux qui n’a paru qu’une fois sur une figure humaine. Car le Christ est son enfant, la chair de sa chair et le fruit de ses entrailles. Elle l’a porté neuf mois et elle lui donnera le sein et son lait deviendra le sang de Dieu. Et par moments, la tentation est si forte qu’elle oublie qu’il est Dieu. Elle le serre dans ses bras et elle dit: mon petit! Mais à d’autres moments, elle demeure tout interdite et elle pense : Dieu est là – et elle se sent prise d’une horreur religieuse pour ce Dieu muet, pour cet enfant terrifiant. Car toutes les mères sont ainsi arrêtées par moments devant ce fragment rebelle de leur chair qu’est leur enfant et elles se sentent en exil devant cette vie neuve qu’on a fait avec leur vie et qu’habitent des pensées étrangères. Mais aucun enfant n’a été plus cruellement et plus rapidement arraché à sa mère car il est Dieu et il dépasse de tous côtés ce qu’elle peut imaginer.

Et c’est une dure épreuve pour une mère d’avoir honte de soi et de sa condition humaine devant son fils.


Mais je pense qu’il y a aussi d’autres moments, rapides et glissants, où elle sent à la fois que le Christ est son fils, son petit à elle, et qu’il est Dieu. Elle le regarde et elle pense : " Ce Dieu est mon enfant. Cette chair divine est ma chair. Il est fait de moi, il a mes yeux, et cette forme de sa bouche c’est la forme de la mienne. Il me ressemble. Il est Dieu et il me ressemble. "


Et aucune femme n’a eu de la sorte son Dieu pour elle seule. Un Dieu tout petit qu’on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, une Dieu qu’on peut toucher et qui vit. Et c’est dans ces moments-là que je peindrais Marie, si j’étais peintre, et j’essaierais de rendre l’air de hardiesse tendre et de timidité avec lequel elle avance le doigt pour toucher la douce petite peau de cet enfant-Dieu dont elle sent sur les genoux le poids tiède et qui lui sourit. Et voilà pour Jésus et pour la Vierge Marie.


Et Joseph ? Joseph, je ne le peindrai pas. Je ne montrerai qu’une ombre au fond de la grange et deux yeux brillants. Car je ne sais que dire de Joseph et Joseph ne sait que dire de lui-même. Il adore et il est heureux d’adorer et il se sent un peu en exil.


Je crois qu’il souffre sans se l’avouer. Il souffre parce qu’il voit combien la femme qu’il aime ressemble à Dieu, combien déjà elle est du côté de Dieu. Car Dieu a éclaté comme une bombe dans l’intimité de cette famille. Joseph et Marie sont séparés pour toujours par cet incendie de clarté. Et toute la vie de Joseph, j’imagine, sera pour apprendre à accepter. »

Jean-Paul Sartre, Bariona, 1940. 

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Le Verbe est devenu chair !

24 Décembre 2010, 22:47pm

Publié par Father Greg

 

 

  nativite La Tour    Rien de merveilleux, rien d'extraordinaire, rien d'éclatant n'est donné: un enfant emmailloté de langes qui, comme tous les enfants, a besoin de soins maternels ; un enfant né dans une étable et couché dans une mangeoire. C’est le premier visage de Dieu : un enfant, avec ses besoins, sa fragilité et sa pauvreté.

 

Cette simplicité frappe: Dieu n'est pas venu avec puissance ni grandeur visible. Il ne s'est pas imposé. Rien pour séduire ou convaincre : il vient lui-même mendier notre aide. D’une certaine façon, l’humanité attend Dieu, elle attend qu’il se fasse proche. Mais quand arrive le moment, il n’y a pas de place pour lui. L’humanité est si occupée d’elle-même, elle a besoin de tout l’espace et de tout le temps de manière si exigeante pour ses propres affaires qu’il ne reste rien pour l’autre – pour le prochain, pour le pauvre, pour Dieu.

Et Dieu répond en se donnant en silence. En Jésus, Dieu s’est uni l’homme à lui-même. L’éternel aujourd’hui de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et notre aujourd’hui passager a acquis une dimension éternelle. Dieu se fait petit, faible et vient à notre rencontre comme un enfant sans défense. C’est cela la réponse de Dieu. C’est cela son ‘jugement’.

 

C’est énorme : c’est un don qui, non seulement nous transforme radicalement, mais qui s’adapte à nous, à nos peurs, à notre nullité ; un don qui n’écrase pas, ou on ne peut être qu’attiré par cette bonté incroyable qui se communique à nous en silence. Dieu se donne en nous attirant à lui. C’est cela Noël: Dieu est devenu l’un de nous, pour tout assumer de notre vie, et que nous comprenions la dignité, le poids de chaque actes, de chaque instants ; tout en nous a acquis une dimension divine !


Que sa présence silencieuse soit votre joie!


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Ils n'ont plus de place...

24 Décembre 2010, 12:39pm

Publié par Father Greg

 

 

« Il n'y a que les pauvres qui partagent.»   Léon Bloy

 

220px-Giotto - Scrovegni - -17- - Nativity, Birth of Jesus           « Noël est là, et le Christ demande à être accueilli par les siens.

Ne vous comportez donc pas comme des aubergistes indifférents, comme des petits-bourgeois bien nourris dans leur autoritarisme borné, mais ouvrez vos portes et vos cœurs à chaque détresse qui est la détresse du Christ. »

Père Werenfried. 

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La quête humaine ultime…

22 Décembre 2010, 23:28pm

Publié par Father Greg

 

 

  

Panoramique La quête de la sagesse, de ce qui est premier et ultime dans l’existence humaine a toujours habitée la personne humaine.  C’est la soif la plus radical que nous portons et qui attend une réponse : pourquoi vit-on ? En vue de quoi ? Quel est notre source ? Existe-t-il un Être 1er, celui que les traditions religieuses appellent Dieu ? Et alors, comment puis-je l’atteindre ? Puis-je le découvrir à partir de mon expérience ?


