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Il répandit l’intensité de son amour en se répandant lui-même comme de l’eau… (9)

5 Juillet 2020, 04:29am

Publié par Grégoire.

Il répandit l’intensité de son amour en se répandant lui-même comme de l’eau… (9)

Jésus dit : « C’est achevé » et inclinant la tête, il remit l’Esprit.

 

Jésus ne nous a pas aimé comme un héros Grec. Il ne s’est pas livré et ne nous a pas donné l’Esprit Saint du haut de sa force. Il s’est livré à nous dans l’impuissante apparence à faire quelque chose pour nous. Il n’y a rien qui fait moins quelque chose pour moi qu’un ami qui se laisse crucifier pour moi. Il sauve le monde dans une inefficacité totale, dans un complet non-résultat, dans un échec rarement atteint.

 

C’est pour un homme, accepter qu’il ne peut aimer que comme un pauvre incapable, et qu’en même temps ça ne le dispense pas pour autant de se donner. L’état de l’homme en état de pauvreté consentie dans l’amour, met la femme face au mystère de Jésus livré. Cette pauvreté acceptée, à laquelle il n’y peut rien malgré toute la bonne volonté du monde; et bien cette pauvreté dans l’amour, c’est vivre dans sa chair ce qu’est le Fils vers le Père. C’est l’état de disposition parfait pour agir dans la personne de l’esprit saint : en mendiant d’amour, pauvre, sans aucun ayant droit. 

 

Et tout les efforts de la terre pour aimer davantage n’auront comme fruit que d’être davantage lucide sur cette incapacité à pâtir gratuitement d’un autre, à vivre à cause de l’autre. L’amour est toujours l’effet en nous de celui qui nous attire et réclame de vivre donc à cause de lui. 

Et là c’est difficile pour la femme d’accepter que l’homme est et sera toujours incompétent dans l’amour. Parce que dès les origines, l’homme ne lui a pas été donné pour être compétent, mais pour être cette fragilité qui va la désarçonner. Et les femmes ont un moyen de ne pas se laisser désarçonner, c’et de traiter la fragilité de l’homme maternellement.

 

Or Jésus à la croix n’est plus un tout petit. Il est dans la fragilité d’un homme mur. Même si sa petitesse est plus radicale que celle d’un enfant qui vient de naitre. Ça va encore un homme fragile comme un enfant, là une femme s’en occupe comme une mère. Mais un homme fragile comme homme, là une femme ne sait plus quoi faire.

 

Et c’est donc en recevant Jésus crucifié, dans cet état d’extrême fragilité, sans défense, sans aucune explication que cette vie nouvelle se déverse en nous et nous rend fécond de la vie de Dieu. Parce que bizarrement à la résurrection Jésus a toujours les marques de la crucifixion ! Pour bien nous montrer que cette fragilité extrême vécue à la croix, est au-delà de la souffrance vécue, de la violence qu’il porte et dont il se sert pour dire jusqu’au bout comment est son coeur pour le Père et pour nous, dans quel état de vulnérabilité il se trouve en nous étant livré.

 

Ce n’est qu’en apprenant à recevoir Dieu dans la fragilité du Christ que l’homme peut apparaitre aux yeux de la femme sous un tout autre regard. Comme étant plus un cadeau dans sa fragilité consentie que dans les qualités qu’on rêverait qu’il ait, qu’il n’a pas et qu’il n’aura jamais. 

 

Recevoir et vivre sous la motion de l’Esprit Divin, réclame la décision de se soumettre à la fragilité de l’homme et non à son pouvoir. C’est même en quelque sorte plus facile de se soumettre à son pouvoir. C’est plus facile parce que pour tout un chacun le rapport dialectique, d’opposition, de lutte est plus facile que de laisser la bonté gratuite, aveugle, naïve couler l’incompétence abyssale de celui qui sous un autre rapport manifeste l’assurance  protectrice, le pouvoir et la force.

Et la bonne nouvelle qu’apporte Jésus est dans le fait que nous sommes fait fragile, et que dans cette fragilité peut jaillir quelque chose qui n’est pas dans notre prolongement.

 

Alors que 90% des sociétés sont basées sur la domination de l’homme dans l’espace public et visible, et la manipulation de la femme dans l’espace privé, c’est à dire la maitrise de l’homme par sa fragilité. Et là, c’est précisément ce qui rend le couple imperméable à la présence de Dieu. Parce que ce n’est pour l’homme que dans le consentement humble à sa fragilité et à sa pauvreté, qui permet à Dieu de le confier à la femme, comme quelque chose du Christ à la croix. Être servante de cette vie qui se manifeste dans le crucifié, c’est d’abord en accueillant cette fragilité de l’homme qui essaye d’aimer mais qui ne sait pas, et qui finalement peut faire une chose : se livrer. A défaut de savoir aimer ou même de savoir ce qu’il faut faire, il peut se livrer.

à suivre ...

Grégoire +

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