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Être là, comme inutile, dans un pâtir à l'état pur..

2 Avril 2021, 12:08pm

Publié par Grégoire.

Être là, comme inutile, dans un pâtir à l'état pur..

Jésus a accepté de se taire et de prendre la dernière place pour montrer, dévoiler la présence silencieuse du Père. Jésus accepte d'être présumé coupable, de passer pour un tordu, un pervers et d'être crucifié pour révéler -en creux- Celui dont il se reçoit et en qui il trouve son repos : le Père, pure bonté, Celui qui est LA Réalité. Sa mort apparement inutile révèle la présence du Père, et pour la toucher, on doit comme vivre le même état intérieurement, choisir d’être offert en pure perte, sans raison.

Le pardon, la miséricorde ne sont qu'un moyen pour dire Celui qui est Amour. On ne peut s'arrêter à la miséricorde. L'amour est ce pour quoi s'exerce le pardon !

Jésus choisit de disparaitre. Il se sert du jugement des grands prêtres et de la trahison de ses apôtres pour donner à la mort, à toutes violences, une nouvelle dimension.

Mort, le cadavre de Jésus est alors remis à la terre. Il n’y a plus de corps visible, plus de souffrance pour compatir. Il n’y a plus rien. C’est l’absence, le vide. Séparée du cadavre de son Fils, Marie vit cette absence, cette négation mortelle, cette échec total. Elle vit cet état cadavérique, ce silence de mort.

Il n’y a plus que l’abandon, il n’y a plus que la brutalité des faits : c’est la violence de la mort, de la mise au tombeau, qui plongent ceux qui restent dans une solitude totale : être là, comme inutile, dans un pâtir à l’état pur. Chacun vit ce moment du sépulcre : c’est l'ultime étape. Cette étape, on peut dire que le monde l’a toujours vécu, comme il a toujours vécu l’Agonie et la Croix. Mais il y aura un moment -et nous y sommes peut-être - où l’Église, chacun- devra vivre, d’une manière toute particulière, ce moment du Sépulcre.

Et dans le cadavre divin qui repose c'est, mystérieusement,  qu'est réalisé le salut et que s'opère la recréation : car alors, dans le cadavre, le cadavre subsiste directement dans le Verbe. c'est à la mort, à la séparation de l'âme et du corps, que le Verbe est devenu CHAIR ! 

La chair de Jésus est Dieu. Cette matière inerte qu'est le cadavre de Jésus par la mort devient Dieu. La passivité du cadavre de Jésus dit alors immédiatement le Fils face au Père ! La cadavre de Jésus, c’est « La terre qui vint au secours de la Femme » Apoc 12.  Vivre cet état de la chair morte tue tout orgueil, toute volonté d’être des satisfaits, de dominer.

Nous sommes faits Terre Sainte, Terre promise, Temple nouveau, Arche d'alliance.. dans notre personne, dans notre chair avec tout ce qu'elle comporte de lourdeur et d’obscurité, nous le sommes fais à ce moment là ! Ce n'est pas manifeste, mais cela est ! 

Pour vivre de cette victoire cachée, non encore manifestée il faut épouser ce chemin qu’est l’état de Jésus au Sépulcre, accepter cette absence apparente, cette solitude, le nuit du tombeau : être là, comme inutile, dans un pâtir à l’état pur, pour être pris, par l’action du père. Devenir comme du bois sec, incapable, inerte, inutile, pour être totale réceptivité, totale attente de Dieu, et pouvoir être ressuscité : engendré à nouveau !

Grégoire +

 

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