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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

L'intranquilité heureuse

4 Octobre 2017, 02:54am

Publié par Grégoire.

Vivre la grâce de savoir être dérangé

Vivre la grâce de savoir être dérangé

« Aux tranquillisants, je préfère les intranquilles ...
Et si vous êtes d'un naturel serein et posé, je ne voudrais en aucun cas introduire ce petit caillou dans vos âmes tranquilles. Quoique. Peut-être que je vous souhaite d'être un peu dérangés.
Tout du moins, je vous souhaite le petit inconfort, la pointe d'impatience, le frémissement qu'il faut pour reprendre la route millénaire qui étire la pâte humaine et la révèle à elle-même."

En relisant sa propre expérience, mais également l'Evangile et de grandes œuvres littéraires, Marion Muller-Colard nous invite, dans ce très beau livre, à partager notre condition d'intranquilles.
Accueillir le dérangement, voire l'inquiétude, c'est lutter contre l'engourdissement qui nous ferait passer, dit-elle, "à côté d'un trésor sans le voir".

 

Que recherchons-nous vraiment dans la lecture des Évangiles ? Une sécurité ? Une vie calme et paisible, un chemin droit et balisé ? A cela Marion Muller-Colard plaide au contraire pour l’intranquillité, considérant justement que « s’il est un livre qui selon moi mérite d’être appelé le Livre de l’intranquillité, c’est l’Évangile. »

Dans 
son dernier livre, elle y fait l’éloge du « petit inconfort, la pointe d’impatience, le frémissement qu’il faut pour reprendre la route millénaire qui étire la pâte humaine et la révèle à elle-même. ». D’une plume alerte et vigoureuse, elle nous invite à sortir des sentiers battus, à oser faire place à notre table à cette vieille dame qui nous dérange, qui balaye nos certitudes et nos vérités, à accepter le tâtonnement et l’expérimentation.

Tâche quotidienne et démarche spirituelle exigeante, surtout dans une société qui invite à la sécurité et au contrôle permanent. « Une vie humaine dont le récit se déroulerait entièrement selon une trame prévisible et contrôlés nous ferait d’abord bâiller d’ennui, puis nous paraîtrait suspecte, et finalement nous angoisserait. C’est dire si nous sommes, en définitive, coutumiers de l’intranquillité. Et pourtant nous cherchons sans cesse à nous en prémunir. Nous la redoutons, nous la refoulons autant que faire se peut. Elle est devenue une pierre d’achoppement, un ennemi à abattre contre lequel le marketing nous propose toujours de nouvelles armes. Combien de fois l’idée de « vous simplifier la vie » n’est-elle au centre d’un message publicitaire qui vous est si personnellement adressé, à vous dont on sait que vous vous battez sur tous les fronts ? N’esquivez pas, nous le savons, nous avons fait un portrait-robot de notre client(e)-cible : vous êtes épuisé(e), votre générosité vous perdra, vous êtes un père (une mère) dévoué(e), un(e) ami(e) sur qui l’on peut compter, un(e) professionnel(e) consciencieux(se) mais que diable, pensez donc un peu à vous ! Et par pitié, simplifiez-vous la vie, vous l’avez bien mérité ! Et donc achetez ceci, abonnez-vous à cela, offrez-vous des vacances loin de tout, souscrivez à telle assurance, soyez tranquille, tranquille, tranquille… Évitez à tout prix la contrariété, la frustration, le dérangement, et n’ayez pour audace que celle que vous considérer comme le centre du monde

Accepter « de ne plus être fixé sur rien », accueillir le désordre et consentir au trouble se révèle alors comme une dynamique nécessaire pour faire jaillir en nous l’émerveillement permanent et l’accueil de l’autre, comme un écho à la Parole de Dieu qui nous exhorte à reprendre sans cesse le chemin.

https://hotelsynodal.fr/post/2016/12/07/L-intranquillit%C3%A9

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