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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Auprès du Frère universel...

25 Décembre 2016, 05:11am

Publié par Grégoire.

Premier plan Mamadou, dernier plan Charles de Foucauld

Premier plan Mamadou, dernier plan Charles de Foucauld

Deux hommes dorment à quelques mètres et à quelques cent ans d’intervalle. Tous deux n’ont pas souhaité reposer là. Le premier avait interdit d’être transporté ailleurs qu’à l’endroit où il mourrait. Sans cercueil, sans monument…le fossé du bordj de Tamanrasset où il tomba et fut recouvert de terre sembla exaucer ses vœux. C’était sans compter sur la raison des hommes qui choisit d’offrir des sépultures dignes ou de décorer ceux qui se sont détournés des honneurs, les ramenant posthumes  dans leur giron. La bienséance finissant par trahir ses dernières volontés,  il repose aujourd’hui dans un sarcophage échoué dans les sables du cimetière désertique d’El Golea.

Le second, enterré dans un linceul, à même le sable a pris la place  que Charles souhaitait, la dernière. Mamadou était migrant. Il aurait pu mourir entre Arlit et Tamanrasset, cimetière à ciel ouvert qui n’offusque pas la raison des hommes. Ou en Méditerranée, qui masque la conscience des hommes. Il aurait pu être l’un des derniers esclaves que l’ermite du désert rachetait au début du XX ème siècle. Il ne fut qu’un esclave du XXI ème siècle, rachetant sa liberté dans la migration.

L’un avait tout et avait tout laissé pour avoir ce qu’il n’avait pas. 

L’autre n’avait rien et avait tout quitté pour avoir ce qu’il n’avait pas. 

Tous deux sont morts au désert, retenus prisonniers, Charles ligoté devant le mur du Bordj qui devait le protéger, Mamadou derrière le mur d'une prison qui devait protéger le monde.

Deux hommes dorment à quelques mètres  et à quelques cent ans d’intervalle.

 

Jean-françois DEBARGUE

 1er décembre 2016

 

Charles de Foucauld voulu vivre – la dernière place auprès de Jésus, la vie fraternelle et l'amour des plus petits. En 1902 il écrit à sa cousine : « Je veux habituer tous les habitants, chrétiens, musulmans, juifs et idolâtres, à me regarder comme leur frère, le frère universel »