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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Les prostituées, N°1 au paradis ?! Putain si j'avais su...

27 Septembre 2014, 23:13pm

Publié par Fr Greg.

Les prostituées, N°1 au paradis ?! Putain si j'avais su...

"Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu."

 

Comment ça ils entrent devant nous...?? Mais, ils n'ont pas suivis les dix commandements, les enseignements "d'Humanae vitae", de "Familiaris consortio", ils n'allaient pas à la messe, ils n'étaient pas 'en règle', ils ne se sont jamais confessés... durex, eux ils connaissent... avorter, baiser comme des phoques, se faire des trucs salace... ils n'ont pas appliqué la loi et ils nous précèdent dans le royaume !? Pourquoi??? Jésus ferait-il l'éloge du vice, de la luxure, de l'exhaltation des joies de la chair...?? Mais, mon Dieu, tout fout le camp ! Là, le changement c'est vraiment maintenant! Jésus serait-il de gauche...?

 

Jésus nous reprend sur la tentation qui est le plus grand obstacle à son don: s'appuyer sur nos oeuvres, sur notre bonne conscience, sur nos qualités acquises, admirables et vénérables, sur ce qu'on a compris de la règle et des lois, nos désirs de justice et de hiérarchie, pour nous rappeller que d'abord nous sommes des pauvres, des fêlés et que certains n'arrivent pas à le cacher. La pente glissante du pharisien, c'est quand il oublie que si sa pauvreté n'est pas étalée aux yeux de tous, c'est déjà une miséricorde. Mais sa méga tentation, notre méga-tentation c'est -comme le rappelait JPII aux évèques de France en 1980- de vouloir se sauver par soi-même; de croire dans ce que l'on fait, dans nos qualités.

 

Parce que le salut c'est quelqu'un. Et travailler à la vigne, c'est laisser cet autre tout prendre en nous. Comme le Christ à la croix qui accepte d'être holocauste, de disparaitre entièrement parce que le Père est tout. Faire la volonté du Père, c'est laisser le Père être actuellement source de tout ce qu'on est. Et ça, ça ne s'acquiert pas dans des bouquins, à coup de manifs, dans des anathèmes, du droit canon, ou l'application de commandements, aussi nombreux soient-ils! Dire cela, ça ne supprime notre désir de vouloir aller le plus loin dans l'amour et donc d'être intelligent face à l'autre qui m'est donné, de prudement chercher ce qu'il y a de bien pour lui, de lutter face à ce qui nous tire vers le bas; et là, des conseils extérieurs, universels ou personnel nous aident; ils ne faudraient pas les négliger; mais jamais l'accomplissement rectiligne de 'la loi' n'a permis de rendre un coeur ouvert, docile, accueillant, doux, bon, à l'écoute. Jamais respecter le code de la route ne vous a fait davantage aimer. Pester, raler, ça sûrement. ça reste définitivement un moyen et c'est bon de s'en servir pour éviter les accidents; mais ce n'est pas une fin; et c'est un moyen à parfois faire sauter pour vivre vraiment et jusqu'au bout ! La désobéissance civile n'est pas toujours contre indiqué! Les bretons l'ont compris! transposez cela au droit canon, c'est analogue ! Soyez cathos bretons vous dit Jésus! Bordel, vivez, même si vous êtes un peu -ou beaucoup- cabossé!

 

Or, face à la décadence actuelle, politique, familiale, sociale, personnelle, la tentation est grande de se raidir, de se formaliser, de se ranger dans une attitude avec comme seul repère la LOI, la justice, la punition, la rigidité dans les bottes, le formalisme dogmatique, cette bête idiote, stérile et froide. Et, en plus, c'est malheureusement pas chrétien! On se doit de protéger le pauvre, la vie naissante, l'enfant, la famille, mais pas sans écouter ceux qui sont politiquement prostitués, de gauche dans leur tête, à coté de leur pompe, baiseurs invertébrés, amateurs de sofitel, qui ne servent à rien sinon à pourrir encore plus les lieux! Car, qui sera le Christ pour ces gens là? Qui se fera responsable d'eux devant Dieu? Ou bien, qui se fera juge et inquisiteur? Défenseurs d'une morale sans concessions? Raide dans ses bottes prêt à dresser des buchers?

 

Pour cela le Christ insiste aujourd'hui: "croyez vous en MON action efficace actuelle et efficace? acceptez-vous que tout en vous ou autour de vous meure maintenant? Pour que je ressuscite tout -maintenant-? Ou bien croyez-vous en vous même, en vos sacrifices, en vos vertus, en vos prières, en votre propre perfection...?? Car les prostituées et les amoureux de l'argent se sont convertis à ma parole, à l'efficacité de mon action sur eux et ils ont cru, ils ont acceptés de mourir à eux même, à leur désir intrinsèque d'un salut humain..." et pour cela ils nous précèdent -déjà maintenant- dans le royaume.

Les défigurés de la terre, les plus pauvres, les plus pourris, ceux-là qui étaient défigurés par leur fautes, ont accepté de croire en un salut invisble sur terre; ils ont accepté de ne pas pouvoir s'en sortir par eux-même; ils ont choisit d'être par un autre, qu'un autre soit leur salut; Parce que faut pas être con: quand on a tapiner 20, 30, 40 ans, on ne se range pas du jour au lendemain! Ils ont donc cru en Jésus qui venait à eux dans leur vices et leur misères: ils l'ont attendu là! C'est cela Jésus agneau: celui qui m'épouse en s'abaissant plus bas que moi, se faisant responsable de moi de A à Z. Qui mendie de venir tout prendre en moi tout de suite!

