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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Parce que c'est toi

24 Juillet 2021, 18:44pm

Publié par Grégoire.

Parce que c'est toi

« Où pourrions-nous acheter du pain pour qu'ils aient à manger ? »

La multiplication des pains dit le don de Jésus pour nous. C’est un don gratuit, substantiel, surabondant : il reste douze corbeilles.

Les miracles sont toujours la manifestation visible d’un don réel de Dieu, mais caché. Les miracles de Jésus disent visiblement quelque chose de son don personnel. C’est ça la réponse de Dieu à toutes nos luttes, nos déceptions et nos échecs : Dieu se donne à nous en personne. Il est là, présent à nous, en nous, et il se sert de tout pour nous attirer à Lui.

Mais nous, on voudrait que son don soit efficace, que ce soit un changement visible dans notre vie, qu’il nous rende bon, fort, vertueux. C’est la réaction de ces gens : contents d’avoir du pain frais et du poisson à volonté, ils veulent faire de Jésus leur roi !

« Jésus se retira dans la montagne, lui, seul. » Seul. Même les disciples ont cru que Jésus allait résoudre leur problèmes. C’est leur question à l’ascension « quand vas-tu restaurer la royauté en Israël ? » Ils voudraient tellement que Jésus soit une solution efficace.

Or Jésus vient nous faire aimer. Mieux, il vient nous faire être amour. Comment ? L’amour c’est, en nous, l’effet de la bonté d’un autre. L’amour est un fruit. Je ne peux pas décider d’aimer. Seulement que l’autre m’attire dans sa bonté, donc choisir d’être relatif à celui qui m’attire, parce que c’est lui.

La bonté est toujours personnelle, préférentielle et excessive. Personnelle : parce que je suis seul face à l’autre. Préférentielle : je touche ce qu’il y a d’unique en l’autre. Excessive : l’amour est toujours de trop pour nous.

C’est ça le pain offert et multiplié. C’est -comme l’eucharistie, le signe de celui qui aime : il est offert personnellement, livré à l’autre jusqu’au bout, inutilement, pour toucher la bonté de l’autre.

Vivre cet état d’offrande permet de toucher qu’on est aimé sans retour. Sans condition. Sans résultats visible. Car vouloir un résultat c’est vouloir utiliser l’amour pour autre chose que lui-même. L’amour se suffit à lui-même. J’aime pour aimer. On aime telle personne parce que c’est elle. Point.

Jésus nous aime ainsi, pour nous même. Parce que c'est nous. Et c’est son amour qui nous rend bon. C’est sa bonté personnelle qui nous transforme. Même là où le mal semble triompher, Jésus nous attire. Sa bonté s’exerce de fait, surtout là où ça va mal en nous, pour nous ressusciter là où on ne peut plus rien, pour s’emparer de nous jusqu’au bout.

Et il faut mendier de toucher sa bonté dans nos luttes pour vraiment trouver notre repos en Lui. Que cela ne changera pas.

Comment ça ? L’amour réclame d’être vécu pour être connu. Il faut donc faire taire nos raisonnements, nos rêves, nos déceptions, pour nous laisser aimer. Se laisser aimer, c’est enlever toutes nos carapaces, supprimer tout nos désirs d’utiliser Jésus et même de vouloir utiliser notre vie à quelque chose. Pour que sa bonté s’exerce sur nous. Et se laisser aimer. Pour le laisser s’imposer à nous. Le laisser nous prendre, nous entrainer, sans mettre la main sur lui.

Grégoire +

 

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