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Les grands prêtres du moralisme...

9 Avril 2019, 05:07am

Publié par Grégoire.

Les grands prêtres du moralisme...

Comme dans les anciens pays du bloc de l’est, on trouve sur les places des grandes villes Cubaines, ou sur des panneaux d’affichage, des statues et des effigies à la gloire du régime. Les Fidel, Che, Raoul, ou encore Hugo Chavez trônent sur des autels laïcs offerts en vénération au bon peuple. En dessous, des exhortations à l’héroïsme, à la fidélité à la révolution, à la lutte pour la victoire etc. La sainteté communiste quoi. Ceci n’est pas sans rappeler les statues qui trônent encore dans nos églises, avec leur physique kitsch de demi-dieu, revêtus d’une perfection idéale, vainqueur d’épreuves inaccessibles au commun des mortels, exaltant un angélisme culpabilisant pour les petits et désespérant au possible ! Ce discours encore très en vogue d’une sainteté héroïque, d’une tension vers la perfection, d’une sainte horreur du péché, d’une application parfaite de la loi comme modèle de salut reste toujours les soubassements de l’éducation chrétienne en général, et de ses avatars communistes ou fascistes en particulier. Au moins inconsciemment. De fait, nos sociétés occidentales sont basées sur ce modèle-là. Un pharisaïsme qui ne dit pas son nom. Mai 68 –avec ses excès que l’on connait- n’a rien pu faire pour déboulonner ces idoles. Les médias se sont même fait les relais du Dieu gendarme perfectionniste. Ils absolvent ou condamnent. Ils pointent le bouc émissaire qu’il faut chasser ou le juste ignoré. Ils décident du bien et du mal. Et surtout, ils sont ces nouveaux grands prêtres d’un moralisme toujours aussi monstrueux. Celui de l’hypertolérance chez eux. Celui d’une pureté morale extérieure chez les chrétiens.

Cette exigence de résultat ‘moral’ dans le monde chrétien est relativement nouvelle. Une des principale luttes de la vie chrétienne a permis son arrivée.  En effet, la lumière de l’Evangile n’est jamais acquise. Elle est bien trop humaine pour l’homme. Elle exige d’être constamment redécouverte puisque ce n’est ni un message, ni des valeurs, ni des règles, ni une morale, mais… une personne. Ni synthèse, ni catéchisme, ni formule aucune ne peuvent dire ce don qui pour nous est toujours de trop. Or, certains ont voulu ne plus à avoir à toujours tout redécouvrir. A être toujours dépassé. C’est vrai, c’est pénible cette exigence évangélique de rester comme des petits enfants. Ou mieux, à devenir même comme des embryons dans le sein de leur mère. On a tout de même un peu d’autonomie et de prudence. C’est au XIVe siècle, que nous sommes passés d’une mendicité face à un mystère qui nous dépasse à quelque chose qu’on a décidé comme évident et pour lequel il fallut trouver des arguments convaincants. Evolution d’une certitude vécue dans la nuit à un désir d’évidence qui devait être quasi visible. D’où très vite, un refus de la diversité des chemins. Conséquence immédiate : l’autre, celui qui ne pense ou n’agit pas comme moi est devenu le mécréant. Le païen. Le fils du diable quoi. J'ai raison. Tu as tort. Ferme-la. Point final. Et c’est devenu la politique de nos jours. Il n'y a plus aucune vision. Il n'y a plus de débat. Il n'y a que la recherche d'un coupable à blâmer. L’Inquisition inventée par l’Eglise, a été dépassée par les pays totalitaires, mais reprise aussi d’une manière soft et subtile mais non moins puissante par nos démocraties médiatiques.

Dans tous les cas il y a la même paresse d’avoir à tout repenser tout le temps, et la peur d’avouer qu’on ne sait pas. La peur de reconnaître qu’on cherche ou qu’on puisse se tromper. Et derrière cela, agit cette violence communautaire qui détruit nos vies d'une façon incompréhensible : le refus de notre solitude, de notre néant, et l’image de nous-mêmes qui se cristallise  dans cette peur liés à la honte, à la peur d’être seul, de n’être pas accepté et reconnu. De fait, les seules personnes qui n'éprouvent pas de honte sont celles qui sont incapables d'empathie, insensibles, enfermées en elle-mêmes, ou celles qui ont conquis leur solitude. Celles-là ne dépendent plus de l’opinion des autres, ou de ce qu’elles font. Cette pression du regard extérieur existe au plus haut point chez les catholiques. Une rumeur, un petit ragot, oh pour rien, comme ça, avec l’air de ne pas y toucher. Et par derrière, des jugements d’une violence inouïe. Des mises à l’écart. Des mises à l’index. Et des critiques en veux-tu en voilà. Il n’y a souvent pas pire tribunal que des sorties de messes dominicales.

Grégoire Plus.

 

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