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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Maintenant je viens et je vous prends auprès de moi

9 Mars 2021, 09:05am

Publié par Grégoire.

Maintenant je viens et je vous prends auprès de moi

à ma mère, Evelyne Plus née Toussaint, retournée vers le Père lundi 01 mars 2021

 

« Que votre coeur ne se trouble pas, vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi; je pars vous préparer une place, et quand je serais allé, je reviendrai et je vous prendrai près de moi afin que là où je suis, vous aussi vous soyez… » Jean 14, 1-3.

Maman, mamyline, je m’adresse à toi, directement, puisque tu es là, avec nous, tu nous vois, tu nous écoute et tu nous souris, puisque tu es encore plus vivante, encore plus libre, puisque tu es en Dieu, tu le vois; C’est extraordinaire : maintenant tu Le vois, tu sais, maintenant, et tu en vis déjà, tu as cette sérénité, cette douce paix que j’ai vu en te voyant le lundi 1er mars au soir, en un fraction de seconde, en célébrant une messe immédiatement après avoir appris ton départ, ton sourire tellement simple, presque irréel tellement il était simplement délicat, mais tel que je n’aurais pu l’imaginer. Je sais que je t’ai vu et je t’en remercie de cette vision. 

Et là, toi, tu nous vois, tu nous comprends comme Lui nous voit : de l’intérieur. Tu ne vois que notre sainteté, rien de nos défauts ou de nos lenteurs dans l’amour. Tu nous es présente, puisque tu es présente de la présence de Dieu, présente à chacun d’entre nous.

Jésus est venu te chercher, il est venu te prendre auprès de Lui, il te voulait… les seuls circonstances de ton départ si soudain, c’est papa qui nous les a donné en choisissant cet évangile : c’est « je reviens et je vous prend près de moi » voilà, c’est un rapt divin. Jésus a été, oserais-je dire, attiré non seulement par ta bonté, l’amour généreux que tu portais, que tu lui mendiais, mais aussi et surtout par ta pauvreté, ta petitesse… c’est cela qui l’attire en nous. A travers le lien personnel que j’ai eu avec toi, j’ai vu combien Jésus se rapprochait de plus en plus, et là..  il s’est tellement rapproché que tu es partie en Lui. 

C’est Jésus qui t’a prise, il avait soif de toi : Jésus a tellement soif de nous, tellement plus que nous de Lui; Jésus désire tellement nous avoir auprès de lui, et aujourd’hui tu es ce désir de Jésus sur nous, tu nous dis et tu réalises ce désir intense qu’il a de chacun de d’entre nous.

Et j’entend d’ici tout tes amis du ciel, ceux avec qui tu entrerais un lien si unique, si fort, tout ces amis qui t’accueille aujourd’hui dans la joie, certainement en applaudissant, et nous derrière qui t’accompagnons par notre prière, nos chants, nos larmes, notre amour. 

Tu es aujourd’hui la plus choyée au ciel puisque tu y es la plus petite, la petite dernière arrivée, et les petits derniers sont toujours les plus choyés, les plus aimés. J’entend cette joie qui résonne, cette joie qu’ils ont à t’accueillir avec la petite Vierge Marie, la petite enfant du Père, qui t’aime tellement, et dont le sourire te permet de ne pas être impressionnée par tout ces grands saints. J’entend presque Jean Paul II t’appeler par ton prénom avec son accent polonais que nous aimons tant.

Et aujourd’hui, Maman, Mamyline, en t’accompagnant si je veux te dire un IMMMENSE Merci avec mes frères, mes soeurs, tes petits enfants et tes amis, c’est surtout Jésus qui te remercie. Jésus te remercie pour ce don tellement généreux de tout toi-même aux tiens et à tout ceux qui ont été sur ton chemin. 

Jésus te remercie, et nous aussi, nous sommes avec toi dans l’action de grâce, puisque toute l’éternité c’est l’action de grâce, c’est remercier le Père d’être tellement Père, Jésus d’être devenu notre frère, notre ami, notre sauveur, de s’être fait Agneau pour nous.

