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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Être un animal religieux...

2 Février 2016, 06:11am

Publié par Grégoire.

Être un animal religieux...

« L’éthique religieuse doit nous aider à comprendre cette dimension radicale de la personne humaine, "animal religieux", qui est fait pour Dieu. (...) L'adoration me fait comprendre que Dieu, en créant mon âme spirituelle, veut que je sois capable d'orienter ma vie. L'orientation première de ma vie, c'est de reconnaitre que Dieu est créateur, et c'est pour cela que dans ce choix de l'adoration -puisqu'il y a un choix d'amour- je me libère de moi-même et de tout mon conditionnement. L'adoration donne une stabilité à l'être humain que rien d'autre ne peut donner.

 (…) L’éthique épicurienne reconnait une certaine contemplation, mais ce n'est pas une contemplation de Dieu, c'est une contemplation de soi! C'est le petit chat qui ronronne en se chauffant au coin du feu! A la place de regarder la présence de Dieu, on regarde le vécu de cette présence en soi-même, et on considère que le vécu de cette présence de Dieu est ce qu'il y a de plus épanouissant, de plus merveilleux, que c'est là que la jouissance est la plus parfaite.

 

L’éthique stoïcienne n’implique pas l’adoration, elle implique la soumission à Zeus dans l’efficacité. C’est très subtil, mais c’est bien l’efficacité qui y est recherchée : on cherche à être un homme sur lequel on peut compter et qui réalise quelque chose ; il n’y a donc plus d’adoration.

Nous ne nous regardons pas nous-mêmes adorant. Quand on se regarde adorant, on se regarde uniquement soumis à Dieu. Alors à ce moment-là, on n’est plus dans l’adoration, on est dans une attitude réflexive sur le vécu de l’adoration.

 

Mais le vécu de l’adoration n’est pas l’adoration, parce que le propre de l’adoration c’est justement de s’oublier complètement. On est tourné vers Dieu –dans l’obscurité, c’est vrai, mais on est tout entier tourné vers Dieu. L’adoration c’est laisser Dieu passer devant et s’effacer complètement en face de Lui.

Quand on s'arrête à la joie ou à la jouissance, on a une éthique épicurienne; et quand on s'arrête à l'effort, on a une éthique stoïcienne. Ni l'une ni l'autre ne sont une véritable éthique, parce que la véritable éthique implique une relation personnelle soit d'homme à homme, soit d'homme-créature à Dieu créateur. Toute éthique implique une relation personnelle puisque c'est seulement dans une relation personnelle qu'on découvre la vraie responsabilité, le véritable amour. 

 

Or très vite on glisse dans le point de vue secondaires, dans les conséquences: l'éthique épicurienne, la joie, la jouissance; l'éthique stoïcienne, la maitrise de soi, l'effort, l'efficacité du résultat. »

Marie-Dominique Philippe. la personne religieuse, Janv 92.