Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Père, dis moi Jésus 

31 Juillet 2021, 17:48pm

Publié par Grégoire.

Père, dis moi Jésus 

« L’oeuvre du Père c’est que vous croyez en Celui qu’il a envoyé ». Jean 6, 29

C'est LE travail du Père que de nous conduire Jésus. Jésus le dit « Personne ne peut venir à moi si le Père, qui m'a envoyé, ne l’attire. Il est écrit: Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque entend le Père et reçoit sa parole vient à moi »

Dans notre monde moderne, on imagine la foi comme un choix volontaire qui vient de nous « c’est moi qui croit ». Comme si on était capable de Dieu ! Jésus nous dit que croire c’est l’effet en nous du Père qui nous conduit à Jésus. C’est cela la volonté du Père : nous faire entrer dans un contact immédiat, actuel, personnel avec Jésus. C’est cela « faire la volonté du Père » c’est s’ouvrir à ce que Lui veut faire. De même la prière, ce n’est pas dire et demander des choses à Dieu : il sait tout. La prière, c’est s’ouvrir à ce que Lui veut nous donner.

Notre relation à Jésus, notre vie chrétienne n’est pas le fruit de ce qu’on fait. Notre salut ne vient pas de nous, de nos actes. C’est l’oeuvre de Dieu. Seul le Père peut me donner Jésus et m’en faire vivre. Pour nous c’est impossible.

Comme avant de communier, on demande au Père de nous dire une parole « Seigneur, je ne suis pas capable de te recevoir, mais dis une seule Parole et je serais capable » Seul le Père en me parlant me rend capable de recevoir Jésus. Autrement, on ne reçoit pas Jésus. On reçoit matériellement l’Eucharistie, mais il n’y a pas de rencontre. Mais, est-ce que nous demandons vraiment au Père de nous dire une parole ?

Pourquoi est-ce le Père qui nous fait croire ? Parce que croire, c’est accepter de ne pas comprendre, d’être conduit, d’être pris par la main par quelqu’un en qui on a confiance. Croire c’est être comme un enfant. Celui qui n’est pas autonome.

La Bienheureuse Antonia Verna, en créant des écoles et des crèches pour les enfants abandonnés de Pasquaro, et en demandant à ses soeurs de vivre de la gratuité de Dieu et d'être là gratuitement à tous, nous montre prophétiquement que l’Eglise est -ou devrait être comme une crèche pour nous, qui sommes des petits enfants perdus… pour y redécouvrir vraiment que nous sommes enfants du Père, pour apprendre à s’abandonner dans ses mains et entendre sa parole de Père « Père, dis moi une parole, dis moi Jésus » C’est ça la foi. Ce ne sont pas de belles pensées pieuses ou un rite liturgique. Croire c’est vouloir que le Père me conduise à Jésus, me le donne. C’est son oeuvre.

Lorsque Marie demande à l’annonciation : « Comment cela va-t-il se faire ? » L’ange ne répond pas « convertis toi, fais des efforts, prie…» L’ange lui dit « l’Esprit St viendra sur toi, l’Esprit St va venir te posséder. Ne fais plus rien sans Lui. Fais toi toute petite, Entre dans une totale dépendance et Lui va te faire concevoir le Fils du Père » et Marie répond : « que se fasse en moi ce que tu dis, que TA parole prenne chair en moi »

Croire : c’est une confiance absolue dans le Père qui vient me donner son secret, son fils. Est-ce qu’on attend du Père qu’il nous donne Jésus ? 

Cela réclame de le lui mendier, sans se regarder, ni se juger. Ne plus compter sur soi, ne plus s’appuyer sur soi, ne plus croire en soi.

La foi c’est la vie éternelle qui anticipe son heure : le Père vient au devant de nous, pour nous donner son Fils. Parce qu’il veut faire de nous ses enfants bien-aimés. C’est son oeuvre.

Grégoire +

Voir les commentaires

Ils en étaient frappés de stupéfaction...

30 Juillet 2021, 10:56am

Publié par Grégoire.

Ils en étaient frappés de stupéfaction...

« D’ou lui vient cette sagesse ? N’est-il pas le fils du charpentier ? Et ils étaient scandalisé a son sujet. »

Les proches de Jésus, ceux de son pays, sont choqués, car ce que fait Jésus ne correspond pas à ce qu’ils connaissent de Lui. « N’est-il pas le fils du charpentier ? » Ce qui nous empêche en premier de recevoir Jésus, c’est ce que l’on croit connaitre de Lui, nos idées, ce qu’on imagine de lui.

Déjà, humainement, on se ment à soi-même, quand on réduit la réalité, les autres ou nous-même, à ce qu’on en connait. Souvent ce qu'on connait de quelqu’un c’est très matériel et très extérieur. On se fait une opinion et on y enferme l’autre ou nous-même…

JPII dit dans foi et raison, qu’on est une personne humaine que lorsqu’on cherche la vérité. C’est à dire, le monde qui m’entoure, l’autre, ou moi-même réclame que je les redécouvre constamment. Je ne peux jamais l’arrêter à ce que j’en connais.

Le Père de Lubac écrit cette parole très forte à propos de Dieu : « Dieu ne peut-être que -le cherché-, celui qu’on cherche, qu’on redécouvre constamment ». De même pour Jésus. On ne peut le posséder. Jésus ne peut-être que Celui qu’on cherche, qu’on redécouvre constamment.

Il n’y a rien qui nous diminue plus que d’avoir une opinion sur nous-même, ou sur un autre. C’est un virus mortel qui tue l’âme. Quelqu’un qui croit savoir, c’est un idéologue ou un tyran. C’est le propre du démon que d’être enfermé, prisonnier de ses idées. Il est séduit par sa propre connaissance. Du coup il est enfermé en lui-même. C’est pour cela que lorsqu’on ne cherche plus la lumière, on est mort spirituellement.

On se renouvelle, on est agrandit, même on rajeunit, quand on maintient en nous une soif de connaitre, une attente de ce qui n’est pas nous.

Et, c’est tellement important, parce que l’amour se renouvelle, quand on est toujours plus étonné, admiratif et en attente. Autrement on critique : « n’est-il pas le fils du charpentier ? » puisqu’alors, on juge la réalité, on la mesure en fonction de ce que l’on connait.

Pourquoi la première parole de Jésus dans l’évangile de Jean est une question : « que cherchez vous ? » Entendre Jésus m’interroger, c’est cela la vraie rencontre avec Lui. On ne rencontre vraiment quelqu’un, on ne connait vraiment quelqu’un, que dans un contact actuel. Et en brûlant tout ce qu’on a accumulé de souvenirs, d’images et d’opinions.

C’est cela croire : c’est rencontrer Jésus actuellement, à travers un témoin, un sacrement, sa parole. L’entendre me dire qu’il est là pour moi, maintenant, au-delà de ce que je vois, ressens ou mesure. Mais pour cela, il faut brûler toutes nos petites connaissances.

La foi, ce contact immédiat avec Lui, est toujours, comme tout acte d'intelligence, une naissance de l'esprit à la réalité.

Grégoire +

 

 

Voir les commentaires

Parce que c'est toi

24 Juillet 2021, 18:44pm

Publié par Grégoire.

Parce que c'est toi

« Où pourrions-nous acheter du pain pour qu'ils aient à manger ? »

La multiplication des pains dit le don de Jésus pour nous. C’est un don gratuit, substantiel, surabondant : il reste douze corbeilles.

Les miracles sont toujours la manifestation visible d’un don réel de Dieu, mais caché. Les miracles de Jésus disent visiblement quelque chose de son don personnel. C’est ça la réponse de Dieu à toutes nos luttes, nos déceptions et nos échecs : Dieu se donne à nous en personne. Il est là, présent à nous, en nous, et il se sert de tout pour nous attirer à Lui.

Mais nous, on voudrait que son don soit efficace, que ce soit un changement visible dans notre vie, qu’il nous rende bon, fort, vertueux. C’est la réaction de ces gens : contents d’avoir du pain frais et du poisson à volonté, ils veulent faire de Jésus leur roi !

« Jésus se retira dans la montagne, lui, seul. » Seul. Même les disciples ont cru que Jésus allait résoudre leur problèmes. C’est leur question à l’ascension « quand vas-tu restaurer la royauté en Israël ? » Ils voudraient tellement que Jésus soit une solution efficace.

Or Jésus vient nous faire aimer. Mieux, il vient nous faire être amour. Comment ? L’amour c’est, en nous, l’effet de la bonté d’un autre. L’amour est un fruit. Je ne peux pas décider d’aimer. Seulement que l’autre m’attire dans sa bonté, donc choisir d’être relatif à celui qui m’attire, parce que c’est lui.

La bonté est toujours personnelle, préférentielle et excessive. Personnelle : parce que je suis seul face à l’autre. Préférentielle : je touche ce qu’il y a d’unique en l’autre. Excessive : l’amour est toujours de trop pour nous.

C’est ça le pain offert et multiplié. C’est -comme l’eucharistie, le signe de celui qui aime : il est offert personnellement, livré à l’autre jusqu’au bout, inutilement, pour toucher la bonté de l’autre.

Vivre cet état d’offrande permet de toucher qu’on est aimé sans retour. Sans condition. Sans résultats visible. Car vouloir un résultat c’est vouloir utiliser l’amour pour autre chose que lui-même. L’amour se suffit à lui-même. J’aime pour aimer. On aime telle personne parce que c’est elle. Point.

Jésus nous aime ainsi, pour nous même. Parce que c'est nous. Et c’est son amour qui nous rend bon. C’est sa bonté personnelle qui nous transforme. Même là où le mal semble triompher, Jésus nous attire. Sa bonté s’exerce de fait, surtout là où ça va mal en nous, pour nous ressusciter là où on ne peut plus rien, pour s’emparer de nous jusqu’au bout.

