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Il répandit l’intensité de son amour en se répandant lui-même comme de l’eau… (7)

20 Juin 2020, 23:23pm

Publié par Grégoire.

Il répandit l’intensité de son amour en se répandant lui-même comme de l’eau… (7)

Jésus dit : « C’est achevé » et inclinant la tête, il remit l’Esprit.

 

C’est là où la marque de la grâce en nous, de l’esprit de Jésus qui nous a marqué, s'il n’est pas vécu dans une radicale pauvreté en esprit, devient terrible. Elle devient cette prétendue maitrise du monde par l’explication rationnelle des choses en se prétendant détenteur du pourquoi ! C’est, pour l’homme, la tentative désespérée de préserver son droit d’ainesse et l’absolutisation crétine de son fonctionnement masculin. C’est pour cela que les hommes face à Jésus, soit ne l’aiment pas, soit en ont la trouille et paniquent. Le pourquoi des choses donnés dans l’abaissement (le lavement des pieds) le service de l’esclave (il se donne comme pain) et l’auto-identification à la misère des autres (la Croix) n’est pas du tout l’image virile, héroïque et chevaleresque que l’homme se fait de lui-même et de la vérité qu’il rêverait de vivre.

Les femmes à l‘inverse, n’ont pas besoin de l’explication du pourquoi si la présence de Dieu leur est donnée intimement et éclaire tout cela. Par contre elles veulent savoir le comment. 

Autant un homme met son grain de sel dans le pourquoi, autant une femme met, assez souvent son grain de sel dans le comment ! Parce qu’elle pense, trop souvent, être l’incarnation du juste comment des choses… C’est souvent un peu ça dans les familles : « va demander à papa pourquoi... le comment c’est moi qui gère ! »

Jésus ne vient pas dire le comment, puisqu’il est le comment. Et dans ce comment, il n’y a pas d’explication, ni de bonnes manières de faire. Juste quelqu’un à suivre, et à aimer. Et il n’y a même pas de bonne manière de l’aimer. Il y a juste à s’occuper de lui et plus de la manière dont on l’aime. Parce qu’il est dans sa personne Le chemin. Il est la manière d’avancer et ce vers quoi je vais. Puisqu’il est La vie. La vie tout court.

Quand Marthe et Marie vienne de perdre leur frère, c’est le comment qui les intrigue : « comment se fait-il que tu n’étais pas là ? Quelle est la cohérence de ta manière de faire ? Au regard de la grandeur de ce que tu dis, tu fais l’inverse. Je sais que mon frère ressuscitera, mais dans le comment je n’aimerai pas qu’on attende trop ! » Et la réponse de Jésus à Marthe est simple : « Je suis la résurrection ! » Autrement dit : « tu veux que ton frère soit vivant ? Mais la vie elle est devant toi ! La solution à ta souffrance, elle est là, c’est moi ! Je suis La solution, mais pas l’explication » 

Jésus se fait le chemin, la porte, donc le moyen. Comment cet homme qui est Dieu peut se proposer comme un chemin et comme un moyen ? C’est en tant que livré pour nous, en tant que crucifié, c’est à dire épousant notre condition humaine jusqu’au bout qu’il vient nous donner de vivre du Père et faire de nous des sources divines.

Et c’est là qu’est le conflit pour nous : que le chemin, le moyen, la porte, le comment, la lumière… soit le crucifié. C’est tout ce que nous ne désirons jamais avoir à rencontrer. Parce que ce qui pour nous est le chemin, et plus spécialement pour la femme, c’est l’amour, la tendresse, la pérennité de ceux qu’elle aime, leur réussite, leur luminosité, leur beauté, leur santé.

Il y a dans Jésus détruit, en état d’altération, tout ce qu’une femme veut chérir dans ceux qu’elle aime. Jésus a été en plus méthodiquement détruit par les hommes. On voit bien cela chez Marie Madeleine au matin de Pâques, cette oscillation entre le désespoir, la colère et l’amour. Elle n’a pas accepté qu’il se laisse massacrer comme ça. Elle n’a pas accepté que s’expose sous ses yeux la destruction de son bien-aimé. Et on voit là, l’immensité du cœur féminin qui est de consentir à se soumettre au crucifié. De devoir se plier à ça ! De ne rien pouvoir changer. En plus elle n’a pas accès à Jésus : il est cloué ! Elle ne peut donc rien faire ! Elle est obligée de se soumettre, de consentir au chemin qu’il est.

Les hommes eux sont effondrés, désarmés. Ils ne sont pas en conflits. Ils ont déserté. Là où il y a trop de souffrance, un homme n’a plus les moyens de la révolte.

Et là, ce dont il s’agit, c’est de se soumettre à la fragilité de Dieu qui s’est fait homme, jusque dans l’extrême anéantissement du crucifié.

à suivre ...

Grégoire +

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