« Tous les hommes désirent par nature connaitre. L’amour des sensations en est le signe. En effet, celles-ci, en dehors de leur utilité, sont aimées pour elles-mêmes, et plus que les autres, celles qui nous viennent par les yeux. Car ce n’est pas seulement pour agir, que nous choisissons de voir, à l’encontre pour ainsi dire de tout le reste. La cause en est que parmi les sensations, la vue nous fait au plus haut point connaitre, et montre des différences plus nombreuses.» Aristote. Métaphysique. Livre A.

 

Or, tout manque de vérité face à cette quête, toute paresse religieuse, toute idéologie ou prisme affectif, a entrainé des refoulements et des abus terribles dans l’histoire humaine. Socrate est mort –condamné pour athéisme- pour avoir dénoncé certains anthropomorphismes dans les traditions religieuses de son temps. Et on se mutile, on stérilise notre esprit, dès que l’on refuse d’aller jusqu’au bout de notre quête.

 

La Foi, elle, vient d'en haut. Noël est une initiative divine. C’est Dieu qui s’unit l’homme d’une manière purement gratuite. Et ce don, dont le croyant éclaire son quotidien, n’est pas le fruit de nos efforts. Même, on ne peut y entrer par nous-même, sans lui mendier de nous y faire entrer. Là encore, ce don, pour tout prendre en nous, réclame que l’on aille jusqu’au bout de ce que nous sommes. Cela exige du croyant cette quête -sans cesse à reprendre- de rencontrer à partir de notre expérience Celui qui se donne à vivre d’une toute nouvelle lumière en se révélant.


 « Si l’intelligence est quelque chose de divin en l’homme, la vie selon l’intelligence est également divine comparée à la vie humaine. Il ne faut donc pas écouter ceux qui conseillent à l’homme, parce qu’il est homme, de borner sa pensée aux choses humaines, et, mortel, aux choses mortelles, mais l’homme doit, dans la mesure du possible, s’immortaliser, et tout faire pour vivre selon la partie la plus noble qui est en lui ; car même si cette partie est petite par sa masse, par sa puissance et sa valeur elle dépasse de beaucoup tout le reste. On peut même penser que chaque homme s’identifie avec cette partie même, puisqu’elle est la partie fondamentale de son être, et la meilleure. Il serait alors étrange que l’homme accordât la préférence non pas à la vie qui lui est propre, mais à la vie de quelque chose autre que lui.... »  Aristote. Ethique à Nicomaque Livre X, chap 7.

 

Découvrir et affirmer l’existence d’un Etre 1er, Celui qui ne peut pas ne pas être, qui n’a rien de second, en qui tout est nécessaire est propre à l’être humain ; Cela fait partie de la noblesse propre de tout être humain que de chercher à se hausser sur la pointe des pieds pour voir ce qui peut bien être sa source ! Et ne pas cultiver cette quête est peut-être un des plus grands refoulements de l’homme d’aujourd’hui, qui alors demeure dans l’angoisse, n’ayant plus d’autre horizon que lui-même. En occident, tout est source d’angoisse, plus rien n’a de sens. On est même face à un abîme de non-sens. La vie n’a plus de sens, elle n’est souvent qu’une suite d’émotions mises bout à bout. La ‘liberté’ de penser comme on veut et le surdéveloppement des techniques ont fait de nous des errants ! La seule liberté que nous ayons gagne est le choix de notre lieu de vacance… On est arrivé à une totale insignifiance de notre vie : la vie en occident consiste à entretenir son confort.

 

Un de nos grands problèmes est qu'on voudrait que l'existence de Dieu soit quelque chose qu'on puisse posséder, ou que l’on devine d'une manière intuitive... ou que la Foi nous dispense de Le chercher… Or, si on étudie pour être capable d’avoir un travail, si on cherche à grandir dans l’amour pour que nos amitiés s’approfondissent ; vis à vis du problème le plus important de notre vie : ‘Dieu’, nous sommes d’une paresse congénitale !

 

« L’homme qui exerce son intelligence et la cultive semble être à la fois dans la plus parfaite disposition et le plus cher aux dieux. Si, en effet, les dieux prennent quelque souci des affaires humaines, ainsi qu’on l’admet d’ordinaire, il sera également raisonnable de penser, d’une part qu’ils mettent leur complaisance dans la partie de l’homme qui est la plus parfaite et qui présente le plus d’affinité avec eux (ce ne saurait être que l’intelligence), et, d’autre part, qu’ils récompensent généreusement les hommes qui chérissent et honorent le mieux cette partie, voyant que ces hommes ont le souci des choses qui leur sont chères à eux-mêmes, et se conduisent avec droiture et noblesse. Or que tous ces caractères soient au plus haut degré l’apanage du sage, cela n’est pas douteux. Il est donc l’homme le plus chéri des dieux. Et ce même homme est vraisemblablement aussi le plus heureux de tous. Par conséquent, de cette façon encore, le sage sera heureux au plus haut point. »

Aristote. Ethique à Nicomaque Livre X, 9.

 

Qu’est-ce qui dans le réel nous éveillerait à sa présence ? Quel sont les lieux qui nous obligent à nous poser la question de son existence ? Si tout vient de Lui, ou peut-on déceler sa signature ? Ou pourrait-on voir sa marque ? Qu’est-ce qui dans le réel nous obligerait à dire que nécessairement « Il est » ? Et, qu’est-ce qui, en nous, nous oblige à nous poser la question ?