Et il faut mendier de toucher sa bonté dans nos luttes pour vraiment trouver notre repos en Lui. Que cela ne changera pas.

Comment ça ? L’amour réclame d’être vécu pour être connu. Il faut donc faire taire nos raisonnements, nos rêves, nos déceptions, pour nous laisser aimer. Se laisser aimer, c’est enlever toutes nos carapaces, supprimer tout nos désirs d’utiliser Jésus et même de vouloir utiliser notre vie à quelque chose. Pour que sa bonté s’exerce sur nous. Et se laisser aimer. Pour le laisser s’imposer à nous. Le laisser nous prendre, nous entrainer, sans mettre la main sur lui.

Grégoire +

 

Voir les commentaires

L’amour se suffit à lui-même

19 Juillet 2021, 16:25pm

Publié par Grégoire.

L’amour se suffit à lui-même

« Cette génération demande un signe, mais de signe il ne lui sera donné que celui de Jonas ! »

Le signe de Jonas qui nous est donné c’est Jésus descendant dans le ventre de la terre, le sépulcre ! Qu’est-ce que cela signifie ?

Au-delà des grands prêtres, Jésus est trahis par l’un des siens, un ami, a qui il a donné sa confiance, qui l’a introduit dans ses secrets. Mais pour Judas, il y a eu un moment où ça a été de trop ! L’amour  de Jésus est trop exigeant, presque insupportable : c’est un amour préférentiel, ardent, qui nous fait perdre pied. Et il se fait ami des pécheurs, mange avec les publicains et les prostituées, n'est-ce pas relativiser la loi ?!

Judas se fait alors juge de la conduite de Dieu. Sinon, « qu’il donne un signe » On proteste comme cela quand on ne veut pas être traité comme des enfants : « sa conduite est illogique, on a droit à des explications ! »

Jésus se tait. Il ne donne pas d’explications. Et il prend la dernière place, la place de l’esclave, comme au lavement des pieds, pour nous aider a accepter de ne pas comprendre la conduite du Père.

Et Jésus manifeste cette trahison des grands prêtres et celle de Judas pour qu’on la porte avec lui, en silence. C’est cela la Croix :  c’est cette offrande silencieuse, apparement inutile, où le mal semble triompher qui seule permet de vivre de la bonté du Père et de révéler cet amour qui est la seule réalité existante. Seul un abandon total peut révéler la bonté du Père. Accepter de ne pas savoir, faire taire nos incompréhensions et se livrer.

Jésus à la croix, pardonne en se faisant l'agneau, en acceptant de disparaitre. Son cadavre est remis à la terre.

Le Sépulcre : c’est Le signe que le Messie n’est pas triomphant, ce n’est pas un salut humain. Le salut c’est l’amour qui fait de nous des agneaux offerts en silence. C’est LA réponse à l’orgueil. L’orgueilleux veut toujours tout comprendre, il est toujours en colère ou triste ou désespéré parce que la réalité n’est jamais selon ses projets ! C’est le dragon rouge feu de l’Apocalypse : le démon est toujours en colère. Et il distille partout sa tristesse et son désespoir. Car il nous fait croire que le bonheur c’est de tout maitriser, de tout diriger. Et de réclamer nos droits !

Or c’est l’amour seul qui peut nous permettre d’accepter de ne pas comprendre, de vivre la Croix, le sépulcre, d’être mis au tombeau. Pourquoi ? Parce que l’amour se suffit à lui-même. Il est à lui-même sa fin. Il ne réclame pas comme tel d’être efficace, visible ou manifesté. Il est même caché, secret, silencieux. Il n'est en rien une tragédie, un drame, ou une histoire complexe. Pourquoi ? Parce que, depuis toujours, Il est. L'Amour est LA Réalité.

Grégoire +

 

 

 

Voir les commentaires

Venez à l’écart vous reposer un peu

17 Juillet 2021, 18:13pm

Publié par Grégoire.

Venez à l’écart vous reposer un peu

« Venez à l’écart vous reposer un peu »

Celui qui, le plus, veut notre repos c’est notre Père. Pourquoi ? Parce qu’on a perdu notre premier repos originel. Cette harmonie première, l’orientation naturelle vers notre fin est perdue.  Il y a en nous une brisure fondamentale, un désordre qui fait que nous sommes tous errants, sans orientation claire.

C’est cela la source de nos fatigues, de nos inquiétudes, nos angoisses, nos culpabilités etc. Si notre existence est pesante, fatigante c’est parce qu’on n’a plus en nous cette orientation fondamentale vers Celui qui doit jusqu'au bout nous épanouir, nous réaliser. Et on cherche partout, en vain, un repos. Parce que d'abord on est fait pour ça.

Or, la réponse du Père c’est qu’on entre dans son repos. Le sien. C’est le psaume 94 qu’on chante chaque matin aux laudes « aujourd’hui puissiez-vous écouter ma voix… pour entrer dans mon repos ». Et le repos du Père c’est Jésus. Notre repos c’est La Source originelle qui est là pour moi.

Naturellement, le premier repos qu’on expérimente, le plus simple, c’est celui de la nourriture, manger et boire. La nourriture est une autre réalité que nous, relative à nous et qui doit nous faire du bien. Notre repos est nécessairement dans un autre qui nous complète. Il n’y a pas de repos plénier en nous-même.

Autre repos naturel, notre un lieu. Là où on est chez soi, en sécurité, on peut se reposer. Celui qui est un errant n’a pas de repos.

Le deuxième repos expérimentable est celui d’une personne qui nous aime. Auprès d’un ami, il y a un repos. Car l’ami nous comprend. Il ne nous juge pas. On rit avec lui, sa présence nous épanouie, il est source de joie.

Enfin, pour qu'il soit vrai, le repos doit durer. Si vous êtes constamment dérangé, si il y a des menaces, des peurs, il n’y a pas de repos.

Or Jésus c’est précisément tout cela : il est l'ami véritable, celui qui nous connait mieux que nous, qui ne nous juge pas et qui se donne à nous sans condition. Il est notre lieu : auprès de lui on est en sécurité : rien de notre vie n’est perdu. Il est celui dont on se nourrit, unit à nous définitivement. Il est tellement relatif à nous qu'il porte tout de ce que nous sommes. Et Lui est fidèle, même si on est infidèle. Parce qu’il connait en nous ce qui fait qu’on est unique, irremplaçable : ce pour quoi il nous a voulu.

On trouve le repos dans une personne, lorsqu’on a touché ce qui fait que cette personne est unique. C’est ça que tous cherchons, atteindre en l’autre ce qui ne change pas, ce qui demeure au delà des humeurs, de l'âge. Alors il y a un repos. Connaitre Jésus, c’est toucher ce qui fait que c’est Lui. Alors je peux dire « Ceci est Jésus, tu es là pour moi, je l'ai touché »

Comment toucher cela ? Quand vous aimez quelqu’un, vous lui dites « je t’aime, parce que c’est toi » Qu’est-ce qui fait qu’on aime telle personne particulièrement ? Parce qu’on a touché ce qu’il y a d’unique en elle, ce qui fait que c’est elle, ce qui ne change pas. C’est le cri de Jean, qui reconnait Jésus sur la plage, après la résurrection  « c’est le Seigneur, c’est lui ». Parce que Jean avait osé reposé sur sa poitrine, sur Lui.

Notre repos c’est aller à l’écart, plus qu'auprès de Jésus, prendre le temps de toucher qu'il est là pour nous, découvrir la soif qu'il a de se donner à nous, ce qui fait que c’est Lui pour moi. Pour avoir un vrai repos intérieur. Pour pouvoir toujours trouver la paix dans nos luttes, nous reposer auprès de Jésus qui trouve aussi sa joie en nous.

Grégoire +

Voir les commentaires

La richesse de sa grâce à débordé jusqu'à nous

10 Juillet 2021, 16:20pm

Publié par Grégoire.

La richesse de sa grâce à débordé jusqu'à nous

« Ils proclamèrent qu’il fallait se convertir… »

Les apôtres sont envoyés comme des pauvres, pour expulser les démons et appeler à la conversion.

Comme des pauvres. Sans beaucoup de moyens, parce qu’évangéliser n’est pas une oeuvre humaine. C’est donner Jésus. Immédiatement. Le donner gratuitement, de la façon la plus simple et la plus personnelle qui soit. Parce que par la foi, « Jésus est réellement en nous ». Pour ça, il faut des personnes qui ne s’appuient que sur Lui. Donc des pauvres. Car la pauvreté en esprit est gardienne de notre foi, notre confiance en Jésus. Autrement on cherchera que des résultats, une efficacité ou une perfection humaine.

Expulser les démons. Nous sommes en luttes contre l’ange de la lumière et ses disciples qui nous jalouses. On ne lutte pas contre le monde ou contre nous-même. On lutte contre un pur esprit, bien plus intelligent que nous. Et c’est pour cela qu’il ne faut pas lutter seul. On s’appuie sur Jésus donné dans les sacrements, dans sa parole et ses amis : la charité fraternelle.

Savez-vous que la confession sert aussi a chasser les démons, les esprits de tristesse, de lassitude, de désespoirs ?

Se Convertir. De quelle conversion s’agit-il ? Une conversion morale ? Prendre des résolutions ? Non. Il s’agit de croire en ce que le Père a fait pour nous. Paul dit cela aux Ephésiens « nous sommes choisis en Jésus, nous sommes bénis et comblés de bénédictions ! » Pourquoi ? « Parce qu’il nous a choisi pour nous faire saints et immaculés devant Lui, en nous prédestinant à être des fils bien-aimés »

Voilà l’oeuvre du Père, que Jésus est venu manifester et réaliser. Notre sainteté, c’est l’oeuvre du Père. C’est Lui qui nous rendra Immaculé quand il le veut. Selon sa manière à Lui. Et nous devons nous convertir à sa manière de travailler, à ce qu’il fait en nous mais que nous ne voyons pas. Nous convertir à ce que son salut ne se réalise pas selon notre attente immédiate ! Nous, on aimerait bien voir les résultats. Mais le Père veut que nous acceptions que ça ne soit pas à notre manière.

