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"Aujourd'hui, l'athéisme est mort, la laïcité est morte, la République est morte." Michel Houellebecq

13 Janvier 2015, 07:35am

Publié par Fr Greg.

"Aujourd'hui, l'athéisme est mort, la laïcité est morte, la République est morte." Michel Houellebecq

Alors que la polémique autour de son nouveau roman, Soumission, continue d'enfler, l'écrivain ne craint pas d'enfoncer le clou. "Il me paraît difficile de nier, aujourd'hui, un puissant retour du religieux", explicite Michel Houellebecq, l'auteur de cette politique-fiction qui voit le chef d'un parti musulman accéder au pouvoir dans la France de 2022.

"Le courant d'idées né avec le protestantisme, qui a connu son apogée au siècle des Lumières, et produit la Révolution, est en train de mourir."

 

Soumission, la mise en fiction du "Suicide français" ?

"J'ai l'impression pratiquement inverse : l'Europe se suicide et, au milieu de l'Europe, la France se bat désespérément pour survivre. C'est à peu près le seul pays qui se bat pour survivre, c'est le seul pays qui a une démographie permettant sa survie. [...] Par ailleurs, pour les gens, se convertir est un espoir, pas une menace, ils aspirent à un autre mode de société." (Paris Review) 

Quelle responsabilité pour l'écrivain ?

"Je ne suis pas un intellectuel. Je ne prends pas parti, je ne défends aucun régime. Je dénie toute responsabilité, je revendique l'irresponsabilité, même, carrément. [...] Ce sont les essais qui changent le monde. [...] Et encore, j'ai l'impression que celui de Zemmour est gros, trop gros. [...] Rousseau a changé le monde, il savait être percutant à l'occasion." (Paris Review)

Provocation et politiquement correct

"Ce roman suscitera peut-être des polémiques chez ceux qui gagnent leur vie en polémiquant, mais sera perçu par le public comme un livre d'anticipation, sans rapport réel avec la vie [...]. Je ne corresponds pas, pour la gauche, à l'ennemi classique. Je n'agresse pas le politiquement correct. Je le traite comme un phénomène étrange, saugrenu, que je vois de très loin." (L'Obs)

"Je ne peux pas dire que c'est une provocation dans la mesure où je ne dis pas de choses que je pense foncièrement fausses juste pour énerver. Je condense une évolution à mon avis vraisemblable." (Paris Review)

Un scénario plausible ? 

"C'est de la politique-fiction, une fiction plausible ; mais j'accélère un peu les événements ; 2022, c'est trop tôt. Je ne sais pas au juste ce que craignent les droites extrêmes, mais probablement pas du tout ce qui est décrit dans ce livre, à savoir : la constitution d'une grande puissance islamique occidentale et méditerranéenne, modérée, sur le modèle de l'empire romain, où la France et la francophonie joueraient un rôle moteur. Cette politique d'alliance avec les pays arabes n'aurait pas forcément déplu à de Gaulle." (L'Obs)

"Les musulmans sont, sur le plan sociétal, comme on dit de nos jours, plus proches de la droite, voire de l'extrême droite. Qui, en même temps, les rejette avec violence. Donc ils sont dans une situation intenable. Qu'est-ce qu'ils peuvent voter, les musulmans de France ? Ils ne peuvent pas voter pour des socialistes qui mettent en place le mariage homosexuel. Ils ne vont quand même pas voter non plus pour des gens de droite qui veulent les virer. La seule solution serait effectivement la constitution d'un parti musulman." (L'Obs)

"La philosophie des Lumières, on peut faire une croix : décès." (Paris Review). 

"Un courant d'idées né avec le protestantisme, qui a connu son apogée au siècle des Lumières, et produit la Révolution, est en train de mourir. Tout cela n'aura été qu'une parenthèse dans l'histoire humaine. [...] Aujourd'hui, l'athéisme est mort, la laïcité est morte, la République est morte." (L'Obs) 

"Marine Le Pen peut arrêter l'immigration, mais elle ne peut pas arrêter l'islamisation : c'est un processus spirituel, un changement de paradigme, un retour du religieux. Donc, je ne crois pas à cette thèse du grand remplacement. Ce n'est pas la composition raciale de la population qui est en question, c'est son système de valeurs et de croyances." (L'Obs)

De Conversion à Soumission

"Mon projet était très différent au départ. Cela ne devait pas s'appeler Soumission, le premier titre était La Conversion. Et dans mon premier projet, le narrateur se convertissait aussi mais au catholicisme. C'est-à-dire qu'il suivait le même parcours que Huysmans, à un siècle de distance : partir du naturalisme pour devenir catholique." (Paris Review) 

De la tristesse du roman...

"De manière générale, il y a un sentiment d'entropie encore plus fort que dans mes autres livres. Un côté crépuscule morne qui donne à ce livre un ton assez triste. Par exemple, si le catholicisme ne marche pas, c'est que ça a déjà servi, ça paraît appartenir au passé, ça s'est défait. L'islam a une image à venir. Pourquoi la nation, ça ne marche pas ? Parce qu'on en a trop abusé." (Paris Review) 

... et de sa misogynie

"Je ne me trouve toujours pas misogyne, en fait. Je dirais que ce n'est pas le plus grave à la limite. Là où j'aggrave vraiment mon cas, c'est en exposant que le féminisme est démographiquement condamné. Donc l'idée sous-jacente et qui peut déplaire est que finalement l'idéologie ne pèse pas lourd par rapport à la démographie." (Paris Review) 

"Une féministe ne peut qu'être atterrée par ce livre. Mais je n'y peux rien." (Paris Review)

Michel Houellebecq, paru dans le point.

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