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Vie et destin, Vassily Grossman.

30 Janvier 2018, 03:16am

Publié par Grégoire.

Vie et destin, Vassily Grossman.
Vie et destin, Vassily Grossman.

La bouleversante histoire d’un écrivain, le Russe Vassili Grossman, et de son roman "Vie et destin", l’une des charges les plus violentes jamais portées contre le régime stalinien.

C’est l’histoire d’un manuscrit qui a fait trembler le Kremlin. Un livre "arrêté" en octobre 1961, au petit matin, et enfermé dans les sous-sols de la Loubianka, le siège du KGB. "Pourquoi ajouterions-nous votre livre aux bombes que nos ennemis préparent contre nous ?", avait écrit Mikhaïl Souslov, l’éminence grise de Staline, à Vassili Grossman qui plaidait la cause de son livre. Sauvé de la disparition grâce au courage d’un réseau de dissidents, parmi lesquels le physicien Andreï Sakharov et l’écrivain Vladimir Voïnovitch, Vie et destin ne paraît en France qu’en 1983. "J’ai été stupéfait comme peu de livres m’ont stupéfait, raconte l’écrivain Olivier Rolin. Pour moi, c’est l’un des monuments du XXe siècle."

 

 « Des milliers de livres ont été écrits pour indiquer comment lutter contre le mal, pour définir ce que sont le bien et le mal. Mais le triste en tout cela est le fait suivant, et il est incontestable : là où se lève l’aube du bien, des enfants et des vieillards périssent, le sang coule. Non seulement les hommes, mais même Dieu n’a pas le pouvoir de réduire le mal sur la terre. Une voie a été ouïe à Rama, Rachel pleure ses enfants ; et elle ne veut pas être consolée, parce qu’ils ne sont plus. Et il lui importe peu à la mère qui a perdu ses enfants, ce que les sages estiment être le bien et le mal…J’ai pu voir en action la force implacable de l’idée de bien social qui est née dans notre pays. Cette belle et grande idée tuait sans pitié les uns, brisait la vie des autres, séparait les femmes et les maris, arrachait les pères à leur enfants… néanmoins, “Il existe, à côté de ce grand bien si terrible, la bonté humaine dans la vie de tous les jours…Cette bonté privée d’un individu à l’égard d’un autre individu est une bonté sans témoins, sans idéologie…C’est la bonté de l’ermite qui réchauffa un serpent sur son sein. C’est la bonté qui épargne la tarentule qui vient de piquer un enfant. Une bonté aveugle, insensée, nuisible!…Elle est, cette bonté folle, ce qu’il y a d’humain en l’homme,…le  point le plus haut qu’ait atteint l’esprit humain… Sa force réside dans le silence du cœur de l’homme…la bonté est forte tant qu’elle est sans force… Le secret de (son) immortalité est dans son impuissance… »

Vassily Grossman, Vie et destin. éd. l'Age d'Homme. 1983. 820 pages.

 

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