On est vraiment Fils, mais avec un état intérieur tel qu’on ne vit de ce don que dans la foi. On est épousé par Dieu et incapable de vivre pleinement de son don. Notre conversion, c’est être certain de ce don et accepter d’être pas tellement capable d’en vivre ou d'y répondre.

On est revêtu de Jésus, même si apparemment nous sommes tous très handicapés, pas très capable d’aimer, têtus, jaloux, critiques, vaniteux etc…

Se convertir, c’est entendre Jésus nous dire qui on est pour Lui, ouvrir les yeux sur ce qu’il a acquis pour nous. Il n’y a pas d’autre conversion. Le reste « vouloir changer » c’est du replâtrage, c’est vouloir cacher nos failles. C’est de la perte de temps et de l’orgueil. L’orgueil de vouloir être présentable, reconnus, 'capables de...' !

Seuls les pauvres peuvent recevoir un don et accepter d’être incapable d’en vivre, de ne pas mettre la main dessus. C'est à dire seuls les pauvres savent que notre liturgie, notre prière, nos offrandes ne correspondent pas à son don. Parce que ce don c’est Dieu lui-même, c’est l’amour divin qui nous vient nous faire vivre ce qu’il est.

Seuls nos blessures, nos désirs, notre soif touchent quelque chose de ce don. Là où on est blessé, perdu, mendiant. Car seuls nos blessures, nos soifs, nos désirs ont quelque chose d'ouverts à l'infini.

Grégoire +

 

Voir les commentaires

La marque de l’éternel dans nos chairs

8 Juillet 2021, 14:46pm

Publié par Grégoire.

La marque de l’éternel dans nos chairs

« Sur votre route, proclamez que le royaume est tout proche, guérissez les malades… donnez gratuitement. Ne vous procurez ni or, ni argent… » Math 10, 7-15.

Cette demande de Jésus à ses apôtres d’annoncer sa présence immédiate, ce n’est pas pour l’aider lui, ou construire l’Eglise, ou accomplir une mission, c’est d’abord pour eux. Il faut qu’ils se donnent, qu’ils donnent Jésus pour pouvoir recevoir son don jusqu’au bout.

Le salut, c’est le don actuel et personnel de tout Jésus pour moi. Mais pour entrer jusqu’au bout dans cette amitié divine, pour se laisser déborder par ce don qui nous excède, pour ne rien en diminuer, Jésus nous envoie « comme des agneaux au milieu des loups », il nous fait être Lui pour ses enfants.

C’est Jésus qui veut qu’on ait sa place, pour qu’on soit saisis par les exigences de son don personnel. Qu’on soit fait Agneau, Époux et Père pour chacun, selon les trois dimensions de l’amour Divin.

L’Esprit de Jésus nous prend, chacun, pour vivre cet état de don, d’oblation gratuite : on est fait offrande personnelle, on est mis dans un état d’oblation unique où ce qui est le plus nous-même est livré, donné et comme parfois gaspillé par ceux qui usent de nous sans comprendre.

Ce qui fait que c’est un repos, c’est de savoir que c’est Jésus qui nous met dans cet état victimal pour se nourrir de nous, de notre personne. En s’emparant de notre vie, au-delà de notre conscience et de notre coopération, il vient « ouvrir, blesser, livrer » en nous ce qu’on a de plus intime, de plus nous-même, pour se donner à nous, là.

Pour nous, dans notre vécu, nous sommes comme livrés aux bêtes, notre vie devient parfois comme un gaspillage, une perte de temps, quelque chose d’inutile et de perdu. Ce sentiment révèle bien l’état de passivité victimal que réalise l’Esprit St en chacun de nous.

Cela est conscient et manifeste chez ceux qui sont amenés à coopérer, par la foi ou leur vocation d’apôtre, de prêtre, de chrétien… Mais, tous sur terre sommes conduits à vivre cet état. Aucun n’est exempt de l’emprise de l’Esprit. Et la mission spéciale des croyants est de révéler aux hommes ce que l’Esprit leur faire vivre, trop souvent malgré eux.

« Par son incarnation, le fils de Dieu s’est en quelque sorte uni à tout homme, même si ce dernier n’en est pas conscient, et la mission de l’Eglise est de révéler aux hommes ce don qui leur est fait » JPII, Redemptor Hominis 1979

 

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Seuls les pauvres comprennent cet amour qui est de trop

7 Juillet 2021, 16:17pm

Publié par Grégoire.

Seuls les pauvres comprennent cet amour qui est de trop

« N’allez pas chez les païens… Allez plutôt vers les brebis perdues d’Israël… »

Pourquoi cette injonction de Jésus ? Pourquoi seulement Israël, et en Israël ceux qui sont perdus ?

Parce qu’Israël a été choisi pour attendre pour tout les autres peuples, le sauveur. Israël a été éduqué à l’adoration, à attendre ce que Dieu veut réaliser.

C’est Israël qui a été le plus purifié dans son regard sur Dieu: Il est « le Tout-autre », Celui dont on ne peut prononcer le nom, l’Eternel qui combat, conduit et promet fécondité. Il est Celui qui depuis toujours est, et qui a fait alliance avec Israël, le plus petit de tout les peuples.

Les autres peuples ont une vision de Dieu très mêlé, charriant beaucoup de choses très humaines, très imaginatives. Projetant sur Dieu des sentiments très humains : jalousie, vengeance, haine.

Or, Jésus, Dieu fait chair, vient unir l’adoration et l’amitié. Celui que j’adore, de qui je reçois la vie, l’existence et l’esprit, qui a tout les droits sur moi -j’existe parce qu’actuellement il me fait être, par pure gratuité- lui, qui me porte actuellement, veut être mon intime, présent à tout ce que je vis.

C’est cela « proclamer que le royaume de Dieu est tout proche ». Dieu s’est tellement approché qu’il veut une vie commune, amicale, intime avec chacun de nous.

Les apôtres doivent y faire entrer Israël, pour qu’Israël le vivent et le transmette au monde. C’est tellement de trop, tellement énorme que seuls peuvent « l’accepter » ceux qui sont perdus, qui n’y arrivent pas avec cet héritage, avec ce "poids" qu’est l’alliance avec Dieu.

Quand on n’a pas conscience de ce à quoi on est appelé, on ne se fait pas trop de bile. Mais plus on sait ce que Dieu veut pour nous, plus on a comme un poids sur les épaules, celui de vouloir correspondre à ce qu’il attend de nous. Or, cette alliance, on ne peut la vivre, ou la porter sans Lui. Seul c’est impossible.

Aussi, l’amitié avec Jésus est comme une réponse parfaitement adapté. Ainsi, seuls ceux qui sont perdus en Israël peuvent y entrer. Les autres, sont trop installés, ont trop adaptés à eux cette alliance.

C'est la grande lumière sur ces dépouillements récurrents et souvent incompréhensibles, de l'Esprit St sur nous : pour entrer dans cette amitié qui toujours nous dépassera. Celle de notre Créateur et Père qui vient mendier l'amour qu'Il nous a donné.

Grégoire +

Voir les commentaires

La bonté se communique en attirant ..

6 Juillet 2021, 16:03pm

Publié par Grégoire.

La bonté se communique en attirant ..

« Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël »

Etonnant de voir combien Jésus est présent, réalise des miracles, et pourtant il y a quelque chose qui reste volontairement caché. 30 ans à Nazareth sans rien dire. Et ultimement la Croix, ou même l’Eucharistie, c’est un don caché, un secret, dont on ne possède rien.

En cela les pharisiens sont déroutés « il expulse les démons ? parce qu’il en est un lui-même »

Pourquoi est-ce ainsi caché ? Parce que Dieu est Père, et le Père ce n'est pas l'autorité, la force ou le pouvoir, c'est l'amour et la fécondité. L’efficacité n’a pas grand chose à voir avec l’amour ou la fécondité.

Non pas qu’il faille aucune efficacité, mais ce qui est premier dans le salut, dans le don du Père -car c'est cela le salut- ce n’est pas l’efficacité apparente et immédiate. C’est que quelque chose naisse en nous, que la bonté du Père, de Jésus, naisse, s’imprime en nous.

Cette bonté qu’Il est lui-même, est en fait souverainement efficace, puisque l’amour qui nait en nous est l’effet de sa bonté. La bonté en attirant, réalise -produit- l’amour dans le coeur qu’elle attire.

La bonté personnelle se découvre lentement, en fréquentant l’autre, en le laissant s’imposer à nous dans tout ce qu’il est. La bonté personnelle est toujours découverte comme une présence personnelle gratuite, pratiquement inutilisable, sans gain économique.

C’est ça les ouvriers à sa moisson que Jésus cherche. Il ne veut pas de coach, des gens d’abord efficaces, en quête de résultats.

Dans l’apocalypse, la moisson est double : la moisson et la vendange. Le pain et le vin. Aimer le Père : être des fils bien aimés, et la charité fraternelle : pour chacun devenir sources les uns pour les autres… Apoc 14, 14-20.

Prier le Père, c’est se nourrir de la bonté du Père, pour être fait reflet réel de sa bonté, et avec lui, devenir source jaillissante, nourriture de nos frères, miséricorde infinie.

Grégoire +

Voir les commentaires

Voici que je fais toutes choses nouvelles

5 Juillet 2021, 15:33pm

Publié par Grégoire.

