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La joie naît de la rencontre de notre néant avec la lumière qui nous en sauve ..

22 Mars 2020, 23:14pm

Publié par Grégoire.

La joie naît de la rencontre de notre néant avec la lumière qui nous en sauve ..

 

La joie que Jésus apporte n’est pas le fruit d’un comportement moral ou religieux, d’un suivi scrupuleux de la loi.. non ! Elle est actuellement donnée, elle nous attend, puisqu'elle est l’effet de sa parole, sa propriété.

Son amour pour moi, réclame en effet d'être dit, que j’entende dans le secret de mon coeur ce secret dont chacun peut dire en vérité qu'il n’est dit qu'a lui : « je t’aime parce que c’est toi !» L’évangile ne dit pas autre chose ! Et, lorsque cette lumière personnelle de Jésus s’empare de notre intelligence, nous sommes dans la joie !

 

Mais nous sommes aveugles ! Et c’est le grand reproche de Jésus : « C'est pour un discernement que je suis venu en ce monde, pour que ceux qui ne voient pas, voient, et que ceux qui croient voir deviennent aveugles (…) Vous dites: 'nous voyons' -nous savons, c'est pourquoi votre péché, votre tristesse, votre désespoir demeure ». Jn 9, 41.

 

Nous sommes tellement remplis de bruits, de jugements sur nous-même, de paroles vaines ou inutiles, d’opinions, de projets à notre taille ... que nous sommes incapables d’entendre Celui qui, maintenant, me parle, et qui, en se disant, se donne à moi !

 

Jamais Jésus n’a donné d’informations, de méthode à suivre ou un enseignement universel, général, abstrait. Sa parole est toujours personnelle, amicale, amoureuse. Elle est la première manière pour lui de se donner à nous et il est vulnérable à la manière dont on l’écoute. Est-ce que notre manière de l’écouter lui permet de se donner à nous jusqu’au bout ? C'est la question.

 

Il y a en chacun, cette pollution du monde, plus terrible que toutes pollutions, qui transpire spécialement dans les médias, cette nouvelle inquisition, qui déborde aujourd’hui un peu partout, celle de se comporter en pharisiens, de se croire capable de juger des choses ou des gens, de pouvoir mesurer sa vie, pleins de bon sentiments et satisfaits de nous-mêmes !

 

Cette méga-tentation ou l'homme se fait sa propre mesure, fait qu’on devient immédiatement juge et justicier des personnes ! C'est cela la faute la plus terrible; LA faute, c'est bien ce jugement ou l'on est sûr de soi-même ; cette arrogance de la bien-pensance qui se pose en mesure de ce que fait l'autre, et qui voudrait chercher par soi-même à séparer le bon grain de l'ivraie !

 

C'est le propre des bien pensants, de ceux qui se croient dans le camp du BIEN, tolérants,  'ouvert à l'autre' et à la différence... mais intolérants envers ceux qui ne pensent pas comme eux!

 

Or, la joie divine, celle qui ne passe pas, ne peut s’emparer de nous, que si l’on se reconnait pauvre, aveugle et mendiant. Ce qui, de fait, est l’état de la personne humaine face au réel comme le disaient les Grecs : « nous sommes dans le réel comme l’oiseau de nuit face à la lumière du jour.. ». Et cela c’était juste la sagesse naturelle des anciens !

 

Or le drame du monde contemporain est d'avoir réduit la connaissance à ce qu’on peut mesurer, calculer, comparer ! Comment voulez vous alors pouvoir vous réjouir d’une simple fleur ? d’un chant d’oiseau ? d'un ciel ombrageux ? Et alors, combien plus, si c’est une lumière qui vient d’au-delà de notre monde, et réclame donc un étonnement radical, celui de l’enfant qui vient de naitre : « si vous ne devenez pas comme des tout-petits, vous n’entrerez pas dans le royaume…! »

 

Ainsi, face aux luttes, aux lézardes, aux paresses que nous portons, ne pouvant en connaitre la signification, nous ne pouvons nous en remettre qu’à Dieu seul, en mendiant sa lumière !

C'est donc bien choisir la pauvreté spirituelle, celle qui fait qu'on suspend son jugement et qu'on demeure dans un état de manque, d'obscurité du coté de la connaissance qui nous permet de recevoir cette lumière.

 

C'est choisir de ne pas savoir pourquoi par nous-mêmes, et demeurer dans une obscurité certaine face à des états qui semblent parfois désespérés ou sans solution apparente...

 

Cela c'est s'en remettre à Celui qui, dans sa personne, est la lumière ! Et désirer qu'Il nous la donne ! Mais la lumière de Jésus est une vie : ce ne sont jamais des explications ou une méthode à appliquer ! Il est dans sa vie lumière du monde : cela réclame pour nous d'entrer dans cette vie, la vivre avec lui et croire qu'il nous fait être sa présence : « vous êtes la lumière du monde » 

 

Nous ne sommes pas lumière pour nous-même. Lui seul -et surtout à la croix curieusement- nous dit -en nous le faisant vivre, qui nous sommes pour lui et pourquoi nous vivons tel ou tel état; Là il est lumière pour nous, et alors nous touchons, dans la foi qui nous sommes : enfants bien-aimés du Père, appelé à le donner en faisant nôtre toutes les paroles de Jésus puisqu'elles nous sont adressées « la vie éternelle c'est de te connaitre, toi.. telle est le commandement que j'ai reçu de mon Père.. qui me voit voit le Père»

C’est en étant mendiant de sa lumière et de sa bonté substantielle, grâce précisément à nos failles qui appellent cet excès de lumière, d’amour, son don inconditionnel, que nous sommes alors fils dans Le Fils !

 

Grégoire.

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