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Un rouge-gorge, au pied du tilleul, saute à la corde avec un rai de lumière...

17 Mars 2015, 06:44am

Publié par Grégoire.

Un rouge-gorge, au pied du tilleul, saute à la corde avec un rai de lumière...

"Le moineau méditait sur une branche de tilleul, ses ailes bien serrées contre ses flancs comme lorsque l'on arrive en avance à un rendez-vous et que pour se donner une contenance ou pour affermir son coeur, on croise les bras en regardant  vers les lointains d'où peut venir l'inespéré. Puis avec une rapidité fulgurante , il s'est arraché à sa contemplation, a filé sur un chemin d'air tout en montées et descentes, remis dans la vie proche par la nécessité d'y trouver sa nourriture, et gardant quand même, dans la grâce inutile de ses piqués et de ses détours, quelque chose de l'amour songeur des lointains."
Christian Bobin -Ressusciter

 

Le temps perdu est comme le pain oublié sur la table, le pain sec. On peut le donner aux moineaux. On peut aussi le jeter. On peut encore le manger, comme dans l'enfance le pain perdu : trempé dans du lait pour l'adoucir, recouvert de jaune d'oeuf et de sucre, et cuit dans une poêle. Il n'est pas perdu, le pain perdu, puisqu'on le mange. Il n'est pas perdu, le temps perdu, puisqu'on y touche à la fin des temps et qu'on y mange sa mort, à chaque seconde, à chaque bouchée. Le temps perdu est le temps abondant, nourricier.

C Bobin, La part manquante 

Le coeur est une petite maison, même pas une maison, une niche, même pas une niche, un abri pour les moineaux. Le coeur n'a qu'une contenance réduite. Une joie qui bat des ailes le remplit tout. Il n'y a plus de place pour autre chose.

Christian Bobin, Tout le monde est occupé

Vous étiez comme un moineau sautillant dans mon coeur. J'apprenais le langage des grands arbres. Le moindre écart et vous vous envoliez jusqu'à ce ciel en vous, inaccessible.

Christian Bobin, Une petite robe de fête 

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