Voici que je fais toutes choses nouvelles

« Ma fille est morte à l’instant, mais vient lui imposer la main et elle vivra » « et une femme souffrant d’hémorragie interne depuis 12 ans s’approcha pour toucher son manteau »

Si l’homme et la femme ont été créé, c’est, à la différence des anges pour s’aimer et être fécond. L’ange est un solitaire.  L’homme et la femme sont images de Dieu dans leur quête complémentaire de lumière et d’amitié.

Et c’est précisément dans leur capacité d’aimer et leur fécondité qu’ils sont abimés. Certainement que la faute d’Eve, son orgueil, sa prétention à vouloir décider par elle-même ce qui est bon pour elle et Adam, fût au niveau de l’amour et a des conséquences immédiates dans la fécondité.

Jésus en s’incarnant vient dans quelque chose de complètement nouveau, notre capacité à être fécond, et notre manière d’aimer. C’est dans un lien personnel avec Jésus que, ce qui en nous est mort, ressuscite. C’est donc une alliance avec Dieu lui-même immédiatement, dans sa fécondité.

C’est cela qui est montré ici : cet homme et cette femme sont morts, lui dans sa paternité, elle dans sa capacité a donner la vie.

C’est bien l’humanité d’aujourd’hui, à qui il ne reste plus que son efficacité, son travail, son labeur, sa valeur économique. Des résultats oui, mais plus de fécondité. De la générosité oui, mais plus beaucoup d’amour. C’est d’ailleurs une des plus grande confusion actuelle : on ne sait tellement plus ce qu’est aimer que l’on confond la générosité et l’amour.

La générosité c’est de faire quelque chose pour un autre. Aimer, c’est recevoir un autre, tel qu’il est, chez soi, et, par sa bonté, par ce qu’il est, le laisser achever en nous ce qu’on ne peut achever par soi-même. L’autre nous rend fécond et réciproquement, lorsque ce qu’il y a de plus personnel est donné, livré.

Et là, c’est bien en se livrant, dans un acte personnel, dans une mendicité vis à vis de Jésus que cet homme et cette femme vont naitre à une nouvelle paternité et une nouvelle capacité de donner la vie.

Ce n’est pas un rafistolage, une réparation de ce qui a été abimé, mais une nouvelle vie reçue. Parce que c’est Jésus lui-même, c’est Lui se communiquant, c’est pour chacun d’eux une recréation. Dedans ce qui est mort, Jésus descend en personne. C’est donc bien une résurrection, une divinisation de leur vie. Demander à Jésus de venir s’installer, demeurer là où en nous c’est mort.

La nouvelle alliance, ce n’est pas "bien et mal", mais "mort et vie". Jésus veut qu’on le laisse descendre dans ce qui est mort, sans espoir humain, pour se donner à vivre là. C’est lui qui vient se donner comme l’ami venant nous « compléter », « achever » en nous ce que nous sommes.

Sauf que Jésus ne vient pas pour parfaire notre nature, mais la reprendre, l'entrainer dans quelque chose qui est à sa taille à Lui.

Grégoire +

Voir les commentaires

Un prophète n'est méprisé que dans son propre pays

3 Juillet 2021, 17:58pm

Publié par Grégoire.

Un prophète n'est méprisé que dans son propre pays

« D’ou lui vient cette sagesse ? N’est-il pas le fils du charpentier ? Et ils étaient scandalisé a son sujet. »

Les proches de Jésus, ceux de son pays, sont choqués, car rien de ce que fait Jésus ne correspond à ce qu’ils connaissaient de Lui. « N’est-il pas le fils du charpentier ? » Ce qui nous empêche en premier de recevoir Jésus, de l’entendre, c’est ce que l’on croit connaitre de Lui.

Déjà, humainement, on se ment à soi-même, quand on réduit la réalité, les autres ou nous-même à ce qu’on en connait. Souvent ce qu'on connait de quelqu’un c’est : « d’où il vient, son âge, ce qu’il fait ». Et on dit « Oui, je le connais ». Mais c’est très matériel et très extérieur comme regard. On croit connaitre, mais on a une opinion qui nous aveugle. C’est pire quand on répète des opinions, des rumeurs, sans avoir eu une expérience directe de ce qu’on dit.

On peut même ainsi éloigner de Jésus. Un philosophe disait « je n’aime pas parler avec des catholiques, car ils pensent qu’ils savent tout. Ils disent avoir la vérité. Ils ne cherchent plus » Croire en Jésus ne fait pas qu’on possède la vérité. On ne possède pas Jésus. Jésus ne peut-être que Celui qu’on cherche.

Quelqu’un qui croit savoir, c’est un idéologue ou un  tyran. Un tyran c’est celui qui a des idées très précises sur le réel et qui les imposes : « c’est comme ça et pas autrement ». Comme il y a des « prêts à porter » dans la mode, il y a aussi des « prêts à penser » des opinions qui sont devenus la vérité. Quand on ne cherche plus la lumière, on est mort spirituellement.

On est vivant, on laisse un autre nous agrandir, qu’en maintenant en nous une soif de connaitre, une attente de ce qui n’est pas nous.

Pour les Grecs, on est vivant quand on interroge : « qu’est-ce que c’est ? Pourquoi ? Qui es-tu ? » Et, l’amour se renouvelle, quand on est toujours plus étonné, admiratif et en attente. C’est pour ça que la première parole de Jésus dans l’évangile est une question : « que cherchez vous ? » Car Jésus veut en premier réveiller notre désir, notre soif de connaitre, notre capacité à interroger. C’est la première manière d’être agrandis par un autre, de sortir de soi.

Savez-vous ce que signifie -Intelligent- ? intus-legere : « lire de l’intérieur » c.a.d toucher un autre de l’intérieur, ce qui fait que c’est Lui.

On rencontre vraiment quelqu’un quand on connait son intention profonde, son désir, sa soif : « que cherchez-vous ? » Et, pour les Grecs, c’est toujours dans un contact actuel. Le reste, tout ce que j’ai accumulé de souvenirs, d’images, c’est très secondaire. L’autre, je ne le connait qu’actuellement : c’est toi.

C’est cela croire: c’est rencontrer Jésus actuellement, à travers un témoin, un sacrement, sa parole. L’entendre me dire ce qu’il fait de moi et pour moi, maintenant, au-delà de ce que je vois, ressens ou mesure. Mais pour être certain de cela, il faut avoir brûler toutes nos richesses spirituelles, nos petites connaissances, pour qu’il y ait en nous une vraie attente, une grande soif, un vrai désir d’être agrandis par Lui.

Grégoire +

Voir les commentaires

Ceci est mon corps

1 Juillet 2021, 16:06pm

Publié par Grégoire.

15e anniversaire d'ordination

15e anniversaire d'ordination

Je rends grâce à Jésus avec vous de ce don du sacerdoce. Don complètement gratuit. C’est Jésus qui s’efface, qui donne sa place pour qu’on le rende présent dans son offrande à la Croix. Donner Jésus le plus personnellement possible. Donner son pardon sans condition et, avec sa grâce, être le plus possible sa présence, sa miséricorde, sa proximité et son exigence d’amour.

Parce que Jésus c’est cela : la bonté absolue, la miséricorde sans limite et une exigence d’amour. Jésus s’est fait ami des hommes. C’est ça le prêtre. C’est donner Jésus totalement, inconditionnellement, puisqu’il veut avec chacun, le lien le plus personnel et le plus simple qui soit.

C’est pour cela que Jésus nous fragilise, nous appauvrit, nous fait tomber de nos piédestal. Il n’aime pas nos petites gloires, les rôles ou l’importance qu’on se donne, parce que cela nous empêche d’entrer dans un lien simple et personnel.

C’est pour ça que le prêtre, donne Jésus, donne le Père, en se donnant personnellement. On est pas prêtre pour célébrer un rite, mais pour aimer et se laisser manger. C’est ça qui est extraordinaire : en consacrant on ne dit pas « ceci est le corps de Jésus » mais « ceci est MON corps ». Et donc, on est prêtre pour être mangé. Puisque la finalité de l’eucharistie c’est la communion.

Jésus, il est celui qui se donne tellement qu’il faut qu’il soit mangé. Jésus n’est pas venu célébrer un rite ou une liturgie. La Croix, la Cène ou Noël c’est pas d’abord une cérémonie religieuse. Il n’y a aucun chant, aucune bougie, aucun vêtement liturgique… rien de beau, ni d’esthétique. Non. C’est Lui pour nous.

Dans l’A.T, le prêtre offrait des sacrifices. Dans le N.T Celui qui offre et ce qui est offert c’est la même chose. Le prêtre donne Dieu, en s’offrant. Il se fait Agneau, il s’offre lui-même. L’hostie que l’on consacre c’est lui-même et chacun des amis de Jésus. De même que pardonner les fautes, c’est les prendre sur soi, comme si c’était les nôtres.

C’est ça que doit vivre le prêtre. Ce n’est pas d’abord l’efficacité des sacrements, mais désirer vivre en offrande d’amour. Vouloir devenir hostie dont chacun puisse se nourrir.

Je voudrais vous remercier de votre amitié et de votre fidélité à Jésus. Car Jésus nous donne de continuer réellement entre nous son mystère, son don. Il ne faut jamais en douter. Et j’ai donc besoin de vous pour vivre jusqu’au bout ce qu’il veut donner au monde à travers nous. Ce n’est pas un hasard que nous soyons ensemble à Pasquaro. Pour combien de temps, personne ne sait. Mais ce dont je suis certain c’est que l’on a quelque chose à vivre que personne ne peut vivre à notre place. Comme Marie et Jésus à Nazareth.

Jésus n’a pas besoin de nous, mais il a voulu avoir besoin de nous. Et les dons qu’il nous fait c’est pour qu’on aille le plus loin dans l’amour.  

