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Le sourire de Jésus pour nous

18 Février 2021, 15:38pm

Publié par Grégoire.

Le sourire de Jésus pour nous

« Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ! »

Jésus vient mendier qu’on le prenne, qu’on vive de lui dans nos croix. Parce que chacune de nos croix, de nos souffrances nous donne Jésus. Il n’y a aucune croix où Jésus n’est pas. La Croix, c’est Jésus, donné, livré à moi, c’est le lieu de la grande révélation de Dieu, c’est le saint des saints, c’est Jésus qui épouse toutes souffrances, toutes violences pour nous dire intimement Le Père dans sa bonté ! Parce que celui qui m’est donné à la Croix -donc dans mes croix, c’est le Père : « qui me voit, voit le Père »

La grande conversion, c’est, plutôt que de fermer les yeux en attendant que nos souffrances passent, les ouvrir en grand pour y voir Jésus, toucher sa douceur partout où je suis crucifié, partout où je souffre, que ce soit de ma faute ou non.

Jésus ne regarde jamais notre culpabilité. Il sait que la souffrance nous meurtrie, nous écartèle et Jésus souffre que nous souffrions. Parce que la souffrance a toujours quelque chose d'inutile, d'insensé. 

Et on « renonce à soi-même » : quand on renonce à vivre comme des héros, comme des insensibles, quand on renonce à vouloir y arriver par soi-même, quand on accepte de mendier l'aide de ses frères ! 

Jésus a pleuré et Jésus pleure avec nous. Et quand il dit : « prend ta Croix et suis moi » cela signifie « ne porte pas tes souffrances comme un drame à vivre seul, mais reçois moi là,  j’en ai fait un lieu de révélation, un lieu de lumière et d’amour, un lieu d’épousailles, pour conquérir le coeur de nos frères humains, en leur pardonnant, en portant leur orgueil, leur volonté d’efficacité, leur fausse perfection. »

La souffrance à l’avantage de nous rendre petit, de nous fragiliser, de nous ouvrir à ce qui n’est pas nous. Si on la vit avec Lui, sinon on se durcit et c’est pire que tout. Le Père permet la croix pour nous rendre comme Lui, c’est à dire qu’elle nous rend accessible, mendiant, non-autonome, vulnérable, faible, fragile, sensible, désirant, en attente d’un secours. 

On ne connait plus le Père, parce qu’on s’est rendu inaccessible, insensible, distant, fier, suffisant. On a une image terrible de Dieu, comme si Dieu était un super-héros assis sur un trône avec des super pouvoirs.

La toute-puissance de Dieu, c’est un amour tellement pauvre, une pure attraction, tellement vulnérable qu'il peut descendre auprès des plus pauvres. On aurait envie de dire qu'il ne peut descendre que là ! Aussi, une vie d’échecs complets, des actes stériles, des dégradations définitives, cet amour en fait des lieux de fécondités, de renaissance, de vie jaillissante !

La Croix, c’est Jésus qui vient nous faire être Lui : pain de nos frères humains, leur vin, leur repos, être Agneau pour eux : être des petits Jésus, source de lumière et d’amour divin.

Et si nous célébrons aujourd’hui Bernadette, c’est pour ne pas vivre ce temps sans Marie. Devenir avec elle compatissant, porter avec ceux qui pâtissent leurs souffrances, et ainsi devenir pour eux une présence du Père, une présence de Jésus qui nous sourit à la Croix. Car Jésus sourit à la Croix; il n’est pas dans un drame tragique, un mauvais moment à passer, même si la souffrance est là. Il sourit, et il nous sourit, car il y a une présence inouïe du Père, de Marie, de Jean; et la présence de nos amis dans la violence de la souffrance, leur amour qui communie à nos souffrances, nous donne une joie unique. 

C’est cela prendre sa Croix, c’est prendre Jésus, pour tout vivre en victorieux, parce que l’amour divin est victorieux : en descendant dedans nos souffrances, dedans nos luttes, dedans nos blessures, Jésus fait de ces lieux de morts, d’échecs définitifs, des lieux de fécondité, de lumière, d’amour. 

C'est Marie qui nous fait ne jamais rester seul dans nos luttes, de donner nos croix aux Jésus qui sont avec nous, nos frères, nos soeurs, pour découvrir un nouvel amour dedans ces blessures, dedans ces lieux de désespoirs. 

Grégoire +

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