 

 « La quête de la vérité, est difficile sous un point de vue, facile sous un autre. Ce qui en témoigne, c'est qu'il est impossible que quelqu’un atteigne complètement la vérité, et qu’on la manque complètement. Chacun en explique un quelque chose. Ce que chacun en particulier ajoute à la connaissance de la vérité n'est rien sans doute ou n'est que peu de chose ; mais la réunion de toutes les connaissances présente d'importants résultats. De sorte qu'il en est ici, comme de ce que nous disons dans le proverbe : Qui manquerait une porte ? Considérée ainsi, la quête de la vérité est facile. Mais l'impossibilité d'une possession complète de la vérité dans son ensemble et dans ses parties, montre tout ce qu'il y a de difficile dans la recherche dont il s'agit. Cette difficulté est double. Toutefois, elle a peut-être sa cause non pas dans les choses, mais dans nous-mêmes. En effet, de même que les yeux de l’oiseau de nuit sont aveuglés par la lumière du jour, de même notre intelligence est aveuglée par ce qui est le plus réel. » Aristote. Métaphysique. Livre a.

 

À suivre…

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Cette naissance, qu'a-t-elle changée ?

21 Décembre 2010, 15:19pm

Publié par Father Greg

 

 

 

 Noël : lumière de Dieu dans les ténèbres du monde,  jour d'espérance qui chasse la nuit de l'inquiétude humaine. Dieu est venu habiter chez nous, en nous.

 

creche-4 On connait l'histoire, Marie, Joseph, la mangeoire, les bergers … Mais cette naissance, qu'est-ce qu'elle a changée ? Apparemment rien ! Les puissants sont restés à leur place, et le monde n'a pas connu de bouleversement majeur. Pourtant à y regarder de près, bien des personnes ont été transformées, changées, par la vie de cet enfant de Bethléem devenu Jésus de Nazareth, le crucifié ressuscité des morts. Les saints sont là pour nous le rappeler. Et nous n'oublions pas Jeanne, libératrice d'Orléans, si remplie de Dieu qu'elle a prononcé le nom de Jésus plusieurs fois avant de mourir.


Noël a transformé non le monde d'un coup de baguette magique, mais les cœurs de ceux et celles qui voulaient ou veulent bien encore l'accueillir en eux-mêmes.

 

A l’approche du 25 Décembre, nous pouvons retenir deux enseignements de la naissance de Jésus :

Le premier, c'est l'importance de la prière silencieuse devant l'enfant de Bethléem, à l'exemple de Marie. Puissions-nous, nous aussi, vivre des moments de contemplation silencieuse devant nos crèches.

Le deuxième, c'est l'inattendu de Dieu. Souvent, nous avons quelque difficulté à trouver Dieu, ou à croire en Lui, parce qu'Il vient là où on ne l'attendait pas, comme quelqu'un que vous guettez devant votre porte et qui entre par la fenêtre. Par exemple, vous allez à la messe de Noël pour rencontrer le Seigneur et Il se donne à découvrir dans le corps fatigué de votre vieille voisine ou dans les yeux de deux SDF à la porte de l'Eglise.

On connait tous l'histoire de Noël, mais au-delà des lumières artificielles d'aujourd'hui, elle est à redécouvrir, là où on ne la chercherait pas spontanément : dans le silence de la prière et dans les plus pauvres d'entre nous.

Mgr Jacques Blaquart, 20 Décembre 2010.

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« Seigneur réveille ta puissance et vient nous sauver ».

21 Décembre 2010, 12:40pm

Publié par Father Greg

 


 

 

CONSCIEMMENT OU PAS, L’HOMME AGIT EN PRÉSENCE DE DIEU

 

pape-et-enfants.jpg L’invocation de la présence de la puissance de Dieu dans notre temps vient de l’expérience de son apparente absence. Si nous ouvrons nos yeux, justement sur l’année qui touche à sa fin, il peut être rendu visible que la puissance et la bonté de Dieu sont présentes de manières multiples aussi aujourd’hui. Ainsi nous avons tous un motif pour lui rendre grâce.

 

Une vision de sainte Hildegarde de Bingen qui décrit de façon surprenante ce que nous avons expérimenté cette année... Dans cette vision, le visage de l'Eglise était couvert de poussière, et c'est ainsi que nous l'avons vu. Son vêtement était déchiré à cause des prêtres. Nous l'avons vu cette année telle qu'elle l'a vu et exprimé. Nous devons accueillir cette humiliation comme une exhortation à la vérité et un appel au renouveau. Seule la vérité sauve.


 

Nous voulons crier au monde que (tout) être humain est unique et l’humanité est unique. Ce qui, en quelque lieu, est fait contre l’homme finalement nous blesse tous. La guérison peut venir seulement d’une foi profonde dans l’amour réconciliateur de Dieu. Donner force à cette foi, la nourrir et la faire resplendir est la tâche principale de l’Église en ce moment.

 


A l'imitation du Christ, l'Eglise devrait apparaître comme un espace pour tous les peuples, pour ceux qui connaissent Dieu de loin ou pour ceux pour lesquels il est inconnu ou étranger, pour les aider à 's'accrocher à Dieu', en présence duquel se trouve chaque créature humaine ».

Benoît XVI.

Extrait du discours du 20 décembre 2010 à la curie romaine.

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Derniers jours de l’Avent : l’attente de voir Celui qui nous est déjà donné.

20 Décembre 2010, 12:28pm

Publié par Father Greg

 

 « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ; Matthieu 1,18-24.

 

Latour Au terme de l’avent -qui a duré près de 2000 ans pour le peuple d’Israël- il faut se demander pourquoi si peu l’on reçut ? Quel est le premier obstacle qui nous empêche d’être possédés dans tout ce que l’on est, par son don ?

Il y a comme 2 écueils qui se rejoignent : pour les pharisiens, celui d’avoir réduit la Révélation à une pratique religieuse, à une perfection idéale à atteindre par nous-même ! Autant désespérer d’avance !

 

Pour St Joseph, face à une situation inexplicable et surtout inacceptable humainement, -la Vierge Marie est enceinte-  Et, il faut que Dieu vienne le faire entrer dans son initiative. Et c’est ‘en songe’ : quand il dort, quand il ne domine plus. Pourquoi ? Parce que le don de Jésus, je ne peux y entrer par moi-même ; il n’est pas selon nos projets, nos attentes humaines ou religieuses; ça vient d'en haut!