C’est sa joie aujourd’hui de nous voir être là, communier et désirer nous aimer comme il nous aime. Je sais qu’il vous remercie.

Grégoire +

Voir les commentaires

Le Père attend notre cri

30 Juin 2021, 16:33pm

Publié par Grégoire.

Le Père attend notre cri

« Dieu entend le cri de l’enfant dans le désert »

Ismaël est un prémisse, une annonciation de Jésus à la Croix qui crie pour nous. Parce que nous, nous ne savons pas crier. Soit nous ne voulons pas, nous sommes fataliste, on dit « c'est comme ça, il faut faire avec » soit on fait le gros dos.

Ou bien comme dans l’évangile, on ne veut pas trop que Jésus entende les cris de ceux qui sont possédés par un mal, parce que ça détruirait tout nos commerces de salamis et on risquerait de perdre tout nos troupeaux de cochons : c’est à dire tout ce qu’on possède.

Or, le Père répond toujours à ceux qui sont perdus, ceux qui sont des petits, sans forces, qui sont au désert. Qui ne peuvent plus que crier. Ce ne sont pas nos qualités ou nos belles prières qui attirent le Père, mais nos pauvretés, nos petitesses, nos cris de soif, nos souffrances, tout ce qui nous blesse, tout ce qui nous fait pâtir, lorsqu’on est sans défense, sans force, comme Ismaël ou Jésus à la Croix. Car « Dieu entend toujours le cri de l’enfant dans le désert »

Et pourtant Ismaël est un fils illégitime, le fils d’un adultère, d’Abraham et d’Agar. Pourtant le Père entend son cri. Les possédés ne sont pas spécialement en état de grâce non plus, et pourtant ce sont eux qui attendent et attirent Jésus par leurs cris. Et ceux qui étaient normaux aux yeux de tous, ne veulent pas de Jésus : il est de trop pour eux, il les dérange.

Dieu entend le cri de notre coeur, peu lui importe qu'on soit en règle ou non. C’est Lui qui en venant à nous, nous rend prêt et nous met « en règle » avec Lui.

C’est un tel cri qui brûlait le coeur de Marie avant l’annonciation et qui a attiré le coeur du Père. Et le Père a répondu parce qu'il répond toujours à nos cris. Et la réponse du Père, c'est lui-même.

Grégoire +

Voir les commentaires

Demeurez en moi comme moi en vous ...

29 Juin 2021, 16:13pm

Publié par Grégoire.

Demeurez en moi comme moi en vous ...

« Et vous, que dites vous ? Pour vous qui suis je ? »

Le choix de Jésus sur Pierre et Paul, ce n’est pas d’abord pour qu’ils accomplissent une mission, pour avoir quelqu’un pour diriger, ou pour faire quelque chose pour Lui. Ce choix de Jésus sur le premier Pape et l’apôtre qui a certainement le plus formé visiblement l’Eglise, Paul, c’est en premier pour Jésus nous dire qui il est « pour vous qui suis-je ? »

L’Eglise ce n’est pas d’abord une grande institution qui organise les choses de Dieu. L’Eglise c’est en premier le mystère même de Jésus, Dieu fait chair qui continue de vivre, de se donner à voir. C’est Jésus présent en chacun de nous. Il s’est effacé pour nous laisser toute la place, sa place. Nous sommes son corps. Réellement. Il est la vigne et nous les sarments : il y a une unité substantielle entre Lui et nous !

On voit donc quelque chose de Jésus en Pierre, puisque Jésus est notre Père, celui qui nous conduit, Celui qui est source et gardien de notre vie divine, de notre confiance, et de la sainteté de notre vie, c’est à dire celui qui nous rend semblable à Dieu.

Et on voit quelque chose de Jésus dans l’apôtre des nations, théologien. Puisque Jésus est venu nous révéler le Père, Paul nous révèle ce don de la grâce, de la vie divine qui devance toute coopération, qui fait qu’on est source de vie divine les uns pour les autres par notre désirs

C’est cela Pierre et Paul, c’est le visage, la présence de Jésus qui nous est présent autrement. Comme dit Paul : « ce n’est plus moi qui vit, mais le Christ qui vit en moi »

Et cette fête doit nous éclairer sur la signification profonde de notre vie : Jésus nous a choisit, nous a placé là, parce qu’on est quelque chose de sa présence sur terre que personne d’autre ne peut dire. 

C’est comme cela qu’on doit se regarder les uns les autres, non pas en fonction de nos caractères, nos apparences, ou nos misères. Mais selon ce qu’on est pour Jésus. Dans la foi, nous sommes chacun une présence réelle de Jésus. Autrement réelle que la présence sacramentelle, mais non moins réelle.

Et c’est pour cela que la charité, l’amitié divine est urgente. c’est chercher à avoir une amitié personnelle avec son frère, sa soeur, c’est -avec la prière silencieuse- la manière d’entrer dans cette amitié personnelle avec Jésus.

Grégoire +

Voir les commentaires

L'amour est un abîme qui veut tout

28 Juin 2021, 16:14pm

Publié par Grégoire.

L'amour est un abîme qui veut tout

« Le Fils de l’homme n’a pas de lieu où reposer la tête… Suis-moi et laisse les morts enterrer leurs morts »

Pourquoi une telle radicalité ? Ne pas enterrer son père, ne pas avoir de lieu à soi ?! Qu’est-ce que ça signifie ?

Cette radicalité que Jésus attend n’est pas un idéal ou un but à atteindre. Cette radicalité c’est d’abord Jésus qui nous dit son don. Son don est substantiel, radical, total, définitif. C’est un don qui ne peut pas être repris. Il est sans condition.

Et pour être pris, touché, mordu par son don, cela exige un esprit de pauvreté : user de tout comme ne nous appartenant pas, être en ce monde sans être de ce monde, mais déjà de l’autre. Ça c’est bien Jean Baptiste, François d’Assise, Thérèse de l'Enfant-Jésus …

La pauvreté chrétienne c’est l’effet en nous de cet amour qui est Dieu lui-même. Et ce don est fait, maintenant. Et, pour être possédé par Jésus, il faut avoir le désir d’être entièrement possédé, de vouloir le laisser conduire notre vie, choisir de ne plus avoir d’autonomie propre.

C’est ça Jésus pour nous. Il est relatif à nous absolument : notre vie compte plus pour Lui que la sienne. Il se fait Agneau pour nous. Il offre sa vie en prenant notre place, il nous donne son lien avec Marie : ce qui n’est pas communicable humainement, ce qui le lie à Marie comme Mère et femme, c’est nôtre.

C’est en ouvrant les yeux sur le don actuel de Jésus pour nous qu’on peut tout lui donner. Parce qu’il me donne sa dignité, qu’il donne à notre vie une fécondité divine, cet amour -qui est lui-même— appelle un don total. Total mais personnel. Il n’y a rien de plus personnel qu’un don.

Chacun vit cette dépendance volontaire vis à vis de Jésus, personnellement. C’est moi face à Lui. Jésus n’attend pas un don efficace, mais qu’on lui réserve ce qu’on a de plus précieux, de plus personnel, ce à quoi on tiens le plus : notre coeur.

Grégoire +

Voir les commentaires

Qui m’a touché ?

26 Juin 2021, 18:06pm

Publié par Grégoire.

Qui m’a touché ?

« Qui m’a touché ? »

Ces deux histoires, une femme malade et une enfant morte, montre que le mal contre lequel on ne peut rien faire et nos morts, c’est là où Jésus s’unie définitivement à nous.

La femme « avait des pertes de sang depuis douze ans, elle avait souffert du traitement de nombreux médecins, elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration, au contraire, son état avait plutôt empiré »

Cette femme malade est considérée comme impure par la loi et -comme les lépreux- est exclue des rassemblements. Et elle va faire ce qui n’est pas permis par la loi.

La petite fille de douze ans en train de mourir, est source de désespoir pour son père et les gens de sa maison « Ta fille vient de mourir. A quoi bon déranger encore le maître ? »

On a ici tout les drames humains : l’impuissance de la science -la médecine-, le désespoir engendré par la mort, l’exclusion par la loi, le regard sur le mal comme un obstacle infranchissable et la dureté des grands prêtres qui imposent des lois religieuses qui ne sont que préceptes humains !

Le coeur de cet évangile c’est l’audace folle de cette femme : elle va toucher Jésus. Toute la foule le touche et pourtant elle seule a un vrai contact avec Lui.

C’est ça la nouvelle alliance : Dieu qui se fait relatif et vient s’unir à chacun de nous dans notre chair, par ce simple touché. Pourquoi ? Parce que aimer réclame le don de tout nous-même, donc de toucher l’autre. La parole ne suffit pas. Parler c'est, normalement, déjà communiquer quelque chose de nous-même. Mais toucher quelqu’un, donner la main, embrasser, c’est se livrer, se donner.

Aimer c’est être relatif à un autre, tel qu’il est. C’est bien la nouvelle loi : « aimez-vous les uns les autres » C’est pour ça que toutes nos rencontres, tout nos gestes humains, nous préparent à toucher Jésus dans l’Eucharistie. 

Jésus est vulnérable à notre toucher « Qui m’a touché ? » C’est le cri de Jésus quand on communie « est-ce que tu me touches vraiment ? Est-ce que tu attends quelque chose ? Est-ce que tu es là pour moi quand tu me reçois ? Est-ce que tu me livres toutes tes peurs, tes désirs, tes attentes ? »

Nos pauvretés, nos misères, là où on ne s’en sort pas, Jésus les permet pour qu’on ait cette audace d’aller le toucher, d’aller le prendre et tout lui mendier.