MERCI pour ton âme de feu, pour ton ardeur, ton élan sans cesse renouvelé et merci pour ta soif de lumière, d’aller toujours au-delà de ce que tu connaissais;  Merci de nous avoir communiqué ta soif de prière, d’avoir été une mendiante du Père.

Merci encore a toi, maman, mamyline, d’avoir été et d’être encore aujourd’hui encore plus pour nous une présence du Père, de Jésus, de Marie.

C’est cela que le Père a voulu pour nous : se donner à nous à travers nos liens fraternels, nos liens personnels; à travers notre fécondité naturelle que l’on soit source de vie divine. C’est La grande réponse, la réponse étonnante de Dieu à nos problèmes, à tout nos problèmes : nous faire connaitre et nous faire vivre de sa paternité : Dieu est Père ! Il est ton Père maman. Et son Fils s’est fait notre frère, notre sauveur, il est venu nous chercher, se servir de nos pauvretés pour nous faire vivre, dès maintenant, sa vie divine. Et cela par une femme, Marie, parce que la femme c’est la créature la plus proche de Dieu, elle est le sommet de la création, parce qu’elle est la créature la plus fragile, celle qui est capable d’un autre, de le porter non seulement physiquement, mais durant toute sa vie comme un. Dieu est Père, mais il est aussi comme une mère. C’est le titre de ce petit livre que tu avais avec toi : Dieu est comme une mère : il nous porte à chaque instant, et c’est comme cela que tu as été envers nous, tes enfants naturels et spirituels, tu nous a portés et tu as été, pour nous, sans que ni nous, ni toi ne le réalise, une présence du Père. C’est cela le fond réel, divin, au delà des apparences, de la vie de chacun.

J’ai ce passage dans le coeur du chap 16 de St Jean, ou Jésus compare son départ à un enfantement: « En vérité vous pleurerez, vous serez tristes… mais votre tristesse se changera en joie..la femme sur le point d’accoucher s’attriste que son heure soit venue, mais lorsqu’elle a donné le jour, elle ne se souvient plus des douleurs dans la joie qu’un homme soit venu au monde.. Vous aussi maintenant vous êtes tristes, mais je vous reverrai de nouveau  et votre coeur sera dans la joie, et votre joie nul ne vous l’enlèvera.. » Jn 16, 20-22. 

Si on lit bien ta vie, tu as participé envers tellement de personnes, tes enfants et petits enfants, envers Papa, à leur enfantement à la grâce, tu nous a porté dans cette nouvelle naissance à la vie divine. C’est le Père qui a veux utiliser nos liens naturels et nos liens fraternels pour qu’on soit source les uns pour les autres de vie divine, plus être très concrètement, les uns pour les autres, présence du Père, de Jésus. Il suffit de notre bonne volonté, de notre désir : Jésus use de notre soif, de notre confiance pour qu’on donne sa présence à travers notre désir d’aimer, de pardonner, de le recevoir à travers les pauvres instruments que nous sommes.

C’est comme cela que tu désires qu’on se regarde et qu’on se reçoive, c’est ce que je reçoit de toi aujourd’hui. Apprends nous à nous recevoir les uns les autres comme des présences de Jésus, comme des sources de grâce. Moi j’ai besoin que tu viennes me le redire tout les jours !

Quand j’ai célébré la messe de Marie Porte du Ciel, lundi au soir de ton départ, j’ai proclamé cet évangile où Jésus sur la Croix dit à Jean : « Voici ta mère ». Ces paroles de Jésus, comme tout l’évangile sont actuelles, Jésus les a dites pour hier, pour aujourd’hui et pour demain. Et l’évangile qui n’a jamais été pour toi ni une vitrine, ni une histoire lointaine, mais Jésus qui nous dit ce qu’il nous donne et nous fait vivre. Et bien j’ai reçu ce soir là, en les proclamant, ces paroles vivantes de Jésus : « Voici ta mère » J’ai entendu Jésus me la dire cette parole. Et c’est là que tu m’as souris. Il t’a pris auprès de Lui pour que tu sois encore plus mère pour moi, pour nous, que comme Thérèse tu nous sois encore plus présente, bien que nos mots maladroits nous font croire que tu es loin en disant que tu es « au ciel ». De fait, tu n’as jamais été aussi présente : personne n’est plus présent qu’un mort. Et si ta perte marque l’éternité dans nos chairs, un désir accru du ciel, c’est parce qu’a chacun tu es aujourd’hui complètement présente. C’est pour cela que je te reçois encore plus comme mère : tu accrois mon désir du Ciel, j’ai quelque chose de mon coeur au ciel, avec toi et de cela encore je te remercie !