Et Dieu le fait entrer dans ce don, en lui ordonnant de prendre Marie, son épouse : «Prend Marie chez toi ! Celui qui est donné à Marie, t’es aussi donné, tout autant, mais par Marie ».

Cela c’est la Nouvelle Alliance : Dieu reprend tout par la Femme, chef-œuvre de Dieu dans la création. Celle qui est donné à l’homme pour achever en lui ce qu’il a de plus lui-même. Comme épouse, elle est celle qui maintient la gratuité, celle qui introduit l’homme à l’intimité de l’amour.


Pour cela, notre première coopération à son don, c’est de suspendre notre jugement, toute critique sur celui ou celle qui m’est donné et qui apparemment peut vivre quelque chose d’incompréhensible pour un regard humain, pour chercher à être introduit dans le regard que Dieu a sur celle qui m’est donné.


Et la nouvelle alliance commence là : Dieu reprend tout en s’emparant de ce don réciproque dans l’amour, ce don des époux, qui devient le Lieu de Dieu ; don qui s’épanouie  jusque dans la famille, véritable Eglise domestique !

 

Et cela c’est une épreuve pour notre âme religieuse, pour ceux qui adorent et qui ont un vrai sens de la transcendance absolue de Dieu ! Dieu unit son don à l’amour fraternel, réciproque, intime… Il vient se donner à nous à travers celui qu’on aime ! L’incarnation unit l’adoration et l’amitié… C’est une épreuve pour nous : ce serait ‘plus simple’ de laisser Dieu « au temple », dans le Saint de saints, dans le tabernacle… Et de fait il y demeure ! Mais en même temps, il vient se donner dans une présence toute gratuite, une présence personnelle, à travers celle ou celui que j’aime : « prends chez toi Marie, ton épouse ! » Dieu à la maison ?? Mais vous n’y pensez pas !! On ne va plus être chez soi, tranquille… Ca va faire désordre…


Pourquoi Marie? Qu’est-ce que cela veut dire pour nous? Comment ‘s’en servir’ ? Le Père a voulu qu’Elle nous montre ‘en clair’ ce qu’Il réalise pour chacun de nous. Aussi, tout ce que le Père donne de vivre à Marie, c’est pour nous, immédiatement.


Comme Jésus est « l’enfant de Marie », de la même manière Il nous est donné comme quelqu’un qui « nous appartient », comme Celui qui veut tout recevoir, tout attendre de nous, pour nous apprendre à tout attendre de Lui.

 

Elle est donc celle à qui nous devons demander d’inscrire dans notre personne, cette présence incroyable de Dieu, qui est non seulement plus présent à nous-même que nous même ; mais qui vient tout vivre avec nous, qui s’intéresse à tout ce que l’on vit, jusque dans les choses les plus ordinaires. 


Elle n’est donc pas d’abord un modèle à admirer, mais la figure ou l’on voit en clair ce que Dieu réalise actuellement en chacun de nous, d’une manière caché mais réelle! 

 


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Croyez-vous au père Noël ?

20 Décembre 2010, 11:22am

Publié par Father Greg

 

 

J'ai rencontré le Père Noël... génial!!!


 


 

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Laissez-vous tenter!!!

16 Décembre 2010, 16:19pm

Publié par Father Greg

 


Quand un athée fait l'apologie du Christianisme!!!     

 


La Tentation du christianisme
cosigné par Lucien Jerphagnon et Luc Ferry est une petite merveille ! Un historien et un philosophe athée qui magnifie l’invention géniale qu’est l’Incarnation !! Pourquoi le Christianisme, née à Jérusalem, prospéra-t-il dans le monde romain ? ‘Dieu devient accessible à tous ! A Nazareth on pouvait faire ses courses en même temps que Dieu et sa mère…!’ A lire ! Luc Ferry

 

 

 Extraits de Luc Ferry, qui analyse et exalte avec pertinence la révolution qu’est le Christianisme pour le monde romain.


         « La doctrine de l'amour est, dans le christianisme, d'une très grande profondeur et n'a rien de cette vulgate «anti-érotique» à laquelle on l'a réduite d'ordinaire dans les habituelles ritournelles marxistes ou nietzschéennes.


Pour bien comprendre, il faut se souvenir que, dans la tradition stoïcienne, l'amour n'est pas une solution, comme dans le christianisme qui va en faire un vecteur du salut, mais plutôt un problème. Car il porte inévitablement à l'attachement qui est une folie, puisque la vérité du monde est l'impermanence, le fait que tout passe. C'est dans ce sens - parfaitement analogue à ce qu'on trouvera aussi dans le bouddhisme - qu'Epictète dit à son disciple : quand tu embrasses ton enfant, ton fils ou ta fille, au moment même où tu le tiens dans tes bras, dis-toi bien qu'il peut mourir tout comme hier tu as lâché ton verre qui s'est brisé sur le carrelage. Dès qu'un être est né, il est assez vieux pour mourir. Le message stoïcien, comme le message bouddhiste, nous dit et nous répète en permanence : «Ne vous attachez pas !» Cela ne signifie pas : «Soyez indifférents.» Il faut, au contraire, pratiquer l'amitié, la compassion, mais il faut le faire sans s'attacher. Chacun comprend qu'il y a plusieurs formes d'amour et d'amitié, et ce qu'il faut fuir comme la peste, c'est cet amour passion qui nous crée des liens indéfectibles sans douleur. Si vous vous attachez à des êtres ou à des choses, comme la vérité de ce monde, c'est la mort, l'éphémère, vous serez inévitablement malheureux, vous vous préparez les pires souffrances qui soient. De là l'éloge de la vie monastique plutôt que du mariage et de la famille : seule une vie solitaire - du grec monos, seul : le moine est un solitaire - peut nous aider à éviter la folie de l'attachement et nous préparer ainsi à la vraie sagesse.