Souvent nous sommes comme cette foule « la foule t’écrase et tu dis 'qui m’a touché' ? » ça c’est extraordinaire. Tout ces gens n’étaient pas en règle, n’étaient certainement pas allé se confesser. Et Jésus accepte d’être touché par des gens qui ne sont pas prêt. Ça ne le dérange pas. Au contraire. Il est donné en pure perte. Il vient chercher ce qui est perdu, malade, mort. C’est la gratuité de Dieu. Il est donné, même quand on ne fait pas attention à Lui. C’est de fait difficile d’être conscient que l’Eucharistie c’est réellement Jésus pour moi. Seul lui peut nous dire son don !

Dans la communion, Jésus nous crie « qui m’a touché ? ». Il veut nous saisir : « Jésus saisit la main de la petite fille et lui dit : Lève-toi » et, Il nous dit « Lève-toi ! ne crains pas, croit, ait confiance, j’attends ton audace, crois que je viens pour toi  »

Grégoire +

Voir les commentaires

Ravi de joie à la voix de l'Epoux

24 Juin 2021, 11:41am

Publié par Grégoire.

Ravi de joie à la voix de l'Epoux

Cette fête de la naissance de St Jean Baptiste, doit nous mettre dans la joie, comme dit la prière d’ouverture « Accorde a ton Eglise le don de la joie spirituelle » Il y a aujourd’hui une grâce de Joie ! Comment recevoir cette joie en nous ?

La joie de cette fête vient de cette naissance complètement gratuite. Rien n’y disposait : Elisabeth était stérile et trop âgée. Cette joie c’est la joie de Dieu qui nous communique sa fécondité.

Et il vient chercher des personnes qui ne l’attendent plus : Sarah ricane quand on lui annonce qu’elle aura un enfant. Et Zacharie n’y croit plus beaucoup. Notre joie vient qu’on est aimé d’un amour fidèle, Dieu est éternellement fidèle ! Et il nous aime d’un amour complètement gratuit.

La joie de ce soir vient aussi de la sainteté de JB a 6 mois. Quand la V.Marie rend visite à Elisabeth. Marie porte Jésus en elle, et sa salutation remplie Elisabeth et JB d’Esprit Saint. C’est cela la sainteté : la joie de Dieu qui prend l’initiative de venir habiter avec nous, en nous. JB est rempli d’Esprit St dans le sein de sa mère !

Cette gratuité de Dieu, qui nous devance, est source de joie. Il vient chercher les plus petits. Et il se donne là à travers un simple geste de charité : Marie qui va voir sa cousine. Quand on communie, on est possédé par l’Esprit St et cela doit nous remplir de joie, tout Jésus vient en moi !

Jean Baptiste a une mission unique, celui d’être le précurseur, celui qui annonce et révèle l’Agneau. Il est conduit au désert pour que se creuse en lui une attente. Pourquoi cela nous met dans la joie ? Parce que, tout ce que le Père a fait en JB c’est pour nous ! On n’a pas le droit de le regarder de l’extérieur, comme des spectateurs.

Aujourd’hui JB nous dit comme un  Père, un Maitre, un frère, un protecteur « Comme moi, laissez vous conduire. Je vais vous conduire au désert ». Ça doit nous donner beaucoup de joie et accepter d’être petit, caché, en attente de ce que le Père veut nous donner. Accepter d’être au désert, caché dans nos lieux de vie, avec cette certitude que le Père veut se servir de nous pour l’annoncer !

JB est le St patron de la joie, même si au désert il a des paroles rudes ! Pourquoi patron de la joie ? Car la joie de JB c’est d’annoncer à l’épouse, à l’Eglise que nous sommes, que l’Epoux, le Sauveur, l’Agneau est là, au milieu de nous, pour nous : Dieu s’est incarné pour nous ! Son amour va jusque là. JB révèle la présence de Celui qui vient nous chercher, parce qu’il nous aime.

Et pour avoir cette joie au coeur, il faut demander à JB d’aimer la gratuité, la petitesse et la pauvreté. Seul les pauvres, les petits qui acceptent d’être cachés sont joyeux car ils ne s’appuient pas sur eux-même.

Ça c’est JB : il  est la voix qui nous crie à nous, dans notre désert : « mendiez à Dieu de tout vous donner, soyez vrai et simple avec Lui et sa gratuité va surabonder pour vous, Dieu veut vous donner au-delà de ce que vous pouvez acquérir et imaginez, et soyez absolument certain de sa fidélité de Père pour vous. »

Grégoire +

Voir les commentaires

Passons sur l’autre rive

19 Juin 2021, 19:23pm

Publié par Grégoire.

Passons sur l’autre rive

« Passons sur l’autre rive. »

Notre vie chrétienne c’est d’abord une initiative de Jésus. C’est Jésus qui nous est présent actuellement et qui veut nous faire passer sur l’autre rive. C’est son oeuvre ! Ce n’est pas d’abord notre responsabilité, nos efforts. Il s’agit de Dieu qui vient nous chercher ! Pour nous faire entrer dans la vraie vie, la sienne.

Entendre cette parole, c’est accepter son initiative. Jésus vient me conduire au Père. L’autre rive, c’est le Père. Et Jésus désire le Père pour nous et vient nous y conduire.

Un jour, nous vivrons pleinement cette vie. Le jour de notre mort nous entrerons pleinement dans cette vie qui est Dieu. En attendant, nous la vivons déjà par Lui. La foi c’est, sur terre, vivre déjà de l’autre rive.

Cette initiative de Dieu, c’est comme la traversée d’une mer. Qui a déjà pris le bateau ? Parce que sur une barque on voyage léger, on n’emporte pas grand chose. Impossible d’emporter une maison, quinze valises, ses lingots…

C’est bien le dépouillement, la pauvreté de tout nos projets qui permet à Jésus de nous faire traverser. Si nous sommes trop chargés, nous coulons.

Alors Jésus nous dit chaque jour « Veux-tu déjà vivre de l’autre coté ? Lâche tout et passons sur l’autre rive »

 

« Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »

Cette traversée, c’est notre vie terrestre. Et c’est expérimenter que non seulement nous ne maitrisons pas grand chose, mais que nous sommes lézardés, secoués, fragilisés : ça tangue de partout. Notre vie ne tient pas à grand chose. Et, devant nos luttes, Jésus semble dormir.

Notre vie sur terre, c’est laisser Jésus nous dépouiller de toutes nos assurances, nos sécurités, pour retrouver cette confiance, cet abandon, cette naïveté des touts-petits ! L’enfant c’est celui qui attend tout de son père. Tout ! Celui qui compte sur lui-même, qui a ses idées sur ce qu’il doit être, qui pense pouvoir se convertir, va s’accrocher au bateau, au temps qu’il fait, accumuler les bouées, redouter les tempêtes, chercher des moyens pour s’en sortir…

« Nous sommes perdus, cela ne te fais rien ? » c’est la phrase de ceux qui veulent que Dieu soit à leur service. Que Dieu soit une aide, un secours, une assurance tout risques ! Mais Jésus n’est pas utilisable. Il n’est pas au service de notre vie humaine ! Il est La Vie. Et Jésus permet qu’on soit perdu. Il veut qu’on expérimente notre rien, notre néant. C’est la vérité de ce qu’on est. Plus on connait son néant, plus on connait la gratuité inouïe du Père pour nous, la bonté de Jésus, plus l’abandon envers lui grandit.

 

« Silence, tais-toi ! »

C’est la prière a dire dans toute nos luttes ou tentations de désespoirs; Toutes nos tentations sont du désespoirs. On est désespéré quand on pensait savoir comment s’en sortir, quand on s’est fait mesure de notre vie. Le désespoir est un orgueil blessé, replié sur lui-même. A cela, il faut dire avec Jésus « Silence, tais-toi ! » Il n’y a pas de discussion avec ce qui en nous est triste, de mauvaise humeur ou désespéré.

Et ce silence que Jésus veut installer, c’est le fruit de présence aimante. Le silence est toujours un signe de l’amour. L’amour creuse en nous un silence, où l’autre devient tout pour nous.

 

« Qui est-il donc, celui-ci ? »

Cela c’est la vraie question, c’est le passage sur l’autre rive : sortir d’un regard auto-centré, ou on est inquiet de soi, et on ne demande que « suis je reconnu ? Suis je quelqu’un ? » On s’en fout ! On n’est pas ce qu’on fait !

La question véritable est : « qui est donc celui qui est ma source ? Pourquoi aie-je le sentiment qu’il dort ? que fait-il ? Quel abandon réclame-t-il ? »

Jésus attend qu’on cherche à le connaitre pour lui-même. La plus part des orphelins un jour recherche leur parents biologiques.

Et nous, lorsqu’on décide de chercher qui il est, de le connaitre pour lui-même « mais qui est-il donc, celui-ci ? Qui est ce Dieu ? » Alors on découvre Celui qui a tout dans sa main, Celui qui de toutes éternités m’attend, me porte, me conduit, Celui pour qui on est unique, le seul qui puisse combler nos désirs de connaitre, d’aimer, de créer.

Alors on est sur l’autre rive. La vraie. Jésus est l’autre rive.

« Passons sur l’autre rive : oublie toi, laisse moi te prendre en moi, vivre en moi »

 

Grégoire +

Voir les commentaires

Père de nous

17 Juin 2021, 17:54pm

Publié par Grégoire.

Père de nous

« Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens qui par un excès de paroles pensent être exaucés. Vous, priez ainsi : Père de nous »

Jésus ne nous enseigne pas à prier ! Il ne vient rien nous "apprendre". Jésus nous met face à quelqu'un, nous le révèle comme Père et surtout nous donne immédiatement d'entrer dans ce que Lui vit éternellement. Jésus nous prend en Lui dans son don actuel au Père !

C’est là où il nous faut un regard contemplatif : un regard qui dépasse les apparences et les résultats, ne plus nous inquiéter de notre manière de prier, de ne pas passer notre temps à chercher à "bien" prier.

