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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Cette attente qui fait Dieu se rapprocher...

28 Août 2021, 15:50pm

Publié par Grégoire.

Cette attente qui fait Dieu se rapprocher...

« Hypocrites, vous m’honorez des lèvres, mais votre coeur est loin de moi; vos traditions ne sont que préceptes humains »

Les pharisiens croient que l’observance de règles liturgiques nous fait atteindre Dieu. Or, si les traditions, les règles et les gestes liturgiques manifestent notre désir de Dieu, elles ne sont ni un absolu, ni l’assurance d’atteindre Dieu.

Prétendre que certaines traditions liturgiques sont le seul moyen d’être vers Dieu, c’est mentir. Le pire c’est d’absolutiser ces moyens et dire ‘si aujourd’hui ça ne va plus, c’est parce qu’on ne fait plus comme avant’. C’est un mensonge ! Et non seulement un énorme mensonge, mais ça culpabilise les petits et ça ferme la porte à ceux qui cherchent.

Absolutiser des prières, une liturgie, c’est croire qu’une oeuvre d’art -même très belle- manifeste Dieu. C’est de l’idolâtrie. Car seul Dieu peut se dire et nous donner de le rejoindre. Le reste : nos chants, nos prières, ont du poids si cela nous dépouille, manifeste notre attente et que cela ultimement 'attire' Dieu. Autrement, ces soi-disant traditions, c'est juste se repaître de nos oeuvres et de notre vécu intérieur. 

Et Jésus répond à ceux-là : « Vous laissez de coté les commandements de Dieu pour les traditions des hommes ».

Le premier commandement: aimer Dieu, c’est de se mettre en vérité devant Lui. On est vrai en adorant: en manifestant que notre existence vient de Lui. Adorer, c’est un acte intérieur qui consiste à se recevoir actuellement de Dieu. C’est dire « par toi je suis ; de toi je me reçois actuellement ». Ça implique le corps. Adorer c'est en grec: proskunéo, se prosterner, tomber à genoux, front au sol.

Et, se recevoir actuellement nous met en attente : « Pourquoi m’as tu voulu ? Qui suis-je pour toi ? » Cette attente de Dieu nous dispose à nous laisser rencontrer, et aussi, nous libère de toute angoisse, spécialement l'angoisse de la mort, parce qu'alors on inscrit en nous que nous ne possédons pas notre existence. Elle n'est pas un dû. 

Et l’autre commandement : l’amour inconditionnel du prochain. Se recevoir de Dieu dans le silence -ou dans la louange- et aimer son prochain, c’est se mettre en attente du Père. C’est une attente radicale parce qu’il est le Tout-Autre et une attente personnelle puisqu’il passe par le prochain.

Et par l'incarnation, Jésus, Dieu devenant chair, réalise ce que personne n’attendait : l’union définitive de Dieu avec chacun de nous. Par Jésus, nous avons accès au Père. Nous sommes toujours des créatures, mais des créatures rendus capables d'amitié avec Dieu. Là, les paroles et les gestes de Jésus sont des absolus. Ses paroles disent Dieu. Ses gestes donnent à voir, à toucher, à communier à Dieu. En Jésus nous savons qui est Dieu.

LA Tradition, c’est donc de faire sien, s'approprier, devenir ses gestes et ses paroles : recevoir une parole, un geste et les garder, s’en nourrir, en faire sa lumière personnelle. Puisque Jésus est présent à nous à travers chacun de ses gestes, chacune de ses paroles. Tout de Lui est personnel, actuel et pour moi !

Et comme Jésus s’est uni à nous, notre existence est sacrée. Recevoir son prochain c’est recevoir Dieu. Cela signifie que tout lien humain, toute amitié ou tout geste de miséricorde est liturgique et sacré. Jésus a comme divinisé ce qui est profane, humain : Marie a vécu de Dieu en attendant son enfant, en lui donnant naissance, et en lui prodiguant les gestes ultra simples d'une mère pour son enfant. Voilà LA liturgie, la manière d'être vers Dieu.

Nous, nous apprenons à vivre de Lui par un repas, par des paroles apparemment humaines, par de pauvres témoins. Parce qu’on sait, dans la foi, que Jésus se donne à nous à chaque instant, à travers tout. Et les paroles de Jésus, l’Eucharistie, sont là pour nous réveiller à ce don. C’est Jésus qui nous dit « Je me donne à toi dans ce pain, toi, cultive cette attente. Ton prochain, Lui aussi est une terre sainte, il est mon corps »

Voilà la vie chrétienne. C’est comme une nouvelle attente : comment aujourd’hui Jésus vient se révéler à moi et me faire vivre de Lui ? 

Grégoire +

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