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Le grand maître de l’esbroufe ..

19 Mai 2020, 00:48am

Publié par Grégoire.

Le grand maître de l’esbroufe ..

Sigmund Freud, LE grand maître de l’esbroufe ?

Psychanalyste défroqué, Jacques Van Rillaer continue à dénoncer les errements et mensonges de l’«Oracle de Vienne» dans un ouvrage passionnant.

DOGMATIQUE, sûr de lui, menteur, gourou... Il ne fait décidément pas bon être Freud sous la plume de Jacques Van Rillaer. Psychanalyste défroqué, le professeur émérite de psychologie de l’université de Louvain n’en est pas à son coup d’essai: voilà trente ans qu’il décrypte les errements de l’«Oracle de Vienne» et de ses nombreux disciples.

Passant en revue les fondements de la psychanalyse, mettant en regard les correspondances privées de Freud et ses écrits publics, plongeant dans les guerres intestines du petit monde de la psychanalyse, Jacques Van Rillaer nous livre une magistrale démonstration. Freud et Lacan, des charlatans? On sort de ces pages avec la conviction que les deux stars de la psychanalyse ne sont, à tout le moins, pas les génies bienfaiteurs de l’humanité que l’on veut nous faire croire.

«Il est certain qu’il y a du nouveau et du bon dans la doctrine freudienne de la psychanalyse. (...) Malheureusement, le bon n’est pas neuf et le neuf n’est pas bon», écrivait dès 1908 le psychiatre Alfred Hoche. À lire Jacques Van Rillaer, le bon mot décrit une réalité: Freud n’a pas inventé la psychanalyse ni le concept d’inconscient, et en convenait volontiers jusqu’en 1910. Souvent bâtis à partir d’un rien (une observation, un souvenir...), les piliers de la psychanalyse n’ont rien, strictement rien de scientifique. Et il est vertigineux de constater à quel point l’on a pourtant pu faire nôtres quelques-unes de ses théories, apprises comme vérités toutes nues.

Diagnostic freudien

Dogmatique et sûr de lui, nous dit Van Rillaer, Freud ne prouve jamais rien et accuse ses détracteurs de faire preuve de «résistances». S’il est en désaccord avec un confrère, Freud pose un diagnostic : l’un est paranoïaque, l’autre a un inconscient pervers, un troisième devient délirant... Bref, il fait tout pour être irréfutable, et c’est bien ce qui pèche dans la prétention de sa psychanalyse à être une science.

 

Van Rillaer cite notamment un passage étonnant des écrits de Freud: les hommes primitifs, imagine ce dernier en 1930, n’ont longtemps pu s’empêcher de s’adonner à un «plaisir infantile»: éteindre le feu en urinant dessus, «comme une jouissance de la puissance masculine sans la compétition homosexuelle». Une fois passée l’hilarité, on songe à objecter qu’il ne s’agit là que d’une expérience de pensée, comme peut l'être la caverne de Platon. Certes. Mais Platon ne prétendait pas soigner les hommes!

Freud non plus, d’ailleurs: «Son ambition thérapeutique s’est considérablement réduite en quelques années», écrit l’auteur, qui cite cet aveu de Freud à Jung: «Pour apaiser ma conscience, je me dis souvent: “ Surtout ne cherche pas à guérir, apprends et gagne de l’argent!” »

Freudien ayant tué Freud, c’est finalement Jacques Lacan qui, cité par l’auteur, mérite d’avoir le dernier mot: «Notre pratique est une escroquerie, notait-il en 1977. Bluffer, faire ciller les gens, les éblouir avec des mots qui sont du chiqué.»

«Freud & Lacan, des charlatans? Faits et légendes de la psychanalyse»,
Jacques Von Rillaer, éd. Mardaga.

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