Un regard contemplatif c'est être certain que Jésus donne à nos balbutiements, à nos désirs, la signification, la taille, la largeur, la hauteur, la profondeur de ce qu'il vit avec le Père.

Même si notre vécu est pauvre, plein d’imaginaire, de distractions, de paresses, de découragements, je dois être absolument certain que Jésus me prends dans sa relation au Père ! J’aime le Père avec la taille, l’intimité, l’amour même de Jésus. Cela m’est donné. C'est ce que je vis réellement dès que j'accepte de me laisser conduire par Lui. Mais cela c'est dans l'obscurité la foi. Au-delà de ce dont j’ai conscience.

Dans la foi, il n’y a aucune distance avec le Père. Et Jésus me met donne de vivre, de compléter, de continuer sur terre, ce qu’il vit éternellement.

La réponse à nos problèmes, c’est Dieu qui nous révèle sa fécondité : Dieu est Père ! Et il nous le révèle en nous mettant dedans même sa fécondité, on est Fils dans Le Fils, enfants du Père comme Jésus ! Il nous ouvre son intimité en nous y introduisant. C’est cela la première différence avec la justice originelle : une complète nouvelle intimité, une toute nouvelle proximité avec Dieu, connu comme Père !

C’est pour cela que Notre Père est un secret, une connaissance amoureuse, un secret du coeur. Ce n'est surtout pas une formule que l’on récite; Dire Père c’est immédiatement toucher, recevoir Le Père. Comme Jésus vit de Lui !

Regarder le Père, lui dire qu’on est là pour Lui, désirer vivre de sa paternité, non pas dans un excès de paroles où on se raconterait, mais précisément dans une économie de parole : l’amour est un secret qui n’aime pas de se dire, mais qui se vit. C’est toucher le coeur de l’autre, être marqué par la vulnérabilité de l’autre à notre présence, être rendu liquide parce qu’Il est là pour moi. 

Cela seul peut nous permettre de pardonner. C’est à dire d'aimer au-delà de toutes injustices. Dans une gratuité absolue !

Dire « Père de nous » comme dit le texte grec, c’est se rendre présent à Celui qui est toujours notre Source, à Celui qui nous attend et pour qui je suis unique. Cela nous conduit au silence, puisque seul le silence dit pleinement l’amour : quand on aime pleinement quelqu’un on ne veut pas faire obstacle à sa présence, on veut être pleinement réceptif à ce qu’il est !

C’est pour cela que le Père se tait devant nous : il est comme tellement relatif à nous, penché sur nous, sur notre fragilité, notre petitesse.

C’est cela le Père de nous : Il n'est qu'attraction silencieuse d’amour, attente que l'on trouve en Lui notre repos.

Grégoire +

Voir les commentaires

Le Père, bonté silencieuse

16 Juin 2021, 16:38pm

Publié par Grégoire.

Le Père, bonté silencieuse

Notre vie divine, c’est l’oeuvre du Père ! Ce ne sont pas d’abord nos efforts qui sont le plus important, mais ce que le Père fait pour nous.

On manifeste notre désir de le recevoir, en nous allégeant, en nous dépouillant : de nos avoirs par l’aumône, de notre temps par la prière et de notre autosatisfaction par le jeûne.

Mais la finalité c’est l’amour : aimer le prochain par l’aumône, aimer le Père dans le secret de notre prière, et s’aimer soi-même comme le Père nous aime, libre de tout esclavages ! 

Ces offrandes, ce n’est pas d’abord pour reconnaitre nos fautes. C’est d’abord pour que son don s’inscrive dans notre vie et s’en empare. 

A chaque fois que Dieu se donne d’une manière nouvelle, il n’attend pas de nous de grandes idées, mais que se creuse en nous une attente, en nous dépouillant. Toutes les offrandes que le Père nous demande, c’est pour Le recevoir davantage

C’est pour que l’amour jaloux du Père s’inscrive en nous ! Le Père nous aime jalousement. Et il veut que l’on ait pour notre prochain, pour Lui et pour nous, ce même amour jaloux, un amour qui ne supporte pas qu’on se diminue, qu’on se rabaisse.

La prière, le jeûne, et l’aumône, c’est pour découvrir notre noblesse divine, ne pas passer à coté : le Père a fait de moi son enfant ! Nous sommes enfants du Père, frères et soeurs de Jésus ! Jamais un ange ne connaitra cela !

Nous sommes aimés d’un amour incroyable, unique, mais que seul les pauvres et ceux qui ont soif d’être aimés peuvent recevoir ! Pauvre : parce que ce n’est pas d’abord notre oeuvre ! On est gardien d’un secret qu’on doit découvrir toujours plus !

Et c’est ce que dit Jésus : ton aumône, ta prière, ton jeûne, c’est pour être mobilisé et dévoiler Celui qui t’est toujours présent : ton Père qui est là dans le secret

Connaitre le Père, à travers l’aumône pour son prochain, dans le temps brulé gratuitement dans la prière, sans pouvoir récupérer ce temps, ou à travers des petites offrandes, pour montrer au Père qu’on l’aime.

Et la réponse du Père, c’est de nous faire entrer dans son repos. Trouver son repos auprès de Lui : je me repose quand je connais que je suis aimé ! Il est là, il m’attend pour cela. Pour que se noue entre Lui et moi ce secret personnel.

Jésus veut nous apprendre à dire : « Abba, Papa, Père » et vivre de cette présence secrète de Celui qui est ma source, qui ne me quitte jamais, qui porte toute notre vie, qui jamais ne nous accuse. 

Grégoire +

Voir les commentaires

Son désir, c’est Lui

15 Juin 2021, 16:14pm

Publié par Grégoire.

Son désir, c’est Lui

« Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Et bien, moi je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent ».

La « loi du talion, oeil pour oeil.. » est très mal comprise de nos sensibilités modernes. Comment la loi de Moïse a-t-elle pu imposer une telle législation ? Cette loi était un immense progrès face à l’instinct de vengeance si naturel à l'homme.

Le mouvement naturel de celui qui a été agressé, c'est de rendre davantage : « Caïn a été vengé sept fois, Lamek sera vengé soixante-dix fois sept fois » Genèse 4, 24. Jésus renverse ce chant de Lamek dans sa réponse à Pierre qui lui demande combien de fois il faut pardonner à son frère : « non pas sept fois, mais soixante-dix fois sept fois ».

La loi voulait donc limiter la violence, en stipulant qu'on ne devait faire subir à l'agresseur que le traitement strict qu'il avait lui-même fait subir à sa victime.

Or, Jésus nous ordonne d’aimer nos ennemis ! Comment ? En le laissant vivre en nous, ce qu’il a déjà réalisé ! A la croix, Jésus s’est servi des trahisons pour se donner encore plus personnellement à ses ennemis!

« Aimez vos ennemis » n’est donc pas un souhait, ou un appel à une très grande générosité, mais à se laisser posséder par ce que lui nous fait vivre. C’est à dire, croire que Jésus nous fait effectivement aimer comme lui aime, même si notre sensibilité ou notre psychologie de pécheurs manifeste autre chose.

Le désir de Jésus sur nous est immédiatement effectif dès que nous l’entendons nous dire « et bien moi, je vous dit ». C’est donc Jésus qui nous rend « parfait comme le Père est parfait ».

« Soyez parfaits » oui, mais comment ? Par nous-même ou bien par Lui ? Avec nos moyens ou selon son chemin ? Parce que Jésus ne nous commande jamais rien qu’il ne veuille pas réaliser lui-même, avec nous ! Il veut pour nous l’amour, la perfection d’amour qui existe en Dieu : c’est son désir.

Et c’est un désir efficace, parce que c’est un désir divin : son désir c’est Lui ! Et Jésus veut que nous soyons certains de l’efficacité de son désir en nous malgré les apparences. Car dans la foi son désir est vraiment réalisé ! La foi, qui touche, en nous, ce qui est le plus nous-même, fait que l’on est parfait divinement. Son désir est réalisé divinement : il n'y a rien de plus réel et rien de plus caché; cette perfection n’est pas visible extérieurement.

La foi nous donne de vivre réellement, de réaliser intérieurement les désirs de Jésus, même si extérieurement notre nature humaine, notre sensibilité manifeste autre chose.

L’exemple concret de cela, c’est Jésus qui a la croix, donne  effectivement son amour au moment où il est blessé par le soldat qui lui transperce le coeur. Ce geste inhumain sur le cadavre, permet à Jésus, au-delà des apparences -du sang qui coule- de donner son Esprit, son Amour, donc Lui. Ce soldat est alors instrument de son don, sans le savoir.

De même sans le savoir, nous donnons le Père, nous donnons Jésus, dès que nous sommes fermement accrochés à son désir efficace sur nous.

Rien ne peux s’opposer à son désir sur nous, sinon notre manque de confiance.

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Eh bien ! Moi, je vous dis ..

14 Juin 2021, 16:44pm

Publié par Grégoire.

Eh bien ! Moi, je vous dis ..

« Eh bien ! Moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant, mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre »

Comment Jésus peut-il nous demander de ne pas nous défendre ? Comment supporter l’injustice et même, la victoire apparente des méchants ?

C’est tout l’évangile : Jésus vient nous mettre face au don du Père. Le Père nous est donné. Il est nôtre. Dieu est à nous. Entièrement. Indépendamment de notre réponse. Nous sommes donc libres de toutes les injustices. Comme dit St Paul : « même démunis de tout, nous possédons tout »

C’est Jésus qui vient lui-même accomplir toute l’ancienne alliance, la porter à son achèvement. La nouvelle alliance, c’est une alliance personnelle du Père avec chacun d’entre nous. À chacun le Fils est tellement donné que nous sommes fait Fils, enfants du Père, au-delà de notre réponse ! Et, notre réponse, c’est de vivre debout, avec cette dignité de Fils du Père, d'amis de Jésus. Nous sommes ceux pour qui Jésus a tout acquis, tout donné.