 

Croire -dans la parole actuellement efficace de Jésus sur moi- c'est renoncer définitement de croire en soi, en ce qu'on fait, en ce qu'on a compris, idéalisé, vénérer, encensé! C'est tout bruler du rêve d'un ordre naturel respecté, d'un paradis pour cathos avec chants pieux et scouts en prime- pour s'appuyer, dans la nuit sur un autre. Un autre qui ne nous dit rien. La foi, ça ne me parle pas. 

 

Le saint, c'est celui qui a arrêté de croire en lui-même, qui s'oublie jusqu'à mourir à tout ses projets ou ses schèmes, à ses névroses de perfection ou son narcissisme infantile, révant de lieux qu'il maitrise comme autrefois ses jouets, et qui justement redécouvre vraiment l'enfant qu'il n'a cessé d'être -qu'il a oublié parce qu'un jour il s'est mis à se prendre au sérieux, parce qu'il a violement angoissé de voir sa vie partir en couilles- dépendant, qui accepte de pleurer et de crier dans le besoin... 

C'est cela la miséricorde du Christ pour nous, pour chacun d'entre nous et d'abord pour les prêtres, les grands prêtres, les évèques, les pro de la soutane et autres prélats aux sourires condescendants, pieux et dévots... c'est de nous dire: "là ou tu es prostitué dans ta vie, là ou tu te régales de toi-même et jouis luxurieusement de ta manière de célebrer, de tes petites trouvailles, de tes fausses perfections qui organisent un peu plus le déséspoir ambiant, là où tu t'écoutes parler, ou tu te récupères en idolâtrant tes méthodes de survie spirituelle, et tout ces lieux ou tu es en fait désespéré, ou tu ne peux plus coopérer, c'est cela en toi qui va te permettre de laisser entrer le royaume, c'est cela la porte ouverte qui me permet d'acceder à toi, au delà de tes suffisances, de ta bonne conscience de toi-même, de ton perfectionisme et de ton arrogance débile d'homme religieux. Accepte juste de reconnaitre tes lieux de prostitutions, ton tapinage incessant, ta manière de te farder de fausse humilité alors qu'on attend un pauvre, parce que tu es toi-même la vigne que je veux féconder. Arrête donc de croire que tu es quelqu'un par ce que tu fais !"

fr Grégoire.

 

« Il y a la tendance à mettre au centre nous-mêmes et nos ambitions personnelles. C’est très humain, mais ce n’est pas chrétien »

François, Pape. Tweet du 27.09.2014

 

Pour mémoire

"Paul place au centre de son Évangile une opposition irréductible entre deux parcours alternatifs vers la justice : l'un construit sur les œuvres de la Loi, l'autre fondé sur la grâce de la foi dans le Christ. L'alternative entre la justice par les œuvres de la Loi et celle par la foi dans le Christ devient ainsi l'un des motifs dominants qui parcourt ses Lettres : « Nous, nous sommes Juifs de naissance, nous ne sommes pas de ces pécheurs que sont les païens ; cependant nous le savons bien, ce n'est pas en observant la Loi que l'homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus Christ ; c'est pourquoi nous avons cru en Jésus Christ pour devenir des justes par la foi au Christ, mais non par la pratique de la loi de Moïse, car personne ne devient juste en pratiquant la Loi » (Ga 2, 15-16). Et il répète aux chrétiens de Rome : « Tous les hommes sont pécheurs, ils sont tous privés de la gloire de Dieu, lui qui leur donne d'être des justes par sa seule grâce, en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus » (Rm 3, 23-24). Et il ajoute : « En effet, nous estimons que l'homme devient juste par la foi, indépendamment des actes prescrits par la loi de Moïse » (ibid. 28).

Paul, qui avait appris ces observances justement en tant que défense du don de Dieu, de l'héritage de la foi en un Dieu unique, a vu cette identité menacée par la liberté des chrétiens : c'est pour cette raison qu'il les persécutait. Au moment de sa rencontre avec le Ressuscité, il comprit qu'avec la résurrection du Christ la situation avait radicalement changée. Avec le Christ, le Dieu d'Israël, l'unique vrai Dieu, devenait le Dieu de tous les peuples. Le mur - comme il le dit dans la Lettre aux Éphésiens - entre Israël et les païens n'était plus nécessaire : c'est le Christ qui nous protège contre le polythéisme et toutes ses déviances ; c'est le Christ qui nous unit avec et dans l'unique Dieu ; c'est le Christ qui garantit notre identité véritable dans la diversité des cultures. Le mur n'est plus nécessaire, notre identité commune dans la diversité des cultures est le Christ, et c'est lui qui nous rend juste. Être juste veut simplement dire être avec Jésus Christ en Jésus Christ. Et cela suffit. Les autres observances ne sont plus nécessaires. C'est pourquoi l'expression « sola fide » de Luther est vraie, si l'on n'oppose pas la foi à la charité, à l'amour. La foi c'est regarder le Christ, s'en remettre au Christ, s'attacher au Christ, se conformer au Christ, à sa vie. Et la forme, la vie du Christ c'est l'amour ; donc croire c'est se conformer au Christ et entrer dans son amour."

Benoit XVI. Cathéchèse du 19 novembre 2006.