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Père, glorifie ton Fils (IV)

19 Mai 2021, 16:35pm

Publié par Grégoire.

Père, glorifie ton Fils (IV)

« Père, glorifie ton Fils » 

Ce qui est étonnant, c’est que Jésus se sert de notre expérience de la paternité pour désigner Celui qui est la source première de tout. Le prologue de l’Évangile dit « ν ρχ, dans le principe de tout, dans la source », dans l’Apocalypse c'est : « sur le trône, quelqu’un ». Or, en Dieu il n’y a ni langage, ni parole, ni concept, ni corps, ni temps, ni relation qui commence ou fini, ni intériorité ou extériorité : Il EST. De même qu'il n'y a rien en dehors de Lui, puisqu'Il est LA Réalité.

Dieu n’est donc pas "Père et Fils" comme nous. Pourquoi alors Jésus désigne-t-il Celui qui est la source de tout par ce nom de « Père »

Jésus dit « Père », car d'abord, tout en Dieu est personnel. Rien n’est anonyme ou selon une nature aveugle ou prédéterminé. Dieu n'obéit pas à des règles qui s'imposeraient à Lui. 

Ensuite, Il est celui qui n’est que Source. Pour nous, nous existons, puis nous devenons père ou mère. Lui, toujours il engendre. Et, il porte toujours en dedans de Lui ce dont il est source : son secret éternel, unique engendré et nous-même. Cela signifie que le Père ne peut plus se connaitre, s’aimer, sans nous. On fait partie de Lui, même si on ne lui ajoute rien...

Enfin, n'est-ce pas pour montrer que son amour qui engendre, s'impose à celui qui est engendré ? Comme pour nous, l'enfant ne peut choisir son existence, ça s'impose à lui. De même, ou encore plus, le Père est engendrant, et c'est un amour qui s'impose à tout ce qu'il engendre.

Et à la Croix, comme dans l'Eucharistie, Jésus ne dit que cela: « Père ». Son dépouillement, sa pauvreté, son inutilité, le don de Marie, de son coeur, et l'état victimal de son corps dit qu'il reçoit tout ce qu'il est du Père.

« Père, elle est venue l’heure et c’est maintenant » Le maintenant, c’est ce que Jésus fait pour chacun de nous à chaque instant dans notre chair : nous introduire dans l'éternelle vie, qui est de nous faire vivre du Père comme lui en vit, en nous faisant Fils bien-aimé dans tout ce que nous sommes. C'est qu'il fait pour chacun de nous, maintenant ! Cela veut dire que notre vie n'est pas ce que nous en faisons, mais ce que Lui en fait. C’est son oeuvre, son labeur, sa réalisation, selon son efficacité divine, éternelle, donc actuelle.

Et notre labeur, c’est de vivre de ce don à la fois comme déjà acquis, et comme devant être actué en nous. Non seulement ouvrir les yeux sur ce qu'Il fait de moi, qui reste invisible mais qui ce qu’il y a de plus réel en nous. Et aussi voir comment Jésus me conduit à vivre cette réalité d'être Fils avec Lui. C’est à dire devenir offrande au Père, hostie, agneau. Cela c’est faire la volonté du Père, coopérer en Fils, dans une initiative gratuite, dans un amour qui devance l'attente du Père. 

Connaitre le Père, agir en Fils c’est non seulement choisir de Lui abandonner notre vie, chercher à se laisser faire, vouloir être conduit, lui remettre tout ce que l'on est : c’est de fait une naissance toujours nouvelle, qui réclame de toujours tout réapprendre.

Et aussi, être vers le Père, c'est se servir de tout ces états de pauvreté dans lesquels nous sommes, les lui remettre, comme toutes nos actions, nos projets, nos résultats, nos blessures, notre efficacité, nos médiocrités, sans jugement, ni regard rétroactifs. Parce que le propre du Père, c'est d'être une source telle qu'il se sert de tout pour nous engendrer en Lui, non plus comme créature, mais comme fils dans le Fils.

Être l’enfant bien-aimé du Père, c’est pour chacun s’abandonner au Père et laisser les paroles de Jésus nous faire renaitre, nous posséder, pour être définitivement marqué de ce regard actuel, efficace du Père sur nous. Redire avec Jésus de l'intérieur « Père, Abba, Papa ».

C'est pour pouvoir dire cela en vérité, dans un abandon total de soi que l'Esprit Saint nous est envoyé : âme de notre âme, vie de notre vie. Il est celui qui de l’intérieur nous donne de nous voir comme celui que le Père aime : sans condition, comme son secret, son unique. 

Grégoire +

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