Nous devons lutter pour être absolument certain de la dignité que nous avons reçu. Nous sommes Fils de Jésus. Son héritage est à nous. Et ce don, qui est Jésus lui-même, nous est donné. C’est à nous. Il fait corps avec nous. On est un seul corps avec lui. Et ça c’est indépendamment de notre compréhension ou de la pureté de notre vie.

C’est un pur don gratuit, d’en haut. Et Jésus nous demande de vivre de son don, de sa dignité, de son héritage, en Fils bien-aimée du Père avec nos pauvretés, avec nos misères humaines. Rester face à son don. C’est cela entendre « moi, je vous dis ».

« moi, je vous dis » c’est Jésus qui nous dit son don. Jésus ne nous parle pas pour nous donner des infos, ou des choses à faire. Chacune de ses paroles réalise son don pour nous. Chacune de ses paroles nous prend en Lui. C’est pour ça que c’est Jésus seul qui nous permet de dépasser toutes injustices. La foi, c’est l’entendre actuellement. Personnellement. « Moi je te dis, je suis à toi et tu es à moi »

Grégoire +

Voir les commentaires

Que tu dormes ou que tu te lèves, la semence grandit, tu ne sais comment..

12 Juin 2021, 18:53pm

Publié par Grégoire.

Que tu dormes ou que tu te lèves, la semence grandit, tu ne sais comment..

Cette semence jetée en terre qui pousse toute seule, nuit et jour, c’est la vie même de Dieu.

La vie divine est en nous. C’est Jésus lui-même qui est là, donnée à chacun, gratuitement ! La grâce -cette vie gratuitement donnée « est comme une semence jetée en terre » Elle est donc cachée, enfouie. Elle ne change pas la couleur ou l’apparence de la terre. Nous, nous ne voyons que la terre. Notre vie humaine c’est la terre, qui peut être de la boue ou un beau jardin. Mais, ce qui est éternel en nous, caché sous la terre, c’est cette semence.

Cette grâce est encore « comme une graine de moutarde » elle est en nous comme apparemment ce qu’il y a de plus petit, de plus fragile. Pourtant, cette petite graine est le grain de blé jeté en terre qui, même s’il meurt apparement, porte du fruit.

Cette vie en nous, c’est Jésus lui-même, qui veut tout vivre avec nous, et donner une taille, une dimension divine à tout ce que l’on vit. Même à nos nuits et tout ces moments où on ne fait rien. 

Le règne de Dieu c’est quelqu’un ! C’est Jésus, Dieu lui-même qui vient tout vivre avec moi ! Le Règne de Dieu, c'est entrer dans cette amitié avec Jésus et croire qu’il me fait enfant bien aimé du Père avec Lui ! C’est choisir d’être possédé par Jésus qui vient nous tourner vers le Père et les hommes pour les aimer comme il les aime ! Pas moins ! 

Pour ça il faut croire, c’est à dire écouter, entendre chaque jour Jésus me dire ce qu’il fait de moi. « dis une seule parole... »

Il faut espérer, c’est à dire s’appuyer sur le désir efficace de Jésus qui me transforme en enfant bien aimé. C’est son oeuvre en moi. Il n’y a que Lui qui puisse réaliser sa volonté sur moi.

Et enfin, il faut aimer, c’est à dire : le recevoir chaque jour un peu plus. Croire c’est l’écouter, espérer c’est s’appuyer sur ce qu'il fait en moi, et aimer c’est Le recevoir

Le Règne de Dieu en nous, c’est laisser Jésus nous enfanter à la vie d’enfant de Dieu. C’est tout les jours une naissance nouvelle. Non pas des efforts humains, mais entrer maintenant dans l’initiative actuelle de Jésus, qui vient nous posséder, pour que tous nos actes, même les plus simples et les plus banals, aient une dimension éternelle, une fécondité divine. Le règne de Dieu, c’est le laisser nous mettre à sa taille, « en lui » !

Et pour cela il faut ECOUTER, « Ecoute Israël, écoute toi qu’il aime, écoute toi son élu » écoute, c.a.d : « reçois Celui qui veut te prendre en lui, demeure dans ce contact immédiat et personnel avec Lui qui est là pour toi; soit possédé seulement par le regard qu’il a sur toi, Lui qui te donne tout en se donnant à toi, et  qui, en te parlant, te transforme; de même que les paroles sacramentelles réalise une présence efficace de Jésus, Lui nous parlant nous transforme réellement » Ecouter, c’est mendier à Jésus qu'il vienne nous dire toutes ses paroles de manière la plus personnelle, qu’il vienne me les dire.

Espérer, c’est revenir à ce que Jésus fait de manière caché : il ne cesse de vouloir m'introduire dans quelque chose de tout autre : au delà de notre conscience, il nous met vers le Père

Notre lutte, c’est que nous, nous voulons des résultats visibles, tangibles. On préfère s’accrocher à ce qu’on fait, à ce qu'on peut gérer, là où on est à l’aise, rester dans ce qu'on connait. Or Jésus vient nous faire entrer dans quelque chose qui nous dépasse et qui nous laisse toujours pauvres ! 

Nous, on veut du « concret, du visible, des résultats. On ne veut pas de quelqu’un qui nous appauvrit, qui nous rend  mendiant et qui nous demande de nous appuyer sur lui, de lui faire une totale confiance ! C’est difficile cet amour qui est de trop, qui nous devance sans beaucoup d’explications et qui prend la place de celui qui est le dernier aux yeux des hommes

Le silence et l’inefficacité apparente de Jésus sont toujours difficile pour nous ! Cela nous éprouve : La grâce, sa vie est le plus grand don possible dans une totale obscurité.

Son don est certain, mais on n’en voit rien. Il est certain quand on lui demande de nous le redire. C’est pour ça la communion, pour demander à Jésus de venir nous redire qu’il fait corps avec nous, et nous laisser conduire à vivre en enfant du Père.

Jésus vient creuser en nous une attente, une capacité de Le recevoir. C’est ça son oeuvre. Il nous conduit à la petitesse, à l’abandon, à une confiance totale en Lui. À ne plus être maitre de notre vie, à nous laisser aimer. Il est là, en nous, il est cette semence caché en nous, cette toute petite graine, qui nous porte de l’intérieur. Reposons nous sur Lui, sur sa présence. Même si on l’a oublié. Lui nous attend toujours. Il nous attend avec joie.

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Marie, silence du Père

6 Juin 2021, 04:36am

Publié par Grégoire.

Marie, silence du Père

"J’ai rêvé d’élever une église au Silence, comme Sainte-Sophie est dédiée à la Sagesse: Hagia sige, qui ne sera sans doute jamais qu’un rêve. ...

Il n’y a que le silence qui révèle les abîmes de la vie. C’est pourquoi les ouvriers de la pensée en ont encore plus besoin que les hommes d’action. Educateurs des esprits, ce sont eux normalement qui indiquent le chemin des sources.

S’ils n’écoutent pas, s’ils ne deviennent transparents à la lumière, s’ils ne se détournent d’eux-mêmes, ils ne pourront faire « ce saut au-dessus de leur ombre qui les ferait tomber dans leur soleil »

Et la vérité prendra leur visage tandis qu’ils feront bénéficier du prestige de la science les interprétations que leur option fondamentale, leur attitude générale devant la vie, superpose à leurs découvertes."

Maurice Zundel

Voir les commentaires

La Musique, chant du silence

4 Juin 2021, 14:20pm

Publié par Grégoire.

La Musique, chant du silence

"La plus haute fonction de la musique ou plutôt son essence même, est de faire de tout notre être une vivante musique où Dieu Lui-même puisse se chanter.

Si vous entendez une pièce musicale, vous pouvez distinguer ses intervalles, reconnaître et analyser toutes les parties de la construction… Mais ce n’est pas encore la musique. Autrement, il suffirait d’appliquer strictement des règles pour être un artiste. Ce n’est pas le cas comme vous le savez. Un homme peut être un virtuose étourdissant, déchiffrer à vue n’importe quel morceau et nous laisser froids, comme si nous étions en présence d’un mécanisme parfait. Il n’y a personne…

La Musique c’est autre chose. L’artiste est celui qui nous transmet la présence, qui nous délivre de nous-même en nous introduisant dans notre intimité comme dans un dialogue de lumière et d’amour où nous ne sommes plus qu’une réponse totale à la Générosité qui nous appelle et nous accueille. Cela veut dire que l’artiste est celui qui écoute et dont la musique exprime justement ce dialogue qu’il devient. Alors, il y a dans son jeu ou dans son chant plus que lui-même qui nous fait découvrir en nous plus que nous-même.

La Musique, en d’autres termes, naît du silence et elle conduit au silence : du silence-de-soi dans l’artiste au silence-de-soi en nous-même. La musique est le chant du silence. Les sons et toute l’architecture mélodique ne sont que les porteurs de ce silence créateur que l’artiste écoute pour que nous l’écoutions à notre tour. La Musique est le sacrement du Silence (le signe qui nous le rend sensible et le communique). Si le musicien s’écoute lui-même au lieu d’écouter la voix du Silence, alors il n’y a plus de musique. Il n’y a plus que lui-même, c’est-à-dire : zéro. La troisième dimension de la Musique est donc la Présence qui se révèle dans un silence qu’il faut devenir : Dieu Lui-même dans l’espace de générosité qui s’ouvre en nous dès que nous nous perdons en Lui. Cela revient toujours à dire que la Musique est médiatrice entre le silence que l’artiste écoute et le silence qu’il éveille en nous, itinéraire du silence au Silence."

Maurice Zundel

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>