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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Le mystère de l'adoration (II)

2 Mai 2014, 09:53am

Publié par Les trois sagesses

Cet article est reposté depuis une source devenue inaccessible.

La rencontre du Christ et de la samaritaine nous révèle le mystère de l’adoration. Mais qu’est-ce que l’adoration en esprit et en vérité ?

L’adoration en esprit et en vérité

Comment un cœur si infidèle et blessé, si loin du cœur très pur de Jésus, peut-il revenir dans un état de vérité ? Jésus nous le révèle en lui disant ce qu’elle doit faire : « Tels sont les adorateurs que cherche le Père : Dieu est esprit, et ceux qui adorent doivent adorer en esprit et vérité » (Jn 4,23-24). L’adoration « en esprit et en vérité » est ce qui permet au pécheur enfoncé dans son péché de reprendre un contact direct et immédiat avec sa Source : c’est Jésus lui-même qui nous le dit.

L’adoration du Fils bien-aimé

L’acte d’adoration de celui qui adore en esprit et en vérité n’est pas simplement un acte religieux d’adoration ; c’est un acte d’adoration enveloppé d’amour divin, transformé par la charité et par les dons du Saint-Esprit. On peut dire : c’est un acte d’adoration tel que le Christ lui-même le réalise à l’égard de son Père bien-aimé ; cet acte, Jésus le réalise au plus intime de son cœur d’homme transformé par la plénitude de sa grâce sanctifiante de Fils bien-aimé du Père. Jésus est bien le Verbe incarné ; il est le Fils bien-aimé du Père fait chair dont la subsistence est celle-là même du Verbe. La nature humaine de Jésus, formée en Marie sa Mère, subsiste dans le Verbe et reçoit de la Très Sainte Trinité une plénitude de grâce sanctifiante qui transforme sa volonté d’homme en la faisant participer d’une manière plénière à la charité incréée, l’Esprit Saint. Celle-ci informe tous les actes des vertus infuses de l’âme de Jésus et, en premier lieu ses actes d’adoration, l’exercice de sa vertu infuse de religion dans l’adoration. Dans l’âme de Jésus, les actes d’adoration sont parfaits, « en esprit et en vérité ».

Ce sont bien de tels actes d’adoration que le Fils bien-aimé est venu nous apprendre. De tels actes purifient radicalement notre volonté humaine en nous mettant dans la vérité : ils nous font reconnaître notre dépendance totale de créature à l’égard de notre Créateur, en l’aimant, en découvrant son amour infini à notre égard : c’est bien lui qui « nous a aimés le premier » (1 Jn 4,10.19). C’est en coopérant avec le fiat de Marie à l’Annonciation que la Très Sainte Trinité a créé immédiatement en son sein l’âme humaine de Jésus. Et c’est en répondant par et dans sa volonté humaine toute divinisée par la charité que l’âme de Jésus a adoré la volonté de son Créateur. C’est bien cette adoration tout aimante de l’âme de Jésus qui est sa première réponse à son Père : « En entrant dans le monde, le Christ dit : (…) Je viens pour faire ta volonté » (Heb 10,5-9 ; cf. Ps 39,8 Vulg.). C’est en adorant que Jésus accomplit en premier lieu la volonté du Père.

Nous comprenons ici l’importance de l’adoration dans l’âme de Jésus : elle nous révèle son amour filial et radical pour son Père, amour qui est communiqué à Marie dans le secret de son cœur de petite créature de son Père. Et c’est bien cet acte qui continue de relier au Père chaque créature dans le plus profond de son cœur. Par cet acte d’adoration en esprit et en vérité, il y a bien une unité radicale d’amour qui unit le Père à chacun de ses enfants. L’acte d’adoration réalise dans le cœur de Jésus, dans son âme humaine transformée par la plénitude de grâce, une unité radicale d’amour avec son Père et son Dieu. Voilà la Nouvelle Alliance du Créateur avec l’homme, avec le Fils de l’homme ; c’est l’Alpha de la Nouvelle Alliance, et c’est aussi son Oméga (Ap 22,13 ; cf. Ap 1,8 ; 21,6), son terme, son achèvement réalisé à la Croix. Cette alliance nous montre combien le Père créateur est présent en son Fils bien-aimé à la Croix qui, en l’adorant, lui offre toute sa vie, tout ce qu’il est. Dans le cœur de Jésus, l’adoration « en esprit et en vérité », coopérant à la volonté de son Père, est déjà source de sa joie de Fils bien-aimé dans le sein de Marie, à sa naissance et durant toute sa vie cachée ; elle est présente durant toute sa vie apostolique, et elle est vraiment la source de son holocauste à la Croix. L’adoration « en esprit et en vérité » est la source cachée de l’offrande sanglante de tout lui-même à la Croix, et par là elle est ce qui permet à l’amour du Père d’être victorieux dans le silence, en brûlant tout ce qui n’est pas l’amour : par l’adoration, l’amour du Père est victorieux de tout. Voilà pourquoi la Révélation se termine par la Croix, et à la Croix par le cri de soif qui incarne d’une manière ultime l’adoration ; par là est révélé le primat de l’amour, du désir d’aimer. C’est vraiment par l’adoration que Dieu peut se révéler ultimement dans tout son absolu : « J’ai soif ! » (Jn 19,28).

Le mystère de l'adoration (II)

Dans le Ciel, l’adoration demeure toujours présente dans le cœur de Jésus glorifié, dans le cœur de Marie et dans le cœur des saints. L’Apocalypse nous le révèle (cf. Ap 21,22). Cela se comprend, puisque l’acte créateur qui se termine à l’âme de Jésus subsiste éternellement dans le Verbe, au cœur de la Très Sainte Trinité. La grâce du Christ et de la Très Sainte Trinité ne détruit pas la nature humaine de Jésus (elle ne détruit pas l’âme et le corps de Jésus), ni celle de tous ses membres. La liturgie du Ciel, de la gloire, implique l’adoration toujours en acte. Le symbolisme du buisson ardent (cf. Ex 3) est net : ce feu du ciel, la charité venant de la Très Sainte Trinité, brûle tout ce qui est créé dans la créature spirituelle et celle-ci, sans être détruite, coopère avec ce feu divin en s’ouvrant elle-même à lui par l’acte d’adoration.

(A suivre)

 

Marie-Dominique Philippe, OP