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La miséricorde, ce secret des pauvres

22 Mars 2021, 15:28pm

Publié par Grégoire.

La miséricorde, ce secret des pauvres

 « Moi, je ne juge personne » Jn 8, 15

Jésus face à la femme adultère, c’est pour St Augustin tout l’évangile : la misère face à la miséricorde ! pour y entrer, il faut entendre Jésus nous dire personnellement : « moi, je ne te juge pas ». Jésus suspend son jugement par rapport à chacun de nous, parce que non seulement il ne nous regarde jamais par nos petits côtés, mais parce qu’il voit en nous sa créature, ce qui est éternel, ce qui est en attente de Lui. Alors que les pharisiens ne regardent que la faute occasionnée, oubliant d'ailleurs les leurs, Jésus, lui, regarde la personne. Et il écrit sur le sol comme pour montrer qu'ils s'acharnent sur quelque chose de complètement accidentel, passager. Et il se tait tellement leur hypocrisie est nauséabonde : ils font pire que cette femme en la dénonçant, en l'accusant ! C'est là proprement diabolique que d'accuser son frère, en évitant soigneusement de présenter ses propres misères !

Jésus s’abaisse plus bas que cette femme pour dire son don miséricordieux, pour lui mendier sa misère. Il se fait agneau, plus petit que nous, mendiant de nos pauvretés pour, non seulement s’en faire responsable, mais pour nous faire entrer dans quelque chose de complètement nouveau. Sa miséricorde, c’est bien plus qu’une pitié, un pardon sous condition, une exception à la règle; La miséricorde, c’est Jésus donné personnellement, c’est Lui pour moi ! C’est Jésus qui s’unit à nous immédiatement grâce à nos misères.

La miséricorde c’est cet excès d’amour qu’est Jésus lui-même, qui est capable de se servir de tout ce qui est en vain dans notre vie pour nous unir à lui. « Personne ne t'a condamné? Et bien moi non plus, non seulement je ne te condamne pas, mais je viens t'épouser dans tout ce que tu es, et tout de suite. »

Cette manière dont Jésus vient à nous nous éprouve, parce que son don ne supprime pas le désordre en nous ; Il ne vient même pas pour nous éduquer ou pour une thérapie qui évangéliserait efficacement nos profondeurs… et cela nous éprouve que son salut ne soit pas apparemment efficace, qu’il soit même apparemment inutile.

C’est cela la Croix : notre misère devient l’occasion de vivre dans une offrande gratuite de tout nous-même au Père. C’est choisir de pâtir de nos misères et de celles des autres, de toutes ces pauvretés inutiles, qui nous blessent constamment et qui pourraient être évitées en choisissant d’être fait agneau, crucifié par nos misères, de ne pouvoir les résoudre, et choisir qu’elles font de nous une victime offerte, pour Lui.

C’est cela la croix : c’est Jésus qui est agneau, offert en s'emparant de tous les rejets, de toutes les trahisons. Il est holocauste, don gratuit, par nos misères.  

Jésus manifeste à la Croix, par son don apparement inutile, que ce qu’il reçoit du Père est plus que tout ce qu’il peut offrir et faire avec sa vie humaine.

Vivre de sa miséricorde, c'est d'accepter ce chemin scandaleux, obscur pour notre intelligence, ou Jésus vient faire de nous, par les misères ou les luttes que l'on porte, de purs actes d’amours, des agneaux offerts, des actions de grâces. 

Parce que Jésus s’est uni à nous là, dans nos misères, alors non seulement rien dans notre vie n’est vain, acceptant de taire nos raisonnements sur ce que l'on croit comprendre de notre vie, mais ces fautes deviennent le lieu où on est fait amour, offert au Père avec Jésus, selon le chemin qui Lui a voulu, en attendant tout de Lui.

Grégoire +

 

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