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Grandeur de la fragilité embryonnaire

5 Décembre 2020, 20:04pm

Publié par Grégoire.

Grandeur de la fragilité embryonnaire

 

Le temps de l’avent, c’est le temps de l’avènement : le temps tant attendu est arrivé ! Dieu n’est plus ‘le lointain’, mais celui qui vient s’unir à nous définitivement, dans la plus grande proximité possible. Et, non seulement pour me dire qu’il est là, pour moi, personnellement, mais surtout me faire naitre à sa vie, me recréer, sans résultats extérieurs visibles.

Et ça, cela exige de renaitre : brûler nos fausses croyances et vivre du terme qui est déjà là ! Vivre de Celui qui, présent mais caché, nous met au terme ! Nous sommes arrivés !

Et là, comment fait-on ? C’est quoi cette proximité radicale dont on a tout de même beaucoup de mal a vivre ?

 

L’Avent -et Noël- c’est, en premier, vivre d’une initiative actuelle et gratuite de Dieu.

Actuelle : je suis contemporain du Christ, puisque l'incarnation c’est l’éternité dans le temps. Cela s’est passé à un moment précis, mais ce qui s'est passé, cela est, encore maintenant, et pour toujours. Mais autrement.

Et c’est gratuit ! C’est un pur don, un don qui est de trop. Une gratuité excessive qui s’impose sans même nous demander notre avis ! (En vivre réclame notre coopération, mais le don est là, définitivement.)

 

C’est cela le salut : Dieu qui vient nous faire sortir de nos scénarios désespérants de perfection ou de repos trop humain, de nos recherches angoissées de vie proprette, aseptisée et sans pauvretés apparentes. C’est Dieu qui vient nous purifier de tout pharisaïsme de la loi, de nos quêtes effrénées d'un salut politique -ou religieux-, de toutes nos vénérations de cultes dont on voudraient qu'elles nous parlent du ciel par leur perfection esthétique, ou de toutes nos manières d’aimer, handicapées parce que volontaristes !

Parce que le Ciel c’est quelqu’un. C'est une bonté substantielle, une pure attraction, un silence d’amour, personnel, intime. Un amour qui n’a pas d’autre raison que lui-même.

 

Et pour vivre de ce don, le Père attend de nous que l’on soit comme des nourrissons qui viennent de naitre ! Dieu prend l’état de l’embryon dans le sein de sa mère pour que nous prenions, chacun et chaque jour- le même chemin. C’est ainsi que Dieu vient nous ‘rééduquer’ à aimer : choisir d’être dans un état de dépendance radicale, de se faire des tous petits, des mendiants, usant de tous nos désirs, faiblesses et fragilités pour vivre l’état de dépendance des tous petits, et redécouvrir la joie d’être porté par un plus grand, la joie d’être attendu !

Et Marie, la femme, nous montre combien l’amour réclame une attente silencieuse, d’accepter d‘être perdu; car c’est cela aimer : non pas se donner dans une espèce de générosité efficiente, mais laisser quelqu’un débarquer et s’imposer. C’est accepter que notre temps soit ordonné par un autre, accepter d’être dans un état de fragilité face à Celui qui seul peut achever en moi ce qui est le plus moi-même; choisir cet état d’attente qui nous rend fragile et vulnérable.

 

Grégoire +

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