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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

La vie, très simplement

3 Octobre 2015, 11:34am

Publié par Grégoire.

C’est vivante que la poésie de Bobin apparaît sous les traits et sur les lèvres de Grégoire Plus. Il l’adresse simplement au public derrière une table, sur une chaise ou debout. © Isabelle Demangeat

C’est vivante que la poésie de Bobin apparaît sous les traits et sur les lèvres de Grégoire Plus. Il l’adresse simplement au public derrière une table, sur une chaise ou debout. © Isabelle Demangeat

Après avoir foulé les planches du off d’Avignon cet été, Grégoire Plus joue, les 3 et 4 octobre à l’Espace Bernanos (9e), L’Inépuisable est à notre porte. Une ode à la vie, mordante et juste, inspirée de l’œuvre poétique de Christian Bobin.

 

Noir. Grégoire Plus entre sur scène. Et laisse danser les parties de son corps en rythme avec la musique de Joe Bonamassa. Enfin, plus ou moins : le pied se pose, mal assuré, au mauvais endroit ; la jambe manque parfois de souplesse ; la tête bouge, souvent, à contre-temps… Le résultat peut paraître maladroit. Il l’est, certainement. Mais cette maladresse, que l’on retrouve parfois dans le jeu du comédien-réalisateur frère de la communauté Saint-Jean, ne met que mieux en valeur, par l’humanité qu’elle laisse transparaître, les propos et textes mis en scène et récités. Car il n’est pas question de perfection dans L’Inépuisable est à notre porte, joué les 3 et 4 octobre, à l’Espace Bernanos. Bien au contraire. Il est plutôt question de la vie, telle qu’on n’a plus vraiment l’habitude de la voir : une vie simple. Une vie sans fioritures où un moineau qui rend son souffle encore chaud fait ressentir à celui qui le saisit la profonde injustice de la mort ; une vie où un regard merveilleux de douleur et de beauté efface le visage sale, ridé et édenté qui l’encadre ; une vie qui passe et qu’on regarde passer ; une vie à la Christian Bobin en quelque sorte.

La poésie comme seule arme oratoire

En choisissant de réciter et d’interpréter certains des textes et interviews donnés par le poète-philosophe, Grégoire Plus continue, après avoir touché par son interprétation de La Plus que vive, en 2013, de réussir le pari de faire vivre la poésie au théâtre. Il nous la présente aujourd’hui comme étant « la vertu des enfants » ou « la résurrection possible dès maintenant ». Il la récite et l’adresse à chacun, simplement, derrière une table, sur une chaise ou debout, comme il pourrait la distiller dans une simple conversation. Il la danse pour lui donner davantage de légèreté et laisser à ceux qui l’écoutent le temps de la faire descendre en eux. Il l’habite à un point qu’on ne sait parfois si elle vient de Christian Bobin ou de lui-même. Et lui fait parler des sujets comme la politique, le travail, l’amour, la mort ou la spiritualité. Le jardinier est admiré, le banquier, plaint ; l’amour est loin d’être idéalisé ; la mort et la souffrance sont acceptées et Dieu est présenté « invincible comme un courant d’air ».

Coïncidence ou réel choix, Grégoire Plus s’attarde sur la question religieuse et annonce Dieu comme présent dans chaque être humain et peut-être parfois absent des lieux « où ça fait joli d’en parler ». Une parole qui fait écho à ce qu’a écrit Christian Bobin lui-même, vendredi 25 septembre, à propos de la visite du pape aux États-Unis, dans le quotidien Le Un : « Le lieu, la fonction et le nom qu’il [le pape] habite sont les plus conventionnels du monde », martèle-t-il. Mais « chaque fois qu’il parle ou même qu’il sourit, il pulvérise cette convention mortifère ». Depuis ses débuts, « il n’arrête pas d’être ordinaire et profond – un homme très simplement, à lui seul une espèce en voie de disparition ». Et c’est cette espèce en voie de disparition que Grégoire Plus semble nous inviter à rejoindre. Pour devenir à notre tour, des hommes. Très simplement.

 Isabelle Demangeat

http://www.paris.catholique.fr/la-vie-tres-simplement.html

PRATIQUE

-  Après avoir été donné, jeudi 24 et dimanche 27 septembre, L’Inépuisable est à notre porte sera joué samedi 3 octobre, à 20h30 et dimanche 4 octobre, à 17h, à l’Espace Bernanos au sein de la paroisse St-Louis d’Antin (9e). 
-  Réservation possible au secrétariat et par mail : 
bernanos@gmail.com Tarifs : 15€ ; 10€ (réduit). 
-  Contacts : Espace Bernanos : 4 rue du Havre (9e) ; 01 45 26 65 22 ; page Facebook : L’Inépuisable est à notre porte ; blog de Grégoire Plus : 
www.quecherchezvous.fr