Il y a aussi cette parole de Jésus qui me revient, là aussi, celle avant son départ : « Maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé, et parce que je vous ai dit cela la tristesse remplie vos coeurs, cependant je vous dis la vérité, il est bon pour vous que je m’en aille… » Jn 16, 7. Je te l’entends me la dire cette parole, et c’est vrai, l’évangile donne la vrai signification de toute notre vie, de tout nos actes; il n’y a que l’évangile qui puisse donner une lecture réelle de ce qu’on vit; « il est bon pour vous que je m’en aille, autrement je ne pourrais vous envoyer le Paraclet, l’Esprit-St consolateur » Jésus t’a prise auprès de Lui, pour nous unir encore plus profondément à Lui, et entre nous, et que tu sois source de grâce pour nous, et que tu nous donnes la vraie, la seule consolation : celle pour laquelle nous sommes faits : le Ciel ! nous sommes fait pour voir Dieu, nous serons à l’aise et pleinement vivant qu’au Ciel !

Toi, la Vivante, tu étais faites pour le ciel, tu a toujours été de la race de ceux qui cherchent Dieu, tu as toujours tout vécu tambour battant, jusqu’au bout, et aujourd’hui ce rapt divin qui nous fragilise, qui nous rends petits, humbles, pauvres, sensibles, vulnérables, nous dispose à recevoir ce désir de Jésus sur nous … et c’est bon d’être affaibli, de sentir que nous sommes rien, que nous ne sommes pas ce que nous faisons, mais que nos blessures, notre fragilité, notre petitesse, notre incapacité à gérer notre peine nous met en attente de ce que Jésus veut nous donner, à travers toi, avec toi ! Merci Maman. 

Ton départ est une douleur et une grâce. 

Thérèse avait demandé à Marie du Sacré-coeur de ne pas pleurer au moment de son départ; toi, il me semble, peut-être, que tu nous dis de ne pas avoir peur de pleurer, de nous manifester notre peine et qu’on puisse être source de consolation les uns les autres; Jésus a pleuré sur son ami Lazare, et pour nous, il s’est abaissé le plus possible : il s’est fait petit enfant, il s’est fait l’Ami des hommes, il s’est tellement abaissé, qu’il est venu nous laver les pieds, prendre sur lui nos fautes, et il nous aime tellement qu’il s’est fait notre pain et c’est ce chemin de petitesse auquel tu nous conduis.

C’est cela que j’ai reçu dans l’évangile de lundi, jour où tu es parti : « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux, pardonnez et vous serez pardonné… »

Merci de nous accompagner, chacun, de continuer auprès de nous ce que le Père a commencé avec toi, de mendier auprès de Jésus les grâces dont nous avons besoin … et il y en a des urgentes !  Et je sais que Jésus ne pourra rien te refuser : comment pourrait-il refuser quelque chose à une mère ? 

Je voudrais terminer par cette prière du Cardinal Mercier que tu répétais chaque jour et que je reçois comme un petit testament de ta part, une lettre du ciel. Je vais la dire avec toi maman, mamyline : « O Esprit-Saint, Ame de mon âme, je Vous adore ! Eclairez-moi, guidez-moi, fortifiez-moi, consolez-moi. Dites-moi ce que je dois faire, donnez-moi Vos ordres. Je Vous promets de me soumettre à tout ce que Vous désirez de moi et d’accepter tout ce que Vous permettrez qu’il m’arrive. Faites-moi seulement connaître Votre volonté. Amen »

Grégoire +

Cathédrale de Lisieux le vendredi 05 Mars.

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