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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Afin que rien ne soit perdu ...

16 Avril 2021, 16:15pm

Publié par Grégoire.

Afin que rien ne soit perdu ...

« Rassemblez les morceaux restants afin que rien ne soit perdu » Jean 6, 12

Ce signe de la multiplication des pains, pique-nique champêtre au bord du lac, nous dit le don de Jésus pour nous : un don complètement gratuit, excessif, surabondant : il reste douze corbeilles de trop. Curieusement Jean ne dit pas combien de bouteilles il restait à Cana… 

C’est cela à quoi serve les miracles, et c’est pourquoi Jean appelle cela des signes : ils désignent quelque chose de réel mais caché. Et c’est bien le problème : Jésus est venu se donner divinement, pas nous sauver humainement. Or, les gens nourris, content d’avoir des petits pains frais, et du poisson à volonté, veulent faire de Jésus leur roi. 

« Jésus se retira dans la montagne, lui, seul. » Seul. Cela manifeste que les disciples se ont été contaminés par ce désir d’un messianisme temporel. Ils attendent encore un messie humain, temporel. 

C’est encore la question des disciples au moment de l’ascension : « quand vas-tu restaurer la royauté en Israël ? » Ils voudraient tellement que Jésus règle enfin tout les problèmes de cette terre. Et on peut passer sa vie à attendre de Jésus un salut humain, des résultats temporels, visibles, un salut politique, une sainteté qui soit à notre taille... 

Or Jésus est mort et Ressuscité, non pour nous convaincre de quelque chose ou nous sauver humainement, mais pour nous mettre avec Lui face au Père. Pour nous faire vivre du Père. Et on y est. C’est ce qu’est notre vie. Bien que ce ne soit pas visible. Et, ne pas croire, c’est en rester aux apparences visibles, juger des choses matériellement, selon les résultats. C’est cela les ténèbres du monde. Juger selon les apparences. Et sur ceux-là, « la colère de Dieu demeure » comme dit Jean Baptiste. Colère, pour dire que rien ne blesse plus le cœur du Père que ceux qui ont reçu la révélation, ne goûte pas son amour, et en restent à mesurer les choses selon leur prudence et la matérialité des faits.

Nous sommes ensemble face au Père, et Jésus exige de nous cette charité fraternelle qui dépasse tout amour humain normal. C’est cela le signe du pain : aimer jusqu’à se donner à l’autre pour être mangé par Lui. 

C’est seulement ainsi qu’on peut-être face au Père avec Jésus, parce que c’est comme cela qu’est le Père pour nous, et c’est comme cela qu’on doit désirer être les uns pour les autres. Désirer, car jamais sur terre l’amour que l’on désire vivre sera pleinement vécu dans notre corps comme il devrait l’être. Sauf si Jésus nous fait la grâce d’offrir notre vie comme martyr, comme Lui à la croix, comme Jeanne d’arc, ou comme le Vierge Marie, offerte au Père en pure perte et qui part cachée, sans gloire, sans aucun regard extérieur.

On devient le pain du Père et le pain de nos frères, quand on donne nos réserves, ce qu’on a mis de coté, quand on fait « s’asseoir nos frères », serviteur de ceux qui suivent, et surtout quand on cherche jusqu’au bout à écouter Jésus, à le laisser faire, le laisser nous donner aux autres, et enfin « ramasser ce qui reste » : c’est à dire, ne rien perdre de son don et demeurer dans l’action de grâce.

Grégoire +

 

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