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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Qu'est-ce que nous aimons dans ceux que nous aimons ?

7 Septembre 2019, 01:02am

Publié par Grégoire.

Qu'est-ce que nous aimons dans ceux que nous aimons ?

Qu'est-ce que nous aimons dans ceux que nous aimons ? Nous croyons les aimer eux-mêmes, mais qu'est-ce que c'est : ‘eux-mêmes’ ? Où s'arrête la personne, ses contours, ses limites, où commence ce qui en elle est bien plus qu'elle, la douleur dans sa voix, l'innocence dans ses yeux ?

Christian Bobin.

 

 

La vérité la plus profonde d'une personne n'est pas ce qu'elle fait, ou ses actes, bons ou mauvais. Elle est dans ce que nous ne pouvons pas faire. Elle est dans l'accueil de ce qui est et qui s'impose à nous. C'est ce qui est, qui existe et qui n'est pas nous, qui nous renouvelle et nous fait naitre à nous-même ! 

La vérité de notre personne implique donc une conversion du regard : contempler c'est voir ! C'est à dire, ne jamais aborder le réel, l'autre ou soi-même à partir de ce que nous en connaissons déjà, à partir du passé, ou encore à partir de nos compétences ou de nos choix. On ne nait à nous-même, que dans la mesure où on laisse ce qui existe nous déborder, nous faire naitre à autre chose que nous, que ce que nous pensons, rêvons ou désirons...

Autrement, nous nous empêchons d'aller plus loin que nous même. Nos rêves, aussi grand soient-ils, sont rien à coté de ce qui existe. Et on sait combien nos rêves peuvent nous tyranniser, nous faire rester relatifs à nous-mêmes et tuer un lien d'amour, faire avorter un lien personnel qui, lui, nous oblige à nous quitter nous-mêmes... Pourquoi ? parce que nos rêves, nos projets sont nos bébés, ils sont notre prolongement, on les maitrise, on voit leur fruit, ils nous ennoblissent. L'autre, en nous attirant nous appauvrit, nous rend vulnérable, relatif et fragile. Et ça, c'est insupportable pour quelqu'un qui fait de soi-même, sa fin, son but. 

Seul l'autre dans sa bonté personnelle nous permet de nous quitter nous-mêmes et nous ouvrir au Tout-Autre. 

Grégoire Plus.

 

 

Je voudrais arriver à la mort aussi frais qu'un bébé, et mourir avec cet étonnement des bébés qu'on sort de l'eau. L'émerveillement crée en nous un appel d'air. L'éternel s'y engouffre à la vitesse de la lumière dans un espace soudain vidé de tout... » 

Christian Bobin. 

 

 

 

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