À bien des égards, on retrouvera aussi ce thème dans la pensée chrétienne, par exemple chez Pascal, ce qui peut tromper aisément le lecteur et lui donner à penser que la doctrine de l'amour est au fond la même que chez les stoïciens ou les bouddhistes - ce qui est une grave erreur. Mais, dans un premier temps au moins, c'est vrai, on trouve dans le christianisme une critique de l'amour passion, de l'amour d'attachement. Pascal va même très loin. Il dit non seulement : «Ne vous attachez pas», mais aussi : «Ne laissez pas non plus quelqu'un s'attacher à vous.» Pourquoi ? Parce que si vous laissez quelqu'un s'attacher à vous, vous le rendez fou ; vous lui faites croire que ça vaut la peine qu'il vous aime, alors que la seule personne qui ne le trahira pas en amour, c'est Dieu. Laisser quelqu'un s'attacher à vous qui êtes mortel, à vous qui allez mourir, c'est le tromper : on ne peut et ne doit s'attacher qu'à ce qui est immortel. (…)

 

L'idée semble donc, à première vue au moins, être la même que chez les stoïciens ou les bouddhistes. Mais ne vous y trompez pas. Il y a un thème supplémentaire chez les chrétiens, qui vient modifier du tout au tout cette réticence à l'égard de l'amour. On le trouve déjà très clairement formulé chez Augustin, lorsqu'il développe sa vision de «l'amour en Dieu».


Disons les choses simplement : dès lors qu'on s'attache «en Dieu», c'est-à-dire en un troisième terme qui relie les êtres entre eux, dès lors qu'on est relié dans ce troisième élément qu'est l'amour divin et qu'on aime, en l'autre, la partie divine, celle justement qui va revenir dans cette promesse de la résurrection des corps, alors on peut aimer, si j'ose dire, sans modération. On ne verse plus sur du sable, pour reprendre une autre formule d'Augustin. On peut s'attacher à cet autre-là si on l'aime dans la partie éternelle de son être. On ne sera ni déçu ni malheureux. Autrement dit : la promesse de la résurrection libère l'amour. C'est là un point que ne voient pas les petits nietzschéens de gauche qui aujourd'hui, contrairement à Nietzsche, ne connaissent rien de rien au christianisme. Ils s'imaginent que la partie éternelle qu'on a le droit d'aimer, c'est bien entendu seulement la partie non charnelle, l'âme éthérée en quelque sorte. Et d'entonner le couplet habituel sur la haine du sensible, le mépris du corps, le refoulement de la sexualité, etc., etc. Balivernes ! L'amour peut et doit incorporer Eros. L'amour réussi c'est eros, philia et agapé en un. La chair, cette chair qui pourrit en Lazare mais que le Christ ressuscite, ne doit pas être laissée de côté.


Et cela, je ne l'invente pas. Je vous lis, exemple entre mille, le texte du Catéchisme officiel du Vatican, pourtant, vous me l'accorderez, peu porté d'ordinaire à l'érotisme : «La chair est le pivot du salut. Nous croyons en Dieu qui est le Créateur de la chair ; nous croyons au Verbe fait chair pour racheter la chair ; nous croyons en la résurrection de la chair achèvement de la création et rédemption de la chair ; nous croyons en la vraie résurrection de cette chair que nous possédons maintenant.»


Et on nous dit que la chair n'a pas d'importance chez les chrétiens ! C'est ne rien comprendre à la philosophie de l'amour. Au reste, le premier grand discours de Benoît XVI porte sur la place d'Eros dans l'amour chrétien, et ce n'est nul hasard : l'oublier c'est dénaturer le sens le plus profond de l'Évangile, de la bonne nouvelle ».

 

  Enfin, cette perle « Je ne suis pas croyant, mais je dis toujours que de tous les livres, s’il faut, comme on dit, choisir pour l’île déserte, c’est l’Evangile de St Jean que j’emporte sans hésitation. »  


Luc Ferry. La Tentation du Christianisme. Grasset.

 

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A l’école de l'Enfant-Jésus...

15 Décembre 2010, 20:38pm

Publié par Father Greg

 

 

 

2247111583_f88f1709b3_m-1-.jpg  Ce qui offense Jésus, ce qui le blesse au cœur c'est le manque de confiance !...

 

Je ne puis craindre un Dieu qui s'est fait pour moi si petit... je l'aime !… car il n'est qu'amour et miséricorde !

 

A tout péché miséricorde, et le bon Dieu est assez puissant pour donner du fond même aux gens qui n'en ont pas...

 

Ce qui plaît au bon Dieu, c'est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté, c'est l'espérance aveugle que j'ai en sa miséricorde... Voilà mon seul trésor.

 

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus

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FORMATION EN LIGNE

13 Décembre 2010, 23:43pm

Publié par Father Greg

 

 

Qu'est-ce que la Foi?

Pourquoi doit-on croire sans voir?

Est-ce intelligent? Pourra-t-on être sûr un jour?

Pourquoi Dieu réclame la Foi? A quoi cela Lui sert?

 

 

Cliquez sur le lien pour écouter la conférence:

 

Intro à St Thomas 2010-11-15.wav


Conférence sur La Foi & La Parole de Dieu. Fr Grégoire.

Cours du lundi 15.11.2010, Ecole St Jean, Orléans

 

 

 

 

 

  Appuyée sur la tradition chrétienne, la   formation chrétienne proposée ici se fonde sur une connaissance humaine de la personne (philosophie qui part de l’expérience immédiate et sensible du réel), qui permet une intelligence de la foi, vivante et ordonnée.

Cette   formation réclame de s’enraciner dans une vraie vie avec la personne du Christ et de s’être mis personnellement à son école.

Recevoir une formation sans un contact quotidien avec Lui dans la prière, ne peut qu’aboutir à une rationalisation et une conceptualisation du mystère donné, ce qui serait la pire des corruptions. 

 

 

 


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Abandon...

13 Décembre 2010, 12:21pm

Publié par Father Greg

 

 

mendier «Je suis là, goutte à goutte, en train de disparaître… 
Je ne suis rien… N’approche pas. 

