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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Ne garder que les paroles qui nous brûlent...

12 Septembre 2015, 05:15am

Publié par Grégoire.

Ne garder que les paroles qui nous brûlent...

 

Les monastères furent des espaces où survécurent les trésors de l'antique culture et où, en puisant à ces derniers, se forma petit à petit une culture nouvelle. Comment cela s'est-il passé ?

Leur objectif était de chercher Dieu: Au milieu de la confusion de ces temps où rien ne semblait résister, les moines désiraient la chose la plus importante : s'appliquer à trouver ce qui a de la valeur et demeure toujours. Des choses secondaires, ils voulaient passer aux réalités essentielles, à ce qui, seul, est vraiment important et sûr. derrière le provisoire, ils cherchaient le définitif.

Ora. Cette voie était sa Parole: La recherche de Dieu requiert donc, intrinsèquement, une culture de la parole (L’amour des lettres et le désir de Dieu, p.14 Dom Jean Leclercq) Le désir de Dieu comprend l'amour des lettres, l'amour de la parole, son exploration dans toutes ses dimensions.

Cette Parole remue certes jusqu'au fond d'elle-même chaque personne en particulier (cf. Ac 2, 37). Grégoire le Grand décrit cela comme une douleur forte et inattendue qui secoue notre âme somnolente et nous réveille pour nous rendre attentifs à Dieu.

La Bible n'est pas un simple livre, mais un recueil de textes littéraires dont la rédaction s'étend sur plus d'un millénaire et dont les différents livres ont des tensions visibles entre elles. « les Écritures » : souligne déjà clairement que la Parole de Dieu nous parvient à travers des paroles humaines, c'est-à-dire que Dieu nous parle seulement dans l'humanité des hommes, et à travers leurs paroles et leur histoire.

Labora. le travail manuel en est un élément constitutif. « Mon Père (...) est toujours à l'œuvre, et moi aussi je suis à l'œuvre »

Le travail et la détermination de l'histoire par l'homme sont une collaboration avec le Créateur, qui ont en Lui leur mesure. Là où cette mesure vient à manquer et là où l'homme s'élève lui-même au rang de créateur déiforme, la transformation du monde peut facilement aboutir à sa destruction.

Annonce. dans l'effondrement de l'ordre ancien et des antiques certitudes, l'attitude de fond des moines était le quaerere Deum - se mettre à la recherche de Dieu.

dans cette Parole se trouve un chemin de vie sur lequel Dieu va à la rencontre de l'homme pour lui permettre de venir à Sa rencontre. l'annonce de la Parole est nécessaire. De fait, les chrétiens de l'Église naissante ne considéraient pas leur annonce missionnaire comme une propagande qui devait servir à augmenter l'importance de leur groupe, mais comme une nécessité intrinsèque qui dérivait de la nature de leur foi. (cf Parole qui nous réveille pour nous rendre attentifs à Dieu)

l'annonce chrétienne ad extra - aux hommes qui, par leurs questionnements, sont en recherche. (Paul) annonce Celui que les hommes ignorent et pourtant connaissent : l'Inconnu-Connu. C'est Celui qu'ils cherchent, et dont, au fond, ils ont connaissance et qui est cependant l'Inconnu et l’Inconnaissable.

Toutefois, bien que tous les hommes le sachent d'une certaine façon - comme Paul le souligne dans la Lettre aux Romains (1, 21) - cette connaissance demeure ambigüe. La nouveauté de l'annonce chrétienne c'est de dire maintenant à tous les peuples : Il s'est montré, Lui personnellement. Et à présent, le chemin qui mène à Lui est ouvert. La nouveauté de l'annonce chrétienne réside en un fait : Dieu s'est révélé. - présence de la Raison éternelle dans notre chair. Verbum caro factum est (Jn 1, 14) : il en est vraiment ainsi en réalité, à présent, le Logos est là, le Logos est présent au milieu de nous.

Aujourd’hui, pour beaucoup, Dieu est vraiment devenu le grand Inconnu. aujourd'hui, l'actuelle absence de Dieu est aussi tacitement hantée par la question qui Le concerne. Quaerere Deum - chercher Dieu et se laisser trouver par Lui : cela n'est pas moins nécessaire aujourd'hui que par le passé. 

Une culture purement positiviste, qui renverrait dans le domaine subjectif, comme non scientifique, la question concernant Dieu, serait la capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc un échec de l'humanisme, dont les conséquences ne pourraient être que graves. Ce qui a fondé la culture de l'Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à L'écouter, demeure aujourd'hui encore le fondement de toute culture véritable.

Benoit XVI, Collège des Bernardins.