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Celui mâchant ma chair et buvant mon sang a l'éternelle vie

21 Août 2021, 16:57pm

Publié par Grégoire.

Celui mâchant ma chair et buvant mon sang a l'éternelle vie

« Sa parole est rude ! Il exagère ! Qui peut l’entendre ? » Jn 6, 60.

Le don de Jésus est complètement de trop. Nous, on voudrait qu’il nous donne des moyens pour nous en sortir. On croit même qu’il vient pour nous aider. Et Jésus dit presque simplement : « mangez moi, prenez mon corps. Aimez-vous jusqu’à vous manger »

Or ça, ça ne nous aide pas. Mais pas du tout ! Parce que le salut ce n’est pas une aide pour notre nature humaine blessée. Le salut, c’est Jésus qui se donne à aimer jusqu'au bout, qui nous épouse, nous unit à Lui définitivement jusque dans son corps.

Dieu nous aime d’un amour jaloux et il descend habiter partout en nous, surtout là où on est blessé et incapable de répondre. Le manger, c’est accepter d’être aimé aveuglément, le laisser nous habiter sans comprendre, comme la nourriture vient habiter et vivifier notre corps.

LE péché, c’est de réduire ce don à quelque chose de très spirituel, très pur, très intérieur. C’est la réaction des pharisiens « Le pain du Père ? Te manger ? Qui peut entendre ça ? Que Dieu descende dans mon estomac ? Qu’il prenne le même chemin que les carottes et les patates ? C’est n’importe quoi »

C’est la tentation angélique. Refuser que Dieu se serve de la matière, du corps. Or, Jésus s’est uni à Marie comme son enfant. Il a connu le développement de l’embryon et s’est nourri du corps de Marie.

Manger Jésus, c’est accepter qu’il habite notre chair, notre corps, au-delà de notre conscience. Manger Jésus, c’est recevoir Dieu partout en nous. La prière eucharistique dit qu’on ne fait plus qu’une seule chair avec Lui.

C’est cela l’Assomption de Marie. Marie est épousée par Dieu, prise dans toute sa personne. Et ça, c’est pour nous. Comment ? En ayant avec le Père, Jésus et l’Esprit St le même amour, la même intimité qu’une épouse envers son époux, la même simplicité, la même liberté. Sans aucune gêne.

Notre problème c’est qu’on voudrait que notre amour soit très pur, très beau, très très spirituel, très très intérieur. C’est une terrible confusion ! 

En effet, la connaissance est vraie ou fausse, lumière ou ténèbres. Et la vérité se manifeste dans une affirmation : 'C’est du pain, pas une pierre', 'c’est telle musique, pas du bruit'. C'est clair et elle implique aussi qualité, beauté, proportion. Cela c'est pour tout ce qui relève de la lumière, de la connaissance, de ce qui est pensé, connu, réalisé.

Alors que l’amour est tout autre. L’amour, c’est d'abord un effet produit en nous. C’est, en nous, le fruit de la bonté d’un autre. Aimer, c’est donc laisser un autre être source pour nous. Permettre à un autre de débarquer dans notre vie. Et donc se livrer.

C’est donc, non pas vérité et erreur, mais pauvreté et gratuité : pauvre, je suis face à un autre -ce qui n’est pas moi. Et c’est gratuit car l’autre je ne l’ai pas fait. Aimer c’est laisser un autre débarquer avec tout ce qu’il est, sa pâte humaine et accepter que tout puisse servir : ma misère, mes pauvretés, pour être encore plus donné, encore plus présent.

Enfin, si on peut connaitre sans son corps, aimer implique toute notre personne : notre corps, notre sensibilité et tout ce qui est pesant. Aimer implique comme de manger l’autre et d’être un peu mangé. Les pharisiens refusent cet excès : « C’est insupportable. Surtout vis à vis de Dieu, du "sacré" ! »

Alors Jésus interroge « Cela vous scandalise ? Vous voulez partir vous aussi ? » Parce qu'il veut qu'on vive avec Lui -et entre nous- cet excès qu'il vit éternellement avec le Père « Qui mange ma chair et bois mon sang, demeure en moi et moi en Lui »

Voilà l’éternelle vie !

Grégoire +

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