Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Envie de meurtres? Pétage de plomb? "Les nouveaux sauvages" c'est pour vous !

9 Mars 2015, 07:29am

Publié par Grégoire.

Envie de meurtres? Pétage de plomb? "Les nouveaux sauvages" c'est pour vous !

 

 

Six histoires mordantes sur l'Argentine d'aujourd'hui, où les personnages sont confrontés à des situations qui leur font perdre leurs repères. Dans un avion, deux passagers découvrent qu'ils ont une connaissance en commun ; au restaurant, la serveuse reconnaît un courtier qui a provoqué la ruine de son père ; deux automobilistes s'insultent sur la route ; un père de famille dont la voiture part en fourrière se rebelle ; le fils d'une riche famille renverse une femme enceinte alors qu'il est au volant ; le jour de son mariage, une femme découvre que son mari l'a trompée avec une femme présente à la cérémonie...


A Cannes, entre deux films exigeants, on avait donc vu en compétition officielle ce film argentin. Une suite de sketches sur des pétages de plomb, avec quelques références cryptées pour cinéphiles : l'un des épisodes évoque Duel, de Steven Spielberg, un autre est une variation burlesque sur l'un des films les moins connus de Nuri Bilge Ceylan, Les Trois Singes. Mais tout, jusqu'au titre, prétend rappeler d'abord la grande comédie italienne de jadis : les films de Pietro Germi, d'Ettore Scola et, bien sûr, Les Monstres de Dino Risi et sa suite, au moins aussi réussie. Problème : si les histoires sont caustiques à souhait pour la plupart, elles sont filmées avec les pieds. Pis que tout : le réalisateur, qui se voudrait truculent, n'est que vulgaire. Et ça, ça ne pardonne pas...

 

On aura tout de même de l'indulgence pour l'histoire du brave type (Ricardo Darín) qui sombre dans le terrorisme par la faute d'une voiture mal garée et de la bêtise de fonctionnaires particulièrement bornés. Mais c'est, de loin, le prologue qui est le plus drôle. Dans un avion, un critique musical quinquagénaire drague une top model. Ils se découvrent une connaissance commune : un certain Esposito. Lui l'a laminé lors d'un examen. Elle l'a trompé avec son meilleur ami qui, quelle coïncidence, fait partie du vol... Peu à peu, comme dans un roman d'Agatha Christie, on réalise que tous les passagers ont eu affaire à cet Esposito qui, en pleine crise, les a réunis. C'est affreux, suave et méchant. Implacable comme la fatalité en marche. — Pierre Murat