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Quand l’âme n’a plus rien que Dieu...

20 Juin 2018, 02:00am

Publié par Grégoire.

Quand l’âme n’a plus rien que Dieu, quand elle n’a plus de vouloir que Sa volonté simple, qu’elle est anéantie et veut tout ce que Dieu veut avec Sa volonté, quand elle est engloutie et réduite à rien [...] l’âme devient avec Lui totalement cela même qu’Il est. (Lettre XIX)

Quand l’âme n’a plus rien que Dieu, quand elle n’a plus de vouloir que Sa volonté simple, qu’elle est anéantie et veut tout ce que Dieu veut avec Sa volonté, quand elle est engloutie et réduite à rien [...] l’âme devient avec Lui totalement cela même qu’Il est. (Lettre XIX)

Ce que l’Amour a de plus doux, ce sont ses violences; son abîme insondable est sa forme la plus belle; se perdre en lui, c’est atteindre le but; être affamé de lui c’est se nourrir et se délecter; l’inquiétude d’amour est un état sûr; sa blessure la plus grave est un baume souverain; languir de lui est notre vigueur; c’est en s’éclipsant qu’il se fait découvrir; s’il fait souffrir, il donne pure santé ; s’il se cache, il nous dévoile ses secrets ; c’est en se refusant qu’il se livre ; il est sans rime ni raison et c’est sa poésie ; en nous captivant il nous libère ; ses coups les plus durs sont ses plus douces consolations; s’il nous prend tout, quel bénéfice ! c’est lorsqu’il s’en va qu’il nous est le plus proche ; son silence le plus profond est son chant le plus haut; sa pire colère est sa plus gracieuse récompense ; sa menace nous rassure et sa tristesse console de tous les chagrins : ne rien avoir, c’est sa richesse inépuisable.

Mais de l'amour on peut dire aussi que sa plus haute assurance nous fait faire naufrage, et son état le plus sublime nous coule à fond; son opulence nous appauvrit et ses bienfaits sont nos malheurs; ses consolations agrandissent nos blessures; son commerce est mainte fois mortel; sa nourriture est famine, sa science égarement; son école nous apprend à nous perdre; son amitié est cruelle et violente; c'est quand il nous est fidèle qu'il nous fuit, sa manifestation consiste à se cacher sans laisser de traces et ses dons, à nous voler encore davantage; ses promesses sont séductrices, sa parure nous dénude, sa vérité nous déçoit et son assurance est mensonge.

Voilà le témoignage que moi-même et bien d'autres nous pouvons porter à toute heure, à qui l'amour a souvent montré des merveilles, dont nous reçûmes dérision, ayant cru tenir ce qu'il gardait pour lui. Depuis qu'il m'a joué ces tours et que j'ai appris à connaître ses façons, je me comporte toute autrement avec lui : ses menaces, ses promesses, tout cela ne me trompe plus : je le veux tel qu'il est, peu importe qu'il soit doux ou cruel, ce m'est tout un. "

Hadewijch d’Anvers, Poèmes spirituels.

 

 

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