Personne n’était Vous, ni chair, ni sang, ni voix,
Ni regard, ni pitié, dans le vide, personne !

Dieu trop grand, trop noir, que je ne connais pas. 

Je laisse en m’endormant couler mon cœur en Vous
Comme un vase tombé dans l’eau de la fontaine

Et que vous remplissez de Vous-même sans nous. » 

 

Notes Intimes. Marie-Noël. 

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Qu'êtes-vous allés voir?

12 Décembre 2010, 10:35am

Publié par Father Greg

 

 

 

 « Qu'êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau agité par le vent ? Un homme aux vêtements luxueux ? Qu’êtes-vous donc allés voir ? Un prophète ? »

 

Saint_jean_baptiste.jpg « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »  C’est vraiment très bizarre que Jean Baptiste, lui qui attendait le messie de toutes ses forces, n’arrive même pas à le reconnaitre !! Et de fait, Jésus ne semble rien faire pour qu’on puisse le reconnaitre !!! Il est non seulement présent d’une manière très bizarre mais sa présence ne semble pas répondre à nos problèmes immédiats ! Question communication, c’est plutôt assez nul !!  C’est vrai, les manières de Dieu sont étranges: il est resté 30 ans à Nazareth sans rien dire… Et puis pour un prophète, Jésus n'est pas vraiment un ascète ! Pas très fréquentable pour ceux qui sont en mal de vertus ou en quête d’autosatisfaction et qui voudraient se voir conforter dans leurs bonnes manières! Jean-Baptiste lui, suscitait l’admiration : au désert, vêtu de peaux de bêtes... Jésus, lui, mange, boit et s'affiche avec n'importe qui. Le plus décevant encore, c'est qu’il ne revendique aucun titre, il n’a ni méthode, ni stratégie, ni ne cherche d'aucune manière une espèce de pouvoir. Il pardonne et fait miséricorde sans limites… bref il semblerait encourager la crasse et la misère !

 

Et justement, pour pouvoir ne pas être scandalisé ou passer à côté du don, l’Esprit St nous montre qu’il ne faut cesser d’interroger. Et c’est là que la question de Jean-Baptiste « le Messie, est-ce toi ? » doit devenir radicale pour nous ! C’est là, la grandeur de Jean-Baptiste, il interroge !!! Il dit en fait : « D’accord, le messie va venir. Mais en fait, quel salut  apporte-il? Que devons-nous attendre vraiment ? Comment vient-il nous sauver ? » Bref, Jean-Baptiste interroge en pauvre, il sait une seule chose : qu’il ne sait pas, qu’il ne peut avoir d’a priori, et que la lumière ne peut pas venir de lui, qu’il ne peut se faire mesure ! Il reconnait combien le don de Dieu le dépasse mais complétement et vouloir s’en faire une idée serait déjà le réduire et même coopérer avec l’autre, le père du mensonge…

 

Ensuite, Jésus ne répond pas par oui ou par non à la question de Jean-Baptiste. Il le renvoie aux prophéties, à la Parole de Dieu pour  lui dire : « laisse-toi éclairer directement par la Parole de Dieu. Voilà, si tu es surpris, choqué par mes manières de faire, c'est qu'il te reste à découvrir le Vrai visage de Dieu... un Dieu qui s’abaisse, sans être dans une quête formelle ou un idéal à atteindre ; qui n’a ni bonnes manières, ni rien pour séduire, et qui en plus s’abaisse devant les pécheurs !! » Rien à voir avec nos désirs d’épanouissements humains, nos idées à taille trop humaine !!!

 

Enfin, Jésus termine par « Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! » Car Jean-Baptiste, au lieu de chercher à répondre par lui-même en ruminant les bribes d'informations qu'il connait, prend ce petit chemin qu’est la foi, et qui est de demander directement à Jésus, en s’appuyant sur quelqu’un. Jean-Baptiste manifeste par là qu'il ne veut pas s’appuyer sur lui-même. La foi, Jean-Baptiste l'a toujours parce qu’il s’appuie sur un autre pour mendier à Jésus de l'éclairer. Et ça c’est très bizarre : Dieu se donne d’une manière encore plus personnelle, on Le laisse nous rejoindre lorsqu’on accepte de passer par les témoins qu’il nous donne !!!

 

Et Jésus lui-même, pour se donner, respecte ce chemin qu’est Jean-Baptiste ; pour qu’on puisse recevoir Jésus, il nous faut passer par la manière que Dieu a choisie pour se donner à nous. Et, Jésus les éclaire sur leur quête, sur cet itinéraire qu’eux-mêmes pensaient peut-être comprendre : « pourquoi êtes-vous allés là-bas auprès de Jean-Baptiste ? Pour faire du tourisme, pour un peu de consommation spirituelle? Pour rassurer vos bonnes consciences d’enfants de chœur en manque de sécurité? Non, dit-il, sans le savoir peut-être, vous êtes allés vers le plus grand des prophètes, celui qui clôt l'Ancien Testament. Vous êtes allé vers lui, parce que Dieu vous y attirait ; parce que Dieu vous l’envoyait pour vous faire rencontrer le Messie ». C'est mû par l’Esprit-Saint qu’il court devant pour ouvrir la route.

 

Et Jésus ajoute : « cependant le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que Jean-Baptiste ! » Parole étrange, mais qui dit bien qu'avec la venue de Jésus, l'histoire humaine de fait n’est plus humaine : Dieu s’en est emparé ! Et Jean-Baptiste envoyé pour annoncer, ne peut même pas s’appuyer sur ce qu’il annonce pour se disposer au don qui est fait. La seule disposition au don de Jésus, c’est d’être un pauvre, d’être de plus en plus en attente –et ça on aime pas-parce qu’il n’y a que Dieu qui peut me préparer à le recevoir : « Le Verbe par son incarnation s’est en quelque sorte uni a tout homme ».


