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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Comment naître à l'Amour ?

8 Juillet 2018, 01:11am

Publié par Grégoire.

Comment naître à l'Amour ?
La connaissance de soi s’acquiert dans la nudité, attentive à refuser toute pensée susceptible d’accueillir l’égoïsme et toutes ses manifestations. Indifférent à la louange comme aux injures, le connaissant marche seul dans un désert aride. Heureux des rencontres, il ne les sollicite point ; il n’a pas à être rassuré sur l’importance de sa démarche, aucun encouragement ne lui est nécessaire. La lumière dont il entend l’appel lui suffit : le reste est bourdonnement.
(...)
A son sommet la philosophie est mystique. Elle plonge dans le mystère obscur par excès de lumière. Ce qui est caché se révèle. Les voiles se déchirent et les yeux voient tandis que les oreilles entendent murmurer les secrets que les autres seraient incapables d'ouïr. Les sens de l'homme intérieur, c'est-à-dire du véritable philosophe, se déploient et un univers nouveau se découvre dans sa splendeur. Il convient alors de déchiffrer les signes, de traduire les symboles, de transposer au plan de la métahistoire le contenu de ce qui est intraduisible du fait de son ineffabilité. Devant les visionnaires, il s'opère des percées soudaines d'une extrême brièveté.
 
(...)
 
Qu’est-ce que le désert ? Une terre de feu, un domaine sans piste. Il faut y chercher les symboles, signes d’une Présence absente.

Le désert n’est pas un lieu, ni un espace, c’est le fond de nous-mêmes, le fond intemporel, le point d’éternité que chacun porte en lui.

 

À l'égard de mon itinéraire, je me pose la question : quel fut mon initiateur, mon véritable maître spirituel ? Je réponds sans la moindre hésitation : la solitude. Elle est un abîme ! Une profondeur ! Une béance ! Dès ma jeunesse, j'ai perçu son appel. Et j'ai été séduite. Depuis, je n’ai jamais regretté l'union de nos amours.

J'ai épousé la solitude comme d'autres prennent un compagnon de route.

Chaque matin, chaque soir, et durant des années, j'ai célébré les multiples anniversaires de nos noces. Noces festives ! Noces secrètes !

Dans la solitude se dévoile quelque chose, une expérience secrète, personnelle, qui ne se partage pas, qui ne peut se dire, qui ne peut se murmurer.

Parfois, je lui étais infidèle en lui tournant le dos. Tentée de la quitter, je cherchais ailleurs ma subsistance. Privée de sa présence, je devenais aussitôt une épouse stérile. Alors, j'allais vers elle en claudiquant. Patiente, elle m'accueillait ; généreuse, elle m'offrait le pardon de mes adultères. Et nous recommencions à vivre ensemble avec une tendresse décuplée. 

« Repentante, je lui disais : solitude, Entraine-moi, après toi ; courons ! » (Ct 1,4).

Marie-Madeleine Davy, Chemins de la profondeur & Traversée en solitaire.

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