Aussi, dès qu’on accepte d’être conduit par ce petit chemin, ou on passe son temps à interroger, à supprimer tout schème idéal, en choisissant d’être radicalement pauvres, de s’appuyer sur ceux qu’Il nous envoie, on permet à Dieu de venir nous posséder d’une manière telle qu’on acquière Sa dignité : Tout ce qui appartient en propre à Dieu nous est donné ; mais il n’y a que Dieu qui puise nous y faire entrer; ça, aucun des prophètes de l’A.T ne pouvait y prétendre ou l’imaginer. 

 


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Notes Intimes...

10 Décembre 2010, 09:19am

Publié par Father Greg

 

 

marie Noel « S’accepter soi-même, imparfait, tantôt saint à demi, tantôt à demi coupable, avec les remous incessants d’ombres et de lumière qu’est une âme vivant.

 

Il ne faut pas s’épuiser à vouloir être trop pur.

 

Les âmes les meilleures, les plus nourricières, sont faites de quelques grandes bontés rayonnantes et de mille petites misères obscures dont s’alimentent parfois leurs bontés comme le blé qui vit de la pourriture du sol. »

Notes Intimes. Marie-Noël. 

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Urgence de la prière... (1)

9 Décembre 2010, 15:29pm

Publié par Father Greg

 

 

image-saintsacrement  A l’aube du 3e millénaire, le Pape Jean-Paul II, nous lançait un appel pressant : «La prière, cette réciprocité (avec Jésus) est la substance même, l’âme de la vie chrétienne et elle est la condition de toute vie authentique. Oui, nos communautés chrétiennes doivent devenir d’authentiques « écoles » de prière, où la rencontre avec le Christ ne s’exprime pas seulement en demande d’aide, mais aussi en action de grâce, louange, adoration, contemplation, écoute, affection ardente,  jusqu’à une vraie « folie » du cœur. On se tromperait si l’on pensait que les simples chrétiens peuvent se contenter d’une prière superficielle». Tertio Millenio Ineunte.

 

Benoît XVI, dans «Dieu est amour » disait : « Le moment est venu de réaffirmer l’importance de la prière face à l’activisme et au sécularisme dominant. La prière comme moyen pour puiser toujours à nouveau la force du Christ devient ici une urgence tout à fait concrète. Celui qui prie ne perd pas son temps, même si la situation apparaît réellement urgente et semble pousser uniquement à l’action. Le temps consacré à Dieu dans la prière non seulement ne nuit pas à l’efficacité ni à l’activité de l’amour envers le prochain, mais en est en réalité la source inépuisable ». 

        

Ces paroles doivent réveiller en nous un ardent désir, un immense espoir de prière et de rencontrer personnellement Celui qui nous est toujours présent, parce que c’est pour nous ! N’est-ce pas une espérance incroyable pour tous ceux qui ont soif de découvrir combien ils sont aimés de Jésus, du Père ?

        

Aussi, avons-nous un espace chez nous qui Lui appartient ? Avons-nous en vérité des laps de temps qui Lui sont vraiment réservés ? Usons-nous de ces oratoires, ces lieux assez incroyables, où en se cachant du monde on peut renouveler cette rencontre toujours nouvelle avec notre Père ?

 

Car, ne pas Le rencontrer dans une expérience intime et personnelle,  c'est s'ignorer, c'est oublier notre origine divine, qui constitue ce que nous sommes en premier ! Et, en définitive c'est se condamner à ne pas découvrir Celui qui seul peut assouvir notre soif de vérité et d'amour qui nous mord. Seul Dieu est capable d'étancher la soif la plus personnelle qui sourd en nous.

 

Dieu est au plus intime de moi-même. Il est plus présent à moi-même que je ne suis présent à moi-même. Je suis donc en quelque sorte 'quelque chose' de Lui même si je suis autre que Lui: de toute éternité Il me veut, Il m’attend ; Et, Il ne peut plus se penser sans penser à moi!

 

Il vous attend ! Venez le rencontrer !

 


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L'Immaculée Conception de Marie... c'est pour nous!!!

8 Décembre 2010, 01:13am

Publié par Father Greg

 

 

 

 

annonciation  L’Immaculée conception   de Marie, c'est d'abord le Père qui nous révèle sa miséricorde, son don excessif et gratuit, pour chacun d'entre nous

 

 

Qu'est-ce à dire? On regarde souvent l'Immaculée conception comme un mystère de 'pureté' qu'il faudrait imiter ou que l'on admire un peu de l'extérieur... or, cette fête nous manifeste -en premier- que la Vierge Marie a reçu toute sa sainteté "d'en haut"; elle ne s'est pas faite sainte par elle-même, mais elle a tout reçu gratuitement et elle est resté rivé sur ce don purement gratuit de Dieu pour elle. Et pour chacun d'entre nous c'est analogue: notre Père veut nous voir fixé sur ce qu'Il nous donne actuellement -qui est caché et qui donc nous laisse complètement pauvre car on n'a aucune conscience de ce don. Mais, regarder Marie, c’est voir, toucher que c'est son don qui nous rend comme Lui.

 

C'est cela notre vie chrétienne: Dieu reprend tout de l'intérieur et nous donne tout, mais cela est cachée.  C'est pour cela que cette fête c'est donc célébrer la pauvreté de Marie qui reçoit tout d'en haut, rien de sa sainteté ne vient d'elle sinon d'avoir accepté d'être complètement relative et de vivre d'un don qui la dépasse, et donc d'accepter d'être conduit sans pouvoir 'gérer' sa vie divine: "quitte ton pays, ta parenté, tout ce qui t'es connaturel...".


Elle doit donc nous faire comprendre qu'aux yeux de Dieu nous n'avons pas moins de 'valeur' qu'elle;   Dieu veut nous donner de vivre et de continuer ce qu'il lui a donné de vivre, pas moins… !!! Mais il faut accepter de ne rien en voir, que la manière dont Dieu se donne à nous est caché et donc que le quotidien apparemment reste banal et même souvent médiocre, marqué par notre petitesse; et cela le Père le sait et Il s'en sert si on accepte qu'Il passe par là pour se donner à nous: Dieu ne mesure pas son don à notre réponse; La mesure de l'Amour de Dieu pour nous c'est Lui-même, pas moins.


  Marie doit nous donner d'aimer cet amour de Jésus, du Père pour nous. Il faut que l'amour de Dieu pour nous, qui seul est capable de tout transformer, soit notre repos, notre joie. Nous sommes aimés comme Marie est aimée actuellement. Et c'est aussi Marie qui d'abord répond pour nous. 


  On pourrait dire que c'est un peu facile... mais c'est cela l'espérance: s'appuyer sur un autre qui nous dépasse et non sur ce que l'on peut faire soi-mêmeet cela c'est très rude: car alors on n'a aucun résultat tangible qui puisse nous montrer notre 'sainteté', là où on en est... Le Père attend de nous toute notre coopération, tous nos efforts, tous nos dépassements, mais ce qui est divin en nous, notre sainteté, ce qui est éternel: cela nous est donné, c'est un don actuel et caché qui reprend tout de l'intérieur.


"Bien-aimés, dès maintenant nous sommes enfants de Dieu et ce que nous sommes n'est pas encore manifesté... quiconque a cette espérance se rend pur comme celui-là est pur..."             1Jean 3,2-3.            

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L'Avent, temps de l’Avènement.

6 Décembre 2010, 12:43pm

Publié par Father Greg

 

 

 090906 benoit xvi L’avent peut se traduire par «présence», «arrivée», «venue».  A travers le terme adventus, on veut dire: Dieu est ici, il ne s’est pas retiré du monde, il ne nous a pas laissés seuls. Même si nous ne pouvons pas le voir ni le toucher, Il est ici et vient nous rendre visite de multiples manières.

 

La signification de l’ «avent» comprend également celle de visitatioqui veut dire simplement et précisément « visite » ; dans ce cas, il s’agit d’une visite de Dieu : Il entre dans ma vie et veut s’adresser à moi. Nous faisons tous l’expérience, dans notre existence quotidienne, d’avoir peu de temps pour le Seigneur et peu de temps également pour nous. On finit par être absorbé par ce qu’il faut « faire ». N’est-il pas vrai que souvent, c’est précisément l’activité qui s’empare de nous, la société et ses multiples intérêts qui monopolisent notre attention ? N’est-il pas vrai que l’on consacre beaucoup de temps au divertissement et aux distractions en tout genre ? L’Avent, nous invite à nous arrêter en silence pour entrer dans une présence.

  C’est une invitation à comprendre que chaque événement de la journée est signe ; signe de l’attention qu’il a pour chacun de nous. La certitude –pauvre- de sa présence ne devrait-elle pas nous aider à voir le monde avec des yeux différents ? Ne devrait-elle pas nous aider à considérer toute notre existence comme une « visite », comme une façon dont Il vient à nous et devient proche de nous?

 

Un autre élément fondamental de l’Avent est l’attente, une attente qui est dans le même temps espérance. L’Avent nous pousse à comprendre le sens du temps et de l’histoire  comme une occasion toujours favorable. 

 

L’homme, au cours de sa vie, est en attente permanente. Mais il y a des manières très différentes d’attendre. Si le temps n’est pas rempli par un présent doté de sens, l’attente risque de devenir insupportable; Lorsqu’en revanche, le temps prend du sens, et en tout instant nous percevons quelque chose de spécifique et de valable, alors la joie de l’attente rend le présent plus précieux. 

Soyons certains qu’il nous écoute toujours ! Et si Jésus est présent, il n’existe plus aucun temps vide et privé de sens. 

 

 Chers amis, l’Avent est le temps de la présence et de l’attente de l’éternité. Précisément pour cette raison, c’est, de manière particulière, le temps de la joie, d’une joie intériorisée, qu’aucune souffrance ne peut effacer. La joie du fait que Dieu s’est fait enfant. Cette joie, présente en nous de manière invisible, nous encourage à aller de l’avant avec confiance. La Vierge Marie est le modèle et le soutien de cette joie intime, puisse-t-elle nous obtenir, la grâce de vivre ce temps vigilants et actifs dans l’attente.


Benoît XVI. 28 novembre 2009.

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Angélus du deuxième dimanche de l’Avent.

6 Décembre 2010, 00:56am

Publié par Father Greg

 

Chers frères et sœurs !

 

0 munich arrivee   Ce deuxième dimanche de l’Avent nous donne saint Jean Baptiste, qui se retira dans le désert et, par sa prédication, appela le peuple à se convertir à la venue imminente du Messie.

 

  Pendant le Temps de l’Avent,  nous sommes appelés à écouter la voix de Dieu qui retentit dans le désert du monde à travers les Saintes Écritures, spécialement lorsqu'elles sont prêchées avec la force de l'Esprit Saint. La foi, en effet, se fortifie d'autant plus quand elle se laisse éclairer par la parole divine, de « tout ce qui a été écrit d'avance… pour notre instruction, afin que, par la persévérance et la consolation qui proviennent des Écritures, nous possédions l'espérance ».

 

La Vierge Marie est le modèle de l'écoute : « Contemplant chez la Mère de Dieu une existence totalement modelée par la Parole, nous découvrons que nous sommes, nous aussi, appelés à entrer dans le Mystère de la foi par laquelle le Christ vient demeurer dans notre vie. Chaque chrétien qui croit, nous rappelle saint Ambroise, conçoit et engendre en un certain sens, le Verbe de Dieu en lui-même  »

 

Chers amis, « notre salut repose sur sa venue.  Le Sauveur est venu de la liberté de Dieu… Ainsi la décision de la foi consiste… à accueillir Celui qui s'approche. Le Rédempteur vient près de tout homme : dans ses joies et ses angoisses, dans ses connaissances claires, dans ses doutes et ses tentations, dans tout ce qui constitue sa nature et sa vie. » 

Benoît XVI.

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